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Exemples de valeurs d’entreprise : Charte pour passer du poster au moteur d’action

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Affichées en grand dans les halls, glissées dans les slides d’onboarding, rappelées lors des séminaires : les valeurs d’entreprise ont réponse à tout. « Intégrité, client, innovation… » La litanie est connue. Mais que se passe-t-il quand on quitte l’affiche murale pour le terrain ? Enquête, témoignages et modes d’emploi discrets pour trier le symbole du réel.

Beaucoup d’organisations affichent de jolies valeurs… qui ne changent pas grand-chose au quotidien. À l’inverse, une charte incarnée agit comme un système d’exploitation : elle clarifie les décisions, rend le travail plus sûr et plus fluide, et aligne les équipes sur la façon dont on gagne — pas seulement sur ce qu’on vend. Voici comment concevoir, déployer et animer des valeurs opérationnelles, mesurables et motivantes.

Le poster et la réunion du lundi

Un lundi matin, salle vitrée, odeur de café. La chef de projet présente un retard de deux semaines. « On peut livrer à l’heure, mais la qualité ne sera pas au niveau », dit-elle. Dans l’open space, les slogans promettent “excellence” et “transparence”. La pièce retient son souffle.
« Alors, qu’est-ce qu’on choisit ? » demande le directeur. Personne ne cite l’affiche, mais la réponse collective raconte la vérité des valeurs : décaler et expliquer au client, plutôt que camoufler. Ici, “excellence” n’est pas un mot, c’est un arbitrage.

« Une valeur n’existe que lorsqu’elle coûte quelque chose », confie une DRH d’un groupe industriel. « Tant qu’on n’a pas traversé un dilemme concret, on reste dans le marketing interne. »

La face cachée des mots valises

Les entreprises aiment les formules courtes. Parfois trop courtes. « Innovation peut vouloir dire on tente des trucs comme on prend des risques calculés, on arrête vite ce qui ne marche pas », sourit un manager produit. Sans traduction opérationnelle, la confusion s’installe. Et l’affiche devient boomerang.

Autre piège : l’inflation. Sept, huit, dix valeurs… On colle tout ce qui sonne bien. Résultat : rien ne guide. Les organisations qui s’en sortent limitent la liste (cinq à sept), définissent chaque mot en deux phrases, et surtout décrivent 3–5 comportements observables. Pas de morale, des gestes.

« Une valeur, c’est un critère de décision, pas un sermon. » — Directrice des opérations, tech

Là où ça tient : quand la valeur règle un conflit

Trois scènes observées ces derniers mois.

1) Qualité vs délai
Équipe logistique. Une palette douteuse à l’arrivée. Deux options : renvoyer (retard assuré) ou bricoler (risque qualité). L’encadrant tranche : renvoi, appel immédiat au client, nouveau créneau booké. La valeur “sécurité & qualité” a primé. Décision alignée, équipe sereine, client informé.

2) Inclusion vs vitesse
Réunion produit. Les plus à l’aise monopolisent la parole. La manager interrompt : tour de table en 60 secondes chacun. Deux objections utiles émergent. La valeur “inclusion” n’a pas ralenti le travail ; elle a évité une mauvaise surprise. Gagner du temps commence souvent par faire de la place.

3) Intégrité vs facilité
Commerciale face à un client pressé : on pourrait promettre une fonctionnalité qui n’existe pas encore. Elle choisit la transparence et propose une alternative. Le deal ne se perd pas ; il se transforme. Intégrité = capital confiance.

Le test décisif : quand le top management n’a pas de passe-droit

On reconnaît une valeur incarnée quand les règles s’appliquent aussi aux “intouchables”. Un directeur qui annule un point sécurité « parce qu’on est en retard » ruine des mois d’affichage. À l’inverse, un comité qui assume en public un arbitrage (qualité > délai, par exemple) envoie un signal puissant : la boussole est commune.

« Le jour où le PDG a renvoyé un prototype non conforme, on a compris que qualité n’était pas un slogan », raconte un ingénieur. « On l’a même respecté davantage. »

Mesurer sans abîmer

Comment suivre l’adoption des valeurs sans transformer tout le monde en score vivant ? Les approches sobres fonctionnent mieux :

  • Rituels courts (5 minutes) plutôt que grandes messes : un tour d’horizon “client/qualité” en fin de sprint, un “exemple d’inclusion” en réunion d’équipe.
  • Indicateurs circonstanciés : délais de résolution d’un incident éthique, taux de retours produit, % de réunions avec distribution de la parole.
  • Feedbacks de terrain : une note qualitative par mois, pas une usine à gaz.

L’idée n’est pas de “gamifier des comportements”, mais de rendre visibles les progrès et d’apprendre. La nuance compte.

Recrutement, intégration, entretiens : les moments de vérité

Les valeurs ne vivent pas seulement dans la production ; elles se jouent aux frontières RH.

  • Recruter : poser des questions situatives (“Racontez un désaccord avec un client et comment vous l’avez résolu”). Chercher le réflexe, pas la récitation.
  • Intégrer : 45 minutes d’ateliers “cas réels de l’entreprise” valent plus qu’un PDF.
  • Évaluer : une attente comportementale par trimestre, liée à une valeur (et révisée). On évalue un geste, pas une intention.

Quand ça coince : trois signaux faibles

  • Le héros permanent : un talent contourne les règles “pour aller plus vite”. Court terme flatteur, culture abîmée.
  • La surcharge émotionnelle : l’urgence permanente justifie tout. Les valeurs fondent à vue d’œil.
  • La langue de bois : on cite les mots, jamais les décisions qu’ils ont inspirées.

Le remède est presque toujours le même : petits protocoles (brief de 60 secondes, tour de table, “3 faits + 1 piste” pour le feedback), tenus régulièrement par les managers.

Encadré — Trois questions avant d’ajouter une valeur

  1. Dans quel dilemme précis cette valeur nous guidera-t-elle ?
  2. Quels trois comportements observables attendons-nous demain matin ?
  3. Quel rituel court (5 minutes) assurera qu’elle vive dans l’équipe ?

Si vous ne pouvez pas répondre en une minute par question, vous n’avez pas une valeur : vous avez un vœu pieux.

Le minimum viable pour passer à l’acte

Pour les organisations pressées, voici le kit de départ — sans poster, sans grand soir :

  1. Choisir 5 valeurs maximum et écrire pour chacune : un mantra (8 mots), deux phrases de définition, trois comportements observables.
  2. Adopter deux rituels fixes par semaine (ex. tour de table inclusion ; exemple client/qualité).
  3. Documenter un arbitrage par mois où une valeur a pesé, et le partager en interne.
  4. Former les managers à trois scripts : brief 60 s, feedback 3F + 1P (Fait, Fait, Fait + Piste), débrief 2 + 1 (deux réussites, un axe concret).

La crédibilité, ou rien

Au fond, les valeurs sont une promesse. Elles n’ont de poids que si l’organisation accepte les coûts qu’elles entraînent (un délai, un non à un client, un “non” à un talent brillant mais toxique). Le reste — affiches, slogans, mugs — appartient au folklore.

Les entreprises qui réussissent ne parlent pas plus fort de leurs valeurs : elles les mettent au travail. Une décision propre là où l’on pouvait tordre la règle, une place donnée à celles et ceux qu’on n’entend pas, une transparence assumée quand la tentation inverse rôde. C’est discret, répétitif, parfois ingrat. C’est précisément ce qui fait la culture.

⬇️⬇️La Pratique


Pourquoi les valeurs comptent (vraiment)

  • Cohérence des décisions : quand l’arbitrage est flou (coût, délai, qualité), les valeurs donnent une boussole commune.
  • Expérience client : elles transforment les promesses marketing en gestes concrets sur le terrain.
  • Qualité de vie au travail : cadre clair, prévention des risques, coopération plus simple.
  • Marque employeur : elles attirent (et retiennent) les personnes qui nous ressemblent.

Les 7 pièges à éviter

  1. Mots valise (« excellence », « innovation ») sans définition.
  2. Trop de valeurs (au-delà de 5–7, on n’en retient aucune).
  3. Poster figé, aucun rituel pour les faire vivre.
  4. Formulations moralisantes, non observables (« être gentil »).
  5. Déconnexion du business réel (valeurs contredites par les pratiques).
  6. Pas d’exemples concrets ni de do/don’t.
  7. Zéro mesure, donc pas d’apprentissage.

La bonne recette d’une valeur “qui vit”

Pour chaque valeur, construisez une fiche avec :

  1. Nom + mantra (6–8 mots) Intégrité — Je fais ce qui est juste, même sans témoin.
  2. Définition (2–3 phrases) : ce que cela signifie ici.
  3. Comportements observables : 4–6 phrases commençant par « Je… ».
  4. Do / Don’t : ce qu’on encourage vs. ce qu’on écarte.
  5. Rituels & pratiques : réunions, check-lists, tours de table, points “client”, etc.
  6. Indicateurs (KPI simples) & anti-patterns (signaux d’alerte).
  7. Engagement (une action à tenir) + rythme de revue (mensuel/trimestriel).

Tip : vous pouvez utiliser le modèle Word prêt à remplir pour structurer chaque valeur (page de garde, liste des valeurs & mantras, fiche valeur à dupliquer, rituels, KPI, engagements).

Méthode de déploiement en 5 étapes (90 jours)

1) Co-création (Semaines 1–2)
Ateliers courts (2 h) avec un échantillon représentatif : on part d’histoires vraies (“moments forts”) et on extrait 5–7 valeurs priorisées.

2) Formulation & cadrage (Semaines 2–3)
Pour chaque valeur : mantra, définition, comportements, do/don’t, rituels, KPI. On s’interdit le jargon.

3) Validation leadership (Semaine 4)
Le comité direction s’engage à montrer l’exemple et à relier les valeurs aux décisions (budget, priorités, arbitrages).

4) Pilote 4 semaines (Semaines 5–8)
Trois équipes testent les fiches et rituels : on mesure, on ajuste, on simplifie.

5) Déploiement progressif (Semaines 9–12)

  • Onboarding : 1 h “valeurs en pratique”.
  • 1:1 managers : 10 min/mois sur un comportement clé.
  • Rituels d’équipe : 5 min/hebdo “exemple client/qualité lié à une valeur”.
  • Bilan trimestriel : KPI + retours terrain → amélioration continue.

Gamifier sans infantiliser

La gamification peut booster l’adoption sans tourner au gadget si elle reste sobre et volontaire :

  • Missions à cocher liées aux valeurs (ex. “Brief 60 s clair”, “3 critères d’acceptation client”).
  • Bonus (partage d’un apprentissage, médiation réussie), malus sécurité (non négociable).
  • Badges symboliques par équipe (effort, fair-play, clarté, inclusion, sécurité).
  • Scoreboard mensuel collectif (pas de classement toxique : on vise la progression).

Intégrer les valeurs dans les moments RH & management

  • Recrutement : scorecard de comportements attendus, questions situatives (“Racontez une décision difficile et comment vous l’avez justifiée”).
  • Onboarding : binôme parrain, cas pratiques de 30 min par valeur.
  • Feedback : méthode 3F + 1P (Fait, Fait, Fait + Piste).
  • Entretiens : un objectif comportemental par trimestre, relié à une valeur.
  • Reconnaissance : célébrer une action liée à une valeur, pas seulement les KPIs business.

Mesurer l’impact (et apprendre)

  • Adoption des rituels : % d’équipes qui tiennent un tour de table “client/qualité” hebdo.
  • Sécurité & éthique : incidents en baisse, délais de traitement accélérés.
  • Qualité : taux de rework, temps de cycle, NPS client.
  • Climat social : sentiment de clarté, d’équité, de respect (baro interne).
  • Signaux faibles (anti-patterns) : excès d’urgence, “héros” permanents, silos — à corriger via les rituels.

Exemples de valeurs formulées “prêtes à jouer”

  • IntégritéJe fais ce qui est juste, même sans témoin.
    Do : documenter les décisions, déclarer un conflit d’intérêt. Don’t : flouter les règles “pour gagner du temps”.
  • Orientation clientJe crée de la valeur utile et mesurable.
    Do : 3 critères d’acceptation ; 1 feedback structuré après livraison. Don’t : features “sympa” non utilisées.
  • Esprit d’équipeNous réussissons ensemble.
    Do : partage d’infos critiques, binômes sur sujets clés. Don’t : rétention d’info, héros solitaire.
  • Excellence & qualitéPrécision, fiabilité, amélioration continue.
    Do : standardiser, corriger la cause, mesurer. Don’t : bricolages invisibles.
  • InnovationTester petit, apprendre vite, partager.
    Do : micro-expériences (≤ 1 semaine) avec métriques. Don’t : “grands projets” sans hypothèses claires.
  • Inclusion & respectChacun a sa place, chacun progresse.
    Do : distribution de la parole, adaptation des supports. Don’t : sarcasmes, interruptions.

Gouvernance et communication

  • Propriété : un duo People/Opérations garde la charte à jour.
  • Rythme : revue trimestrielle (retours + KPI + simplifications).
  • Transparence : partager les arbitrages où une valeur a pesé (ex. qualité > délai).
  • Ancrage visuel : une fiche par valeur en A4/A3, lisible, orientée action.

Kit prêt à l’emploi

  • Modèle Word à dupliquer : page de garde, liste des valeurs & mantras, fiche valeur (définition, comportements, do/don’t, rituels, KPI, engagement).
  • Variante gamifiée : missions à points, bonus/ malus sécurité, scoreboard mensuel par équipe.
  • Affiche A3 : version paysage pour les espaces communs.

Les valeurs d’entreprise ne sont puissantes que lorsqu’elles deviennent des habitudes : des micro-gestes répétés, des critères visibles, des rituels courts. Formulez clair, ancrez dans les routines, mesurez sobrement, ajustez souvent. C’est ainsi qu’une charte passe du poster au levier de performance — pour vos équipes et vos clients.

Rituels & Scripts (A3 paysage, 4 posters)

Inclus : Brief 60 s, Feedback 3F+1P, Débrief 2+1, Conflit — STOP/RESPIRER/RÉÉNONCER/DÉCIDER (à afficher près des salles/réunions).

Valeurs par département (A4 portrait, 5 posters)

Déclinaisons concrètes pour Sales, Opérations, IT/Produit, RH, Support : 3 comportements observables + Do/Don’t.

Charte d’équipe — modèle vierge (A3 paysage)

À co-remplir en équipe : valeurs/mantras, rituels, Do/Don’t, indicateurs, engagements & signatures.

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