Résumés

Les Bonnes — Jean Genet : Sujets corrigés : 5 sujets type bac + plans détaillés (méthode didactique)

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Recommandés

Les Bonnes se prête particulièrement bien aux sujets de bac, parce que la pièce est construite comme une expérience de théâtre. Elle ne raconte pas seulement une histoire, elle montre comment un rôle se fabrique, comment une parole devient arme, et comment un rituel peut enfermer davantage qu’il ne libère. Les cinq sujets ci-dessous sont pensés pour te permettre de rédiger vite, proprement, et surtout avec des idées argumentées.

Méthode rapide pour réussir chaque sujet

  • Étape 1 Reformuler le sujet en une question simple.
  • Étape 2 Trouver une problématique qui ouvre un débat, pas une évidence.
  • Étape 3 Construire un plan où chaque partie répond à la problématique avec une progression.
  • Étape 4 Appuyer chaque sous-partie sur une scène repère, un procédé, une logique dramatique.
  • Étape 5 Conclure en tirant une idée forte et en proposant une ouverture.

Sujet 1

En quoi le théâtre dans le théâtre renforce-t-il la dimension tragique de Les Bonnes ?

Reformulation

Comment le jeu de rôle, l’imitation et la mise en abyme transforment-ils la pièce en tragédie ?

Problématique possible

Le théâtre dans le théâtre semble offrir un espace de liberté aux bonnes. Pourtant, ne devient-il pas au contraire le mécanisme même de leur enfermement, jusqu’au basculement tragique ?

Plan détaillé corrigé

I. Le théâtre dans le théâtre comme illusion de puissance

A. Le jeu de rôle ouvre un espace où les bonnes renversent provisoirement la hiérarchie

  • Madame absente, la chambre devient scène privée
  • La robe et les objets permettent d’habiter une place interdite
    B. La mise en abyme révèle que l’identité est un masque social
  • Claire et Solange prouvent que Madame est aussi une “figure” jouée
  • La société apparaît comme une scène où chacun tient son rôle
    C. La cérémonie théâtrale donne aux bonnes une sensation de maîtrise
  • Elles fixent les règles, les répliques, les étapes
  • Elles répètent comme on répète une action décisive

II. Mais le jeu est un piège, il reproduit la domination au lieu de l’abolir

A. Renverser Madame dans le jeu, c’est encore parler sa langue

  • Les insultes, les ordres, les poses, tout reprend les codes du pouvoir
  • Le renversement reste mimétique
    B. Le théâtre fabrique une dépendance, Madame devient nécessaire même absente
  • Plus elles la jouent, plus elles la rendent centrale
  • La haine se confond avec fascination
    C. La répétition fait monter la tension et retire toute issue raisonnable
  • Le rituel n’apaise pas, il exalte
  • Le jeu devient plus réel que la vie quotidienne

III. Le tragique naît quand la représentation déborde et rend le réel impossible

A. Au moment où l’acte devrait advenir, le réel résiste

  • Le passage du fantasme à l’action ne se commande pas
  • Le monde extérieur brise la logique de la scène
    B. L’identité fissurée empêche tout retour simple à la “normalité”
  • Après avoir joué Madame, redevenir “bonne” devient insupportable
  • Le masque colle au visage
    C. La pièce bascule dans une fin tragique parce que le théâtre a avalé la vie
  • Ce qui devait libérer devient destin
  • La cérémonie se referme sur celles qui l’ont créée

Conclusion modèle

Le théâtre dans le théâtre ne sert pas seulement à surprendre le spectateur. Il montre que le pouvoir est d’abord une mise en scène. Mais en imitant Madame, les bonnes ne la détruisent pas, elles la renforcent. La tragédie naît de cette impasse : vouloir sortir par le jeu, et découvrir que le jeu est déjà une prison.

Ouverture possible
Comparer avec une autre œuvre où le masque révèle l’identité, ou avec un théâtre qui interroge la représentation.


Sujet 2

Les Bonnes est-elle une pièce sociale ?

Reformulation

La pièce dénonce-t-elle surtout une injustice sociale, ou dépasse-t-elle la critique sociale ?

Problématique possible

Genet met en scène une domination évidente. Mais la pièce n’est-elle qu’un réquisitoire contre la hiérarchie, ou une exploration plus profonde du désir, du rôle et de la violence symbolique ?

Le plan détaillé

I. Une lecture sociale s’impose, la hiérarchie structure tout

A. Le trio Madame, Claire, Solange met en place une relation de domination

  • La chambre comme lieu du pouvoir
  • Les bonnes comme corps au service, identité réduite à la fonction
    B. La violence sociale se lit dans les gestes et la parole
  • L’ordre, l’attente, l’humiliation ordinaire
  • La politesse n’annule pas l’inégalité, elle la rend acceptable
    C. La révolte des bonnes naît d’une condition vécue comme enfermement
  • Elles n’ont pas de place hors de la maison
  • Le crime rêvé est une tentative de rupture

II. Mais Genet dépasse la “simple” dénonciation sociale

A. Madame n’est pas seulement une bourgeoise, elle devient symbole et projection

  • Elle existe aussi par le regard des bonnes
  • Elle est une figure construite
    B. Le conflit est autant intérieur que social
  • Les sœurs se dominent entre elles
  • La violence circule, elle ne vise pas uniquement Madame
    C. La pièce déplace la question vers l’identité et le désir du pouvoir
  • Désirer la place de l’autre
  • Se perdre dans le rôle qu’on imite

III. Une pièce sociale transfigurée en mythe théâtral

A. La mise en abyme transforme la lutte de classes en rituel

  • La répétition, la cérémonie, l’excès
    B. Le théâtre révèle la dimension sacrée et monstrueuse du pouvoir
  • Pouvoir comme costume, comme langage, comme scène
    C. La tragédie finale montre une impasse plus large que la société
  • Même la révolte peut reproduire ce qu’elle combat
  • La libération exige d’inventer autre chose qu’un renversement de rôle

Conclusion modèle

Oui, Les Bonnes est sociale, parce que la domination y est structurelle. Mais Genet écrit une pièce plus dangereuse qu’une simple dénonciation : il montre comment l’oppression s’installe dans l’imaginaire, dans le langage, dans le désir même de changer de place.


Sujet 3

Comment la parole devient-elle une forme de violence dans Les Bonnes ?

Reformulation

En quoi le langage remplace-t-il les coups, et fabrique-t-il l’action dramatique ?

La problématique

Dans Les Bonnes, la violence n’est pas seulement un projet de meurtre. Elle se déploie surtout dans la parole, qui humilie, transforme, enchaîne. Comment Genet fait-il du langage une arme et un moteur tragique ?

Plan détaillé

I. La parole construit la hiérarchie et fait sentir la domination

A. L’ordre et l’injonction définissent qui commande et qui obéit

  • Parler, c’est distribuer les places
    B. La politesse peut être une violence froide
  • La domination la plus efficace n’est pas toujours la plus bruyante
    C. La chambre devient un lieu où la parole fait loi
  • Le décor renforce le pouvoir des mots

II. La parole est aussi une arme entre les deux sœurs

A. Alternance de tendresse et de cruauté

  • Le lien se transforme en lutte
    B. Humilier l’autre pour ne pas être humiliée
  • La violence comme défense
    C. Le langage fabrique des doubles
  • L’une enferme l’autre dans un rôle, “bonne”, “Madame”, “coupable”, “faible”

III. Le langage devient acte, il mène au basculement tragique

A. La parole performative, dire c’est déjà faire

  • Menacer, ordonner, dégrader, sacraliser
    B. Le rituel verbal remplace l’action réelle, puis l’exige
  • La répétition intensifie le désir d’en finir
    C. L’excès verbal rend le retour au calme impossible
  • Les mots prononcés ne s’effacent pas
  • Ils ont déjà transformé les personnages

Conclusion modèle

Chez Genet, la violence la plus sûre n’est pas le coup, c’est la phrase. La parole construit le pouvoir, reproduit la domination, divise les sœurs, et pousse le jeu jusqu’à un point où l’acte réel devient inévitable ou impossible. Le langage est le véritable moteur tragique.*


Sujet 4

Le travestissement libère-t-il les personnages ?

Reformulation

Le fait de se déguiser en Madame émancipe-t-il Claire et Solange, ou les enferme-t-il davantage ?

Problématique possible

Le travestissement semble offrir un renversement. Pourtant, en empruntant les signes du pouvoir, les bonnes ne risquent-elles pas d’absorber ce qu’elles veulent détruire ?

Plan détaillé corrigé

I. Le travestissement comme expérience de libération

A. Endosser la robe, c’est éprouver une puissance interdite

  • Une brèche dans l’ordre social
    B. Se déguiser, c’est renverser provisoirement la hiérarchie
  • La bonne commande, Madame obéit dans le jeu
    C. Le travestissement révèle le pouvoir comme mise en scène
  • Le costume fabrique l’autorité

II. Mais cette libération est ambiguë, elle repose sur l’imitation du dominant

A. La liberté est empruntée, elle n’est pas inventée

  • Elles prennent la forme du pouvoir, pas une autre forme
    B. La fascination contamine la révolte
  • Désirer ce qu’on hait
    C. Le masque enferme, parce qu’il remplace l’identité
  • Claire et Solange se perdent dans la représentation

III. Le travestissement conduit à l’impasse tragique

A. Après le masque, redevenir soi est insupportable

  • Le retour au réel devient humiliation
    B. Le jeu exige une issue, sinon il dévore
  • La cérémonie ne supporte pas l’échec
    C. La tragédie montre que le rôle ne suffit pas à libérer
  • Changer de costume ne change pas le monde
  • Le renversement sans invention conduit au désastre

Conclusion modèle

Le travestissement ouvre une porte, mais c’est une porte qui donne sur un couloir fermé. Il permet un instant de domination inversée, mais il enferme les bonnes dans la forme même du pouvoir qu’elles combattent. Genet montre ainsi que la vraie libération ne peut pas être une copie.


Sujet 5

Madame est-elle un personnage ou un symbole?

Reformulation

Madame est-elle une figure réaliste, ou une incarnation du pouvoir et du désir social ?

Problématique

Madame existe sur scène comme une femme concrète. Mais la pièce montre qu’elle est aussi une image, un rôle, une construction. Comment Genet fait-il d’elle à la fois un personnage et un symbole, et pourquoi cette ambiguïté est-elle essentielle ?

Plan détaillé corrigé

I. Madame comme personnage réel, inscrit dans une situation

A. Elle appartient au monde de la maison, elle a ses habitudes, ses gestes

  • Présence concrète, relation de service
    B. Elle incarne une autorité quotidienne
  • Un pouvoir banal, “normal”, donc efficace
    C. Elle structure l’action
  • Son retour, ses absences, ses décisions font bouger la scène

II. Madame comme symbole du pouvoir et de la place sociale

A. Elle représente une position plus qu’une personnalité

  • Richesse, statut, légitimité
    B. Les objets et le décor prolongent sa domination
  • Chambre, robe, parfum, signes
    C. Son pouvoir se lit même dans l’absence
  • Elle règne comme une idée

III. Madame comme projection des bonnes, fabriquée par le théâtre

A. Les bonnes la rejouent et la recréent

  • Madame devient personnage du rituel
    B. Elle devient miroir de leurs désirs
  • Désir de pouvoir, de beauté, d’élévation
    C. Le symbole devient piège
  • Détruire Madame ne suffit pas, car elle est aussi dans leur langage
  • Elle est un rôle intériorisé

Conclusion modèle

Madame est les deux. Elle e st un personnage réel, mais elle est surtout la forme visible d’une domination devenue “naturelle”. Genet la rend essentielle parce que, dans Les Bonnes, l’ennemie n’est pas seulement une personne, c’est un système de signes et de rôles. Voilà pourquoi la pièce dérange : elle montre que le pouvoir survit parfois à la disparition de ceux qui l’exercent.



Comment exploiter les Word “Sujets corrigés” pour écrire une copie complète

Les fichiers Word ne sont pas seulement des plans “prêts à l’emploi”. Ils ont été pensés comme une rampe de lancement : tu y trouves la reformulation, une problématique déjà formulée, puis un plan détaillé avec des idées ordonnées. La suite, c’est ton travail d’écriture. L’objectif est simple : transformer une structure claire en devoir rédigé, fluide, argumenté, et lisible le jour J.

1) La méthode en 10 minutes avant de rédiger

Dans chaque Word, commence par une lecture “stratégique”.

  • Repère le pivot du sujet
    “théâtre dans le théâtre”, “pièce sociale”, “parole”, “travestissement”, “personnage ou symbole”.
    Ce pivot doit revenir dans ton introduction et dans tes transitions.
  • Choisis une problématique qui ouvre un vrai débat
    Exemple d’esprit à garder : “illusion de liberté” contre “prison du rôle”, “dénonciation sociale” contre “mythe théâtral”, “parole qui remplace l’acte” contre “parole qui y mène”.
  • Décide ton fil directeur
    Une bonne copie avance toujours vers une idée forte, par exemple
    chez Genet, le pouvoir survit parce qu’il est un langage, un costume, une mise en scène

2) Transformer le plan du Word en paragraphes efficaces

Dans les Word, chaque partie est déjà construite. Pour écrire, applique le même format à chaque sous-partie.

  • Une phrase-thèse qui annonce l’idée
  • Une explication qui précise le sens
  • Un appui sur l’œuvre
    scène repère, geste, costume, rituel, bascule de ton, retour du réel
  • Une analyse
    ce que cela prouve sur les personnages, sur le pouvoir, sur le théâtre
  • Une mini-chute
    une phrase qui ferme le paragraphe et prépare la suite

Ce modèle t’évite les paragraphes “catalogues” et te force à argumenter.

3) Modèles d’introduction, à adapter aux 5 sujets

Chaque Word contient déjà le contenu. Voici des introductions types que tu peux reprendre en gardant ton propre style.

Sujet 1 – Théâtre dans le théâtre et tragique

Dans Les Bonnes, Genet ne se contente pas de raconter une révolte domestique. Il construit un théâtre qui se regarde lui-même, un jeu de rôle où l’imitation devient une manière de vivre, puis une manière de se perdre. La pièce interroge alors la puissance de la représentation. Peut-elle libérer celles qui la pratiquent, ou les enferme-t-elle davantage en reproduisant les codes du pouvoir ? Nous verrons d’abord comment le jeu crée l’illusion d’un renversement, avant d’analyser en quoi cette mise en abyme devient un piège, puis comment elle conduit à une issue tragique.

Sujet 2 – Pièce sociale

On peut lire Les Bonnes comme l’affrontement d’un ordre social et d’une colère contenue. Madame incarne une place, Claire et Solange une condition. Pourtant, Genet dépasse vite la simple dénonciation. Il transforme la domination en rituel, la haine en fascination, la lutte en cérémonie théâtrale. La pièce est-elle alors seulement “sociale”, ou explore-t-elle une violence plus profonde, intime et imaginaire ? Nous montrerons d’abord la force de la lecture sociale, puis la manière dont Genet la déborde, avant d’étudier comment cette critique se transfigure en mythe dramatique.

Sujet 3 – Parole et violence

Dans Les Bonnes, le danger ne tient pas seulement au crime rêvé. Il tient à la phrase, au ton, à l’ordre, à l’insulte, à la fausse douceur. Le langage organise les places et frappe sans toucher. Comment la parole devient-elle une violence à part entière, au point de conduire la pièce vers le tragique ? Nous analyserons d’abord comment elle construit la domination, puis comment elle déchire le duo des sœurs, avant de montrer qu’elle agit comme une force dramatique qui remplace l’acte et finit par l’exiger.

Sujet 4 – Travestissement

La robe de Madame n’est pas un simple vêtement. Dans Les Bonnes, elle devient un seuil. La porter, c’est éprouver une autorité interdite, mais aussi risquer de se dissoudre dans la forme même du pouvoir. Le travestissement libère-t-il Claire et Solange, ou les attache-t-il plus sûrement à ce qu’elles veulent abattre ? Nous verrons d’abord en quoi le masque ouvre une brèche, puis comment il contamine la révolte par l’imitation, avant de montrer que cette expérience conduit à une impasse tragique.

Sujet 5 – Madame, personnage ou symbole

Madame existe sur scène comme une femme concrète, avec ses habitudes, sa présence, ses absences. Mais elle existe aussi comme une figure, presque comme une idée. Elle est la forme visible d’un ordre social, et un miroir dans lequel les bonnes projettent leurs désirs et leurs rancœurs. Madame est-elle un personnage réaliste ou un symbole du pouvoir ? Nous étudierons d’abord sa fonction dramatique dans l’intrigue, puis sa portée symbolique, avant de montrer qu’elle devient aussi une création du théâtre des bonnes.

4) Transitions prêtes à l’emploi

Pour passer d’une partie à l’autre sans casser le rythme.

  • Ainsi, ce qui ressemble d’abord à une liberté reste une liberté empruntée
  • Pourtant, ce renversement n’abolit pas la domination, il en reconduit les codes
  • Dès lors, la pièce déplace la question du social vers l’imaginaire et le rôle
  • Or, à force de répétition, le rituel cesse d’être un jeu et devient une nécessité
  • Enfin, lorsque la représentation déborde, le retour au réel devient impossible

5) Conclusions modèles, courtes et solides

La conclusion doit répondre clairement à la problématique, puis ouvrir sans s’éparpiller.

  • Bilan
    On a montré que…
  • Réponse
    Donc, chez Genet…
  • Ouverture
    On peut rapprocher cela de… ou interroger…

Exemple adaptable
Au terme de l’analyse, Les Bonnes apparaît comme une tragédie du rôle. Le théâtre y donne l’illusion d’un renversement, mais il révèle surtout une dépendance au pouvoir, inscrit dans la langue, les objets et les gestes. Genet suggère ainsi qu’on ne se libère pas en changeant seulement de costume. L’œuvre ouvre enfin une réflexion plus large sur le théâtre lui-même, capable de dévoiler les mécanismes de la domination tout en exposant la fragilité de ceux qui cherchent à s’en affranchir.

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