Bordereau d’expédition : 12 modèles Word à télécharger – Les grands cas d’usage
Recommandés
Le bordereau d’expédition est un document discret, souvent confondu avec le bon de livraison ou la lettre de voiture, mais il joue un rôle central : tracer ce qui quitte votre entrepôt, qualifier ce qui arrive chez le destinataire et verrouiller la preuve de ce qui s’est réellement passé entre les deux. Dans un contexte où la performance logistique se mesure au jour près et parfois à l’heure, ce feuillet “opérationnel” met tout le monde d’accord : l’expéditeur, le transporteur et le client.
À quoi sert vraiment un bordereau d’expédition ?
Il sert à décrire, de manière normalisée et exploitable, le contenu d’un envoi. On y retrouve l’expéditeur, le destinataire, les références commande, les conditions de transport, le détail de colisage (quantités, poids, volume, dimensions) et, surtout, l’espace réservé aux réserves et signatures. C’est une photographie de l’expédition à l’instant T, qui permettra d’expliquer une divergence d’inventaire, de documenter un litige ou d’alimenter un indicateur de performance.
Contrairement au bon de livraison, qui s’intéresse à l’exécution commerciale (que livre-t-on pour solder une commande), le bordereau d’expédition parle “mouvement physique” et “intégrité du flux”. Il n’a pas vocation à remplacer les documents de transport réglementés (CMR, AWB, BL) mais à les compléter avec une granularité opérationnelle, souvent indispensable pour les retours d’expérience.

Les moments où il devient non négociable
Lorsqu’il existe un décalage entre ce que le WMS pense avoir expédié et ce que le client dit avoir reçu, le bordereau d’expédition fait foi des quantités physiques remises au transporteur, colis par colis. Il devient crucial en groupage, cross-docking, expéditions multi-colis ou multi-références, retours RMA, transferts inter-entrepôts, flux sous température dirigée et matières dangereuses. Plus le flux est sensible, plus le bordereau doit être précis.
Les données qui comptent
Un bordereau qui tient la route se reconnaît à la qualité de ses rubriques. Les identités expéditeur/destinataire doivent être complètes et lisibles. Les méta-informations (référence commande, ordre de fabrication, N° d’expédition, date et heure) posent la chronologie. Le bloc transport clarifie le mode (route, air, mer, rail), l’incoterm, le transporteur, le chauffeur et, si besoin, l’immatriculation et les scellés. Le tableau d’articles décompose sans ambiguïté : SKU ou référence, désignation, quantité, poids net/brut, volume, dimensions, numéro de lot ou de série, marquage et, dès que possible, un identifiant de tracking ou code-barres. Enfin, le bloc “Réserves / Anomalies” offre un espace clair pour décrire un dommage, un manquant, un échange palette, une température hors tolérance.
L’effet “qualité” : quand une case bien remplie évite un litige
C’est là que la discipline paie. En réception, les réserves doivent être factuelles, datées, signées. Une rature ou une mention vague “sous réserve de déballage” a peu de valeur. Dans la chaîne du froid, noter la température en départ/arrivée change l’issue d’un différend. En ADR, reprendre l’UN, la classe, le groupe d’emballage et le marquage évite un refus de transport. Ce ne sont pas des formalités ; ce sont des garde-fous.
Les grands cas d’usage (et comment structurer votre bordereau)
Le bordereau n’est pas monolithique ; il s’adapte au métier.
Colisage & suivi. La variante “généraliste” met l’accent sur le décompte de colis, poids/volume, dimensions et numéros de série. C’est la base pour l’industrie, l’équipement, la pièce détachée.

Routier. On y ajoute le binôme chauffeur/immatriculation, la prise en charge, la livraison prévue, le type de palette, un champ scellé et une mention ADR. Utile dès qu’il y a responsabilité partagée sur le chargement.

Export/Douane. L’incoterm s’impose, mais aussi le code HS, le pays d’origine, la valeur déclarée, la référence de transport (AWB/BL) et le bureau de dédouanement. Le bordereau devient un support d’audit.

Maritime/Conteneur. Type de boîte (20’, 40’, HC, reefer), N° conteneur et scellé, VGM, navire/voyage, POL/POD, cut-off. Le tableau colis conserve la granularité ; c’est lui qui vous sauve lors d’un contrôle.
Aérien/AWB. On introduit l’aéroport d’origine et de destination, l’AWB, les dimensions et le CW (chargeable weight). La correspondance avec le master/house AWB doit rester propre.
Température dirigée (HACCP). On inscrit plage et consigne, contrôle départ/arrivée, data logger, nettoyage/désinfection. L’idée est de prouver la maîtrise.
ADR. On consigne l’UN, la classe, le groupe d’emballage, le marquage/étiquetage, les instructions écrites et l’équipement. Tolérance zéro sur la lisibilité.
Cross-docking/Groupage. En paysage, on visualise les correspondances entrant/sortant, les quantités transbordées, les quais et fenêtres horaires. On suit l’éphémère.
Retour/RMA. On formalise l’autorisation, le motif, l’état du produit, le choix avoir/échange/réparation. Le bordereau permet une boucle propre avec la qualité.
Transfert inter-entrepôts. Référence de transfert, emplacements source/destination, validation logistique. C’est la ligne de vie de votre stock.
POD simplifié. La preuve de livraison consigne le créneau réel, le lieu, l’identité vérifiée et les réserves. C’est bref, mais décisif.

Télécharger un pack de 12 modèles Word Bordereau d’expédition
Mise en page “officielle” : sobre, lisible, actionnable
Un bordereau efficace se lit vite. Un en-tête avec emplacement logo, N° et date. Deux blocs “Expéditeur/Destinataire” en vis-à-vis. Un tableau à colonnes claires, pas surchargé, qui laisse de l’air pour l’écriture manuscrite. Un encadré “Réserves” suffisamment haut pour deux à trois lignes continues. Un pied de page avec l’intitulé du document et la pagination si vous êtes en multi-pages. En paysage, n’utilisez que lorsque le flux l’impose (cross-dock, groupage) pour garder une densité maîtrisée.
Du papier au data : faire parler vos bordereaux
Derrière la feuille, il y a des indicateurs. Le bordereau alimente l’OTIF (livré en temps et en quantité), le taux de litiges, la casse, les non-conformités transport, la performance des créneaux, la maîtrise de la chaîne du froid, le respect ADR. L’astuce consiste à intégrer un identifiant unique et à scanner un code-barres : chaque bordereau devient une ligne traçable dans l’ERP/WMS. Un export hebdomadaire suffit pour nourrir un tableau de bord logistique et cibler les plans d’action.
Mode d’emploi – utiliser les modèles fournis
Commencez par choisir la variante qui correspond à votre flux réel. Si vous expédiez en palettes sur réseau routier, optez pour la version “Transport routier” ; si vous expédiez à l’international avec formalités, basculez sur “Export/Douane” ; si vous opérez des transferts internes, servez-vous du “Transfert inter-entrepôts”. Renseignez d’abord les rubriques de contexte (références, dates, lieux). Remplissez le tableau d’articles depuis votre préparation de commande, sans abréviations ambiguës. Pour les flux sensibles, complétez les champs spécialisés : température, scellés, VGM, ADR. En remise transporteur, exigez une signature lisible, la mention de l’heure et, si besoin, la plaque d’immatriculation. À la réception, bannissez les réserves génériques ; décrivez précisément l’écart constaté.
Les variantes “Compat DOCX-Lite” et “RTF” proposées permettent une lecture sans friction, y compris sur des postes plus anciens. Vous pouvez intégrer votre logo, figer les intitulés et imprimer en A4. Pour des usages à forte volumétrie, créez une numérotation automatique côté ERP et imprimez le QR/Code-128 du N° de bordereau.
Bonnes pratiques qui font la différence
La constance prime. Les mêmes colonnes, le même vocabulaire, les mêmes emplacements de signatures. Des champs dédiés aux numéros de série et lots évitent des heures de recherche en après-vente. Les poids et dimensions renseignés dès la préparation fluidifient le calcul de charge et le booking transport. En chaîne du froid, le relevé température au départ et à l’arrivée vaut de l’or. En ADR, un contrôle visuel du marquage/étiquetage avant chargement écarte des refus coûteux. En groupage, documenter l’appariement entrant/sortant sécurise le transit.
Pourquoi ce document élève votre niveau de service
Le bordereau d’expédition est une assurance qualité à faible coût. Il clarifie les responsabilités, accélère les arbitrages, réduit la conflictualité, alimente vos KPI et donne de la crédibilité à votre discipline opérationnelle. Dans une supply chain tendue, la précision documentaire est un avantage concurrentiel : elle prépare le “zéro surprise”, condition sine qua non d’un taux de service élevé et d’une relation client saine.
Bordereau d’expédition : la suite — passer de la “belle feuille” à un système qui tient en charge
Le bordereau ne vaut que par l’usage qu’on en fait. Une fois la trame posée, l’enjeu est d’orchestrer les personnes, les moments et les preuves pour qu’aucune expédition ne reste “dans l’air”. Cette suite propose un mode opératoire concret, des points de contrôle et une méthode de déploiement courte qui transforme le document en véritable assurance qualité logistique.
Orchestration opérationnelle : qui fait quoi, quand, comment
Le bordereau naît au picking, vit au quai de chargement et se clôt chez le destinataire. Pour fluidifier :
- En préparation, l’agent scanne ou coche les lignes au moment du picking ; toute substitution (référence équivalente, lot différent) est notée immédiatement sur le bordereau pour éviter les “écarts fantômes”.
- Au contrôle colisage, on fixe les éléments physiques qui font foi : nombre de colis, dimensions, poids brut et net, marquage, n° de lot/série. Mieux vaut un chiffre approximatif justifié qu’une case laissée vide.
- À la remise transporteur, l’opérateur inscrit l’heure réelle, l’immatriculation et, s’il y a lieu, le n° de scellé. La signature du chauffeur porte nom lisible et, idéalement, un tampon. C’est la charnière probatoire.
- À la réception client, on privilégie une contre-signature lisible avec réserves circonstanciées. “Sous réserve de déballage” ne protège pas : mieux vaut décrire précisément le dommage, le manquant, ou la palette échangée.
Gouvernance documentaire : versions, maîtrise et traçabilité
Un bordereau doit être unique, versionné et traçable.
- Numérotation : adoptez un identifiant court et non ambigu (ex.
BE-2025-10-000456). Cet ID figure en en-tête, sur chaque page, et dans l’ERP/WMS. - Versions : toute évolution de la trame (ajout d’un champ ADR, d’un bloc température) reçoit un numéro de version et une date d’entrée en vigueur.
- Conservation : l’original signé est capturé (scan/Photo) et rattaché au dossier d’expédition. La copie papier transite avec la marchandise si nécessaire ; l’archivage “preuve” se fait côté système.
Du papier au digital : codes, scans et preuves portables
Vous pouvez garder la souplesse du papier tout en sécurisant la preuve.
- Code-barres/QR du numéro de bordereau : un scan suffit pour retrouver la fiche dans votre système, joindre des photos, consigner une réserve, horodater une étape.
- Captures terrain : au quai comme chez le client, deux photos prudentes (colis avant chargement, état palette à l’arrivée) pèsent autant qu’une signature. Joignez-les logiquement au même ID.
- POD simplifié : pour les tournées denses, la “preuve de livraison” en une demi-page (créneau réel, identité vérifiée, état colis, réserves) accélère l’aval tout en restant défendable.
Qualité & conformité : quand la spécialisation s’impose
Certains flux exigent une granularité renforcée.
- Chaîne du froid : relevez la température au départ et à l’arrivée, notez le n° du data logger et son statut. La cohérence “consigne ↔ relevés” coupe court aux litiges.
- ADR : anticipez le trio “UN – Classe – Groupe d’emballage” et vérifiez marquage/étiquetage avant le chargement. Un champ “instructions écrites” ou “tremcard” évite un refus de prise en charge.
- Export : inscrivez pays d’origine et code HS ; l’incoterm et la valeur déclarée doivent correspondre aux documents de transport. Un écart ici se paye cher en dédouanement.
Indicateurs : faire parler vos bordereaux sans usine à gaz
Le bordereau alimente vos KPI sans efforts titanesques si vous standardisez cinq champs :
- OTIF : comparez quantité livrée et quantité prévue, et mesurez le respect du créneau.
- Taux de litige : nombre de bordereaux comportant des réserves / nombre total d’expéditions.
- Casse/Manquants : somme des écarts consignés rapportée aux unités expédiées.
- ADR/HACCP conformité : pourcentage de bordereaux sensibles comportant tous les champs obligatoires.
- Cycle preuve : délai “expédition → preuve signée disponible dans le système”.
Avec une extraction hebdomadaire simple (CSV), un tableau de bord basique fait émerger les zones à traiter : un transporteur en sur-réserves, un quai où la casse est anormalement concentrée, un décalage récurrent de poids/volume.
Cas d’école : trois scénarios qui reviennent souvent
Groupage tendu. Vous faites transiter des petits lots hétérogènes. La version “Cross-dock paysage” cartographie l’appariement entrant/sortant, quai et fenêtre. On coupe court à “ça a disparu au hub”.
Retour RMA. Le client renvoie un produit “non conforme”. Le bordereau RMA consigne l’autorisation, l’état, le motif, et la décision (avoir/échange/réparation). Il nourrit la boucle avec la qualité et protège la relation commerciale.
Température dirigée. En denrées sensibles, la suite “HACCP” impose l’entrée/sortie de température, la consigne et le logger. Ce trio rend l’audit binaire : conforme/non conforme, au lieu de “ressenti vs ressenti”.
❌
On voit souvent des bordereaux impeccables… mais inutilisables :
- Colonnes surchargées : vouloir tout mettre partout rend l’écriture illisible. Spécialisez les modèles.
- Champs non obligatoires laissés à blanc : pour ADR ou HACCP, marquez explicitement “N/A” si hors périmètre ; un vide sera interprété comme un oubli.
- Réserves vagues : bannissez “OK”, “RAS”, “Sous réserve de déballage”. Décrivez le fait observable : “Carton #3 enfoncé angle NE, scotch rompu”.
- Numéro instable : si l’ID change entre l’impression et la signature, la chaîne probatoire se rompt. Générez l’ID au moment de l’édition, jamais après.
Déploiement express en 7 jours
Jour 1–2 : choisissez 3 modèles cœur de flux (Routier, Colisage, POD). Ajoutez votre logo, votre ID et votre pied de page.
Jour 3 : test au quai avec un superviseur : couverture des cas, lisibilité au stylo, champs réellement remplis.
Jour 4 : ajoutez le QR/Code-barres du numéro ; paramétrez un dossier partagé ou un répertoire dans l’ERP pour stocker les scans.
Jour 5 : formez les préparateurs (10 minutes montre en main) et les chauffeurs récurrents (focus sur signature/heure/immatriculation).
Jour 6 : pilotez deux tournées complètes ; récoltez les retours, corrigez la trame si nécessaire.
Jour 7 : figez la version, communiquez la procédure d’utilisation et lancez le suivi des 5 KPI.
Adapter les modèles fournis à votre réalité
Vous avez à disposition des variantes “généralistes” et “métier” (routier, aérien, maritime, export, HACCP, ADR, cross-dock, RMA, transfert, POD), plus des versions Compat DOCX-Lite et RTF pour machines anciennes. La bonne pratique consiste à :
- figer les intitulés et la police pour l’identité visuelle ;
- préremplir vos coordonnées dans les blocs expéditeur ;
- verrouiller quelques champs critiques (Incoterm, unité de poids) via listes déroulantes si vous travaillez en numérique ;
- coller un QR/Code-128 du N° de bordereau dans l’en-tête pour accélérer la liaison preuve ↔ ERP/WMS.








