Fiche atelier activité motrice— (EHPAD) : Exemple à télécharger
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Dix heures moins cinq, la salle polyvalente s’éclaircit. Les chaises forment un demi-cercle stable, les bâtons mousse attendent, la playlist douce est prête. Au centre, une page de travail : la fiche atelier — activité motrice. Pas un papier de plus. Un guide d’action qui conduit l’équipe à faire bouger un groupe réel, dans un lieu réel, avec des personnes réelles — et à laisser une trace utile pour la suite.
Le sens avant la séance : un contrat d’attention
La fiche n’a pas pour vocation d’additionner des exercices. Elle oriente l’attention : quel effet utile rechercher pour ce groupe ici et maintenant ?
Quelques formulations qui tiennent la route :
- « Sécuriser le lever-assis chez 4 personnes (≥ 5 répétitions accompagnées) »
- « Favoriser l’équilibre assis en dynamique (rotation du tronc, passes de ballon) »
- « Réactiver la coordination œil-main (lancers/attrapés) avec plaisir partagé »
Cet engagement se décline avec des verbes, une durée et un critère observable. Le jargon d’animation assume les réalités du terrain : GIR, AVQ, fatigabilité, repères sensoriels, risque de chute, refus.
Fiche atelier – activité motrice (EHPAD)
Lettre à la relève du jeudi
La salle respire encore l’odeur du sol fraîchement lavé. Les chaises forment un demi-cercle un peu bancal, c’est bien, cela vit. Le chariot a la roue gauche capricieuse ; on l’a calée avec un morceau de ruban. Au tableau, trois prénoms entourés d’un cœur — des familles passeront après le déjeuner. La fiche atelier n’est pas une paperasse : c’est la promesse que, pendant une heure, le corps reprendra ses droits sans bousculer la personne.
Il ne s’agit pas de “faire du sport”. Il s’agit de mettre la sécurité et la confiance au même endroit. Le vocabulaire de terrain le dit mieux que les slogans : GIR, AVQ, appuis techniques, vigilance chute, consentement. Derrière chaque mot, un visage. Derrière chaque visage, une façon singulière de bouger.
Avant d’entrer
Un œil sur le sol, un autre sur les freins de fauteuil, un troisième — celui du métier — sur l’ambiance du jour. Le groupe n’est jamais exactement le même : il y a des mains chaudes qui saisissent vite, des yeux qui s’embuent l’après-midi, des genoux qui grincent par temps humide. La fiche note l’essentiel, sans bavardage : créneau, lieu, qui anime, qui surveille de près. Le matériel est prêt quand il n’attend pas qu’on le cherche.
L’intention, posée en clair
Plutôt que “atelier motricité”, une phrase qui vise juste : “rassurer le lever-assis”, “réactiver la coordination par passes courtes”, “tenir l’équilibre assis dix secondes, sourire compris”. Quand c’est dit ainsi, l’équipe sait où placer l’énergie et le groupe comprend ce que l’on célèbre.
La séance, côté gestes et voix
L’échauffement ne déborde pas : dix minutes de respiration qui descend dans le ventre, d’épaules qui desserrent, de chevilles qui se réveillent. Consigne unique, geste montré, ton posé. Le corps écoute mieux quand la phrase est courte.
Vient le temps des séquences. Elles se tiennent parce qu’elles ont un but accessible et une porte de sortie :
– Passes assises : carte postale d’enfance — “je lance à…, je regarde, je nomme”. Les prénoms roulent mieux que les ballons.
– Mini-parcours d’équilibre : plots espacés, marche lente, pause assumée. Il n’y a pas de performance, il y a des intentions tenues.
– Assis-debout accompagné : cinq répétitions si le souffle suit, variante 100 % assise si la fatigue impose son tempo.
Le retour au calme ne s’improvise pas : on range le souffle, on étire la nuque, on félicite un geste précis, pas “tout l’atelier”.
Mesurer sans casser l’élan
La fiche n’empile pas des colonnes ; elle ramasse l’utile. Pendant l’heure, trois notations suffisent : qui est là, quelle ambiance (☹︎ → ☺︎), quelle participation (timide, bonne). Après l’heure, on garde un chiffre ou deux qui parlent : passes réussies, secondes d’équilibre, nombre d’assis-debout. On coche “incident : 0/1” : c’est froid, mais c’est ce qui protège. Puis on écrit une ligne chaude : “Mme D. a tenu trois levers-assis, fier sourire à la quatrième”. Voilà une trace qui réchauffe la décision de demain.
Les trois visages d’un même atelier
Il existe des jours “fauteuils”. On privilégie le tactile et le souffle ; les ballons voyagent de deux mains à une autre, tout près, tout doucement. L’objectif est modeste et magnifique : deux gestes réussis chacun, apaisement visible. Un sourire vaut plus qu’une minute de plus.
Il existe des jours “intermédiaires”. Le mini-parcours se glisse entre les chaises, la canne accompagne, la main rassure. On vise quatre personnes avec cinq assis-debout ; c’est ambitieux et possible, parce que tout le monde sait où regarder.
Il existe des jours “tendus et toniques”. On attrape les foulards, on coordonne sans brusquer, on cherche huit à dix minutes d’endurance douce sans essouffler personne. Le groupe rit quand le foulard fait mine de s’échapper ; la coordination revient en douce.
Ce qui ne se négocie pas
Le sol sec, les freins enclenchés, les chaussures fermées, l’eau à portée. Une consigne à la fois, une démonstration courte, une attention particulière au poste “équilibre”. Un refus n’est pas une faute : c’est une information. On propose l’équivalent doux (écoute passive, variante assise), on baisse le volume si la pièce sature, on instaure la micro-pause quand le front pâlit.
La fiche activité motrice comme mémoire vivante
En bas de page, deux rubriques tiennent la maison : “Ce qui a marché” et “Ce qu’on essaie vendredi”. La première donne de la fierté au groupe, la seconde évite la routine. Une mention famille — photo, phrase courte — suffit à élargir le cercle. La signature n’est pas un paraphe administratif : c’est un oui à ce qui vient d’avoir lieu.
Le vrai bilan
Quand la salle se vide, il reste quelque chose dans l’air. Une force tranquille, parfois un silence qui dit “merci”. La fiche, refermée, garde de quoi décider sans s’alourdir : poursuivre, ajuster, clôturer. Le lendemain, une autre équipe saura reprendre le fil sans tout réinventer. C’est à cela qu’on reconnaît un outil bien né : il laisse plus de place à la relation qu’au papier, et il donne au mouvement la dignité d’un rendez-vous tenu.
Atelier EHPAD – activité motrice
La fiche commence par des invitations plus que par des consignes. Elle parle de mains qui se dérouillent, d’épaules qui respirent, de genoux qu’on apprivoise. Les activités sont pensées comme des rituels doux : on les reconnaît, on les attend, elles finissent par rassurer. Chaque proposition se tient en peu de mots, avec une image en tête et une variante prête si la fatigue arrive.
Le ballon qui sait les prénoms
Assis en demi-cercle, un ballon mousse passe de main en main. « Je lance à… je regarde, je nomme. » C’est une coordination toute simple, mais c’est surtout le visage en face qui reprend sa place. La fiche note l’idée, la durée, deux astuces (ballon plus léger, passes plus courtes) et ce que l’on observe : un sourire, un prénom dit plus fort.
Le bâton comme troisième jambe
En posture assise, le bâton devant. Monter, descendre, poser. Cinq fois si le souffle accompagne — ou uniquement l’amorce du geste si le jour est lourd. L’activité parle de confiance avant de parler de quadriceps ; elle indique comment féliciter un progrès minuscule, et comment rester assis quand il le faut, sans perdre la dignité du mouvement.
Le mini-parcours qui apprivoise le sol
Quelques plots espacés, un rail ou une canne, un bras disponible. La march e devient histoire courte : pas à pas, pause annoncée, arrivée visible. La fiche suggère de compter les secondes d’équilibre sur place, mais surtout de noter le moment de fierté : “regard levé au troisième plot”.
Les foulards qui recousent la coordination
Couleurs souples, musique lente. On lève, on suit des yeux, on passe à son voisin. Les foulards ont ce pouvoir de rendre doux ce qui peut inquiéter. La fiche ajoute une variante “fauteuils majoritaires” et un rappel pour les jours de grande sensibilité sensorielle : baisser le volume, ralentir les gestes.
Les mains qui se souviennent
Un jeu d’objets légers — balle de coton, anneau mousse, petit galet caoutchouté. Lancer court, attraper près de soi, sentir la forme. L’idée n’est pas de “performer”, mais de rappeler au corps des gestes familiers. La fiche propose d’écrire un mot simple, celui qui a déclenché l’adhésion : “doux”, “chaud”, “facile aujourd’hui”.
La respiration qui range la pièce. Fin de séance, chaises stables, épaules qui descendent. Trois cycles lents, un étirement de nuque, un merci adressé à chacun pour un geste précis. La trace écrite reste légère — une phrase, parfois une photo pour la famille — afin que le moment continue au-delà de la salle.
Chaque idée arrive avec son plan B : écoute passive si refus, version 100 % assise si besoin, micro-pause si le teint pâlit. Rien n’est forcé ; tout est offert. La fiche parle aussi du rythme — dix minutes, c’est le temps qui laisse une place à l’attention sans l’épuiser — et de la musique, choisie pour porter plutôt que couvrir.
Enfin, la fiche garde mémoire de ce qui a fonctionné, pas pour contrôler, mais pour donner une chance au lendemain : cette personne a mieux réussi quand le ballon venait de la gauche ; celle-ci préfère le foulard bleu ; cet autre gagne à commencer par l’assis-debout, puis seulement les passes. Trois détails, et toute une séance qui prend.
In fine, les activités proposées par la fiche ne sont pas “des exercices” : ce sont des prétextes à se remettre en route — des gestes assez simples pour être réussis, assez souples pour être adaptés, assez humains pour que chacun s’y retrouve.









