Protocole de nettoyage en salle de restaurant : Exemple de checklist
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Lorsqu’on évoque l’hygiène en restauration, l’attention se porte immédiatement sur la cuisine : température de cuisson, plan de travail, DLC. Pourtant, une autre scène se joue en coulisse, tout aussi critique : le nettoyage de la salle de restaurant. Non pas en tant qu’acte de propreté visuelle, mais comme protocole invisible d’orchestration sensorielle, sanitaire et stratégique. Ce rituel discret est en réalité une extension du service client, qui commence avant même la mise en place et se prolonge bien après le dernier encaissement.
🍽️ Une salle n’est pas un espace neutre : elle a un comportement
Un sol n’est pas simplement “sale” ou “propre”. Il est porteur de flux, de résidus invisibles, de bactéries véhiculées par chaussures, serviettes tombées, miettes. Un dossier de chaise devient en quelques heures un point de contact collectif. Une carte plastifiée, un vecteur passif. Le nettoyage de la salle, dans cette logique, n’est pas un geste de finition : c’est un geste préventif actif.
Le protocole comme partition : nettoyage chorégraphié et silencieux
Dans une salle de restaurant, tout est affaire de rythme et de discrétion. Le protocole ne peut pas être rigide : il doit s’adapter à la fluidité du service. Voici une décomposition non-linéaire du protocole, pensée pour suivre la vie réelle d’un établissement.
Avant l’ouverture (pré-service)
- Aération forcée : 10 à 15 minutes pour renouveler l’air
- Dépoussiérage directionnel : plinthes, luminaires, rebords de fenêtre
- Vérification olfactive et sonore : odeur de désinfection trop forte ? Grincements au sol ?
- Contrôle des points de contact invisibles : dos de banquettes, dessous de tables, bords de menus
🍽️ Entre deux services
- Nettoyage rapide “camouflé” : geste sec, chiffon à la nappe, rotation express de sets
- Recharge des consommables clients : savon WC, serviettes, papier
- Essuyage à sec (pas humide) pour éviter le risque de glissade
Après fermeture
- Nettoyage humide des sols en zones décroissantes (de la cuisine vers la salle, puis l’entrée)
- Désinfection croisée : poignées, interrupteurs, bornes de paiement, dos de chaise
- Audit du mobilier : un accroc sur un revêtement peut devenir une niche bactérienne
- Bilan déchets : tri des sacs selon les règles HACCP (carton, verre, biodéchets)
Une salle propre ne brille pas : elle est perçue sans être vue
Le protocole ne vise pas une salle “nickel” au sens esthétique. Il vise une salle :
- Saine sans odeur
- Équilibrée visuellement sans surcharge de produit
- Silencieuse dans sa restitution sensorielle
Un client ne doit jamais sentir la javel, ni marcher sur un sol encore humide. Il ne doit rien remarquer, car ce qu’il remarque, c’est l’intention de propreté mal maîtrisée.
Variables oubliées dans 90% des protocoles
- Matériaux acoustiques (tissu mural, rideaux) : rarement inclus dans les plannings de dépoussiérage
- Supports de décors muraux (cadres, menus affichés, appliques)
- Écrans tactiles des bornes ou tablettes menus
- Grilles de ventilation ou sorties de VMC salle
Ces éléments, s’ils sont négligés, deviennent des zones à micro-climat microbien.
Une salle nettoyée, c’est une salle mise en scène
Le protocole de nettoyage salle n’est pas une copie du protocole cuisine. C’est une discipline scénographique. Un métier à part entière.
Il exige une compréhension de la spatialité, de l’impact psychologique du propre, du timing du geste, et de la perception du client.
Un sol mal lavé se voit # Un sol bien lavé ne se sent pas. Voilà la mesure du succès : le silence hygiénique.
Exemple de checklist – Protocole de nettoyage en salle de restaurant

Cas Particuliers dans le Nettoyage d’une Salle de Restaurant
1. 🍷 Changement de configuration entre le midi et le soir
- Problème : Certains restaurants modifient l’agencement des tables pour le service du soir (plus espacé, ambiance tamisée).
- Impact sur le nettoyage :
- Nécessité de nettoyer les zones habituellement couvertes par les tables
- Reprise rapide des sols marqués (traces de chaises, miettes invisibles)
- Évacuation des résidus liés au service (poussières de sets, résidus de sauce…)
🔧 Astuce : prévoir une routine express avec franges préhumidifiées et inspection rapide à la lampe frontale pour les zones sombres.
2. Zone “famille” avec sièges bébé et rehausseurs
- Problème : Ces équipements concentrent des salissures spécifiques (nourriture écrasée, liquide collant).
- Impact sur le nettoyage :
- Nécessité de désinfection approfondie (points de contact élevés)
- Nettoyage sous la table élargi (sol très souillé autour des enfants)
- Lavage des harnais ou ceintures de chaise haute
Recommandation : utiliser un produit virucide norme EN 14476, compatible surfaces alimentaires, sans odeur persistante.
3. 🌦️ Temps de pluie ou neige
- Problème : Les clients entrent avec des semelles mouillées, rendant les sols glissants et sales.
- Impact sur le nettoyage :
- Mise en place de tapis d’absorption à l’entrée
- Nettoyage de sécurité toutes les 30 minutes avec signalisation “sol mouillé”
- Surveillance active des zones car carrelage = risque de chute
Penser à une procédure spéciale “conditions météo dégradées” avec rotation dédiée du personnel pour le sol.
4. Restaurant à éclairage tamisé (ambiance)
- Problème : Les salissures sont invisibles à l’œil nu pendant le service, mais visibles en pleine lumière le lendemain.
- Impact sur le nettoyage :
- Passage d’une lumière frontale ou torche basse pour révéler poussières et éclaboussures
- Inspection croisée en binôme : un qui regarde, l’autre qui nettoie
- Attention renforcée aux traces de doigts sur verre, miroir, portes vitrées
Inspirez-vous des méthodes hôtelières : lumière rasante et inspection tactile pour vérifier le nettoyage.
5. 🐾 Restaurants avec espace “pet friendly”
- Problème : Présence de poils, traces de pattes, odeurs, salissures spécifiques.
- Impact sur le nettoyage :
- Passage de rouleaux adhésifs sur assises et coins de banquettes
- Lavage plus fréquent des textiles
- Utilisation de produits désodorisants sans substances allergènes
Prévoir un protocole de désinfection différencié pour ces zones, avec un code couleur de matériel distinct (ex : jaune).
6. 🧑🦽 Accessibilité PMR
- Problème : Les rampes d’accès, zones élargies ou sanitaires PMR sont souvent oubliés.
- Impact sur le nettoyage :
- Désinfection rigoureuse des rampes, barres d’appui et boutons automatiques
- Vérification de l’absence d’obstacles et d’humidité au sol
- Surveillance des boutons d’appel ou dispositifs sans contact
♿ Intégrer une ligne spécifique “zone PMR” dans la checklist avec validation horaire visible.
Les cas particuliers ne sont pas des exceptions mais des points sensibles dans l’expérience client et dans le contrôle sanitaire.
Ils doivent figurer explicitement dans le protocole de nettoyage, avec des méthodes, du matériel et des fréquences adaptés. Un restaurant qui anticipe ces détails montre qu’il ne se contente pas de nettoyer : il comprend les usages réels de sa salle.








