Modèles et formulaires

Sécurité du patient & sécurité hospitalière : la checklist + normes et responsabilités

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Télécharger un modèle Word et Excel Sécurité du patient ⬇️De la checklist à un système fiable, traçable et améliorable

La sécurité à l’hôpital se joue à deux niveaux complémentaires : au lit du patient (identitovigilance, médicaments, chutes, escarres, infections…) et dans l’infrastructure (incendie, gaz médicaux, biomédical, radioprotection, déchets, chimique, HVAC). Cet article propose une méthode claire pour passer d’une liste d’actions à un dispositif de maîtrise : standardiser, exécuter, tracer et améliorer, sans lourdeur.


1) Cartographier le risque : deux checklists, un même objectif

Sécurité du patient. On vise la prévention des EIG évitables par des routines courtes mais non négociables :

  • Identification (bracelet, concordance dossier/étiquettes)
  • Médicaments (règle des 5B, double contrôle haut risque)
  • Chutes & escarres (évaluation, environnement, repositionnements)
  • Infections associées aux soins (5 moments, EPI, dispositifs)
  • Parcours opératoire (consentement, site/côté, pause de sécurité)
  • Sortie et continuité des soins

Sécurité en milieu hospitalier (HSE). On sécurise le « terrain » :

  • Incendie/évacuation (issues dégagées, extincteurs, plans à jour)
  • Gaz médicaux (arrimage, alarmes, accès vannes)
  • Électricité & biomédical (intégrité, contrôles périodiques)
  • Radioprotection (signalisation, EPI plomb, registres)
  • Hygiène/bionettoyage (dilutions, temps de contact, points de contact)
  • Déchets & chimique (tri DASRI/OPCT, FDS, stockage ventilé)
  • Installations (HVAC, ECS, frigos), travaux/maintenance (LOTO)

Idée-force : deux checklists, un seul circuit de preuve (qui a fait quoi, quand, comment, avec quoi) pour être auditable à tout moment.


2) Architecture d’une checklist qui sert vraiment

Une ligne courte, des colonnes utiles :
Zone/Service – Item – Fréquence – Responsable – Échéance – Statut – Criticité – Observations – Action corrective – Validation.
Les codes couleur réduisent l’effort cognitif : vert (Fait), jaune (En cours), orange (Échéance dépassée), rouge (Non conforme). Les domaines (ex. Médicaments, Incendie) peuvent être pastellisés pour guider le regard.


3) Exécution quotidienne : le “petit cycle” qui fait la différence

  1. Planifier (créneaux, fréquences), affecter les responsables.
  2. Réaliser et statuter au fil de l’eau (pas en fin de journée).
  3. Contrôler (visuel/ATP si applicable), consigner les NC.
  4. Corriger avec une action courte, valider.
  5. Remonter les écarts récurrents en mini Pareto (voir §6).

Le mot d’ordre : flux court. Moins il y a d’attente entre constat et correction, plus le système gagne en fiabilité.


4) Digitaliser sans complexifier

Le fichier Excel fourni (2 onglets Sécurité Patient / Sécurité Hôpital) remplace le papier sans alourdir :

  • Listes déroulantes (Domaines, Items, Fréquences, Statut, Criticité) pour éviter les saisies incohérentes.
  • Mises en forme automatiques : vert/jaune/orange/rouge selon le statut et l’échéance.
  • Colonnes d’action (Observations, Correctif, Validation) pour fermer la boucle.
  • Légende & Guide pour l’onboarding express de l’équipe.

À télécharger :

  • Excel rempli & coloré : FR_Checklists_Securite_Hospitaliere_v1.1_filled.xlsx
  • Modèles Word imprimables : Sécurité du Patient et Sécurité en Milieu Hospitalier

5) Indicateurs utiles (et suffisants)

Restez sobre et exploitable semaine après semaine :

  • Taux d’exécution = tâches Fait / tâches planifiées
  • % NC par domaine et par service (priorisation)
  • Délai moyen de correction (du constat à la validation)
  • Pareto des NC (top 5 causes) pour concentrer les efforts
  • Conformité biocide (dilution/temps de contact renseignés : oui/non)

Ces indicateurs tiennent en une demi-page et soutiennent une revue rapide.


6) Gouvernance légère, effets concrets

  • Brief quotidien (5 min) : priorités, incidents, manques matériels.
  • Revue hebdomadaire (30–45 min) : indicateurs, top 5 NC, plan d’actions ciblé.
  • Revue mensuelle : tendances, arbitrages (matériel, maintenance, formation).
  • Traçabilité produits (biocides, FDS, lots/DLC) : défense solide en audit.

7) Points d’attention fréquents

  • Temps de contact “grignoté” : cadencer les passages et signaler la zone indisponible pendant l’action désinfectante.
  • Dilutions approximatives : doseurs/étiquettes au point de préparation, photo de consigne dans le classeur numérique.
  • Surcharges électriques & biomédical : contrôle visuel quotidien + plan mensuel de tests différentiel/mise à la terre.
  • Issues encombrées : tournée incendie courte, check visuel documenté.
  • Chevauchement soins/nettoyage : créneaux fermes, arbitrage cadre de santé.

8) Mise en service en 10 jours (plan express)

J1–J2 : cartographier domaines & items, valider les fréquences.
J3–J4 : configurer les deux checklists (Excel & Word), couleurs & filtres.
J5 : former l’équipe (30 min) au statutage, actions correctives, validation.
J6–J9 : exécuter, mesurer, corriger, capter les irritants.
J10 : revue 1 : taux d’exécution, % NC, Pareto, arbitrages.


9) Ce que change vraiment la démarche

  • Moins d’aléas (le “trou” de processus se voit tout de suite).
  • Meilleure fluidité (routines courtes, responsabilités claires).
  • Preuve d’exécution opposable en audit.
  • Apprentissage continu (mini Pareto → plans ciblés).

Une checklist n’est pas un “formulaire de plus” : c’est une surface de contrôle. Reliée à des actions correctives tracées et à une revue régulière, elle devient un levier de performance clinique et HSE.


Pour aller plus loin (options rapides)

  • Ajouter un mini tableau de bord (par semaine : % Fait, % NC, délai moyen).
  • Décliner des vues par service (Urgences, Réa, Bloc, Imagerie…).
  • Intégrer des QR codes vers vos procédures/EPP au point d’usage.
  • Paramétrer des alertes d’échéance (conditionnelles ou via un script simple).

Encart juridique & normes — Sécurité du patient et sécurité hospitalière

(repère générique à adapter au pays, au type d’établissement et à vos procédures internes ; ce texte ne constitue pas un avis juridique)

1) Portée, responsabilités, traçabilité

  • Responsabilité de l’établissement : mettre en place des procédures écrites, former les équipes, fournir les moyens (EPI, produits, équipements), tracer l’exécution et corriger les écarts.
  • Responsabilité des professionnels : appliquer les protocoles, documenter (statut, observations, actions correctives), signaler les événements indésirables (EI/EIG) et situations dangereuses.
  • Traçabilité minimale : qui fait quoi, quand, , avec quoi (produit/lot/DLC), résultat du contrôle (visuel/ATP…), action corrective et validation.
  • Conservation : durées d’archivage selon la loi locale et la politique interne (dossiers patient, contrôles HSE, bordereaux déchets, maintenances biomédicales).

2) Référentiels fréquemment utilisés (exemples, non exhaustif)

Management & risque

  • ISO 9001 (management de la qualité) – structuration des processus et de la traçabilité.
  • ISO 45001 (santé-sécurité au travail) – évaluation des risques, maîtrise opérationnelle, participation du personnel.
  • ISO 31000 (management du risque) – principes et cadre de pilotage transversal.

Sécurité du patient

  • Hygiène des mains : recommandations de l’OMS (les « 5 moments »).
  • Parcours opératoire : check-list opératoire (sécurité au bloc, bonne intervention, bon patient).
  • Médicaments : « règle des 5B » (bon patient/produit/dose/moment/voie), double contrôle pour médicaments à haut risque.
  • Prévention chutes & escarres : évaluation initiale + réévaluations, environnement sécurisé, répartition d’appuis.
  • Dispositifs : pose/suivi/ablation tracés (cathéters, sondes, drains) selon protocoles et notices fabricants.

Bionettoyage & biocides (performances d’efficacité)

  • EN 14885 (cadre des normes d’essais des désinfectants).
  • Exemples d’essais usuels : EN 1276 (bactéricide), EN 13697 (bactéricide/fongicide sur surfaces), EN 14476 (virucide), EN 16615 (test « 4 champs » pour lingettes).
  • FDS (Fiches de Données de Sécurité) disponibles et connues ; respect des dilutions et temps de contact.

Équipements de protection individuelle (EPI)

  • EN 374 (protection contre produits chimiques/micro-organismes), EN 455 (gants médicaux).
  • Choix/entretien/stockage des EPI, formation au bon usage et au retrait.

Biomédical, électricité & gaz médicaux

  • IEC 60601 (sécurité des appareils électro-médicaux) — maintenance selon recommandations fabricant/biomédical.
  • Réseaux de gaz médicaux : normes de conception/exploitation (p. ex. ISO 7396-1, selon pays).
  • Vérifications périodiques : mises à la terre, différentiels, alarmes, vannes, plans d’intervention.

Radioprotection

  • Zonage, signalisation, dosimétrie, contrôles qualité, registres ; EPI plomb adaptés et intègres.
  • Respect des textes nationaux (code du travail/santé publique, autorités de radioprotection) et des panneautages normalisés (p. ex. symboles ISO 7010).

Déchets de soins & chimique

  • Filières réglementées : DASRI (piquants/coupants/infectieux), assimilés, chimiques ; contenants conformes, circuits distincts.
  • Bordereaux de suivi et traçabilité ; stockage intermédiaire ventilé et sécurisé.
  • Produits dangereux : FDS, incompatibilités, bacs de rétention si nécessaire.

Locaux & installations techniques

  • HVAC (ventilation/filtration, pressions différentielles en zones sensibles), ECS (lutte anti-légionelles), froid (frigos médicaments/prélèvements — enregistrements).
  • Travaux/maintenance : permis de feu, LOTO/consignation, confinement poussières/bruit, protection des patients/soignants.

Données & confidentialité

  • Protection des données de santé : appliquer le cadre du pays (p. ex. RGPD dans l’UE, équivalents hors UE), minimisation des données, sécurisation des accès, journalisation, droit d’accès/correction.

3) Ce que vos procédures internes doivent préciser (check rapide)

  • Champ (où s’applique la procédure), rôles, fréquences, produits & EPI, modes opératoires illustrés, critères d’acceptation.
  • Gestion des NC : déclaration, analyse, actions correctives, délai cible et vérification d’efficacité.
  • Documents associés : FDS, notices fabricants, formulaires de check, bordereaux déchets, enregistrements HVAC/ECS, rapports biomédicaux.
  • Maîtrise documentaire : version, diffusion, formation, révision planifiée.

4) Mentions utiles sur vos formulaires

  • « Ce contrôle s’exécute conformément aux procédures internes en vigueur et aux exigences légales applicables. Toute non-conformité majeure doit faire l’objet d’une action immédiate et d’un signalement selon la procédure EI/EIG. »
  • « Les produits biocides utilisés respectent les normes d’efficacité applicables et leurs FDS sont disponibles au poste. Dilution et temps de contact sont obligatoires. »
  • « Les données patient sont traitées selon la réglementation locale sur la protection des données de santé et la politique de confidentialité de l’établissement. »

À adapter : remplacez/complétez les normes et références par celles exigées dans votre pays (textes nationaux, guides des autorités sanitaires, standards sectoriels) et liez cet encart à vos procédures numérotées (réf., version, propriétaire du document).

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