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Plan de soins en EHPAD à Imprimer : rôle de l’aide-soignant(e), méthode, outils et preuves de qualité

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Dans les couloirs feutrés des EHPAD, le plan de soins est devenu la pièce maîtresse d’un quotidien sous tension. Face au vieillissement de la population, aux effectifs comptés et aux exigences accrues de qualité, ce document organise l’essentiel : qui fait quoi, quand et comment, auprès de résidents aux besoins souvent complexes. Au cœur de ce dispositif, les aide-soignant(e)s, sentinelles du terrain, observent, préviennent, transmettent et ajustent les gestes qui font la différence — de l’hydratation à la prévention des chutes, de la peau au sommeil.

Derrière la paperasse, un enjeu très concret : rendre visible le travail réel et sécuriser chaque étape du soin. Objectifs SMART, repères horaires, traçabilité simple, mini-revues régulières… autant d’outils qui transforient un protocole en accompagnement vivant. Entre attentes des familles et contraintes d’équipe, ces micro-méthodes imposent une discipline utile : moins d’angles morts, plus de preuves d’efficacité, et, surtout, un quotidien plus digne pour les personnes âgées accueillies.

Le plan de soins est la colonne vertébrale de l’accompagnement en EHPAD. Il traduit les besoins d’une personne en objectifs concrets et en interventions quotidiennes portées par l’équipe (AS, IDE, ASH, AMP/AES, ergos, kinés…), sous la coordination clinique de l’IDE et du médecin coordonnateur. Ce plan évite les oublis, sécurise les gestes, facilite les transmissions et améliore l’expérience des résidents comme des proches.


1) À quoi sert un plan de soins ?

  • Personnaliser l’accompagnement : partir des habitudes de vie, préférences, capacités et risques du résident.
  • Coordonner les acteurs : qui fait quoi, quand, comment, avec quels repères.
  • Tracer ce qui est fait : rendre visible le travail réel, démontrer la qualité.
  • Évaluer et ajuster : mesurer l’effet des soins et réviser sans cesse.

Point clé : un plan de soins n’est pas une « fiche » mais un processus vivant, révisé à chaque changement d’état.


2) Rôle spécifique de l’aide-soignant(e)

  • Observer et signaler : douleur, appétit, sommeil, peau, continence, mobilité, humeur, cognition, risque de chute.
  • Réaliser les soins d’hygiène et de confort en appliquant les protocoles (peau, prévention des escarres, transferts, hydratation…).
  • Transmettre de façon factuelle (qui, quoi, quand, comment, résultat) et co-construire les ajustements avec l’IDE.
  • Impliquer le résident (et ses proches) : recueillir préférences et retours.

3) La méthode en 5 étapes

  1. Recueil initial & risques
    • Identité, habitudes, capacités restantes, attentes.
    • Dépistage structuré : chute, nutrition (ex : MNA), peau (ex : Braden), douleur (EVA/Algoplus), déshydratation, confusion, fugue.
  2. Objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporellement définis)
    • Ex : « Hydrater ≥ 1,2 L/j sur 14 jours, sans signe de déshydratation ».
  3. Interventions par domaine
    • Hygiène & toilette / Habillage / Alimentation & hydratation / Élimination / Mobilité & transferts & chutes / Peau & escarres / Douleur / Sommeil / Communication & cognition / Vie sociale.
    • Pour chaque action : geste, fréquence, repère horaire, responsable.
  4. Traçabilité quotidienne
    • Coche + initiales + observation courte (ex : « bain mousse évité – irritation plis axillaires »).
  5. Évaluation & révision
    • Hebdomadaire (mini-revue) + mensuelle (revue formelle) et à chaque changement.

4) Outils pratiques pour l’AS

  • Grilles rapides :
    • Peau : couleur, chaleur, douleur, intégrité (repérage rougeur persistante).
    • Hydratation : apports, muqueuses sèches, P/D (poids-diurèse si traçable), constipation.
    • Douleur : EVA/Algoplus (mots, mimiques, plaintes).
    • Chute : antécédents, équilibre, environnement (chaussures, éclairage, obstacles).
  • Transmissions ciblées (méthode SBAR simplifiée) :
    • Situation : « Madame B., toilette du matin ».
    • Bilan bref : « Peau sèche + rougeur sacrum Ø 2 cm ».
    • Analyses/Actions : « Protection cutanée posée, repositionnement q2h ».
    • Recommandation/demande : « Demande évaluation IDE / changement matelas ».

5) Exemples d’objectifs & d’interventions (extraits)

A. Prévention des escarres

  • Objectif : « Aucune lésion de stade 2 à 30 jours ».
  • Interventions :
    • Repositionnement toutes les 2 h (nuit selon tolérance).
    • Inspection cutanée bi-quotidienne (sacrum, talons, trochanters).
    • Hydratation cutanée quotidienne (émollient).
    • Traçabilité : localisation, aspect, produit, signature.

B. Hydratation

  • Objectif : « ≥ 6 prises de boisson/jour pendant 2 semaines ».
  • Interventions :
    • 8h/10h/12h/15h/17h/20h : eau ou boisson préférée 150–200 mL.
    • Complément gélifié si fausses routes suspectées (avec IDE).
    • Traçabilité : quantité approximative + acceptation.

C. Mobilité & chutes

  • Objectif : « 0 chute / 30 jours ».
  • Interventions :
    • Chaussage fermé, déambulateur réglé, chemin dégagé.
    • Levers accompagnés matin/midi/soir (score de dépendance).
    • Exercice assis-debout × 5 matin et après-midi (si OK).

6) Qualité : comment prouver que ça marche ?

  • Indicateurs simples (mensuels) :
    1. Taux de chutes / résident ;
    2. % de traçabilités complètes (lignes remplies + signatures) ;
    3. Prévalence escarres stade ≥ 2 ;
    4. % d’objectifs atteints à l’échéance ;
    5. Satisfaction familles (mini enquête 3 items).
  • Revues de plan : 1 page de synthèse par résident : objectifs atteints / non atteints / ajustements.

7) Trucs & astuces d’organisation

  • Couleurs discrètes pour séparer les domaines (lisible en NB).
  • Repères horaires fixes (8h/12h/15h/18h) facilitent l’ancrage d’équipe.
  • Pictos (verre, soleil, lit, fauteuil) pour gagner du temps à la lecture.
  • Checklists plastifiées dans les chambres pour les gestes standards (lavage des mains, transferts).
  • QR/DataMatrix (option) sur la page de garde : lien vers version numérique et protocoles.

8) Éthique et droits

  • Respect des préférences (rythmes, pudeur, alimentation, culte).
  • Information du résident/proches en cas de modification significative.
  • Confidentialité : documents rangés, accès tracé, contenus proportionnés.

9) Modèle de rédaction (mini-extrait prêt à copier)

Objectif Hydratation (14 jours) : Apports ≥ 1,2 L/j, muqueuses humides, pas de signes de déshydratation.
Actions : proposer boisson à 8h/10h/12h/15h/17h/20h (150–200 mL), noter acceptation, adapter boisson préférée.
Indicateurs : nb de prises/j, aspect muqueuses, turgescence, poids hebdo.
Responsables : AS du secteur, supervision IDE.
Traçabilité : cases heure + initiales + observation courte.


10) Passer du papier au « vivant »

  • Brief quotidien de relève (10 min) : 3 faits saillants, 1 succès, 1 point d’attention.
  • Micro-formation mensuelle (15 min) : un thème (transferts, peau, douleur), 3 gestes, 1 audit flash.
  • Amélioration continue : testez une micro-modif par mois (ex : colonne « acceptation » pour l’hydratation), mesurez, gardez si utile.

Un plan de soins utile est personnalisé, clair, mesurable et vivant. L’aide-soignant(e) en est le cœur opérationnel : observez, agissez, tracez, transmettez. Avec des objectifs SMART, des repères horaires, une traçabilité simple et des revues régulières, l’équipe sécurise les soins, valorise le travail réel et améliore la qualité de vie des résidents.

Plan de soins en EHPAD : le rôle pivot de l’aide-soignant

Le plan de soins est la feuille de route quotidienne qui traduit un projet de vie en actes concrets. En EHPAD, il articule prévention, confort, sécurité et dignité. Pour l’aide-soignant, c’est à la fois un guide, un support de transmissions et un outil de coordination avec l’IDE, le médecin et l’équipe pluridisciplinaire.


Pourquoi formaliser un plan de soins ?

  • Continuité : chaque professionnel retrouve les mêmes repères, aux mêmes endroits, à chaque poste.
  • Personnalisation : habitudes, préférences, capacités et besoins guident les interventions.
  • Sécurité : repérage des risques (chute, dénutrition, escarres, douleur) et actions systématiques.
  • Traçabilité : ce qui est fait, observé, ajusté se documente ; l’équipe apprend de sa pratique.
  • Alliance avec la famille : attentes clarifiées, cadre rassurant, objectifs partagés.

Les 6 briques d’un plan de soins efficace

1) Recueil initial

Identité, personne de confiance, habitudes de vie, aides techniques, traitements en cours, repères sensoriels et culturels. Ce socle oriente la suite.

2) Évaluation structurée
  • Autonomie : toilette, habillage, alimentation, hydratation, mobilité/transferts, élimination, communication/orientation.
  • Douleur : intensité, localisation, facteurs déclenchants ; échelles adaptées (ex. EVA selon protocole).
  • Nutrition/hydratation : prise alimentaire, variations de poids, appétence, textures.
  • Peau et posture : points d’appui, rougeurs, sensibilité, fréquence de changement de position.
  • Risques : chute, déshydratation, dénutrition, fugue, troubles de la déglutition, incontinence.

Objectif : transformer des constats en objectifs et en actions priorisées.

3) Objectifs SMART (simples, mesurables, datés)
  • Hydratation : « 1 200 ml/jour répartis sur la journée, relevé au chariot d’hydratation ».
  • Mobilité : « Mise au fauteuil avant 10 h avec levier de confort, 2 mobilisations actives guidées ».
  • Peau : « Changement d’appui toutes les 3 h, talonnières, inspection biquotidienne ».
4) Interventions quotidiennes (matin / après-midi / soir-nuit)

Checklists concrètes : réveil progressif, toilette, mise au fauteuil, hydratation, collations, animations, prévention des chutes, soins de confort, sécurisation de la chambre, rondes de nuit, transmissions.
Prévention systématique : escarres (matelas, positions, hydratation cutanée), douleur (surveillance), chute (environnement, chaussures, éclairage).

5) Coordination pluridisciplinaire
  • Transmissions ciblées (ex. méthode SBAR) vers IDE/médecin.
  • Points réguliers avec kiné, ergo, psychologue, animatrice, diététicien.
  • Lien famille : informations, consentement éclairé, retours d’expérience.
6) Réévaluation et ajustement
  • Quand un objectif est atteint ou en échec, on réécrit la conduite à tenir.
  • On suit des indicateurs simples : apports hydriques, douleurs rapportées, nombre de chutes, intégrité cutanée, qualité du sommeil, appétit, participation aux activités.

Place de l’aide-soignant : clinique du quotidien

  • Observer : peau, douleur, appétit, humeur, mobilité, sommeil, continence.
  • Agir : soins d’hygiène et de confort, posture, hydratation, prévention, stimulation douce.
  • Alerter : toute évolution préoccupante remonte via transmissions à l’IDE/médecin.
  • Accompagner : écoute, respect du rythme, gestes rassurants, relation avec la famille.
  • Tracer : cocher, dater, signer ; sans trace, l’action se perd et la coordination faiblit.

Le plan précise qui fait quoi, quand, comment et pourquoi ; il s’inscrit dans les procédures internes et le partage des responsabilités au sein de l’établissement.


Cas fil rouge (exemple)

Mme L., 86 ans — appétit diminué, rougeur talonnière, désorientation vespérale, réveils nocturnes.

  • Objectifs
    Hydratation 1 200–1 400 ml/j ; disparition de la rougeur en 7 jours ; mise au fauteuil le matin ; 2 animations courtes/semaine ; endormissement apaisé.
  • Actions
    Chariot d’hydratation avec marquage des prises ; collations enrichies ; talonnières + position 30° alternée ; inspection peau matin/soir ; veilleuse et rituel de coucher ; musique douce ; information famille.
  • Indicateurs
    Volumes notés ; état cutané consigné ; échelle de douleur ; incidents chutes = 0 ; satisfaction exprimée.
  • Réévaluation (J+7)
    Rougeur résolue → maintien prévention ; hydratation ≥ 1 200 ml 5/7 jours → poursuivre ; agitation vespérale en baisse → renforcer rituel du soir.

Qualité, éthique et traçabilité

  • Dignité et consentement guident chaque geste.
  • Confidentialité (RGPD) : plan conservé avec prudence, accès limité, mentions datées et signées.
  • Hygiène : friction hydroalcoolique aux moments clés, matériel identifié, surfaces nettoyées.
  • Culture du signalement : chute, douleur, plaie, dénutrition → on déclare, on analyse, on améliore.

Points de vigilance & leviers d’amélioration
  • Objectifs flous → formuler en SMART et dater.
  • Checklists saturées → prioriser quelques actions essentielles, visibles au poste.
  • Traçabilité incomplète → cases à cocher + ligne de commentaires courts.
  • Prévention inconstante → rythmer la journée (heures fixes de changement d’appui et d’hydratation).
  • Peu de coordination → transmissions SBAR quotidiennes et mini-staffs programmés.

Boîte à outils terrain
  • ADL simplifiées (autonomie).
  • Douleur : EVA ou échelle adaptée selon protocole interne.
  • Peau : repères d’inspection et rotation des positions.
  • Nutrition : suivi du poids, textures/fortification, marquage des apports hydriques.
  • Transmissions : SBAR (Situation, Contexte, Constat, Recommandation).
  • Grilles “risques” : chute, escarres, dénutrition, déshydratation (références de l’établissement).

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