PERMIS DE FEU — TRAVAUX PAR POINT CHAUD : Modèle Word Gratuit
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Le permis de feu constitue un acte de direction engageant. Sa signature oblige l’exploitant à garantir la maîtrise d’opérations intrinsèquement risquées (soudage, meulage, chalumeau, bitume chauffé, brasage, découpe abrasive). Il précise le lieu, la durée, les moyens mis en œuvre et les intervenants autorisés, fixe les modalités d’exécution et fonde, le cas échéant, le droit d’arrêt immédiat.
Ce que couvre réellement un “point chaud”
Un point chaud n’est pas synonyme de flamme. C’est tout procédé produisant chaleur, étincelles, scories ou échauffement anormal. À l’échelle du terrain, le risque voyage par les interstices : plénums, vides sanitaires, gaines techniques, faux-plafonds, parements bois, isolants mousses. Le danger n’est pas la gerbe d’étincelles que tout le monde voit ; c’est la braise qui tombe là où personne ne regarde.
Gouvernance : qui décide, qui arrête, qui surveille ?
La responsabilité se lit comme un triangle. Le donneur d’ordre exige et cadre. Le site garantit l’environnement maîtrisé (consignations, accès, moyens d’extinction). L’entreprise intervenante apporte la méthode, les EPI et la compétence. Au centre, un rôle singulier : le surveillant de feu — œil rivé sur la zone, indépendant de la production, habilité à suspendre l’opération.
Le surveillant de feu, métier de vigilance
Sur le terrain, c’est la seule personne qui ne fait “rien d’autre” que surveiller. Elle se place où les étincelles finissent, pas seulement où elles naissent : derrière les cloisons, en sous-face de planchers, dans les combles, au pied des descentes. Elle sait lire une chaleur à distance, exploiter une lampe torche et un thermomètre IR, et activer sans hésitation l’extincteur ou l’alarme.
Les verrous de maîtrise avant intervention
Tout commence par un périmètre nettoyé et protégé. Les matériaux combustibles sont déplacés ou bâchés avec des écrans ignifugés ; les fentes et passages de câbles sont obturés pour casser les “effets cheminée”. Les énergies et fluides sont consignés, les solvants sortis de scène. Les moyens d’extinction sont visibles, chargés, accessibles immédiatement. La ventilation est pensée comme une barrière : évacuer la chaleur et les vapeurs, sans projeter les étincelles.
Pendant l’opération : tenir la ligne
La qualité d’un chantier par point chaud se mesure à la discipline des secondes. Pas d’accumulation de scories ; pas d’obstacle devant les extincteurs ; pas d’angles morts. La communication est directe avec le PC sécurité. Au moindre doute — odeur, coloration anormale d’une paroi, fumée subtile — le réflexe n’est pas l’obstination mais l’arrêt, le refroidissement et la reprise uniquement après validation.
Après l’arrêt : le feu qui couve
Le temps long fait la différence entre un incident enrayé et un sinistre. La zone est nettoyée sans soufflage, les protections retirées méthodiquement, les volumes cachés inspectés. La surveillance post-travaux ne se résume pas à “rester à côté”. Elle impose des rondes ciblées avec re-contrôles différés lorsque le contexte est sensible (isolants, charpentes bois, plénums saturés de poussières).
Toitures et bitume : l’angle mort des isolants
Sur toiture, le chalumeau rencontre des matériaux qui s’enflamment par conduction lente. Les membranes peuvent paraître intactes tandis que l’isolant se consume en dessous. La bonne pratique consiste à privilégier des procédés sans flamme lorsque l’isolant est combustible, à doubler les extincteurs (en toiture et au pied d’accès), et à prolonger la surveillance une fois la membrane posée.
Sites sensibles : data, archives, solvants
Un data center, une salle d’archives ou une zone solvants ne tolèrent pas les compromis. Les TPCH y sont soit interdits, soit cantonnés à des conditions drastiques : zone inertée, équipements antidéflagrants, détection temporairement gérée et réarmée immédiatement après, consignations strictes, équipe sécurité en alerte.
ATEX : la fausse sécurité du “petit coup de meuleuse”
Aucune dimension “minime” n’anéantit le risque d’explosion. Le seul TPCH acceptable en zone ATEX est celui… qui n’en est plus un : zone remise hors ATEX par nettoyage, purge, ventilation et contrôle gaz ; matériel adapté ; traçabilité dans le permis. La règle implicite est simple : si l’on justifie plus le procédé que la maîtrise, c’est un refus.
Culture STOP : le droit et le devoir d’interrompre
Sur un point chaud, la performance est de savoir dire “non”. Le meilleur formulaire ne pèse rien si la culture considère l’arrêt comme un échec. Le surveillant de feu est légitime, l’opérateur aussi, le chef de chantier également. Un site mature rend visible ce droit d’arrêt : affichage clair, message managérial, retours d’expérience qui valorisent la décision prudente.
Le permis comme preuve et comme contrat
Au-delà de la technique, le permis de feu est une pièce probante. Il documente ce qui a été vu, décidé, installé. Il décrit le lieu au mètre près, la fenêtre horaire, les consignations réalisées, les moyens d’extinction présents et testés, le nom du surveillant. C’est un contrat moral et juridique : il peut être révoqué sur simple constat d’écart.
REX utile : transformer les écarts en standards
Chaque quasi-accident raconte une faiblesse du système : une flamme qui file par une gaine, un extincteur trop loin, une détection non réarmée, un chantier repris avant refroidissement. Le bon réflexe n’est pas la culpabilité, c’est la transposition : ajouter des kits d’obturation prêts à l’emploi, densifier les écrans ignifugés, instaurer une “check minute” verbale avant allumage, programmer des audits inopinés.
Grille d’arbitrage Go/No-Go
Un point chaud ne démarre que si la réponse est claire à quelques questions simples : le périmètre est-il réellement dégagé ? la protection des volumes cachés est-elle tangible ? la ventilation prévient-elle l’accumulation de chaleur ? la coactivité conflictuelle a-t-elle été stoppée ? les extincteurs sont-ils à portée immédiate et adaptés ? le surveillant de feu est-il nominatif et disponible à plein temps ? la détection a-t-elle un plan de réarmement encadré ? Si l’une de ces réponses est hésitante, la décision se prend d’elle-même.
Guide opérationnel, responsabilités et check-lists pratiques (sans liens externes)
Une étincelle suffit à déclencher un sinistre. Le permis de feu est la barrière organisationnelle qui transforme une opération risquée (soudage, meulage, chalumeau, bitume chauffé, brasage…) en activité maîtrisée. Il formalise l’analyse de risques, les mesures de prévention et le contrôle opérationnel, avant, pendant et après les travaux par point chaud.
1) Définition et champ d’application
On parle de travaux par point chaud (TPCH) pour toute intervention générant flamme, chaleur, étincelles, scories ou projections incandescentes :
- soudage (arc, TIG/MIG/MAG), oxycoupage, brasage, désoudage ;
- meulage, découpe abrasive, polissage à forte énergie ;
- opérations de toiture au chalumeau et bitume ;
- décapage thermique, chauffage d’éléments métalliques, fontes de colles/bitumes ;
- essais/rodages susceptibles d’échauffer anormalement des pièces.
Dès qu’un TPCH est réalisé hors d’un atelier conçu pour cela (poste fixe, cabine, capotage et aspiration dédiés), il relève d’un permis de feu. C’est aussi le cas lorsqu’il existe des combustibles à proximité, des matériaux sensibles (isolants, mousses, poussières), des réseaux (gaz, solvants), ou des coactivités.
2) Rôles et responsabilités
- Donneur d’ordre / Maître d’ouvrage : exige le permis, fixe le périmètre, valide l’interruption des activités conflictuelles, met à disposition les moyens de prévention (extincteurs, écrans ignifugés, RIA).
- Chef d’établissement / Site : garantit l’évaluation des risques, les consignations (électrique, gaz, fluides), la coordination sécurité, l’accès aux plans et aux dispositifs (désenfumage, coupures).
- Entreprise intervenante : prépare la méthode, les EPI, les écrans pare-étincelles, le nettoyage du périmètre ; fournit des opérateurs qualifiés.
- Surveillant de feu (veilleur de feu) : personne dédiée, présente en continu, formée à l’usage des extincteurs, responsable de la surveillance du chantier et du contrôle post-travaux.
- Service sécurité / incendie : conseil, contrôle inopiné, consignations et levées, validation des zones ATEX, tenue du registre.
3) Articulation avec les documents de prévention
Le permis de feu est un complément opérationnel du plan de prévention (industrie), du PPSPS (chantier BTP), des protocoles de sécurité (chargement/déchargement), et du DUERP (évaluation des risques). Il ne s’y substitue pas : il opérationnalise des mesures concrètes à l’instant T, au lieu précis d’intervention et pour une durée limitée.
4) Processus en 3 temps
A. Avant les travaux — “Ne rien laisser au hasard”
- Délimitation et propreté : dégager ou protéger un rayon de 10 m (à adapter) autour de la zone ; bâcher les éléments combustibles avec des écrans M0/ignifugés ; obturer les fentes, faux-plafonds, passages de câbles.
- Consignation : couper et condamner énergies et fluides (élec., gaz, sprinklers sectionnels si nécessaire, aspiration solvants) ; identifier les retours d’énergie et purger les conduites.
- ATEX et vapeurs : vérifier l’absence d’atmosphère explosive ; ventiler ou inertage si besoin ; interdire tout TPCH en présence de solvants en cours d’utilisation.
- Moyens d’extinction : au minimum 2 extincteurs adaptés à portée immédiate (ex. 1 eau/additif 9 L + 1 poudre ABC 6 kg ; ajouter CO₂ 5 kg pour risques électriques) ; localisation du RIA la plus proche ; connaître les chemins d’évacuation.
- EPI et PC : EPI anti-flamme (vêtements, gants, cagoule), lunettes/écran facial ; protections collectives (pare-étincelles, rideaux, capotage, aspiration).
- Coactivité : suspendre les tâches incompatibles (nettoyage solvants, manutentions textils/cartons) ; balisage et signalisation visibles.
- Feuille de route : préciser la méthode (type de soudage, réglages, durée, zones), les opérateurs, le surveillant de feu et la fenêtre horaire.
B. Pendant les travaux — “Surveiller, ventiler, intervenir”
- Présence continue du surveillant de feu, concentré sur la zone, les combles/plénums, l’arrière des parois et les conduits verticaux (propagation cachée).
- Ventilation effective ; contrôle des étincelles fugitives et scories ; retrait immédiat des déchets incandescents dans un récipient métallique.
- Posture STOP : si fumée, odeur anormale, échauffement à distance, arrêt immédiat, investigation, refroidissement, puis reprise après validation.
- Communication : ligne directe avec sécurité/site ; accès libre aux extincteurs et aux issues.
C. Après les travaux — “Le feu qui couve”
- Nettoyage complet : balayage humide/aspiration (pas de soufflage), enlèvement des protections, inspection des plénums, combles, dessous de passerelles.
- Surveillance post-travaux : présence du surveillant au moins 60 minutes après l’arrêt, avec re-contrôles ciblés (bâtiments sensibles : refaire un contrôle différé, par ex. à 2 h ou en fin de journée).
- Levée de consignation : uniquement après validation conjointe ; archivage du permis et retour d’expérience (écarts, presque-accidents).
5) Contenu essentiel d’un permis de feu
- Identification : site, bâtiment, niveau, zone précise (photo/plan recommandé), date et horaires de validité.
- Nature des travaux : procédé (soudage, meulage, chalumeau), matériaux, réglages clés.
- Analyse des risques : combustibles/isolants présents, poussières, gaines/cheminées, planchers/murs légers, présence de solvants/gaz, hauteur, météo (toiture), ATEX éventuelle.
- Mesures de prévention : dégagement 10 m (ou valeur site), protections M0, obturations, humidification, consignations détaillées, ventilation, balisage, EPI, moyens d’extinction mobilisés (type/quantité), surveillant désigné.
- Coactivité : tâches suspendues, information des tiers, contrôle des accès.
- Contrôles post-travaux : durée de surveillance, points de contrôle différés, signature de levée.
- Signatures : donneur d’ordre, chef de site/sécurité, entreprise intervenante, surveillant de feu ; clause de révocation immédiate si conditions non tenues.
6) Mesures techniques & organisationnelles clés
- Rayon de propreté : viser 10 m horizontal (adapter au procédé) et surveiller la verticale (étages, faux-plafonds, gaines).
- Écrans pare-étincelles : rideaux et bâches ignifugés, posés de manière à éviter les “effets cheminée”.
- Obturations : laine minérale, plaques métalliques, bandes ignifuges pour joints/percements.
- Détection/alarme : si le bâtiment est équipé, informer le PC sécurité avant tout masquage temporaire ; réactiver la détection dès la fin.
- Toitures : pas de chalumeau au contact d’isolants combustibles ; privilégier procédés sans flamme (colles à froid, soudures air chaud) ; garde-corps/harnais ; extincteurs en toiture + à la base d’accès.
- Locaux sensibles : data centers, archives, cuisines, ateliers solvants : interdire le TPCH sans protections renforcées et consignation stricte des systèmes.
- ATEX : TPCH proscrit en atmosphère explosive ; si intervention de maintenance, mettre la zone hors ATEX (nettoyage, purge, inertage, contrôle gaz), et consigner l’absence de risques.
- Communication & accès : identifier l’itinéraire pompier interne, les coupures générales, les RIA.
7) Cas particuliers
- Bâtiments anciens : planchers/charpentes bois, lambris, poussières logées : multiplier les obturations, les arrosages préventifs, et la surveillance différée.
- Travaux en hauteur : étincelles “en pluie” vers niveaux inférieurs ; protéger en cascade et poster le surveillant à l’aval.
- Chantiers de nuit/week-end : renforcer le poste de surveillance et la ronde sécurité ; éviter l’isolement (PTI/homme-mort).
- Sous-traitance en chaîne : le permis ne se délègue pas de fait ; chaque entreprise intervenante signe et respecte la même exigence ; un seul surveillant clairement nommé.
8) Indicateurs & retour d’expérience (REX)
- Taux de TPCH avec écart (ex. extincteur manquant, obturation incomplète).
- Délai moyen de surveillance post-travaux vs exigence.
- Quasi-accidents : étincelles trouvées au-delà du périmètre, échauffements détectés tardivement.
- Fréquence d’audits inopinés et conformité.
- Actions correctives : mise à niveau du parc extincteurs, stock d’écrans ignifugés, kits d’obturation prêts à l’emploi, formations ciblées surveillant de feu.
9) Trame type (à intégrer dans vos modèles internes)
- Rubrique 1 — Identification : Site / Bâtiment / Zone précise (plan) / Date / Plage horaire de validité.
- Rubrique 2 — Entreprise intervenante : Raison sociale / Opérateurs / Responsable de chantier / Contact.
- Rubrique 3 — Nature des TPCH : procédé, matériaux, réglages, durée estimée.
- Rubrique 4 — Analyse des risques : combustibles (liste), isolants, poussières, réseaux, ATEX, proximité tiers.
- Rubrique 5 — Mesures avant travaux : dégagement (m), protections M0, obturations (où/comment), consignations (quelles), ventilation, balisage.
- Rubrique 6 — Moyens d’extinction : extincteurs (type/qté), RIA à X m, couverture anti-feu, personnel formé.
- Rubrique 7 — Pendant : surveillant désigné (nom), fréquence des contrôles périphériques, points d’accès.
- Rubrique 8 — Après : nettoyage, durée de surveillance (≥ 60 min), re-contrôle différé (ex. à 2 h / fin de journée), conditions de levée.
- Rubrique 9 — Signatures : donneur d’ordre / site / entreprise / surveillant — clause d’arrêt immédiat en cas d’écart.
10) “Mode d’emploi” du permis de feu
- Exiger la trame en amont de l’intervention ; visite préalable de la zone avec l’intervenant.
- Remplir sur place, au plus près du risque, en cochant les mesures réellement mises en place (pas de cases par habitude).
- Refuser toute dérogation : si un moyen manque (écran ignifugé indisponible), reporter.
- Conserver l’original au poste sécurité, une copie sur chantier (porte-documents) ; afficher “TPCH en cours”.
- Clore par une levée contradictoire et un REX concis (3 lignes : constats/écarts/mesures).
12) Bonnes pratiques “terrain”
- Kit TPCH prêt : 2 extincteurs, couverture anti-feu, rideaux M0, laine minérale, rubans ignifuges, pulvérisateur d’eau, lampe torche, thermomètre IR, balises.
- Checklist minute avant l’allumage : “énergies consignées ? protections posées ? extincteurs chargés ? surveillant présent ? évacuation claire ?”.
- Thermo IR pour repérer des points chauds derrière parois/plénums.
- Culture STOP : tout le monde a le droit… et le devoir d’arrêter.










