Analyse de risques : méthodes, matrices, modèles Excel et outils pour anticiper les décisions
Personne ne lance un investissement en étant certain de son issue. Aucun directeur d’usine ne peut garantir qu’une ligne de production fonctionnera sans interruption. Aucun chef de projet ne maîtrise l’ensemble des événements susceptibles de bouleverser un planning. L’incertitude fait partie du quotidien des organisations. La véritable différence ne réside donc pas dans l’absence de risques, mais dans la manière de les anticiper.
C’est là qu’intervient l’analyse de risques. Derrière cette expression se cache bien davantage qu’une obligation réglementaire ou un tableau rempli avant un audit. Elle représente une façon de regarder une activité sous un autre angle : celui des vulnérabilités, des scénarios plausibles et des conséquences possibles. Là où certains voient une succession d’événements isolés, l’analyse de risques révèle des enchaînements, met en évidence des dépendances et aide à comprendre pourquoi une difficulté mineure peut parfois provoquer un effet domino.
Cette approche a largement dépassé le cadre de l’industrie lourde où elle s’est développée. Les équipes cybersécurité évaluent désormais leurs scénarios d’attaque selon les mêmes principes que les ingénieurs analysent une chaîne de production. Les directions financières examinent leurs expositions avec une logique comparable à celle des responsables HSE qui cartographient les dangers présents sur un site industriel. Même les projets les plus courants s’appuient aujourd’hui sur des registres de risques afin d’anticiper les dérives avant qu’elles ne deviennent visibles.
Au fil des années, la discipline a profondément évolué. Les longues listes de dangers ont laissé place à des approches beaucoup plus dynamiques, capables de hiérarchiser les priorités, de mesurer les impacts et d’accompagner les décisions. Une matrice de criticité, un registre de risques ou une cartographie ne sont plus de simples documents administratifs : ils deviennent de véritables outils de pilotage.
Cette page rassemble les méthodes de référence, les principaux standards internationaux, des modèles Excel, des matrices d’évaluation ainsi que des exemples couvrant l’industrie, les projets, la cybersécurité, la maintenance, la qualité, la santé, la finance ou encore la supply chain. L’objectif n’est pas seulement de présenter les outils existants, mais de comprendre dans quels contextes ils apportent une réelle valeur.
Analyse de risques : de quoi parle-t-on réellement ?
Prendre une décision sans évaluer les risques, c’est accepter d’avancer sans disposer de toutes les informations nécessaires. Derrière un investissement, le lancement d’un projet, une évolution réglementaire ou une transformation des processus peuvent se cacher des événements capables de remettre en cause les délais, les budgets, la qualité, la sécurité ou même la continuité d’une activité. L’analyse de risques permet précisément de prendre du recul sur ces incertitudes. Elle aide à repérer les scénarios les plus crédibles, à mesurer leurs conséquences potentielles et à identifier les actions susceptibles d’en limiter les effets avant qu’ils ne se matérialisent.
La norme ISO 31000 définit l’analyse de risques comme le processus consistant à comprendre la nature d’un risque, à en rechercher les causes, à estimer sa probabilité d’apparition et à apprécier les conséquences qu’il pourrait entraîner. En pratique, cette étape joue un rôle déterminant dans la gestion des risques. Elle permet de distinguer les situations réellement critiques de celles dont l’impact reste limité, d’établir des priorités et de concentrer les moyens sur les enjeux qui méritent une attention immédiate. Une telle approche favorise des décisions plus éclairées, tout en renforçant la capacité d’une organisation à anticiper les imprévus plutôt qu’à les subir.
🌍 Principaux domaines d’application de l’analyse de risques
Voir le risque avant qu’il ne devienne un problème
Les difficultés importantes arrivent rarement sans prévenir. Une panne critique est souvent précédée de signaux faibles. Un accident trouve fréquemment son origine dans plusieurs écarts passés inaperçus. Les dépassements budgétaires prennent naissance bien avant que les coûts explosent. Une cyberattaque réussie exploite généralement une faille connue mais insuffisamment traitée.
L’analyse de risques consiste justement à repérer ces indices pendant qu’il est encore temps d’agir.
Ce travail ne relève ni de la divination ni de la simple intuition. Il repose sur une démarche structurée qui cherche à répondre à quelques questions fondamentales : quels événements pourraient compromettre les objectifs ? Quelle est leur probabilité ? Jusqu’où leurs conséquences peuvent-elles s’étendre ? Les dispositifs de maîtrise actuellement en place sont-ils réellement efficaces ?
Les réponses obtenues orientent ensuite les arbitrages. Certaines situations nécessitent une intervention immédiate, d’autres peuvent être surveillées dans le temps, tandis que quelques risques restent suffisamment faibles pour être acceptés sans action particulière.
L’intérêt dépasse largement la prévention des incidents. Une analyse bien construite aide également à mieux répartir les budgets, à prioriser les investissements et à concentrer les efforts sur les sujets qui présentent le plus fort enjeu.
Le risque n’est jamais une notion abstraite
Le mot « risque » est utilisé quotidiennement, parfois sans véritable distinction avec celui de « danger ». Pourtant, la nuance change complètement la manière d’aborder une situation.
Une machine constitue un danger potentiel. Un produit chimique également. Une installation électrique ou une chaudière industrielle aussi. Le risque apparaît seulement lorsqu’un scénario rend possible la rencontre entre ce danger et une personne, un équipement ou une activité.
Autrement dit, un même danger peut produire des niveaux de risque totalement différents selon l’environnement, les protections installées, les procédures appliquées ou l’expérience des opérateurs.
Cette différence explique pourquoi deux entreprises utilisant les mêmes équipements peuvent présenter des niveaux de maîtrise radicalement opposés.
Ce n’est pas la présence du danger qui fait la qualité d’une organisation, mais sa capacité à comprendre comment ce danger pourrait réellement produire un dommage.
Une discipline devenue le langage commun des décideurs
Longtemps cantonnée aux services HSE et aux ingénieurs sécurité, l’analyse de risques s’est progressivement imposée comme un outil de pilotage transversal. Son champ d’application dépasse désormais largement la prévention des accidents pour accompagner les décisions stratégiques, opérationnelles et financières. Les comités de direction s’appuient sur des cartographies des risques pour sécuriser leurs investissements, les chefs de projet construisent des registres dès les premières phases de planification, tandis que les équipes cybersécurité élaborent des scénarios d’attaque afin d’évaluer leur niveau de résilience.
Dans le même mouvement, les responsables qualité cherchent à détecter les défaillances avant qu’elles n’affectent les clients, alors que les directions financières analysent les facteurs susceptibles d’altérer durablement la rentabilité. Derrière cette diversité d’usages se dessine une même préoccupation : comprendre ce qui pourrait compromettre les objectifs de l’organisation, mesurer les conséquences potentielles et déterminer les actions les plus pertinentes pour les maîtriser. Cette vision commune explique l’adoption croissante de référentiels internationaux tels que l’ISO 31000 ou l’ISO 31010, qui fournissent un langage partagé et une méthodologie cohérente, quel que soit le secteur d’activité ou le métier concerné.
Analyse de risques : méthode et étapes essentielles
Une analyse de risques suit un chemin logique : définir le périmètre, identifier les événements redoutés, mesurer leur criticité, puis engager des actions capables de réduire l’exposition. Les blocs ci-dessous présentent les principales étapes de façon compacte.
1 Définir le contexte et le périmètre de l’analyse
Avant d’évaluer un risque, il faut préciser ce qui sera réellement étudié. Le périmètre peut concerner un projet, une machine, un processus, un site, une activité, un système informatique ou une chaîne d’approvisionnement.
- Définir les objectifs à protéger.
- Identifier les activités et les actifs concernés.
- Préciser les limites géographiques, techniques ou temporelles.
- Recenser les parties prenantes et les exigences applicables.
- Choisir les critères de probabilité, d’impact et d’acceptabilité.
2 Identifier les risques et leurs causes
L’identification consiste à rechercher les événements susceptibles d’empêcher l’atteinte des objectifs. Elle s’appuie sur l’observation du terrain, les entretiens, les audits, les incidents passés, les données techniques et l’expérience des équipes.
- Repérer les dangers, vulnérabilités et points de défaillance.
- Décrire les scénarios pouvant conduire à un dommage.
- Rechercher les causes humaines, techniques et organisationnelles.
- Identifier les conséquences financières, opérationnelles ou humaines.
- Recenser les mesures de prévention déjà en place.
3 Analyser, évaluer et hiérarchiser les risques
Les risques identifiés sont ensuite comparés selon des critères communs. La méthode la plus courante consiste à croiser la probabilité d’apparition avec la gravité des conséquences.
- Évaluer la probabilité ou la fréquence d’occurrence.
- Mesurer l’impact sur les personnes, les coûts, les délais ou l’activité.
- Apprécier la détectabilité lorsque la méthode le prévoit.
- Calculer un score de criticité ou un niveau de priorité.
- Comparer le risque brut au risque résiduel après application des contrôles.
- Classer les risques en niveaux faible, modéré, élevé ou critique.
4 Définir les actions et suivre leur efficacité
L’analyse trouve son utilité lorsqu’elle débouche sur des mesures concrètes. Les actions sont choisies selon le niveau de risque, les moyens disponibles et les exigences réglementaires ou contractuelles.
- Supprimer la source du risque lorsqu’une alternative existe.
- Réduire la probabilité par la prévention et la formation.
- Limiter les conséquences grâce à des dispositifs de protection.
- Transférer certains risques par le contrat ou l’assurance.
- Accepter un risque résiduel lorsque son niveau reste maîtrisé.
- Désigner un responsable, une échéance et un indicateur de suivi.
- Réévaluer la criticité après la mise en œuvre des actions.
Choisir sa méthode d’analyse de risques
Sélectionnez votre domaine, l’objectif recherché et le niveau de détail attendu. L’outil vous propose ensuite la méthode la plus cohérente ainsi que des approches complémentaires.
Les principales méthodes d’analyse de risques
Décrivez votre besoin
Recommandation
Les 8 niveaux d’une analyse de risques
Une analyse de risques progresse du constat initial vers la décision. La pyramide montre comment une situation observée devient peu à peu une priorité comprise, mesurée et traduite en actions concrètes.
Observer le terrain et définir le périmètre étudié.
Identifier les scénarios et rechercher leurs causes.
Mesurer la criticité et comparer les priorités.
Décider, agir et vérifier l’efficacité des mesures.
Les grands référentiels internationaux de gestion des risques
Les normes internationales n’abordent pas toutes le risque sous le même angle. Certaines définissent un cadre général de gouvernance, tandis que d’autres répondent aux enjeux de la qualité, de la sécurité au travail, de la cybersécurité, de l’agroalimentaire ou des dispositifs médicaux.
ISO
31000
Management global des risques
Principes, cadre organisationnel et processus de gestion
ISO 31000 propose une vision transversale du management des risques. Son approche peut être intégrée à la stratégie, à la gouvernance, aux opérations, aux projets et aux processus de décision.
IEC
31010
Techniques d’appréciation du risque
Choix et application des méthodes d’analyse
IEC 31010 accompagne le choix des techniques d’évaluation. Elle présente un large éventail d’approches qualitatives, semi-quantitatives et quantitatives adaptées à différents contextes.
ISO
9001
Risques et opportunités en qualité
Fiabilité des processus et satisfaction des clients
ISO 9001 intègre une réflexion fondée sur les risques dans le système de management de la qualité. L’objectif consiste à anticiper les écarts pouvant affecter la conformité des produits, des services ou des processus.
ISO
45001
Santé et sécurité au travail
Identification des dangers et maîtrise des risques professionnels
ISO 45001 encadre le management de la santé et de la sécurité au travail. Elle conduit l’organisme à repérer les dangers, apprécier les risques professionnels et mettre en place des mesures de maîtrise.
ISO/IEC
27001
Sécurité de l’information
Protection des données, systèmes et services numériques
ISO/IEC 27001 définit les exigences d’un système de management de la sécurité de l’information. L’analyse de risques permet d’adapter les mesures de sécurité aux menaces et aux actifs réellement exposés.
ISO
14971
Dispositifs médicaux
Maîtrise des risques pendant le cycle de vie du dispositif
ISO 14971 encadre l’application du management des risques aux dispositifs médicaux. L’analyse porte sur les dangers, les situations dangereuses, les dommages possibles et l’efficacité des mesures de maîtrise.
IEC
60812
AMDEC et analyse des défaillances
Étude des modes de défaillance et de leurs effets
IEC 60812 fournit un cadre pour conduire une analyse des modes de défaillance et de leurs effets. Elle aide à structurer l’étude des causes, des conséquences et des dispositifs de détection.
ISO
22000
Sécurité des denrées alimentaires
Identification et maîtrise des dangers alimentaires
ISO 22000 structure le management de la sécurité des denrées alimentaires. Elle associe les principes HACCP à des exigences de management, de communication et de maîtrise opérationnelle.
Exemples d’analyses de risques : EBIOS, AMDEC et cybersécurité
Ces exemples montrent comment structurer une analyse de risques selon trois approches différentes. Les tableaux regroupent les scénarios, les causes, les impacts, les niveaux de criticité et les actions de maîtrise, tout en limitant l’espace occupé à l’écran.
Exemple d’analyse de risques EBIOS RM
Scénarios de menace visant une plateforme de gestion de données clients.
| Valeur métier | Événement redouté | Source de risque | Scénario stratégique | Gravité | Vraisemblance | Niveau | Mesures de sécurité |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Base clients | Divulgation de données personnelles | Groupe cybercriminel | Compromission d’un compte administrateur puis extraction des données | 4 | 3 | 12 | MFA Journalisation PAM |
| Service en ligne | Indisponibilité prolongée | Attaquant externe | Attaque par déni de service visant l’infrastructure publique | 3 | 3 | 9 | Protection DDoS PCA |
| Référentiel contrats | Altération des informations | Employé malveillant | Modification volontaire de données commerciales sensibles | 4 | 2 | 8 | Séparation des rôles Traçabilité |
Exemple d’analyse de risques AMDEC
Étude des défaillances possibles sur une ligne de conditionnement.
| Étape | Mode de défaillance | Effet | Cause | G | O | D | NPR | Action recommandée |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Dosage | Quantité incorrecte | Produit non conforme | Dérive du capteur de pesée | 4 | 3 | 3 | 36 | Étalonnage Contrôle automatique |
| Étiquetage | Mauvaise étiquette | Erreur d’identification | Référence mal sélectionnée | 4 | 2 | 3 | 24 | Lecture code-barres |
| Fermeture | Scellage incomplet | Altération du produit | Température insuffisante | 3 | 2 | 2 | 12 | Alarme température Maintenance |
Exemple d’analyse de risque cybersécurité
Cartographie simplifiée des risques liés au système d’information.
| Actif | Menace | Vulnérabilité | Impact | Probabilité | Score | Traitement | Mesures prévues |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Serveur de fichiers | Rançongiciel | Sauvegardes accessibles depuis le réseau | 5 | 4 | 20 | Réduire | Sauvegarde hors ligne EDR |
| Messagerie | Hameçonnage | Sensibilisation insuffisante | 4 | 4 | 16 | Réduire | Formation Filtrage MFA |
| Application métier | Accès non autorisé | Droits utilisateurs excessifs | 4 | 3 | 12 | Réduire | Revue des droits Moindre privilège |
| Postes nomades | Perte ou vol | Disque non chiffré | 3 | 2 | 6 | Réduire | Chiffrement Effacement distant |
📊 Modèle Excel d’analyse des risques automatisé
Ce modèle Excel one page permet d’identifier, d’analyser, de coter et de hiérarchiser les risques dans un format compact et immédiatement exploitable. Le score de criticité est calculé automatiquement à partir de la probabilité, de l’impact et de la détectabilité, tandis que les niveaux faible, modéré, élevé ou critique apparaissent avec un code couleur. Le fichier intègre également les causes, les conséquences, les contrôles existants, les actions de maîtrise, les responsables, les échéances et le statut de suivi.

L’analyse de risques gagne en précision dès lors que les critères de probabilité, de gravité et de détectabilité sont réunis dans un même outil. Ce calculateur transforme ces données en indicateurs immédiatement lisibles : score de risque, NPR ou RPN AMDEC, coût potentiel, coût attendu et retour sur investissement des actions de prévention. La matrice colorée situe automatiquement le niveau de criticité, tandis que la priorisation distingue les risques à surveiller, à planifier, à traiter rapidement ou à prendre en charge sans délai. L’ensemble fournit une base solide pour comparer plusieurs scénarios, justifier les décisions et concentrer les ressources sur les mesures les plus efficaces.
Calculateur complet d’analyse et de priorisation des risques
Évaluez un risque à partir de sa probabilité, de sa gravité et de sa détectabilité. L’outil calcule automatiquement le score de risque, le NPR/RPN AMDEC, le coût attendu et le retour sur investissement d’une action de prévention.
Paramètres du risque
Résultats calculés
Un plan d’action rapide est recommandé, avec responsable et échéance.
Matrice des risques Probabilité × Gravité
| Probabilité ↓ Gravité → | 1 Mineure | 2 Faible | 3 Significative | 4 Majeure | 5 Critique |
|---|
Profil du risque
| Indicateur | Avant prévention | Après prévention | Évolution |
|---|---|---|---|
| Coût attendu | 17 500 MAD | 5 250 MAD | −70 % |
| Score financier | 17 500 MAD | 5 250 MAD | 12 250 MAD évités |
| Décision | Traiter rapidement | Surveiller | Prévention rentable |
Bibliothèque des méthodes d’analyse de risques
Consultez directement le tableau détaillé de chaque méthode. Les filtres permettent de comparer les approches selon le secteur, l’objectif recherché et le niveau de complexité, sans quitter la page.
AMDEC Analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité. ★★★★★ Intermédiaire
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Détecter les défaillances possibles avant leur apparition, mesurer leur criticité et définir les actions prioritaires. |
| Données analysées | Fonctions, modes de défaillance, effets, causes, contrôles existants, gravité, occurrence et détectabilité. |
| Calcul principal | NPR ou criticité = Gravité × Occurrence × Détectabilité. |
| Étapes |
|
| Livrable | Tableau AMDEC complet avec scores de criticité, responsables, échéances et nouvelles cotations après traitement. |
| Avantages | Méthode structurée, adaptée au travail collectif et très utile pour la maintenance préventive et l’amélioration de la qualité. |
| Limites | Peut devenir longue sur un système complexe. La qualité du résultat dépend fortement de la grille de cotation et de l’expérience du groupe. |
HAZOP Étude systématique des dérives possibles d’un procédé industriel. ★★★★★ Avancé
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Identifier les écarts de fonctionnement capables de provoquer un accident, une perte de production ou une dégradation du procédé. |
| Principe | Croiser les paramètres du procédé avec des mots-guides : absence, plus, moins, inversion, autre que ou partie de. |
| Étapes |
|
| Livrable | Tableau des déviations, causes, conséquences, barrières, recommandations et responsables. |
| Avantages | Analyse approfondie, collective et particulièrement efficace sur les installations industrielles complexes. |
| Limites | Mobilise plusieurs experts et peut nécessiter de nombreuses réunions lorsque le procédé comporte beaucoup de nœuds. |
SWIFT Atelier rapide fondé sur des questions structurées de type « What If ». ★★★☆☆ Simple
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Faire émerger rapidement des scénarios de risque grâce aux connaissances et à l’expérience des participants. |
| Principe | Le groupe répond à des questions telles que : « Que se passerait-il si cet équipement s’arrêtait ? » ou « Que se passerait-il si cette validation n’était pas réalisée ? ». |
| Étapes |
|
| Livrable | Liste structurée de scénarios, conséquences, dispositifs existants et recommandations. |
| Avantages | Rapide, facile à animer et utilisable sans calcul complexe. |
| Limites | Le niveau de détail dépend fortement de la qualité des échanges et de l’expérience des participants. |
Matrice des risques Classement visuel des risques selon leur probabilité et leur impact. ★★★★☆ Simple
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Évaluer et hiérarchiser rapidement les risques afin de distinguer les priorités faibles, modérées, élevées ou critiques. |
| Calcul principal | Criticité = Probabilité × Impact. Une troisième dimension, telle que la détectabilité, peut être ajoutée. |
| Étapes |
|
| Livrable | Matrice colorée accompagnée d’un registre de risques et d’un plan d’action. |
| Avantages | Lecture immédiate, déploiement rapide et adaptation facile dans Excel. |
| Limites | La cotation peut rester subjective. Des risques différents peuvent obtenir le même score malgré des profils distincts. |
EBIOS Risk Manager Construction de scénarios stratégiques et opérationnels de cybersécurité. ★★★★★ Avancé
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Comprendre les scénarios de menace les plus crédibles et définir une stratégie de sécurité adaptée aux valeurs métier. |
| Étapes |
|
| Livrable | Cartographie des valeurs métier, événements redoutés, sources de risque, chemins d’attaque et mesures de sécurité. |
| Avantages | Approche centrée sur les scénarios réels, les attaquants et l’écosystème numérique. |
| Limites | Demande une bonne connaissance du système d’information et plusieurs ateliers avec les métiers. |
Bow Tie Visualisation des causes, conséquences et barrières autour d’un événement central. ★★★★☆ Intermédiaire
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Montrer comment les menaces peuvent conduire à un événement redouté et comment les barrières limitent les conséquences. |
| Étapes |
|
| Livrable | Diagramme en nœud papillon reliant menaces, événement, conséquences et barrières. |
| Avantages | Très visuel, facile à présenter aux équipes et utile pour contrôler l’efficacité des barrières. |
| Limites | Ne décrit pas toujours les interactions complexes entre plusieurs événements. |
Arbre des causes Reconstitution factuelle des événements ayant conduit à un incident. ★★★★☆ Intermédiaire
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Comprendre les faits nécessaires à la survenue d’un événement et éviter sa répétition. |
| Étapes |
|
| Livrable | Schéma logique des faits avec propositions d’actions correctives. |
| Avantages | Évite de réduire l’incident à une seule erreur humaine et met en évidence les causes organisationnelles. |
| Limites | Méthode réactive, applicable après la survenue d’un événement. |
Simulation Monte-Carlo Quantification des résultats possibles à partir de milliers de scénarios. ★★★★★ Avancé
| Domaines d’application | |
|---|---|
| Objectif | Estimer la probabilité d’un dépassement de coûts, d’un retard ou d’un résultat financier donné. |
| Étapes |
|
| Livrable | Histogramme des résultats, probabilités de dépassement, percentiles et intervalles de confiance. |
| Avantages | Offre une vision quantitative de l’incertitude au lieu de reposer sur un scénario unique. |
| Limites | Les résultats dépendent fortement de la qualité des données et des distributions choisies. |
Analyse de risques : Des outils Excel gratuits pour passer de l’analyse à l’action
Une méthode bien choisie donne un cadre, mais elle ne suffit pas toujours à faire vivre l’analyse au quotidien. Sur le terrain, les équipes ont surtout besoin de supports simples pour recenser les risques, calculer leur criticité, suivre les actions et mettre à jour les priorités sans repartir de zéro à chaque révision. C’est tout l’intérêt des outils gratuits réunis dans cette section.
La bibliothèque propose des modèles Excel, des matrices de risques, des registres de suivi, des grilles de cotation, des calculateurs de criticité et des tableaux de bord adaptés aux principaux usages : gestion de projet, maintenance, production, HSE, qualité, cybersécurité, audit, finance ou supply chain. Certains outils servent à établir une première cartographie, tandis que d’autres accompagnent un travail plus approfondi fondé sur l’AMDEC, la méthode EBIOS, le Bow Tie ou l’analyse des causes.
L’objectif reste très concret : gagner du temps, homogénéiser les évaluations et transformer les constats en décisions suivies. Un bon outil permet de visualiser immédiatement les risques critiques, d’identifier les responsables, de fixer des échéances et de mesurer l’effet des actions engagées. Il devient alors le prolongement naturel de la méthode choisie, avec un format assez souple pour être adapté au secteur, à la taille de la structure et au niveau de maturité de l’équipe.
📚 Les outils gratuits pour compléter votre analyse de risques
Cette sélection rassemble des modèles Excel, des tableaux de bord et des méthodes directement exploitables pour identifier les risques, les hiérarchiser, rechercher leurs causes et suivre les actions correctives.
Générateur de tableaux d’analyse de risques par référentiel ISO
Sélectionnez le référentiel adapté à votre activité. Le générateur construit automatiquement un tableau d’analyse correspondant à la logique de la norme, ajoute des exemples modifiables et calcule la priorité de chaque risque.
31000
Management global des risques
Identification, analyse, évaluation, traitement et suivi des risques susceptibles d’affecter les objectifs.
Tableau d’analyse de risques ISO 31000
Entreprise Exemple — Processus opérationnel principalAnalyse des risques chantier et recommandations de prévention
Sélectionnez le type de chantier, l’activité réalisée et les conditions d’intervention. L’outil identifie les principaux dangers, calcule le niveau de criticité et recommande des moyens de prévention selon une logique progressive : supprimer le danger, mettre en place des protections collectives, organiser le travail, puis compléter par les équipements individuels adaptés.
Décrire la situation de chantier
Résultat de l’analyse
Les protections collectives doivent être vérifiées avant le démarrage.
Approfondir l’analyse des risques informatiques
Retrouvez une méthode structurée pour identifier les actifs, les menaces et les vulnérabilités, construire des scénarios de risque, calculer la criticité et définir les mesures de traitement adaptées.
Consulter les exemples concrets d’analyse des risques informatiques →





