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15 exemples de sujets de philosophie et comment les traiter

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Un sujet de philosophie se travaille comme une enquête : les mots comptent, les évidences se discutent, les exemples se choisissent avec précision. Une bonne copie avance par étapes nettes, montre ce qu’elle pense au lieu de l’affirmer, puis assume une conclusion qui éclaire le problème au lieu de le refermer.

  • Points clés : lire lentement, définir, problématiser, construire, illustrer, conclure.

La trame efficace dissertation de philosophie

L’introduction pose le décor intellectuel : une accroche sobre (fait, situation, tension), la définition des termes, une délimitation (ce que le sujet vise et ce qu’il ne vise pas), la problématique (la question vraiment difficile), puis l’annonce d’un plan qui répond à cette difficulté. Le développement enchaîne des moments argumentatifs, chacun appuyé par un exemple, et relié par des transitions qui justifient le passage à l’étape suivante. La conclusion récapitule le chemin parcouru, répond clairement, et ouvre sur une question voisine.

  • Points clés : accroche utile, définitions opératoires, problématique unique, plan lisible, conclusion qui répond.

La méthode qui fait gagner des points

Commencez par “traduire” le sujet : repérez les notions du programme (liberté, vérité, justice, désir…), les termes ambigus, et le type de question (possibilité, valeur, nécessité, opposition). Formulez ensuite deux ou trois interprétations plausibles du sujet et choisissez celle qui crée une vraie difficulté. Enfin, bâtissez un plan qui progresse : une première réponse souvent intuitive, une mise à l’épreuve (objection forte), puis un dépassement (distinctions, conditions, reformulation).

  • Points clés : analyse des termes, repérage des enjeux, objection centrale, distinctions, progression.

Le style qui “fait philosophie”

Une copie solide écrit simplement des idées difficiles : phrases maîtrisées, connecteurs logiques, vocabulaire précis, exemples courts mais parlants. Les références aux auteurs servent à clarifier un argument, jamais à remplacer une démonstration. Chaque partie doit pouvoir se résumer en une phrase directrice, puis se défendre avec des raisons.

  • Points clés : clarté, précision, transitions, exemples pertinents, références utiles.

15 exemples de sujets avec trame, méthode et style

1) La liberté est-elle compatible avec la loi

Le sujet oppose une idée spontanée (la loi contraint) à une exigence politique (sans loi, pas de liberté commune). Le cœur du devoir consiste à distinguer contrainte arbitraire et règle légitime, puis à montrer comment la loi peut devenir la condition de l’autonomie, tout en restant un risque de domination si elle perd sa justification.

  • Points : notions liberté/loi/droit, distinguer contrainte et obligation, exemple vie civique, plan possible (loi-entrave / loi-condition / loi-juste et contrôle).

2) Peut-on être heureux sans être libre

Le sujet invite à séparer bonheur (état durable) et plaisir (satisfaction immédiate), puis à interroger la valeur d’un bonheur “donné” ou “programmé”. La réflexion progresse bien si l’on confronte l’idée d’un bonheur possible dans la dépendance (sécurité, habitudes) à l’idée d’un bonheur digne, qui suppose choix, responsabilité et sens.

  • Points : notions bonheur/liberté/dignité, distinguer plaisir et bonheur, exemple manipulation ou confort, plan (bonheur possible / bonheur insuffisant / bonheur exigeant une liberté intérieure).

3) Le travail nous rend-il libres

Le travail peut libérer par l’indépendance matérielle et l’acquisition de compétences, mais il peut aussi aliéner quand il réduit l’homme à une fonction. Une copie forte met en scène cette tension : travail comme production de soi et travail comme servitude, puis propose des conditions de liberté (organisation, finalité, reconnaissance, maîtrise).

  • Points : notions travail/aliénation/autonomie, exemple artisan vs travail à la chaîne, distinction travailler et être exploité, plan (libère / aliène / libère sous conditions).

4) La technique nous libère-t-elle

La technique promet un gain de puissance et de temps, mais elle peut produire dépendance, surveillance, fragilité et accélération. Le bon traitement consiste à analyser la libération “par” la technique (moyens, confort) et la libération “de” la technique (capacité à en rester maître), avant de conclure sur l’idée de maîtrise critique.

  • Points : notions technique/progrès/dépendance, exemple smartphone ou médecine, distinguer puissance et liberté, plan (émancipation / nouvelles servitudes / éthique et gouvernance).

5) La vérité est-elle toujours bonne à dire

Dire vrai peut respecter autrui, mais peut aussi blesser, humilier, détruire une relation ou mettre en danger. Le devoir gagne en profondeur en distinguant vérité, sincérité, franchise, et en réfléchissant aux conditions morales de la parole : intention, contexte, droit de savoir, formes du dire.

  • Points : notions vérité/parole/morale, exemple secret médical ou confidence, distinguer dire vrai et tout dire, plan (exigence morale / limites / responsabilité du dire).

6) La justice est-elle l’égalité

L’égalité attire parce qu’elle semble simple et rassurante, mais la justice exige parfois d’ajuster : égalité de droits, équité, mérite, besoins. Une bonne copie clarifie les types d’égalité, puis montre que la justice cherche un principe de distribution justifiable, pas une uniformité mécanique.

  • Points : notions justice/égalité/équité, exemple école ou impôt, distinguer égalité formelle et réelle, plan (égalité-justice / égalité insuffisante / équité et critères).

7) L’État doit-il tout à ses citoyens

Le sujet demande d’éviter l’excès : un État-providence illimité devient impossible, un État minimal trahit la protection commune. Le traitement consiste à préciser ce que l’État “doit” (sécurité, droits, services) et ce que les citoyens “doivent” (loyauté civique, participation), puis à discuter la mesure et la légitimité.

  • Points : notions État/droits/devoirs, exemple santé/éducation, distinguer assistance et dépendance, plan (devoirs de l’État / limites / réciprocité civique).

8) Désire-t-on ce dont on manque

Le désir semble lié au manque, mais il peut aussi exprimer une puissance (créer, vouloir, inventer) plutôt qu’une simple privation. Une copie riche distingue besoin, envie, désir, et explore l’idée d’un désir qui grandit avec la satisfaction, ou qui se transforme en projet.

  • Points : notions désir/manque/besoin, exemple consommation vs vocation, distinguer désir et besoin, plan (désir-manque / désir-puissance / désir orienté par la raison).

9) Sommes-nous responsables de nos passions

Les passions paraissent nous emporter, mais elles traversent aussi notre histoire, nos choix, nos habitudes et nos jugements. Le devoir peut montrer une responsabilité indirecte : on ne choisit pas l’apparition d’une émotion, mais on peut travailler ses dispositions, ses réactions, et la manière d’agir sous l’effet de la passion.

  • Points : notions passion/responsabilité/volonté, exemple jalousie ou colère, distinguer subir et consentir, plan (passion-subie / responsabilité partielle / éducation des affects).

10) La conscience de soi est-elle une connaissance

Se connaître semble immédiat, mais l’introspection peut se tromper, se justifier, se raconter. Une copie solide oppose la certitude de l’expérience vécue à l’opacité de soi (désirs cachés, biais), puis explore les médiations : langage, regard d’autrui, actions, mémoire.

  • Points : notions conscience/connaissance/identité, exemple auto-illusion, distinguer éprouver et connaître, plan (immédiateté / limites / médiations du soi).

11) Peut-on connaître autrui

Autrui se donne par ses paroles et ses actes, mais demeure toujours plus qu’une description. Le sujet se traite bien en distinguant connaissance objective (traits, comportements) et compréhension (sens, intentions), puis en montrant que la relation, l’empathie et le dialogue ouvrent une connaissance toujours inachevée.

  • Points : notions autrui/relation/langage, exemple malentendu, distinguer connaître et reconnaître, plan (connaissance possible / altérité irréductible / connaissance relationnelle).

12) Le langage dit-il le réel

Le langage nomme, ordonne, simplifie : il révèle et déforme à la fois. Le bon angle consiste à analyser le langage comme outil de partage du monde, puis comme filtre (catégories, stéréotypes), avant de conclure sur la possibilité d’un langage rigoureux grâce aux définitions, aux sciences, et à la vigilance critique.

  • Points : notions langage/réalité/vérité, exemple mots et préjugés, distinguer décrire et construire, plan (révèle / déforme / ajuste par méthode).

13) L’art imite-t-il la nature

L’art a longtemps été pensé comme imitation, mais il peut aussi créer des formes inédites, révéler des aspects invisibles, transformer notre perception. Une copie convaincante part de l’imitation (ressemblance), puis montre le rôle de l’interprétation et du style, avant d’affirmer l’art comme production d’un monde sensible.

  • Points : notions art/nature/création, exemple photographie vs peinture, distinguer copie et interprétation, plan (imitation / dépassement / création et révélation).

14) L’histoire a-t-elle un sens

Le sujet demande de préciser ce que signifie “sens” : direction, signification, finalité, leçon. Une bonne démarche oppose l’idée d’un sens global (progrès, destin) à la contingence (hasard, conflits), puis propose une solution nuancée : le sens n’est pas donné, il se construit par les acteurs et par l’interprétation, sans garantir une fin heureuse.

  • Points : notions histoire/progrès/contingence, exemple révolutions, distinguer direction et signification, plan (sens supposé / critique / sens construit et fragile).

15) La morale a-t-elle besoin de la religion

Le sujet ouvre une question de fond : la source de l’obligation morale vient-elle d’un commandement extérieur ou de la raison, de la conscience, de la vie sociale. Une copie solide compare la morale religieuse (loi divine, communauté) et la morale autonome (raison, dignité, humanité), puis discute leur possible dialogue sans confusion : foi et morale peuvent se rencontrer, sans que l’une soit la condition de l’autre.

  • Points : notions morale/religion/raison, exemple interdits et devoirs, distinguer origine et contenu moral, plan (religion-fondement / autonomie morale / compatibilité partielle).

Mini-trame réutilisable pour chacun des 15 sujets

Une façon rapide de gagner en cohérence consiste à appliquer la même ossature interne : définir, problématiser, distinguer, argumenter, illustrer, répondre. Vous écrivez ainsi une philosophie lisible, parce qu’elle progresse, et une philosophie solide, parce qu’elle justifie chacune de ses étapes.

  • Points : définir les termes, formuler la difficulté, annoncer un plan progressif, un exemple par idée, une transition par étape, une conclusion qui tranche.

Méthode approfondie pour traiter un sujet de philosophie

La méthode devient réellement efficace quand elle cesse d’être une liste de conseils et se transforme en gestes précis, répétables, presque mécaniques. Un sujet de philosophie se dompte d’abord par l’analyse des mots, ensuite par la construction d’un problème, enfin par une progression argumentative qui oblige vos idées à passer des tests.

  • Points : gestes répétables, mots → problème → progression, idées testées.

1) Lecture active du sujet et repérage des mots qui font difficulté

Lisez le sujet comme un contrat : chaque terme engage une direction, chaque formulation ferme des portes et en ouvre d’autres. Repérez le verbe principal (être, devoir, pouvoir, savoir), les notions centrales (justice, vérité, liberté), et les mots-pièges (toujours, vraiment, seulement, compatible, suffisant). Ce repérage évite les dissertations “hors-sujet” qui parlent bien mais répondent à autre chose.

  • Points : verbe directeur, notions, mots absolus, mots-pièges.

2) Définir sans réciter un dictionnaire

Définir sert à rendre les mots utilisables dans un raisonnement. Une définition philosophique n’est pas longue : elle est opératoire, et elle peut être mise à l’épreuve par des exemples. Définissez chaque notion en une ou deux phrases, puis proposez une distinction simple quand le terme a plusieurs sens (liberté : absence de contrainte / autonomie ; loi : règle juridique / norme morale).

  • Points : définition courte, définition utilisable, distinction de sens, exemple-test.

3) Faire naître la problématique à partir d’un conflit réel

La problématique n’est pas une reformulation élégante : elle doit faire apparaître une tension. Pour la construire, partez d’une évidence spontanée, puis opposez-lui une objection solide. Exemple : “La loi limite la liberté” (évidence) contre “Sans loi, pas de liberté commune” (objection). La problématique devient alors une question plus précise : “La loi est-elle une restriction extérieure ou la condition d’une liberté durable et partagée ?”

  • Points : évidence, objection, tension, question précise.

4) Construire un plan qui progresse au lieu de juxtaposer

Un plan convaincant avance, comme une enquête qui change d’échelle. La première partie explore souvent une réponse intuitive et bien argumentée. La deuxième partie la conteste sérieusement, en montrant ce qu’elle oublie ou déforme. La troisième partie dépasse l’opposition en introduisant une distinction décisive, des conditions, ou une reformulation plus juste du problème.

  • Points : I plausible, II objection forte, III dépassement, progression lisible.

5) Choisir des exemples qui prouvent, pas qui décorent

Un exemple sert à vérifier un argument : il doit être court, concret, et relié explicitement à l’idée. Un exemple “décoratif” raconte une histoire, puis laisse le lecteur deviner le lien. Un exemple utile fait l’inverse : il arrive après l’argument et le rend incontestable, ou il arrive avant et déclenche la question.

  • Points : exemple court, lien explicite, exemple test, exemple déclencheur.

6) Intégrer les auteurs comme des outils

Citer un auteur n’est jamais une fin, c’est un levier. Un auteur peut servir à clarifier un concept, à formuler une objection, ou à offrir une distinction décisive. La copie gagne en maturité quand les références deviennent fonctionnelles : “Ici, on peut mobiliser…” plutôt que “Comme l’a dit…”.

  • Points : auteur-lever, concept clarifié, objection renforcée, distinction décisive.

Trame solide de dissertation avec phrases modèles

Introduction en 5 mouvements

1) Accroche sobre : une situation commune, un fait social, une expérience simple qui met déjà la notion en tension.

  • Points : accroche courte, pas de récit long.

2) Définition des termes : rendre les mots opératoires, poser une ou deux distinctions utiles.

  • Points : définitions utilisables, distinctions.

3) Délimitation : préciser le cadre pour éviter l’approximation et la dispersion.

  • Points : cadre, limites, angle.

4) Problématique : faire apparaître la difficulté centrale sous forme de question nette.

  • Points : tension, question précise.

5) Annonce du plan : annoncer une progression logique, pas un sommaire.

  • Points : progression, logique, articulation.

Trame de développement qui “tient” dans le temps

Dans chaque partie, répétez un schéma simple

A. Thèse locale : une phrase directrice, claire, assumée.
B. Raisons : deux arguments structurés, chacun formulé en étapes.
C. Exemple : bref, précis, relié explicitement.
D. Mini-bilan : ce que vous gagnez, ce qui reste fragile.
E. Transition : pourquoi il faut passer à l’étape suivante.

  • Points : thèse, deux arguments, exemple, bilan, transition.

Trame de conclusion qui marque des points

La conclusion reprend le problème et montre comment la copie l’a travaillé. Elle répond clairement, sans ambiguïté, puis ouvre sur une question voisine ou une conséquence pratique. L’ouverture reste liée au sujet : elle élargit, elle ne change pas de thème.

  • Points : rappel du problème, réponse nette, ouverture liée.

Deux “mécaniques” de plan qui fonctionnent souvent

Plan dialectique maîtrisé

Vous partez d’une réponse crédible, vous la mettez en crise, puis vous construisez une position plus juste qui intègre une part des deux.

  • Points : crédible, crise, dépassement.

Plan par distinctions

Vous montrez que le sujet confond plusieurs sens d’un mot, et vous répondez différemment selon ces sens, en hiérarchisant.

  • Points : distinguer, répondre par sens, hiérarchiser.

Grille de contrôle rapide avant de rendre la copie

Votre introduction doit contenir des définitions, une tension et une question. Chaque partie doit pouvoir se résumer en une phrase directrice. Chaque argument doit être testé par un exemple, et chaque transition doit justifier le mouvement. Votre conclusion doit répondre sans détour.

  • Points : définitions, tension, phrase directrice, exemple-test, transitions, réponse finale.

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