Enquête sur un outil simple, décisif, et trop souvent oublié.
On connaît la scène : un comité tranche, tout le monde acquiesce, on passe au sujet suivant. Trois semaines plus tard, personne ne sait qui devait faire quoi, pour quand, ni pourquoi la décision a été prise. Le Registre des décisions met fin à ce trou noir. C’est une page, un réflexe, et une discipline : chaque décision importante y est consignée, suivie, close — et retrouvable.
Ce que c’est (et ce que ça change)
Un registre est un tableau vivant qui capte l’essentiel : identifiant, formulation brève, contexte, responsable, échéance, statut. Rien d’exotique ; tout d’utile. Résultat :
la mémoire organisationnelle ne repose plus sur des boîtes mail,
les engagements sortent de l’oral pour entrer dans le suivi,
les audits, comités et rétrospectives gagnent en précision.
Règle d’or : “Pas de décision sans trace écrite, pas de trace écrite sans owner et date.”
Anatomie d’une bonne fiche (A4 compact, A3 étendu)
En-tête contexte : Projet/Équipe, période couverte, sponsor, PM/PO, dernière mise à jour.
Colonnes cœur :
ID (D-001, D-002…) : repérage rapide.
Décision (brève) : phrase actionnable (“Adopter créneaux de revue 11h/16h”).
Contexte / justification : la donnée qui a fait pencher la balance.
RACI (ou à minima l’Owner) : qui fait, qui approuve, qui est consulté, qui est informé.
Échéance (jj/mm/aaaa) : date cible visible.
Statut : Proposé / Validé / En cours / Clôturé.
Preuves / liens : PR, CR de comité, ticket, doc.
Variante “étendue” : colonnes R / A / C / I séparées, catégorie (Produit/Tech/Process/Légal), impact attendu, bloc signatures.
Produit : décisions d’orientation (MVP IN/OUT, jalons), choix d’expériences.
Tech : standards d’observabilité, fenêtres de déploiement, outillage.
Transverse : SLA inter-équipes, contrats de dépendances, processus de support.
Rituels : 15 minutes par semaine, pas plus
Focus “ouverts & à échéance” : on traite, on débloque, ou on redate avec justification.
Clore publiquement : état + lien de preuve.
Élaguer : ce qui n’est plus pertinent est archivé, pas laissé mourir.
Erreurs récurrentes → remèdes rapides
Décisions verbales non inscrites → scribe désigné + minute de clôture en comité.
Owners flous → un nom, jamais un collectif.
Échéances symboliques → convertir en dates réelles ; refuser “fin de trimestre”.
Registre invisible → lien en haut du board/outil, épinglé dans le canal.
Pas de preuves → fermeture impossible sans PR/CR/document.
Intégrations utiles (sans complexité)
Lien croisé avec le backlog (la décision peut créer/fermer une carte).
Rétrospective : la section “Décisions tenues / non tenues” alimente le débat sur la fiabilité.
CFD/flux : certaines décisions (WIP, créneaux) doivent laisser une trace mesurable.
Foire aux questions
Faut-il tout y mettre ? Non. On ne journalise que ce qui change la manière d’agir, d’allouer, de livrer. Qui peut écrire ? Le scribe en séance. Toute modification ultérieure est horodatée. Combien de temps garder ? Au moins jusqu’au jalon suivant + 1 cycle d’audit.
Prêt à imprimer : deux formats complémentaires
A4 compact : lisible en réunion debout, idéal pour le suivi hebdo.
A3 étendu : parfait pour comités, avec colonnes R/A/C/I, commentaires, signatures.
Un registre de décisions est la ceinture de sécurité de l’exécution. Il remplace les souvenirs sélectifs par des faits, transforme les annonces en engagements suivis, et fait de chaque comité un moment utile. Une page, quelques colonnes, et l’organisation cesse d’oublier ce qu’elle a décidé.