Téléchargez le modèle – projet de recherche doctorale -, suivez la trame, puis transformez votre idée de thèse en projet cohérent, lisible et immédiatement présentable à une école doctorale ou à un directeur de thèse.
Entrer en doctorat commence rarement par une certitude absolue ; cela débute plutôt par une intuition intellectuelle que l’on apprend progressivement à structurer. Le projet de recherche doctoral représente précisément ce passage entre l’idée et la recherche scientifique. Il ne s’agit pas simplement de présenter un sujet intéressant, mais de démontrer votre capacité à penser comme un chercheur : problématiser, situer un débat, choisir une méthode et anticiper un parcours de recherche réaliste. Ainsi, rédiger un projet doctoral revient moins à prouver que vous avez déjà toutes les réponses qu’à montrer que vous savez poser les bonnes questions et construire un chemin crédible pour y répondre.
Points essentiels
Le projet doctoral montre votre posture scientifique.
Il transforme une idée en démarche de recherche.
Il doit convaincre par sa cohérence plus que par sa complexité.
Comprendre ce qu’est réellement un projet de recherche doctorale
Avant d’écrire la moindre ligne, il devient indispensable de clarifier la nature même du projet doctoral. Contrairement à un mémoire de master, qui expose un travail déjà accompli, le projet doctoral décrit une recherche encore en devenir. Autrement dit, vous ne présentez pas des conclusions, mais une promesse scientifique argumentée. Progressivement, le lecteur doit comprendre pourquoi votre recherche s’inscrit dans un besoin académique réel et en quoi elle apporte une perspective nouvelle.
De plus, les comités doctoraux ne recherchent pas un savoir exhaustif, mais une pensée structurée. Ils évaluent votre capacité à identifier un problème scientifique, à dialoguer avec la littérature existante et à proposer une démarche réalisable sur plusieurs années. Par conséquent, la clarté intellectuelle devient plus déterminante que l’originalité spectaculaire.
Ainsi, un projet doctoral efficace répond implicitement à trois interrogations fondamentales : pourquoi cette recherche, pourquoi maintenant, et pourquoi vous pour la mener.
Points essentiels
Le projet présente une recherche future.
Il évalue votre raisonnement scientifique.
La cohérence prime sur l’érudition excessive.
Structure officielle d’un projet de recherche doctorat
Même si les universités proposent des formats variables, une architecture commune traverse la majorité des disciplines. Cette structure agit comme un fil conducteur : elle rassure le lecteur et rend votre pensée immédiatement lisible.
1. Le titre provisoire : poser un cadre intellectuel clair
Le titre constitue la première démonstration de rigueur scientifique. Il doit orienter sans enfermer, préciser sans alourdir. En effet, un titre trop général donne l’impression d’un projet flou, tandis qu’un titre trop technique peut masquer l’enjeu réel de la recherche.
Un bon titre articule progressivement trois éléments : l’objet étudié, le cadre spatio-temporel et l’angle analytique choisi. Il agit déjà comme une hypothèse condensée.
Précision sans rigidité.
Lisibilité immédiate.
Cohérence avec la problématique.
2. Introduction et contextualisation scientifique
L’introduction ne consiste pas à accumuler des connaissances, mais à guider le lecteur vers une question scientifique. D’abord, vous exposez le contexte général ; ensuite, vous montrez les limites des travaux existants ; enfin, vous faites émerger naturellement la nécessité de votre recherche.
Grâce à des transitions progressives — cependant, néanmoins, dans cette perspective — le texte construit une tension intellectuelle. Le lecteur doit sentir que quelque chose reste à comprendre et que votre projet s’inscrit précisément dans cet espace encore ouvert.
Aller du général vers le spécifique.
Créer une continuité logique.
Faire émerger la problématique naturellement.
3. La problématique : cœur vivant du projet doctoral
La problématique représente le moment où le sujet devient réellement scientifique. Elle ne reformule pas un thème ; elle pose une interrogation structurée qui appelle une investigation.
Pour y parvenir, vous partez d’un constat scientifique, identifiez une limite dans la recherche existante, puis formulez une question ouverte. Cette progression donne au projet une dynamique intellectuelle claire. En réalité, une bonne problématique crée une attente : elle donne envie de lire la thèse avant même qu’elle ne soit écrite.
Une question ouverte et argumentée.
Une tension intellectuelle identifiable.
Une orientation claire pour toute la recherche.
4. L’état de l’art : dialoguer avec la recherche existante
L’état de l’art ne doit jamais devenir une simple accumulation de références. Il s’agit plutôt d’un espace de dialogue critique. Vous montrez ce que les chercheurs ont déjà compris, mais aussi ce qui reste discuté, incomplet ou insuffisamment exploré.
En reliant les travaux entre eux, vous démontrez votre capacité à entrer dans une conversation scientifique. Progressivement, votre projet apparaît non comme une rupture artificielle, mais comme une continuation nécessaire.
Points essentiels
Analyse critique plutôt que résumé.
Mise en relation des auteurs.
Identification d’un espace de recherche.
5. Hypothèses de recherche : orienter sans enfermer
Les hypothèses jouent un rôle stratégique : elles donnent une direction sans prétendre conclure à l’avance. Elles montrent que votre réflexion possède déjà une cohérence interprétative.
Ainsi, chaque hypothèse agit comme une piste à explorer. Elle guide la méthodologie et structure les futures analyses, tout en laissant la recherche évoluer.
Orienter la recherche.
Rester ouvert aux résultats.
Maintenir une logique argumentative.
6. Méthodologie : rendre la recherche concrète
À ce stade, le projet cesse d’être abstrait. La méthodologie montre comment les idées deviendront travail scientifique. Vous expliquez non seulement les méthodes choisies, mais aussi les raisons de ces choix.
En détaillant les étapes pratiques — collecte, analyse, comparaison — vous rassurez le lecteur sur la faisabilité du projet. La recherche devient alors tangible et crédible.
Méthodes justifiées.
Processus clair.
Faisabilité démontrée.
7. Corpus ou terrain : ancrer la recherche dans le réel
Le corpus matérialise votre projet. Il prouve que la recherche repose sur des sources accessibles et identifiables. Plus le corpus est précis, plus la crédibilité du projet augmente.
Cette partie montre également votre anticipation : vous avez déjà réfléchi aux conditions concrètes de la recherche.
Sources identifiées.
Terrain réaliste.
Ancrage empirique fort.
8. Calendrier doctoral : transformer une idée en parcours
Le calendrier joue un rôle souvent sous-estimé. Pourtant, il traduit la maturité du projet. En répartissant les étapes sur plusieurs années, vous montrez que la recherche possède un rythme maîtrisé.
Il devient alors évident que le projet n’est pas seulement intellectuellement pertinent, mais aussi organisationnellement réalisable.
La bibliographie agit comme une carte de votre univers intellectuel. Elle montre que vous connaissez les références majeures tout en restant attentif aux recherches récentes.
Une sélection pertinente vaut mieux qu’une liste exhaustive.
Références clés.
Actualisation scientifique.
Cohérence disciplinaire.
Conseils pour renforcer immédiatement votre projet
Enfin, prenez du recul sur votre texte. Chaque paragraphe doit répondre implicitement à la question : en quoi cela fait avancer la compréhension du projet ? En utilisant des transitions logiques et des phrases compactes, vous facilitez la lecture et renforcez la crédibilité scientifique.
Relire son projet revient souvent à simplifier plutôt qu’à ajouter. La clarté constitue l’une des marques les plus visibles de maturité académique.
Cohérence globale.
Transitions naturelles.
Clarté avant complexité.
Synthèse générale
Le projet doctoral démontre une capacité de recherche, non un savoir définitif.
Une structure claire guide la compréhension du lecteur.
La problématique organise toute la réflexion scientifique.
Une bonne méthodologie rend la recherche crédible.
Le calendrier prouve la faisabilité.
La cohérence intellectuelle reste le critère décisif.
Modèle Word premium de projet de recherche doctorale
Structure complète, tableaux colorés et mise en page prête à remplir
Les annexes sont là pour soutenir le projet, sans l’alourdir. Elles rassemblent les pièces et éléments qui permettent de mieux comprendre le cadre de la recherche, de vérifier la solidité de la démarche et d’apprécier la préparation en amont. Concrètement, elles apportent des preuves et des précisions : un repérage de sources, des éléments méthodologiques, un aperçu du parcours académique, ou encore des documents qui donnent de la profondeur au projet. En les consultant, le lecteur peut aller plus loin là où c’est utile, tout en gardant, dans le corps du texte, une lecture claire et structurée.
Cette FAQ répond aux questions les plus recherchées sur la rédaction d’un projet de recherche doctorale : structure attendue,
exemples, méthodologie, calendrier, problématique, et adaptations par discipline (dont histoire).
Quel est le plan le plus attendu pour un projet de recherche doctorat
Le plan le plus classique et le plus accepté suit une logique simple : clarifier le sujet, problématiser, puis montrer la faisabilité. Dans la majorité des candidatures, vous pouvez suivre :
Astuce : si vous hésitez sur l’ordre, gardez ce principe : Pourquoi ? → Quoi ? → Comment ? → Avec quoi ? → Quand ?
Quelle longueur idéale pour un projet de recherche doctorat
La longueur dépend de l’appel (école doctorale, contrat, bourse), mais la plupart des projets convaincants tiennent entre 3 et 8 pages. Un format court n’est pas un handicap si le contenu est dense et structuré. À l’inverse, un projet long sans plan clair perd vite le lecteur.
Repère pratique : 1 page pour cadrer et problématiser, 1–2 pages pour état de l’art, 1–2 pages pour méthodo + corpus, 1 page calendrier + contribution + biblio.
Comment rédiger une problématique de thèse quand on a seulement un thème
Passez du thème à la problématique en quatre mouvements : délimiter, observer une tension, identifier un manque, poser une question ouverte. Concrètement :
Repérez une tension : contradiction, angle négligé, débat non tranché.
Montrez ce que la littérature explique déjà et ce qu’elle laisse en suspens.
Formulez une question qui demande une enquête, pas une opinion.
Formule : “Alors que les recherches ont montré…, on comprend moins…, dès lors, comment… ?”
Quels exemples de problématiques doctorales sont les plus efficaces
Une problématique efficace est précise, située et investigable. Elle évite les formulations trop générales. Exemples de formulation :
“Comment … contribue-t-il à … dans … entre … et … ?”
“Dans quelle mesure … reconfigure-t-il … lorsque … ?”
“Pourquoi … persiste-t-il malgré … et comment … se manifeste-t-il dans … ?”
Test rapide : si la réponse tient en une phrase évidente, la problématique n’est pas encore doctorale.
Comment écrire l’état de l’art sans faire une liste d’auteurs
L’état de l’art devient convaincant quand vous organisez la littérature par courants, approches et résultats plutôt que par noms. Vous pouvez structurer ainsi :
Approche 1 : ce qu’elle explique, ses limites
Approche 2 : ce qu’elle apporte, ce qu’elle laisse de côté
Approche 3 : débat en cours, point non résolu
Puis vous concluez par votre positionnement : “Mon projet se situe ici, car…”
Transition utile : “Ces travaux éclairent…, cependant ils laissent ouverte la question de…”
Comment présenter la méthodologie dans un projet de doctorat
Votre méthodologie doit être simple à lire et suffisamment précise pour prouver que la recherche est faisable. Présentez :
Type de démarche : qualitative, quantitative, mixte, comparative, historique, expérimentale…
Sources / données : archives, corpus, terrain, base de données, entretiens…
Outils d’analyse : analyse de discours, statistique, codage, critique des sources…
Limites : accès aux données, biais possibles, contraintes éthiques
Phrase qui rassure un jury : “Les sources sont identifiées et accessibles ; l’analyse suivra un protocole reproductible.”
Comment décrire un corpus en histoire pour un projet de doctorat
En histoire, un corpus convaincant est délimité et justifié. Indiquez :
types de sources : archives administratives, presse, correspondances, registres, iconographie…
lieux de consultation : archives municipales, nationales, fonds privés, bibliothèques…
période : bornes chronologiques et justification
critères de sélection : pourquoi ces sources et pas d’autres
À éviter : “Je vais étudier les archives” (trop vague). Préférez : “fonds X, série Y, années Z, complétés par…”
Comment faire un calendrier doctoral réaliste sur 3 ans
Un calendrier réaliste répartit le travail en grands blocs : cadrage, collecte, analyse, rédaction. Exemple :
Bon réflexe : prévoyez des marges (accès aux sources, imprévus, déplacements). Un calendrier trop “serré” inquiète plus qu’il ne rassure.
Comment montrer la contribution scientifique attendue dans un projet doctoral
La contribution scientifique n’est pas un slogan. Elle explique ce que votre recherche change dans la compréhension d’un phénomène. Vous pouvez la formuler en trois niveaux :
Contribution empirique : nouvelles sources, terrain inédit, corpus enrichi
Contribution théorique : concept clarifié, cadre revisité, articulation nouvelle
Contribution méthodologique : méthode appliquée à un objet peu étudié, protocole combiné
Phrase efficace : “Le projet apporte… en éclairant… grâce à…”
Quelles erreurs font échouer un projet de recherche doctorat
Les erreurs les plus fréquentes sont rarement “intellectuelles”, elles sont souvent structurelles :
sujet trop large (impossible en 3 ans)
problématique floue ou descriptive
méthodologie non justifiée
corpus non identifié (ou inaccessible)
absence de calendrier ou calendrier irréaliste
état de l’art sans positionnement
Test final : si un lecteur ne peut pas résumer votre projet en 5 phrases, il manque de structure.
Comment adapter un projet de recherche doctorat à une école doctorale ou un contrat
Adaptez en priorité trois zones :
Objectifs : reliez-les aux axes du laboratoire ou du contrat
Méthodologie : mettez en avant les moyens disponibles (terrain, plateformes, archives, partenariats)
Calendrier : alignez les livrables (colloques, articles, rapports) avec l’échéancier demandé
Phrase qui montre l’alignement : “Le projet s’inscrit dans l’axe … du laboratoire, en prolongeant…”
Projet de recherche doctorat : que mettre dans la bibliographie indicative
La bibliographie indicative doit être sélective et montrer votre maîtrise du champ :
ouvrages fondateurs (classiques)
articles récents (5–10 dernières années selon discipline)
références méthodologiques (outils, cadres)
Repère : 15 à 30 références bien choisies valent mieux que 80 titres non exploités.
Quelle différence entre sujet de thèse, projet de thèse et proposition de recherche
Sujet de thèse : thème général, souvent en une phrase.
Projet de thèse : document structuré (problématique, état de l’art, méthode, calendrier).
Proposition de recherche : proche du projet, parfois plus courte, souvent adaptée à un appel.
Dans le doute, partez d’un projet complet, puis adaptez la longueur selon la demande.
Comment écrire un projet de recherche doctorat en histoire avec un exemple de plan
En histoire, un plan efficace met très tôt l’accent sur les sources et la critique :
cadrage (période, espace, acteurs)
question historiographique (débat scientifique)
corpus (fonds, séries, presse, correspondances)
méthodes (critique externe/interne, comparaison, analyse de discours)
calendrier (dépouillement, analyse, rédaction)
Point fort attendu : montrer que vous savez déjà où et comment vous allez chercher vos sources.
Comment rédiger un projet de recherche doctorat quand on n’a pas encore de directeur de thèse
Vous pouvez rédiger un projet solide sans directeur, à condition de montrer :
un ancrage clair dans un champ de recherche
un état de l’art déjà structuré
des sources identifiées
une méthode réaliste
Ensuite, vous utilisez le projet comme document de prise de contact, en proposant un angle précis plutôt qu’un thème vague.
Formulation utile : “Je cherche un encadrement dans les axes … ; mon projet s’inscrit dans…”
Comment transformer un mémoire de master en projet de doctorat
Pour passer du mémoire au doctorat, il faut élargir la question sans élargir le sujet. Concrètement :
déplacez l’analyse vers un niveau plus structurant (comparaison, temporalité plus longue, autre terrain)
renforcez l’état de l’art (débat scientifique, positionnement)
formalisez la méthode (protocole reproductible)
proposez une contribution claire (ce qui change dans le champ)
Objectif : montrer que vous passez d’un travail “bien mené” à une recherche “nécessaire”.
Quelles formulations utiliser pour écrire un projet doctoral dans un style académique
Vous gagnez en crédibilité avec des formulations sobres et structurantes :
“Ce projet vise à…”
“L’objectif est de comprendre…”
“La recherche s’appuie sur…”
“Dans cette perspective…”
“Cependant, la littérature…”
“Ainsi, l’enquête permettra de…”
Conseil : privilégiez un style clair, argumenté, sans emphase.
Projet de recherche doctorale
Titre provisoire
Mémoire urbaine et construction des identités collectives dans les villes portuaires françaises au XIXe siècle : pratiques commémoratives, pouvoirs locaux et dynamiques sociales
1. Introduction et contexte scientifique
Au cours du XIXe siècle, les villes européennes connaissent des transformations profondes liées à l’industrialisation, à l’expansion commerciale et à la recomposition des espaces urbains. Dans ce contexte de mutation rapide, les sociétés locales développent des formes nouvelles de représentation du passé, notamment à travers les cérémonies publiques, les monuments commémoratifs et les récits historiques municipaux. Ces pratiques mémorielles participent non seulement à la construction d’une identité collective, mais également à la légitimation de groupes sociaux et politiques émergents.
Si l’histoire urbaine a largement étudié les dynamiques économiques et sociales de cette période, la dimension mémorielle apparaît encore insuffisamment analysée comme outil de structuration politique locale. Plus précisément, la manière dont les autorités municipales mobilisent le passé pour produire une cohésion sociale reste un champ d’investigation ouvert.
Dans cette perspective, ce projet propose d’examiner la mémoire urbaine non comme un simple reflet du passé, mais comme une construction active participant à l’organisation symbolique et politique de la ville.
Points de cadrage
Transformation urbaine et sociale au XIXe siècle
Émergence de politiques mémorielles locales
Mémoire comme instrument social et politique
2. Problématique de recherche
Alors que de nombreux travaux ont analysé les processus de modernisation urbaine, ils abordent rarement la mémoire publique comme un espace d’action politique structurant. Les commémorations, monuments et récits historiques municipaux ne constituent pourtant pas seulement des expressions culturelles ; ils orientent la perception collective du passé et participent à la définition d’une identité partagée.
Dès lors, la question centrale devient :
Comment les pratiques commémoratives urbaines contribuent-elles à la construction d’identités collectives tout en reflétant et en renforçant les rapports de pouvoir locaux dans les villes portuaires françaises du XIXe siècle ?
Cette problématique permet d’articuler histoire culturelle, histoire politique et histoire sociale autour d’un objet commun : la production publique de la mémoire.
Axes structurants
mémoire et pouvoir municipal
sélection du passé et exclusion mémorielle
identité urbaine et cohésion sociale
3. État de l’art (revue de littérature)
Les recherches sur la mémoire collective, initiées notamment par Maurice Halbwachs, ont montré que les représentations du passé s’inscrivent dans des cadres sociaux. Plus récemment, les travaux en histoire culturelle ont analysé les usages politiques de la mémoire dans les constructions nationales. Toutefois, ces approches privilégient souvent l’échelle nationale au détriment du niveau municipal.
Par ailleurs, l’histoire urbaine a étudié les transformations économiques et institutionnelles des villes portuaires, mais elle traite rarement les pratiques commémoratives comme des instruments de gouvernance symbolique.
Ainsi, un espace scientifique apparaît entre :
l’histoire de la mémoire (centrée sur la nation),
et l’histoire urbaine (centrée sur les structures économiques).
Ce projet entend précisément combler cet espace en analysant la mémoire à l’échelle locale comme processus politique.
Positionnement
prolongement des études mémorielles
déplacement vers l’échelle urbaine
articulation culture / pouvoir / espace
4. Hypothèses de recherche
Le projet repose sur trois hypothèses principales :
Les politiques commémoratives municipales participent à la consolidation des élites locales en orientant la mémoire collective.
Les choix mémoriels reflètent des tensions sociales et politiques propres aux villes portuaires.
La mémoire publique agit comme un outil d’intégration sociale dans des espaces urbains marqués par la mobilité et la diversité sociale.
Ces hypothèses guideront l’analyse sans prédéterminer les résultats.
5. Méthodologie
La recherche adoptera une approche comparative et qualitative combinant plusieurs méthodes :
Le corpus reposera principalement sur trois villes portuaires françaises : Bordeaux, Marseille et Nantes, choisies pour leurs trajectoires économiques comparables et leurs configurations politiques distinctes.
La disponibilité et l’accessibilité de ces fonds ont été vérifiées lors d’un repérage préliminaire.
7. Calendrier prévisionnel
Année 1
revue de littérature approfondie,
définition finale du corpus,
premières explorations archivistiques.
2
collecte systématique des sources,
analyses comparatives,
communications scientifiques.
3
rédaction de la thèse,
finalisation des analyses,
préparation de la soutenance.
8. Contribution scientifique attendue
Ce travail vise à apporter une contribution triple :
empirique : mise en lumière de sources locales peu exploitées,
théorique : articulation entre mémoire collective et gouvernance urbaine,
méthodologique : approche comparative appliquée aux politiques mémorielles locales.
Il permettra ainsi de mieux comprendre le rôle du passé dans la construction des identités urbaines modernes.
9. Bibliographie indicative (extrait)
Halbwachs, Maurice — La mémoire collective
Nora, Pierre — Les lieux de mémoire
Chartier, Roger — Au bord de la falaise
Prost, Antoine — Douze leçons sur l’histoire
Synthèse finale du projet
Ce projet doctoral propose d’analyser la mémoire urbaine comme processus actif de construction sociale et politique. En articulant histoire culturelle et histoire urbaine, il cherche à comprendre comment les villes produisent leur identité à travers la sélection et la mise en scène du passé. La combinaison d’un corpus identifié, d’une méthodologie claire et d’un calendrier réaliste garantit la faisabilité scientifique du travail.