Dans un cadre logique, plusieurs types de logique sont mobilisées pour organiser la structure du projet, assurer sa cohérence interne et faciliter sa mise en œuvre. Voici les principales :
1. 🔄 Logique Verticale (Logique d’intervention)
Question-clé : Quelles sont les étapes successives pour atteindre l’impact ?
Cette logique structure le cheminement causal du projet, du plus opérationnel au plus stratégique :
Activités ➜ Résultats ➜ Objectifs spécifiques ➜ Objectif global
Chaque niveau est nécessaire pour atteindre le suivant.
📌 Elle répond à :
Que devons-nous faire ?
Que produisons-nous ?
Quel changement visons-nous ?
Quel impact à long terme espérons-nous ?
2. ↔️ Logique Horizontale (Logique de performance)
Question-clé : Comment prouver que les objectifs sont atteints ?
Cette logique examine chaque niveau d’objectif sous l’angle de :
Indicateurs vérifiables
Sources de vérification
Hypothèses et risques
📌 Elle permet :
D’assurer le suivi, l’évaluation, et la responsabilité du projet.
De valider la faisabilité des résultats sous conditions externes.
3. 🔄 Logique de Résultats (RBM – Results-Based Management)
Centrée sur les effets concrets et l’impact plutôt que les moyens.
Vise à assurer que les activités contribuent directement à des résultats mesurables.
Elle privilégie une culture du résultat dans la gestion de projet.
Question-clé : Qu’est-ce qui pourrait empêcher le succès du projet ?
Examine les facteurs externes à chaque niveau qui peuvent influencer la réussite.
Sert à formuler des hypothèses réalistes et prévoir des mesures de mitigation.
5. 👥 Logique Participative (Bottom-Up)
Construite avec les parties prenantes pour mieux ancrer le projet dans le contexte.
Implique les bénéficiaires, partenaires et équipes terrain dans la formulation.
Permet une meilleure appropriation et une pertinence accrue des objectifs.
Type de Logique
Focus Principal
Finalité
Verticale
Enchaînement logique des objectifs
Cohérence interne du projet
Horizontale
Preuves, indicateurs, hypothèses
Suivi et évaluation
Résultats (RBM)
Efficacité et impact mesurable
Performance axée sur les effets
Risque/Hypothèse
Conditions extérieures
Anticipation, robustesse
Participative
Implication des acteurs
Pertinence, durabilité
Ces logiques ne sont pas exclusives : un cadre logique bien construit les combine intelligemment pour garantir la cohérence, l’efficacité et la redevabilité d’un projet.
⬇️ Les Modèles Cadre logiques logiframe sur Word et Excel
La logique horizontale du cadre logique repose sur une lecture transversale des composantes du projet, permettant d’assurer la cohérence entre ce que l’on veut atteindre, comment le mesurer, et sous quelles conditions cela peut être réalisé.
🔄 Structure Horizontale (colonnes) :
Objectifs Ce sont les intentions du projet à différents niveaux :
Objectif général : Impact global à long terme.
Objectifs spécifiques : Effets directs escomptés.
Résultats : Produits livrables concrets.
Activités : Actions à mettre en œuvre.
📏 Indicateurs Objectivement Vérifiables
Décrivent ce qu’il faut mesurer pour évaluer l’atteinte des objectifs.
Spécifient les sources ou documents qui prouvent l’atteinte des résultats (rapports, enquêtes, bases de données…).
⚠️ Hypothèses / Risques
Facteurs externes au contrôle direct du projet, mais nécessaires à son succès.
Ils aident à anticiper les incertitudes et à mieux gérer les risques.
🧠 En résumé :
La logique horizontale permet de relier chaque objectif à ses moyens de mesure, à ses preuves de réalisation, et aux conditions extérieures qui influencent son succès. Elle est complémentaire de la logique verticale (enchaînement entre objectifs et activités), et constitue une partie essentielle de l’analyse stratégique d’un projet.
(présenté dans la 2e diapositive de la présentation) est une structure standard utilisée en gestion de projet. Il repose sur deux logiques fondamentales :
🔹 Structure du tableau :
Colonnes :
Objectifs : Ce que le projet vise à atteindre (objectif global, spécifique, résultats, activités).
Indicateurs : Mesures objectivement vérifiables pour évaluer l’atteinte des objectifs.
Sources de Vérification : Où et comment ces données seront obtenues.
Hypothèses : Facteurs externes qui doivent être vrais pour garantir le succès.
Lignes :
Objectif Général
Objectifs Spécifiques
Résultats
Activités
✅ Fonction :
Ce modèle permet une planification structurée, un suivi clair, et une évaluation logique du projet. Il aide à maintenir l’alignement entre les objectifs et les actions, tout en prenant en compte les risques.
C’est la base du Logical Framework (Logframe) dans sa forme la plus utilisée à l’échelle internationale.
Cadre Logique – Suivi Stratégique et Visualisation de Projet
Le modèle « Cadre Logique Excel » est une feuille Excel avancée conçue pour une gestion de projet stratégique, claire et visuellement efficace. Il se compose de trois grandes sections :
🔹 Section 1 : Objectifs et Résultats Mesurables
Structure logique verticale avec :
Objectif global, spécifique, résultats.
Colonnes pour définition, indicateur clé, cible, et % d’atteinte.
✅ Formule automatique pour calculer le pourcentage d’atteinte selon la cible saisie.
🗂️ Permet de visualiser la répartition et le suivi des responsabilités.
🔹 Section 3 : Logogramme Visuel
🧠 Représentation graphique en chaîne logique :
Objectif global ➡️ Objectif spécifique ➡️ Résultat ➡️ Activité A/B.
Utilise des icônes et flèches pour illustrer le cheminement logique du projet.
Ce modèle offre un équilibre entre structure analytique et visualisation intuitive, idéal pour des présentations professionnelles ou du pilotage opérationnel.
Question-clé : Quelles actions allons-nous réaliser pour produire ces résultats ?
Décomposez les résultats en tâches concrètes.
Ex. : Étude hydrogéologique, sélection des sites, recrutement de techniciens, sessions de formation.
4. Définissez des indicateurs SMART
Question-clé : Comment allons-nous mesurer la réussite à chaque niveau ?
Pour chaque niveau (objectif, résultat), écrivez 1 ou 2 indicateurs objectivement vérifiables.
Ex. : « % de ménages desservis », « nombre de comités fonctionnels ».
5. Précisez les sources de vérification
Question-clé : Où trouverons-nous les données pour mesurer ces indicateurs ?
Précisez les supports de preuve : enquêtes terrain, rapports d’activités, fiches de formation.
6. Formulez les hypothèses
Question-clé : Quels facteurs externes doivent être réunis pour que le projet réussisse ?
Mentionnez 1 hypothèse par ligne, réaliste et pertinente.
Ex. : « Appui continu des autorités locales », « saison des pluies favorable ».
🧭 Résumé : structure type du logiframe
Niveau
Objectif / Résultat / Activité
Indicateur
Source de vérification
Hypothèse
Objectif spécifique
Accès à l’eau amélioré
% de foyers raccordés
Enquêtes de terrain
Acceptation par les ménages
Résultat 1
10 puits opérationnels
Nombre de puits forés
Rapports techniques
Eau souterraine disponible
Résultat 2
Comités formés
Nb de comités créés
Rapports de formation
Participation communautaire
Activité 1
Réaliser une étude hydrogéologique
–
–
–
Activité 2
Former les comités de gestion
–
–
–
Conseils finaux :
Restez synthétique (formulations claires, 1 ligne par élément).
Liez chaque niveau (chaque résultat sert un objectif).
Testez la logique avec la formule « SI… ALORS… » (ex. : Si les activités sont réalisées et les hypothèses tenues, alors les résultats seront atteints, etc.).
⬇️ Le Guide Complet sur les Cadres de Projets
Lisez un guide complet sur le cadre logique – logiframe
1. Introduction aux cadres de projet
Les cadres de projet sont des instruments structurels permettant de contrôler des activités ambitieuses : ils sont constitués de méthodes, de modèles et de procédures orientées qui régulent chaque étape du projet de sa conception à son évaluation. La carte de logique, ou simplement cadre de logique, est parmi les cadres les plus couramment utilisés dans la gestion de projet, y compris dans le développement international et dans les domaines d’activités. Toutefois, il existe aussi plusieurs autres approches-cadres du projet – donc, PMBOK, PRINCE2, Agile, Scrum, Lean, Six Sigma, etc..
Ce texte vise à :
Définir les principaux cadres ;
Catégoriser les logigrammes selon leur usage, niveau d’analyse et complexité ;
Comparer ces cadres à d’autres approches de gouvernance et de conduite de projet ;
Offrir recommandations d’usage et pistes d’optimisation pour l’ingénierie, le pilotage, et l’évaluation.
2. Le Logiframe / Cadre logique : fondements, catégories et utilisation
2.1 Définition et structure
Le cadre logique est une matrice à quatre colonnes et (idéalement) quatre lignes :
Niveaux
Verbes-clés
Objectifs
Indicateurs et sources
Finalité (impact)
Pourquoi ?
Pourquoi l’action ?
Indicateurs de niveau « impact »
Objectif spécifique (outcome)
Quoi ?
Quels effets concrets attendus ?
Indicateurs d’effet
Résultats (outputs)
Livrables
Que doit-on livrer ?
Indicateurs de production
Activités
Comment ?
Quelles tâches exécuter ?
Durées, coûts
Finalité : la vision à long terme (ex. : réduction de la pauvreté).
Objectif spécifique : effet direct (ex. : augmentation du revenu des ménages).
Résultats : produits ou services livrés.
Activités : actions concrètes planifiées.
2.2 Catégorisation des logigrammes
On peut classer les logigrammes selon trois axes principaux :
A. Par niveau de granularité et d’analyse
Macro‑logiframe : pour orientations stratégiques, niveau global (politique, national, interinstitutionnel).
Mésologiframe : niveau de programme ou portefeuille (ex. : projet composé de sous‑projets thématiques).
Micro‑logiframe : niveau de projet simple ou module unique, utilisé dans les PME ou initiatives locales.
B. Par cycle de vie du projet
Logiframe de conception : niveau analyse causale et formulation de la problématique (ex. : trees d’analyse).
Logiframe de planification : structuration formelle, détermination des indicateurs SMART.
Logframe de suivi‑évaluation : réajustement selon retours, indicateurs, hypothèses.
Logframe d’évaluation finale ou de capitalisation : bilan et leçons retenues.
C. Par ouverture de cadre (cadre ouvert fermé)
Ferme : seule la matrice est utilisée et figée.
Ouvert : le cadre sert de base évolutive avec adaptations, rétroactions, analyses d’impact et cycles réflexifs.
2.3 Avantages & limites du logframe
Avantages :
Simplifie la logique d’intervention.
Facilite la communication ciblée vers bailleurs.
Permet un suivi-évaluation rigoureux (basé sur des indicateurs chiffrés).
Limites :
Rigidité théorique : logique linéaire peu adaptée à contextes incertains ou changeants.
Sous-estimation des relations transversales entre niveaux.
Risque de fractionnement : découpage excessif tue la vision globale.
Observation systématique : risques de focalisation sur ce qui est mesurable au détriment du qualitatif.
3. Approches cadres de gestion de projet
Au-delà du logframe, d’autres cadres offrent des grilles plus dynamiques ou sectorialisées. Voici les principales :
3.1 PMBOK (Project Management Body of Knowledge) – PMI
Axé sur 10 domaines de connaissance (ex. : intégration, portée, délais, coûts, risques, parties prenantes) et 5 groupes de processus (lancement, planification, exécution, suivi‑contrôle, clôture).
Approche séquentielle et itérative : on planifie d’abord (en détail ou adapté), exécute, suit puis clôture.
Intègre logframe dans la charte ou structuration de projet.
3.2 PRINCE2
Approche orientée gestion documentaire et gouvernance via étapes fixes : élaboration startup, direction, contrôle, delivery, clôture.
Utilise le document Mandat/Business Case pour valider la viabilité avant lancement.
Fort accent sur rôles (sponsor, comité de pilotage) et livrables explicites.
3.3 Cadres Agile (Scrum / Kanban)
Orientation par sprints et feedback rapide.
Adapté quand le périmètre évolue rapidement (ex. numérique, startups).
Moins centré sur le logframe, mais des user stories et backlog peuvent être traduites en logiques d’impact.
3.4 Lean & Six Sigma
Destinés à l’optimisation des processus et amélioration continue.
Utilisent la roue DMAIC (Définir, Mesurer, Analyser, Innover, Contrôler).
Complètent le logframe en optimisant l’efficacité opérationnelle de la production attendue.
3.5 Cadres hybrides
Par exemple : Agile‑PM, PMI‑Agile Certified Practitioner (PMI‑ACP) ou Scrum-BM (Business Management) qui fusionnent rigueur PMBOK/PRINCE2 avec agilité.
4. Comparatif analytique : logiframe vs grands cadres
Dimension
Logiframe
PMBOK/PRINCE2
Agile / Lean
Objectif
Structuration causalité/resultats
Gouvernance holistique
Flexibilité & feedback
Temporalité
Cycle projet classique
Phases séquentielles/modulaires
Cycles courts iteratifs
Gouvernance
Formulation centralisée
Comité, planification rigide
Auto‑organisation
Pilotage
Indicateurs SMART & hypothèses
Analyse risques, intégration
Kpi + rétrospectives sprints
Adaptation
Par itérations / revues
Via changements formels
Intégrée, continue
Utilisation typique
ONG, aide, coop. internat.
Grandes entreprises & projets longs
Développement IT, produit, innovation
Complexité documentaire
Moyenne
Très élevée
Léger à modéré
5. Intégration et complémentarités
5.1 Surfaces de recoupement
Logiframe = cœur de cause-effet + indicateurs. De nombreux cadres métiers (ex. : PRINCE2 « Business Case », PMBOK charte) reprennent cette logique.
Approches logframes itératifs : on peut élaborer un logframe « agile » (1 cycle = 1 version du logframe).
Lean & Six Sigma se greffent sur le niveau « Résultats/Activités » pour optimiser les process.
5.2 Proposition « hybride »
Un schéma de gouvernance intégrée pourrait se décliner ainsi :
Pré-phase : diagnostic, arbre de problèmes, analyse SWOT/PESTEL.
Formulation : construction du logframe avec indicateurs SMART + hypothèses.
Cadre de gouvernance : définition du rôle de sponsor, comité pilotage (PRINCE2), plan projet PMBOK.
Exécution agile : découpage en sprints, user stories ou WBS intégrés au logframe.
Planification PMI : charte de projet, WBS, planning Gantt.
Exécution Agile/Lean : mise en œuvre localisée par régions par étapes, feedback communautaire.
Suivi‑évaluation : enquêtes annuelles, cycles PDCA, révisions du logframe.
Gouvernance :
Sponsor : ministère/sponsor international.
Pilotage : comité mixte tous les semestres avec reporting et ajustement.
Communication continue avec partie prenantes (leaders ruraux).
8. Conclusion
Le logiframe demeure une structure précieuse pour formaliser la logique d’intervention et les indicateurs de résultats, avec différents niveaux (macro, méso, micro) selon le contexte.
Les autres approches cadres (PMBOK, PRINCE2, Agile, Lean…) viennent enrichir la pratique par des processus, cycles, méthodes de gouvernance et d’optimisation complémentaire.
Un modèle hybride couplant logframe + cadre formel + exécution agile offre un bouquet complet : structure, contrôle, adaptation et innovation.
L’enjeu reste d’équilibrer rigueur et flexibilité, mesurable et qualitatif, vision stratégique et efficacité opérationnelle.