(La méthode d’introduction la plus rentable pour réussir un texte argumentatif, une analyse ou une dissertation au secondaire et au cégep.)
Les premières lignes d’un texte font souvent plus qu’annoncer un thème : elles installent une posture. Elles disent au correcteur que l’élève sait où il va, qu’il maîtrise la consigne, qu’il a une logique, un fil, une architecture. Au Canada francophone — particulièrement au Québec, mais aussi dans plusieurs parcours francophones ailleurs — cette architecture d’entrée porte un nom devenu presque réflexe : sujet amené, sujet posé, sujet divisé.
On pourrait croire qu’il s’agit d’une formule “scolaire” à réciter. En réalité, c’est un outil de pilotage : une mini-rampe de lancement qui transforme un brouillon d’idées en discours lisible. Bien utilisée, cette structure donne au texte un démarrage stable, évite les introductions vagues, et rend la suite plus facile à écrire… parce que le plan est déjà en place.
Dans de nombreux apprentissages en écriture (texte argumentatif, texte descriptif, analyse/dissertation), on demande une introduction qui met en contexte, présente clairement le sujet, puis annonce l’organisation. Les ressources pédagogiques québécoises décrivent explicitement cette division en trois étapes (amené/posé/divisé) et l’emploient comme repère de correction et d’enseignement.
Même dans des documents hors Québec, on retrouve la même logique et les mêmes termes pour guider les élèves : l’introduction est présentée comme une pyramide inversée allant du général vers le précis, jusqu’à l’annonce du plan.
La logique est simple :
L’image qui aide : on commence large, puis on resserre. Le lecteur passe d’un décor à une question, puis à une route.
Le sujet amené sert à attirer l’attention et à mettre en contexte. Il se rédige souvent en une ou deux phrases. Son défi : rester intéressant sans révéler trop tôt le sujet de manière brute, et surtout sans argumenter.
Astuce de style (très efficace) : partir d’un fait concret, d’un contraste, d’une question, d’un constat social. Les ressources pédagogiques mentionnent justement qu’on peut intéresser le lecteur en posant une question ou en évoquant un fait marquant.
Le sujet posé, c’est le moment où l’on cesse de tourner autour : on nomme le thème et on formule clairement le problème ou la question. Dans plusieurs structures de texte argumentatif, l’introduction comprend aussi la thèse (prise de position) et l’annonce du plan.
A) Texte descriptif / explicatif / informatif
Le sujet posé présente le sujet tel qu’il sera traité, avec précision.
B) Texte argumentatif (opinion, lettre ouverte, dissertation critique, etc.)
Le sujet posé mène vers la prise de position (thèse), parfois dans la même phrase, parfois dans la phrase suivante. Plusieurs plans canoniques incluent explicitement : sujet amené → sujet posé → thèse → sujet divisé.
Le sujet divisé annonce, dans l’ordre, les deux ou trois grandes idées qui structureront le développement. L’objectif : permettre au lecteur d’anticiper la progression logique du texte.
Ici, un point fait souvent la différence entre une introduction “correcte” et une introduction “solide” :
➡️ annoncer le contenu, pas la démarche.
Un guide collégial insiste sur l’importance d’éviter le métalangage (par exemple : “mon premier argument”, “dans cette dissertation, je vais…”) et de formuler plutôt les idées comme des affirmations de fond.
Selon certaines consignes autour de l’épreuve ministérielle en français (5e secondaire au Québec), le sujet amené est présenté comme très important, tandis que le sujet divisé peut être accepté sans être obligatoire dans certains formats.
Conclusion pratique :
Quand le temps presse, voici une méthode simple :
Faut-il limiter l’usage du téléphone en classe au secondaire ?
Sujet amené
Dans beaucoup d’écoles, le téléphone intelligent s’est glissé dans la routine quotidienne : au corridor, à la cafétéria, parfois même au milieu d’un cours. Cet objet, à la fois outil pratique et source de distraction, modifie les habitudes d’attention plus vite que les règles scolaires ne s’adaptent.
Sujet posé
Cette situation soulève une question centrale : faut-il limiter l’usage du téléphone en classe afin de protéger les apprentissages ?
Thèse (prise de position)
Une limitation claire et encadrée paraît nécessaire, parce qu’elle soutient la concentration, réduit les tensions en classe et favorise une utilisation plus responsable du numérique.
Sujet divisé
D’abord, le téléphone fragilise l’attention et la mémorisation pendant les activités d’apprentissage. Ensuite, il alimente des conflits et des dérives (messages, photos, comparaisons sociales) qui perturbent le climat de classe. Enfin, un encadrement intelligent permet de conserver les bénéfices du numérique tout en limitant ses effets négatifs.
👉 Ici, le sujet divisé annonce trois axes qui feront trois paragraphes de développement (ou deux axes si vous voulez un texte plus court).
Un sujet amené trop philosophique ou trop universel semble élégant, mais il devient flou. Les critères de correction valorisent un sujet amené lié au sujet de rédaction.
✅ Correction : garder une idée générale, mais reliée par un mot-charnière évident.
Exemple : “D’abord la concentration, ensuite la discipline, enfin l’éducation.”
✅ Correction : transformer en phrases complètes, avec un verbe et une idée.
Les guides de méthodologie recommandent d’annoncer les idées sans se commenter soi-même.
✅ Correction : écrire comme si le lecteur entrait déjà dans l’argumentation.
✅ Correction : assumer une position claire, puis nuancer si besoin (“à condition que…”, “dans certaines limites…”).
Sujet : Les devoirs à la maison devraient-ils être réduits au secondaire ?
Canevas SAPD :
Sujet : Les réseaux sociaux influencent-ils la confiance en soi des adolescents ?
Même canevas : on part d’un constat social (comparaison, image, pression), puis on pose le sujet, puis on annonce 2-3 axes.
Sujet : Faut-il rendre l’uniforme scolaire obligatoire ?
Sujet amené possible : identité, appartenance, égalité, coût, expression individuelle.
Le SAPD fonctionne parce qu’il fait une promesse de clarté. Le lecteur comprend :
Et vous, vous gagnez quelque chose de précieux : un texte plus facile à écrire, parce que l’introduction a déjà “dessiné la route”.
🔶🔷 Annexe
Quand on apprend le sujet amené, sujet posé, sujet divisé, on reçoit souvent une recette : une accroche, une phrase de sujet, une annonce de plan. Le problème, c’est qu’une recette suffit à “faire une introduction”… sans garantir une introduction efficace. Or, dans un devoir (secondaire, cégep), l’introduction sert surtout à une chose : prouver dès les premières lignes que le texte va tenir debout. Et c’est là que certains points très concrets aident énormément les élèves, sans être assez mis en avant dans beaucoup de guides.
Une introduction solide ne cherche pas seulement à présenter un thème. Elle crée un effet de nécessité :
En clair : l’intro devient une promesse de lecture. Le correcteur comprend rapidement le cadre, l’enjeu, puis la structure.
Beaucoup d’élèves écrivent un sujet amené très général, parfois élégant, mais trop loin du sujet. Un bon test :
✅ Si on supprime le sujet posé, le lecteur devrait déjà deviner le thème.
👉 Résultat : ton sujet amené devient pertinent, pas seulement décoratif.
Le sujet posé gagne en force quand il contient trois éléments, même si c’est discret :
👉 Une phrase claire vaut mieux qu’une phrase longue : le correcteur doit comprendre sans relire.
Une annonce de plan peut perdre en crédibilité quand elle ressemble à une consigne (“je vais présenter…”). Une annonce de plan gagne en maturité quand elle formule les axes comme des idées de fond.
A) Progression logique
« D’abord…, ensuite…, enfin… »
B) Vocabulaire plus “cégep”
« Dans un premier temps…, puis…, avant de… »
C) Forme synthétique
« Cette question se comprend à travers…, … et … »
👉 Bonus : ton sujet divisé devient plus naturel si tu varies les amorces (d’abord / ensuite / enfin → parfois lourd quand on l’utilise partout).
Une intro réussie tient souvent en 6 à 10 lignes (selon la police et l’exigence).
Une règle pratique :
👉 L’équilibre compte : une accroche énorme et un plan minuscule donnent l’impression que le texte n’est pas maîtrisé.
En texte argumentatif, la thèse n’a pas besoin d’être agressive. Elle doit être tranchée et défendable.
Exemple :
« Une limitation en classe s’impose, parce qu’elle protège l’attention et clarifie les règles de travail. »
👉 Une thèse molle donne un développement flou. Une thèse claire rend le plan évident.
Les élèves pensent souvent que l’ordre des idées est interchangeable. En réalité, un bon ordre ressemble à une montée :
👉 Cette montée crée une impression de maîtrise, même avec des arguments simples.
Le SAPD fonctionne partout, mais il change légèrement selon la tâche :
👉 Le piège : écrire la même intro pour tous les genres. Le correcteur voit vite la différence.
Avant de rendre ta copie, vérifie :
Un devoir peut parfois s’en passer si la consigne ne l’exige pas, mais l’annoncer clairement aide presque toujours la lecture et l’organisation.
Deux axes suffisent pour un texte court. Trois axes donnent un texte plus riche si tu as des idées.
Ça dépend du type de texte et des consignes. Dans beaucoup de productions scolaires, une formulation impersonnelle reste plus passe-partout.
Une question marche très bien, surtout en argumentatif. Une phrase affirmative peut aussi convenir si elle formule clairement la problématique.
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