La fiche suiveuse est l’outil papier le plus efficace pour garantir la traçabilité d’un lot, synchroniser production et qualité, et fiabiliser les transferts entre postes. Facile à renseigner, lisible en atelier, elle accompagne physiquement l’OF de la réception à l’expédition, en consignant opérations, contrôles, non-conformités et validations. Ce guide présente le principe, l’architecture des modèles (portrait et paysage), les règles d’usage et des variantes sectorielles pour adapter l’outil à votre contexte.
La fiche suiveuse accompagne physiquement un lot tout au long de sa fabrication. Elle relie l’intention du plan de production à la réalité du terrain et clarifie, poste après poste, ce qui a été fait, par qui, quand et avec quels résultats. Sans complexité et dans la célérité, elle restitue l’avancement, matérialise la traçabilité, fige les contrôles réalisés et sécurise la libération finale. Dans un environnement où les flux s’accélèrent et les exigences clients se resserrent, ce document devient un point d’ancrage. Il sert le pilotage quotidien, rassure les auditeurs et protège l’entreprise lorsque survient une non-conformité ou un litige.
Une fiche suiveuse :
En d’autres termes : c’est la colonne vertébrale de l’exécution au quotidien.
Une fiche suiveuse efficace commence par un bloc d’identification sans ambiguïté. Elle rassemble l’entreprise et l’atelier, le numéro d’ordre de fabrication, la référence et la désignation du produit, le lot ou la série, les quantités prévues et réalisées, ainsi que les dates clés. Ce premier cartouche évite les confusions et garantit que la fiche correspond bien au lot manipulé. Vient ensuite la section de traçabilité. Elle rassemble les lots de matières premières et leurs fournisseurs, les outillages et programmes utilisés, les versions de plans et de dossiers applicables ainsi que, le cas échéant, les références documentaires comme l’AMDEC ou la LPA. À cet endroit, rappeler les équipements de protection requis et les consignes critiques (couple de serrage, propreté, température, isolement énergétique) améliore la sécurité et la répétabilité.
On retrouve les champs essentiels : Entreprise/Atelier, OF & Référence produit, Désignation, Lot/Série, Quantités prévue & réalisée, Dates clés (lancement/due), éventuellement Client/PO. L’objectif est de lever toute ambiguïté dès la prise en main du document.
Deux familles d’informations :
Un tableau unique regroupe N° d’opération, intitulé, poste/machine, doc/version, temps prévu, début/fin, quantités bonnes/NC/rebut, opérateur et signature. C’est le cœur de la fiche : une ligne = une opération réalisée.
Pour quelques opérations clés (dimensionnel, aspect, fonction…), on coche OK / NC / Réglage et on renseigne critères/tolérances, contrôleur, date, signature. Ces jalons réduisent les risques de propagation des défauts.
En cas d’écart, décrire le fait, l’action immédiate, et la décision (retouche, rebut, dérogation). Mentionner le responsable. Quelques lignes suffisent, l’essentiel est la clarté.
Cases Emballage/Étiquetage, Libération Qualité, Expédition, Documents joints (PV, certificats). Un encart commentaires finaux clôture le dossier.
Astuce ergonomique : le format paysage améliore la vitesse de lecture au poste et limite les erreurs de report, surtout quand plusieurs opérateurs se partagent la même fiche dans la journée.
Préparer le cadre
Ancrer les routines
Former & auditer
La structure reste identique ; ce sont les crayons de couleur (critères) qui changent.
Même sur papier, la fiche suiveuse est un gisement de data :
Un rituel hebdomadaire simple : scanner les fiches libérées, saisir 8 champs clés dans un tableau de bord, afficher les 3 alertes de la semaine (poste, opération, cause).
Les colonnes trop serrées rendent la lecture pénible et favorisent les oublis ; le format paysage règle souvent le problème sans ajouter de pages. Les signatures manquantes constituent la cause numéro un de non-libération ; un cartouche de rappel en entête, visible et contrasté, réduit l’oubli. Les versions de plan obsolètes créent de faux conformes ; inscrire la date de mise à jour documentaire dans la section traçabilité force la vérification. Les non-conformités décrites à la va-vite perdent leur pouvoir d’apprentissage ; structurer la rédaction en constat, action immédiate et décision, avec un responsable nommé, change la donne.
OF + Lot pour ouvrir une page interne (fiche produit, photo standard, mode opératoire).FS-[Année]-[Site]-[OF]-[Lot]. Exemple : FS-2025-M02-1178-B1125.Deux variantes prêtes à imprimer :
Le bandeau d’en-tête met en avant l’OF/Lot, la grille “Identité & Traçabilité” regroupe 12 champs clés, le tableau Gamme & opérations structure le flux, les jalons QC jalonnent la qualité, et la libération finale sécurise l’expédition. Un pied de page paginé ordonne l’archivage.
Personnalisation conseillée : logo, palette “Pastel corporate”, pictogrammes EPI, ajout d’un QR code, champs spécifiques (température, couple, n° de série, code défaut…).
Combien de jalons QC ?
Entre 2 et 5 suffisent : l’objectif est de prévenir la propagation, pas d’alourdir le flux.
Que faire si l’OF tient sur 2 pages ?
Consolider en Paysage pour viser le “one-page”. Sinon, répéter l’en-tête et paginer “1/2, 2/2”.
Retouche ou Rebut ?
Si la remise en conformité est immédiate et validée, retouche. Si l’écart est majeur/irréversible, rebut. Dérogation si l’écart est maîtrisé et accepté par la qualité/client.
Papier ou digital ?
Le papier reste robuste en environnement atelier. Le QR code offre un pont léger vers le digital sans changer vos habitudes.
La fiche suiveuse est un standard de classe atelier : simple, robuste, auditable. En alignant identité, traçabilité, exécution et contrôle, elle réduit les aléas, rend visible la réalité du flux, et accélère décisions et audits. Les deux modèles (portrait & paysage) proposés offrent une base immédiatement opérationnelle, que l’on peut affiner par secteur (mécanique, agro, textile, électronique) et intégrer à vos rituels de pilotage (Pareto NC, OTIF, COPQ).
Adoptez-la dès le prochain OF : la différence se mesure en défauts évités, en temps gagné et en sérénité lors des audits.
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