Le relevé de banque affiche un solde. Votre comptabilité en annonce un autre. Entre les deux, quelques jours de décalage, des chèques qui voyagent, des frais qui tombent sans prévenir… et très vite, la question qui fâche : « Quel est le vrai solde ? »
L’état de rapprochement bancaire sert précisément à répondre à cette question. C’est un document simple, mais stratégique : il remet de l’ordre entre ce que la banque enregistre et ce que l’entreprise comptabilise. Bien utilisé, il sécurise la trésorerie, évite les erreurs et rassure le dirigeant comme le comptable.
Un état de rapprochement bancaire est un tableau qui compare le solde de l’extrait bancaire et le solde du journal de banque (la comptabilité) à une date donnée, puis explique les écarts ligne par ligne.
Le principe est très concret :
L’état de rapprochement n’a donc pas vocation à « corriger » le solde de la banque : il raconte l’histoire des écarts et permet de vérifier que tout est justifié.
Une entreprise qui travaille au quotidien avec son compte bancaire se confronte en permanence au jeu des délais :
Ces petits décalages sont normaux. Ce qui devient problématique, c’est lorsqu’on ne sait plus d’où vient l’écart ou lorsqu’un mouvement est complètement oublié : chèque jamais comptabilisé, prélèvement passé deux fois, erreur de saisie…
L’état de rapprochement bancaire agit comme un filet de sécurité : il force à passer en revue les opérations en suspens et à pointer chaque différence.
Un bon état de rapprochement bancaire suit une logique simple que l’on peut résumer en quelques étapes. Le modèle de fiche ou de tableau que vous utilisez doit refléter cette progression.
Le travail commence toujours par le solde final du relevé de banque à la date choisie.
Ce solde est inscrit en haut du document : c’est la base de calcul.
Exemple : solde final au 30/04 selon la banque : 8 250 €.
Viennent ensuite les dépôts non crédités, c’est-à-dire les versements remis en banque mais pas encore portés au relevé :
On les inscrit un par un dans un petit tableau (date, référence, montant), puis on calcule le total des dépôts non crédités.
Exemple : trois remises de chèques en date du 29 et 30/04, pour un total de 1 200 €.
Le solde bancaire est alors augmenté de ce total pour obtenir un premier sous-total.
Deuxième grande famille d’écarts : les chèques émis non débités.
Ils figurent déjà dans votre comptabilité (vous avez enregistré le paiement), mais le bénéficiaire ne les a pas encore encaissés, ou la banque ne les a pas encore traités. On les liste eux aussi dans un tableau, avec :
On calcule ensuite le total des chèques non débités. Ce total est retranché du sous-total précédent.
À ce stade, vous obtenez le solde ajusté selon l’extrait bancaire : un solde théorique qui tient compte des opérations en transit.
Le document rappelle ensuite le solde figurant dans la comptabilité (journal de banque) à la même date.
Si la gestion des dépôts non crédités et des chèques non débités est correcte, les deux montants devraient déjà être proches. Les écarts résiduels proviennent généralement :
L’état de rapprochement prévoit donc une section pour les écritures d’ajustement :
Une fois ces opérations identifiées, elles doivent être enregistrées dans la comptabilité. Le total de ces ajustements permet de rapprocher définitivement le solde comptable du solde ajusté selon la banque.
Le document se termine par le solde du compte bancaire après rapprochement. Ce montant devient alors la référence fiable pour piloter la trésorerie.
On associe parfois le rapprochement bancaire à une corvée de fin de mois. C’est pourtant un moment clé de la gestion.
Un état de rapprochement régulier permet :
Le dirigeant sait ainsi de quel solde il dispose réellement pour payer ses fournisseurs, ses salaires ou investir.
Le rapprochement bancaire met en lumière :
En obligeant à pointer chaque écart, l’état de rapprochement joue le rôle d’un contrôle croisé entre la banque et l’entreprise. Pour une petite structure, c’est une protection simple contre les mauvaises surprises.
Une fiche de rapprochement bien conçue aide à poser un rituel :
Ce rendez-vous mensuel rassure le dirigeant : la situation bancaire n’est plus un angle mort, mais un indicateur suivi et expliqué.
Un bon modèle, prêt à imprimer ou à remplir sur ordinateur, fait gagner un temps précieux :
Au fil des mois, toutes ces fiches constituent une chronologie claire de la relation avec la banque : en cas de contrôle, de vérification interne ou de changement de comptable, les explications sont déjà prêtes.
Dès qu’un modèle clair est en place, la mécanique se répète mois après mois. Le rapprochement ne devient plus une corvée, mais un réflexe de gestion : une façon discrète mais efficace de garder la main sur la santé financière de votre entreprise.
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