Pourquoi cet article ? Parce qu’on confond souvent coûts d’investissement (CAPEX) et coûts d’exploitation (OPEX), et qu’un mauvais modèle brouille instantanément le cash, le P&L et les décisions d’arbitrage. Voici une méthode claire, opérationnelle et 100 % Excel pour structurer, prévoir et gouverner vos dépenses sur 24 mois et plus.
Impact cash & P&L : au fil de l’eau (souvent mensuel).
Règle d’or : ne mélangez jamais cash TTC et P&L HT. Le pilotage est lisible si vous séparez clairement flux de trésorerie (TTC) et charges en résultats (HT + amortissements).
2) Architecture d’un modèle Excel robuste
Paramètres Devise, TVA, WACC (pour NPV), date de départ, horizon, catalogue durées de vie par catégorie (IT, machines, véhicules…).
Projets / centres de coût Référentiel commun (ID, nom, owner). Tout y fait référence pour agréger.
CAPEX Par actif : projet, description, catégorie (→ durée auto), mise en service, coût HT, valeur résiduelle, planning de paiements M1..M24 (HT). Calculs : TVA, TTC, index début, amortissement mensuel.
Amortissements Tableau M1..M24 : si le mois m ∈ [mise en service ; mise en service + durée] → amortissement mensuel, sinon 0.
OPEX Lignes fixes/variables : montant mensuel TTC qui se répète, avec possibilité d’écraser certains mois (pics, contrats). Totaux par ligne et par projet.
Synthèse Par mois :
Cash CAPEX (TTC) + Cash OPEX (TTC) → Cash total
Amortissements (HT)
P&L charges = OPEX HT + amortissements
NPV des coûts (avec WACC).
Dashboard Histogramme empilé CAPEX vs OPEX (cash) + courbe des amortissements.
Index début (mois) : =DATEDIF(DEBUT_CAL; Date_Mise_en_Service; "m")+1
Amort. au mois m : =SI(ET(m>=Index_début; m<=Index_début+Durée_mois-1); Amort_mensuel; 0)
OPEX HT (approx) : =OPEX_TTC / (1+TVA)
P&L charges : =OPEX_HT + Amortissements
NPV des coûts TTC (WACC) : =VAN(WACC; Plage_Cash_Total_TTC)
Astuce : encodez les paiements CAPEX en HT par mois (M1..M24), calculez TTC via (1+TVA) dans la Synthèse. Vous évitez les doubles comptages et gardez un diagramme cash propre.
4) Lecture managériale (ce qu’il faut regarder)
Cash total mensuel : profile-t-il des pics (p. ex. M3, M7) ? Anticiper la trésorerie ou lisser les paiements fournisseurs.
Mix CAPEX/OPEX : une montée de CAPEX implique des amortissements futurs ; assurez-vous que les OPEX ne « mangent » pas la marge.
P&L charges : intègre bien OPEX HT et amortissements ; utile pour voir l’effet réel sur le résultat.
NPV : compare coûts (cash out) entre scénarios ou projets avec un taux d’actualisation cohérent (WACC).
Payback & ROI (si vous avez des économies/recettes en face) : ajoutez une colonne « bénéfices mensuels » et calculez délai de retour + TRI.
5) Gouvernance : éviter les pièges courants
Confusion cash/P&L : toujours séparer TTC (cash) et HT (P&L).
Durée de vie incohérente : figez un catalogue (IT 3 ans, véhicules 5, machines 7, bâtiments 20…).
Mélange CAPEX vs OPEX : un coût d’abonnement logiciel récurrent est OPEX (sauf achat licence perpétuelle capitalisée). Documentez la politique.
Pics non modélisés : plan d’acomptes CAPEX, maintenance annuelle, assurances, taxes : mettez-les dans Mx.
Pas de propriétaire : affectez un owner par projet (CTO, CIO, Plant Manager…) pour la réalité des chiffres.
RACI type : Finance (modèle et synthèse), Métiers (besoins CAPEX), Achats (planning & paiements), IT/Prod (durées de vie/maintenance).
6) Scénarios & décisions
Scénarios :
Base : planning actuel.
Optimiste : étalement des paiements, remise fournisseur, OPEX -10 %.
Scénarios : dupliquez les feuilles CAPEX/OPEX, comparez NPV et pics de cash.
8) Variantes utiles
Multi-entités / multi-devises : ajoutez une table FX (EUR pivot), puis Montant_EUR = Montant_Devise × Taux. Consolidez par entité et groupe (éliminations intercos).
Payback/ROI par projet : ajoutez « Bénéfices mensuels » (économies d’énergie, gains de productivité, revenus incrémentaux) → calculez Payback, NPV, TRI.
9) Check-list qualité (à chaque clôture)
CAPEX : 100 % saisis avec mise en service, durée, paiements Mx, écart = 0.
Un bon modèle CAPEX/OPEX raconte votre futur cash, explique l’effet P&L et outille l’arbitrage.
En Excel, la recette tient en 3 idées : 1) séparez cash TTC / P&L HT, 2) cadrez les durées de vie et amortissements, 3) scénarisez pour décider (NPV, pics, lissages). Avec cette rigueur, vous gagnez en visibilité, en crédibilité… et en marge de manœuvre.
À périmètre business équivalent, PRJ-003 concentre le plus gros CAPEX (420 k€ TTC) et crée la majorité des pics. Si le business case (économies/rendements) n’est pas supérieur à PRJ-001/002, alors :
soit on lisse ses paiements,
soit on décale la mise en service (glisse amortissements),
soit on compare NPV projets et on réordonne.
8) Plan d’exécution (prochain mois)
Fournisseurs : table de négociation des acomptes (cibles mois M2–M8).
ERP : replanifier consulting en M3–M5 (+ jalons).
Énergie : contrat été + suivi hebdo M6–M9.
Finance : bloquer WACC et valider la politique d’amortissement (mémo de principe).
Reporting : publier le one-pager mensuel + variance, avec responsables/échéances.
Cash : attention aux pics M2/M6/M8 ; actions de lissage recommandées.
P&L : rampe d’amortissements jusqu’à ~12,6 k€/mois puis plateau.
Décisions : lisser/décaler PRJ-003, étaler consulting ERP, sécuriser seuil de trésorerie, figer durées de vie & WACC.