La TVA à décaisser correspond au solde net de TVA qu’une entreprise doit reverser à l’État au titre d’une période (mois, trimestre, année selon le régime). En comptabilité, ce solde net n’apparaît pas “tout seul” : il est le résultat d’une centralisation entre deux masses qui vivent, elles, au rythme des factures et des encaissements.
Le 44551 n’est donc pas un compte “de facture”. C’est un compte de synthèse, utilisé au moment où l’on passe de la comptabilité quotidienne à la logique déclarative.
Lorsqu’une vente est facturée avec TVA, l’entreprise encaisse pour le compte de l’État. Comptablement, cette TVA est une dette “en cours” tant qu’elle n’est pas déclarée et payée.
Lorsqu’un achat est facturé avec TVA, l’entreprise peut, sous conditions, déduire cette TVA. Comptablement, c’est un droit à déduction qui vient réduire la TVA à reverser.
À la date de déclaration, on ne conserve pas des dizaines de sous-soldes séparés. On “ferme” la période en transférant le résultat net vers :
La formule de base reste lisible :
TVA à décaisser = TVA collectée exigible – TVA déductible – crédits antérieurs imputables
Deux précisions font la différence en pratique :
Exemple : Vente HT 10 000, TVA 20% = 2 000, TTC 12 000
Débit 411 Clients 12 000
Crédit 707 Ventes 10 000
Crédit 44571 TVA collectée 2 000
Exemple : Achat HT 3 000, TVA 20% = 600, TTC 3 600
Débit 6xx Charges 3 000
Débit 44566 TVA déductible ABS 600
Crédit 401 Fournisseurs 3 600
Exemple : Immo HT 5 000, TVA 20% = 1 000, TTC 6 000
Débit 2xx Immobilisations 5 000
Débit 44562 TVA déductible immobilisations 1 000
Crédit 404 Fournisseurs d’immobilisations 6 000
Jusque-là, aucun 44551.
Objectif : solder les comptes de TVA collectée et de TVA déductible, puis faire apparaître le net à payer (44551) ou le crédit (44567).
Supposons en fin de mois :
Calcul : 8 400 – (6 900 + 500) = 1 000 à payer
Écriture de déclaration :
Débit 44571 TVA collectée 8 400
Crédit 44566 TVA déductible ABS 6 900
Crédit 44562 TVA déductible immobilisations 500
Crédit 44551 TVA à décaisser 1 000
Lecture comptable : on annule 44571 (débit), on annule les droits à déduction (crédit des 44566/44562), et le solde net devient une dette 44551.
Supposons :
Calcul : 2 000 – (4 800 + 700) = –3 500 → crédit de TVA 3 500
Écriture :
Débit 44571 TVA collectée 2 000
Débit 44567 Crédit de TVA 3 500
Crédit 44566 TVA déductible ABS 4 800
Crédit 44562 TVA déductible immobilisations 700
Le compte 44567 devient la “mémoire” du crédit reportable (ou remboursable selon le dossier).
Quand la TVA est réglée :
Débit 44551 TVA à décaisser
Crédit 512 Banque
Cette écriture clôt la dette fiscale.
La TVA collectée est enregistrée dès la facture de vente (comme dans l’exemple classique). La centralisation mensuelle repose sur les factures émises et reçues (selon règles de déduction).
La TVA collectée devient exigible au moment où le client paie (totalement ou partiellement). Deux méthodes existent en pratique :
Dans tous les cas, le 44551 conserve son rôle : il porte le net à payer au moment de la déclaration.
Si un crédit de TVA existe (44567), il peut venir réduire la TVA à payer du mois.
Exemple :
Mécaniquement, la déclaration consomme une partie du 44567. Comptablement, cela se traduit par un jeu d’écriture où le crédit est “utilisé” et diminue la dette finale. Une manière très lisible de le formaliser est de ramener le 44567 dans l’écriture de centralisation pour aboutir au bon solde 44551.
Schéma possible (logique) :
Selon votre plan interne, on peut :
Dans un régime avec acomptes, l’entreprise paie parfois des montants avant la déclaration annuelle de régularisation. Selon l’organisation :
Le 44551 peut n’apparaître qu’au moment où l’on constate réellement la TVA nette due à payer après prise en compte des acomptes.
Certaines opérations créent simultanément :
Une TVA juste, c’est une TVA “réconciliée”. Une méthode simple, robuste, et réutilisable :
Données mensuelles :
Corrigé
Débit 44571 TVA collectée 12 600
Crédit 44566 TVA déductible ABS 9 400
Crédit 44562 TVA déductible immobilisations 1 700
Crédit 44551 TVA à décaisser 1 500
Débit 44551 TVA à décaisser 1 500
Crédit 512 Banque 1 500
Données mensuelles :
Corrigé
Débit 44571 TVA collectée 3 200
Débit 44567 Crédit de TVA 2 300
Crédit 44566 TVA déductible ABS 4 900
Crédit 44562 TVA déductible immobilisations 600
Données :
Corrigé
Débit 44571 TVA collectée 9 800
Crédit 44566 TVA déductible ABS 7 100
Crédit 44562 TVA déductible immobilisations 900
Débit 44567 Crédit de TVA 1 200
Crédit 44551 TVA à décaisser 600
Lecture : on constate la TVA brute (qui “produirait” 1 800 à payer), puis on fait intervenir le crédit 44567 (débit 1 200) pour réduire la dette finale à 600.
Le modèle ne se contente pas d’additionner des bases et d’appliquer un taux. Il traduit une mécanique fiscale en un flux comptable propre, compréhensible, et surtout réutilisable. Chaque mois, la logique reste la même, mais les chiffres changent, les taux se combinent, les ajustements apparaissent, et l’on finit toujours par une question très simple : qu’est-ce que je dois payer, ou qu’est-ce que je reporte. Ce fichier a été conçu pour rendre cette réponse immédiate, sans perdre la rigueur des écritures.
La feuille Saisie sert de zone de collecte. Elle impose une discipline utile : séparer les montants par taux, distinguer ventes et achats, isoler les immobilisations, et prévoir une zone d’ajustements (corrections, régularisations, TVA non récupérable, notes de crédit, écarts d’arrondis). Cette structuration a un avantage concret : elle évite le piège le plus courant, celui où tout se mélange dans un seul total, puis devient impossible à justifier en cas de contrôle interne ou de relecture.
Dans la pratique, on peut utiliser cette feuille de deux manières :
La feuille Calculs joue le rôle de tableau de bord comptable. Elle agrège automatiquement :
L’intérêt n’est pas seulement de connaître le montant final : c’est de comprendre d’où il vient. Les sous-totaux permettent de repérer, en un regard, ce qui “tire” la TVA vers le haut (hausse des ventes à 20%, baisse d’achats déductibles, immobilisations ponctuelles) ou vers le bas (investissement important, achats élevés, baisse du chiffre d’affaires taxé).
Le modèle prévoit aussi un contrôle de cohérence. L’idée est simple : une déclaration TVA peut être juste, mais une écriture peut être mal construite. Ici, la feuille calcule et vérifie le principe d’équilibre. Si quelque chose ne colle pas, ce n’est pas un détail : c’est un signal.
La feuille Écritures est la partie la plus “professionnelle” du modèle : elle transforme la synthèse en mouvement comptable. Elle prépare l’écriture de centralisation, celle qui ferme la période de TVA et fait apparaître la dette fiscale.
Le gain est double :
Et surtout, le modèle n’oublie pas l’étape suivante : le paiement. Une fois la TVA réglée, le fichier vous donne l’écriture de banque qui solde 44551. Le cycle est complet : saisie → calcul → OD → paiement.
Ce modèle est volontairement “propre” et extensible. Il peut être enrichi, sans casser l’architecture :
Autrement dit : ce fichier peut rester une calculette simple, ou devenir une petite usine déclarative, selon votre usage.
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