Un service numérique n’existe que par la confiance que lui accordent ses utilisateurs : disponibilité, rapidité, rétablissement après incident. Un bon SLA (Service Level Agreement) dit ce qui est promis, comment c’est mesuré et ce qui se passe si l’engagement n’est pas tenu. Voici une méthode opérationnelle, prête à appliquer, pour passer d’un SLA “théorique” à un dispositif mesuré chaque mois, exploitable en comité.
1) À quoi sert vraiment un SLA (et ce qu’il n’est pas)
Un engagement de service : p.ex. “99,9 % de disponibilité mensuelle, 24/7”.
Une règle de calcul : périmètre des minutes comptées, fenêtres de maintenance, exemptions.
Un levier de pilotage : KPIs, pénalités/bonus, plans d’action.
👉 Ce n’est pas un catalogue marketing ni un contrat unique : le SLA s’appuie sur le contrat, les SOP (procédures) et un journal d’incidents.
2) Les briques d’un SLA solide
Périmètre du service : nom exact, composants inclus, dépendances critiques.
Niveaux (T1…T4) : T1 = critique, T4 = support.
Plage horaire : 24/7 ou heures ouvrées (p.ex. 9h–19h, lun–ven).
Fenêtres de maintenance : x minutes/mois déduites si annoncées/validées.
Cibles : disponibilité (%), temps de rétablissement (MTTR), latence/temps de réponse si pertinent.
Mesure : source des données, règles d’horodatage, détection des doublons.
Rémunération : pénalités/bonus ($/min) et cap (plafond mensuel), modalités d’escalade.
Exclusions : cas de force majeure, changements demandés par le client, etc.
Incidents imbriqués : addition des durées au lieu de la durée réelle vécue. → Ligne du temps consolidée.
Tableau “tout à 0” : correspondances qui échouent (noms différents, fonctions non supportées). → Utiliser INDEX/MATCH, verrouiller la taxonomie des services.
Se focaliser sur la pénalité au lieu des CAPA. → Un plan d’action vaut plus que 100 $ de malus.
8) Mise en œuvre en 10 étapes
Cartographier les services et leur criticité (T1…T4).
Choisir plage horaire (24/7 ou ouvré) et fenêtre de maintenance par service.
Fixer les cibles (≥99,9 % pour T1 en 24/7 en général).
Définir le tarif $/min et le cap mensuel.
Mettre en place le journal d’incidents (saisie guidée, catégories).
Écrire les règles de calcul (formules, arrondis, priorités).
Noms de plages utilisés dans les formules : StartMonth, EndMonth, BizHoursPerDay, IncludeWeekends, Devise, TierTable, TierList.
Effet : tout changement ici recalcule automatiquement les minutes du mois, les cibles, et donc disponibilités/écarts/pénalités.
3) Catalogue_Services (vos données “maître”)
Colonnes :
Service (A) – libellé exact (sert de clé).
Tier (B) – liste (T1–T4).
Owner (C) – équipe responsable.
Criticité (D) – Faible/Moyenne/Haute.
Horaire (E) – 24/7 ou Bureau.
Pénalité $/min (F) – tarif par minute d’indispo.
Fenêtre maintenance (min/mois) (G) – crédit déductible maximum / mois.
Commentaires (H).
Sécurisation : listes déroulantes sur Tier / Criticité / Horaire. Plage nommée “Services” (col. A) pour alimenter les listes de l’onglet Suivi_Incidents.
4) Suivi_Incidents (journal)
Colonnes :
Ticket (A), Service (B — liste sur Services), Date début (C), Date fin (D).
Exonéré (Oui/Non) (F) – indique si l’incident ne doit pas compter.
À déduire (min) (G) – = Durée si Exonéré=Oui, sinon 0.
Catégorie (H – Panne/Dégradation/Maintenance), Priorité (I – P1…P4), Description (J).
Contrôles : validation Date sur C/D, listes déroulantes sur B/F/H/I. Exemples d’incidents sont préremplis pour montrer le fonctionnement.
5) SLA_Calcul (calcul par service)
Colonnes clés (A → S) :
A Service – retapé à l’identique du catalogue (ou copié).
B Tier / C Horaire / D Pénalité $/min – récupérés automatiquement du Catalogue (compatibilité maximale via INDEX/MATCH).
E Minutes total mois –
si 24/7 : (EndMonth − StartMonth + 1) × 24 × 60
si Bureau : jours_ouvrés × BizHoursPerDay × 60 (utilise NETWORKDAYS.INTL, et bascule sur NETWORKDAYS si nécessaire ; inclut les week-ends si IncludeWeekends= »Oui »).
F Minutes indispo (net) – somme des durées du mois – minutes Exonéré–min(maintenance consommée ; plafond G).
G Disponibilité % – 1 − F/E (protégée contre division par 0).
H Cible % – lookup depuis la table Paramètres (Tier → Cible).
I Écart (pp) – G − H.
J Statut – OK si G ≥ H, sinon NOK.
K Pénalité estimée $ – par défaut F × $/min (peut être adapté au surplus).
L Downtime toléré (min) – E × (1 − H).
M Surplus downtime (min) – MAX(0 ; F − L).
N Bonus/Malus $ – par défaut M × $/min (malus).
O Incidents (#) – nombre d’événements du mois.
P MTTR (min) – moyenne des durées.
Q MTBF (min) – E / O.
R Maintenance utilisée (min) – incidents catégorisés “Maintenance” dans le mois.
Ligne “TOTAL / MOYENNE” en bas : somme des minutes/pénalités, moyenne des % (dispo/cible), agrégats d’O-S.
Compatibilité Excel : pas de XLOOKUP ; les correspondances utilisent INDEX/MATCH pour fonctionner sur 2016/2019/365. Le classeur est réglé pour recalcul complet à l’ouverture.
6) Dashboard (lecture en 10 s)
Mois analysé (texte YYYY-MM-DD → YYYY-MM-DD).
Disponibilité moyenne pondérée (pondérée par les minutes totales E).
Taux de conformité : % de services OK.
Indisponibilité totale (min), Pénalité totale, Incidents (total), MTTR moyen.
Maintenance utilisée et Crédit restant.
Top service en risque (surplus max) et Top 3 incidents (durées, tickets, services).
Renseignez ou ajustez le mois et les cibles (onglet Paramètres).
Complétez le Catalogue_Services (pénalité $/min, plafond maintenance, horaire).
Saisissez vos incidents (début/fin ; la durée se calcule) et cochez Exonéré si applicable.
LisezSLA_Calcul (OK/NOK, surplus, pénalité) puis Dashboard (synthèse).
Pour ajouter un service au tableau SLA_Calcul : – créez-le d’abord dans Catalogue_Services, – copiez une ligne existante de SLA_Calcul (A…S) sous la dernière, – remplacez la cellule A par le nom exact du service (les formules se mettront à jour).