En production écrite, vient souvent l’instant où l’opinion seule ne fait plus la différence. Une idée se dessine, quelques arguments suivent… et la copie, malgré tout, demeure fragile : elle se répète, se disperse, affirme sans étayer. Le texte argumentatif, lui, valorise la maîtrise avant l’élan. C’est un exercice de tenue, presque une stratégie : vous adoptez une position, vous l’installez avec méthode, vous la défendez avec rigueur, puis vous conduisez le lecteur vers une conclusion qui s’impose.
C’est précisément pour cela que travailler sur des exemples complets change tout. Lire un corrigé “propre” n’est pas tricher : c’est apprendre à voir la mécanique. Un texte argumentatif réussi laisse des traces : une structure lisible, des transitions qui portent, une progression logique, un ton assuré, et des exemples qui donnent du poids aux idées.
Un texte argumentatif n’est pas une suite d’opinions. C’est une démonstration écrite. On vous demande de prendre position (explicitement ou implicitement) et de justifier cette position avec des arguments organisés. Le lecteur doit sentir que chaque phrase a une fonction : annoncer, expliquer, prouver, nuancer, relier.
Dans les consignes, les verbes donnent souvent la clé : “Pensez-vous que… ?”, “Êtes-vous d’accord… ?”, “Discutez cette idée…”, “Montrez que…”. Derrière ces formulations, il y a une attente simple : une réponse construite, pas une réaction.
Un bon texte argumentatif repose sur trois piliers, et dès qu’un seul manque, la copie “flotte”.
D’abord, il y a la thèse : votre position. Elle doit être claire, stable, assumée. Ensuite, il y a les arguments : des raisons rationnelles qui soutiennent la thèse. Enfin, il y a les exemples : ils donnent de la matière, rendent l’argument crédible, concret, vérifiable. Sans exemples, même un bon argument paraît abstrait. Sans arguments, les exemples deviennent des anecdotes.
Une copie convaincante, c’est une copie où les idées ne se contentent pas d’exister : elles avancent.
On croit parfois qu’un plan est une formalité. En réalité, c’est votre volant. Un plan pertinent vous évite de vous répéter, vous force à progresser, et vous aide à tenir votre temps.
Vous défendez une thèse, et vous développez 2 ou 3 axes différents (social, économique, éducatif, éthique, etc.). C’est idéal quand la consigne est directe : “Pensez-vous que…”.
Vous examinez une thèse, puis une thèse opposée, puis vous dépassez l’opposition. Il fonctionne bien quand la consigne invite à discuter : “Dans quelle mesure…”, “Peut-on dire que…”.
Vous reconnaissez une objection, mais vous montrez pourquoi votre position reste la plus forte. C’est le plan qui donne une impression de maturité, parce qu’il n’écrit pas “contre” : il écrit “avec lucidité”.
La difficulté n’est pas d’avoir des idées : c’est de les rendre lisibles. Une méthode courte, appliquée sérieusement, suffit à stabiliser n’importe quel sujet.
Commencez par reformuler la consigne en une phrase nette : cela évite les hors-sujet. Ensuite, choisissez votre position en une ligne, sans nuance excessive au départ : vous nuancerez plus tard, au bon endroit. Puis cherchez deux ou trois arguments distincts, pas trois variantes du même argument. À chaque argument, associez un exemple concret (fait de société, situation vécue, référence culturelle, observation scolaire, expérience quotidienne). Enfin, préparez une objection simple : une phrase qui commence par “Certes…”, “On pourrait objecter que…”, “Il est vrai que…”, puis répondez-y.
Votre texte devient alors une progression naturelle : j’affirme → j’explique → j’illustre → je nuance → je conclus.
Une copie correcte suit un plan et respecte la langue. Une copie forte fait mieux : elle guide le lecteur avec autorité.
Dans une copie forte, l’introduction ne tourne pas autour du sujet : elle y entre. Elle contextualise sans bavarder, pose la problématique avec précision, annonce le mouvement du texte sans rigidité. Dans le développement, chaque paragraphe commence par une idée directrice claire, et la transition n’est pas une formule décorative : elle prépare l’argument suivant. Enfin, la conclusion ne se contente pas de répéter : elle tranche, élargit, ouvre avec sobriété.
Et surtout, une copie forte sait doser : elle évite les absolus trop faciles (“toujours”, “jamais”), elle privilégie les nuances utiles, celles qui renforcent la thèse au lieu de l’affaiblir.
Le hors-sujet naît souvent d’une lecture trop rapide de la consigne. Prenez dix secondes pour reformuler : c’est un “petit geste” qui évite une grosse perte.
La répétition vient du manque d’axes distincts. Si vos paragraphes disent la même chose avec des mots différents, c’est que vous n’avez pas changé de point de vue. Pensez “angles”, pas “phrases”.
L’absence d’exemples est l’erreur la plus pénalisante. Un argument sans exemple ressemble à une promesse. Un exemple bien choisi, même simple, donne du poids immédiat.
Un bon pack d’exemples ne sert pas à recopier : il sert à modéliser. En lisant plusieurs textes, vous repérez des constantes : la longueur d’une introduction efficace, le rythme d’un paragraphe, la place de la concession, la manière d’illustrer sans raconter sa vie, l’art de conclure sans s’essouffler.
Avec 20 sujets variés, vous apprenez aussi à vous adapter : certains sujets appellent une argumentation sociale, d’autres une réflexion morale, d’autres encore une discussion sur l’école, le numérique, le travail, la liberté, l’environnement, la lecture, la culture. Cette variété entraîne votre cerveau à produire plus vite, plus juste, et avec moins de stress le jour J.
La meilleure façon d’utiliser un recueil d’exemples, c’est de ne pas tout lire d’un coup. Travaillez par cycles.
Choisissez un sujet, lisez uniquement la consigne, puis écrivez votre plan en cinq minutes. Ensuite, comparez avec le plan proposé. Là, vous voyez immédiatement ce qui vous manque : un axe, une nuance, un exemple. Écrivez votre introduction, puis lisez l’introduction modèle : vous comprenez comment “entrer” dans un sujet sans perdre de temps. Enfin, réécrivez un paragraphe du modèle avec vos propres mots : c’est l’exercice le plus puissant pour gagner en style et en connecteurs.
En quelques séances, votre écriture devient plus ferme, plus structurée, plus convaincante.
Un bon paragraphe ne cherche pas à impressionner : il cherche à prouver.
Imaginez un sujet du type : “Les réseaux sociaux rapprochent-ils vraiment les personnes ?”
Un paragraphe fort ne dira pas seulement “oui/non”. Il posera une idée claire, la développera, puis l’illustrera : il montrera comment la connexion permanente peut créer une illusion de proximité, comment la conversation se fragmente, comment la comparaison sociale pèse, puis il donnera un exemple concret (usage scolaire, relations, famille, actualités). Le lecteur doit sentir que vous maîtrisez le sujet, pas que vous le survolez.
Il convient à celles et ceux qui préparent une épreuve écrite (collège, lycée, formation), mais aussi à tous les apprenants qui veulent consolider une compétence essentielle : argumenter avec méthode. Parce qu’au fond, l’enjeu dépasse la note. Savoir argumenter, c’est savoir penser clairement… et écrire clairement.
Le document regroupe 20 sujets, des plans prêts à l’emploi, des textes modèles, et une fiche méthode pour vous entraîner de façon progressive, du niveau simple au niveau plus exigeant.
Retrouvez-le sur lecoursgratuit.com : Modèle PDF — 20 exemples de production écrite (texte argumentatif).
Une architecture simple, un mouvement net, une conclusion qui tient
Un texte argumentatif se construit comme un chemin balisé : le lecteur doit comprendre où vous allez, pourquoi vous y allez, et comment vous y arrivez. La trame n’est donc pas une “mise en page” ; c’est une logique en marche. Voici une décomposition claire, avec un flux vivant, que vous pouvez réutiliser sur presque tous les sujets.
L’objectif : installer le sujet en quelques lignes et donner envie de vous suivre.
Vous pouvez ouvrir de trois manières, selon votre style :
👉 Règle d’or : l’entrée en matière doit “poser le décor”, sans raconter une histoire longue.
Ici, vous transformez le sujet en une phrase claire.
Exemple : “Pensez-vous que l’école doit interdire les téléphones ?” devient :
Vous questionnez l’équilibre entre discipline scolaire et usages numériques.
Cette étape évite le hors-sujet et donne un ton sérieux à la copie : vous répondez à la question exacte, pas à une question voisine.
La problématique n’est pas une répétition du sujet. C’est la version “pensée” du sujet :
Exemples de formulations efficaces :
Une ou deux phrases suffisent. L’idée consiste à annoncer le mouvement du texte, sans le rigidifier.
Exemple :
“Nous verrons d’abord en quoi…, puis nous examinerons…, avant de montrer que…”
Le lecteur comprend la progression : vous ne partez pas au hasard, vous construisez.
Chaque paragraphe doit fonctionner comme une unité complète. Une structure simple marche presque toujours :
💡 Astuce : si votre exemple arrive trop tard, le paragraphe devient abstrait ; s’il arrive trop tôt, il ressemble à une anecdote.
Une transition réussie ne sert pas à “remplir”. Elle montre la logique :
Exemples de transitions naturelles :
Le lecteur fait confiance à quelqu’un qui voit les limites. La concession sert à cela : reconnaître un argument adverse, puis répondre.
Formule efficace :
Exemple :
“Certes, les réseaux sociaux facilitent le contact ; mais la proximité qu’ils créent reste souvent superficielle.”
👉 Une concession bien placée donne un ton mature, sans affaiblir votre position.
A) Plan thématique : 2 ou 3 axes différents (le plus simple et le plus sûr)
B) Plan dialectique : pour les sujets “débat”
C) Plan concessif : élégant et rapide
Une conclusion solide tient en trois temps :
Une bonne conclusion donne la sensation d’un texte “fermé” : tout ce que vous avez écrit y converge.
Introduction
Développement
Conclusion
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