Il existe un moment charnière, juste avant les audits, juste avant les rendez-vous d’avocats, juste avant la mécanique des signatures : celui où deux parties se disent, noir sur blanc, “voilà ce que l’on envisage, voilà sur quoi l’on s’accorde, voilà ce qu’il reste à vérifier”. La lettre d’intention d’achat d’entreprise — souvent appelée LOI — joue précisément ce rôle. Elle met de l’ordre dans l’intuition, donne un cap aux échanges et limite les malentendus au moment où l’enthousiasme peut encore masquer les détails qui fâchent.
Une LOI bien construite ne remplace pas les actes définitifs. Elle organise le chemin qui y mène.
La LOI sert d’abord à poser un cadre de négociation. Quand un acheteur s’intéresse à une société, un fonds de commerce ou un ensemble d’actifs, il faut rapidement clarifier les grandes lignes : périmètre, méthode de valorisation, calendrier, conditions majeures. Sans cela, les échanges s’allongent, les documents s’empilent, et chacun finit par travailler sur une version différente de la “même” opération.
Elle sert aussi à sécuriser la phase d’accès à l’information. Avant de transmettre des éléments sensibles (clients, marges, contrats, dettes, litiges, paie, secrets de fabrication), le vendeur a besoin d’un cadre. La LOI prépare souvent la route vers une confidentialité formalisée et, dans certains cas, vers une exclusivité temporaire.
Enfin, elle protège la dynamique : une opération se perd parfois pour une raison simple… l’absence de méthode. Une LOI apporte une méthode.
En pratique, la LOI agit comme une rampe de lancement. Le protocole, lui, est la fusée.
Le premier enjeu tient en une question : achète-t-on des titres, un fonds, ou des actifs ?
Dans la LOI, on décrit le périmètre de façon précise mais encore indicative : ce qui est inclus, ce qui est exclu, ce qui reste “à confirmer” après audits.
Une LOI sérieuse évite deux pièges : annoncer un prix “au doigt mouillé” ou promettre un prix ferme trop tôt. L’équilibre consiste à donner :
Le vendeur veut sentir que l’acheteur sait où il va. L’acheteur veut garder la souplesse nécessaire aux vérifications.
Les conditions cadrent le chemin vers la signature :
Une LOI utile précise ces conditions avec des mots simples : ce qui déclenche, ce qui bloque, ce qui impose une renégociation.
Le calendrier transforme une intention en projet. Même indicatif, il fixe :
Sans jalons, une reprise se fatigue.
Beaucoup de LOI prévoient que le document n’emporte pas obligation de vendre ou d’acheter, sauf pour certaines clauses (confidentialité, exclusivité, frais, parfois non-sollicitation). Ce point mérite une rédaction nette, car c’est lui qui évite les procès “d’intentions”.
Quand une part significative du chiffre d’affaires dépend d’un ou deux clients, la LOI gagne à prévoir :
Le bail peut être le “vrai actif” : emplacement, loyer, durée, destination, conditions de cession. La LOI peut intégrer une condition liée à :
Quand l’acheteur prévoit une prise de contrôle progressive, ou une association temporaire avec le dirigeant vendeur, la LOI peut annoncer :
Le prix peut être une construction, pas un chiffre. Une LOI bien pensée indique :
Quand un risque est déjà connu (prud’homal, fiscal, fournisseur, propriété intellectuelle), la LOI peut prévoir :
Une LOI ouvre la voie à une liste de documents cohérente. En général, on prépare :
Cette liste gagne à être proportionnée : l’objectif consiste à vérifier l’essentiel sans paralyser l’activité.
Une reprise d’entreprise ressemble rarement à une ligne droite. Elle avance par étapes, se corrige, se précise. La LOI n’est pas une formalité : c’est la boussole qui évite de se perdre. Elle dit ce que l’on veut faire, comment on compte le vérifier, et sur quelles bases on se retrouvera pour signer — ou pour s’arrêter proprement.
La LOI engage-t-elle juridiquement ?
Souvent, certaines clauses seulement (confidentialité, exclusivité, frais). Le reste exprime une intention, tant que les actes définitifs ne sont pas signés.
Peut-on signer une LOI sans avocat ?
C’est possible, mais risqué dès qu’il existe exclusivité, earn-out, crédit-vendeur, risques identifiés, ou structure complexe. Un avis juridique court peut éviter de gros problèmes.
Quelle différence entre LOI et offre d’achat ?
La LOI structure les discussions et le processus. L’offre vise plus directement l’accord sur un prix et un périmètre. Les frontières varient selon les pratiques, mais l’objectif reste : clarifier.
Une lettre d’intention pose un cadre clair pour discuter d’une opération ou d’une collaboration, sans tout verrouiller dès le départ. Elle présente l’émetteur, précise l’objet et la logique du projet, puis fixe les grandes lignes : périmètre, principes indicatifs, calendrier, échanges d’informations et étapes à venir. Elle peut aussi intégrer des garde-fous (confidentialité, exclusivité, interlocuteurs, frais) et se termine en clarifiant ce qui engage ou non, avec les signatures.
Une lettre d’intention sert à poser un cadre clair entre deux parties qui envisagent une opération ou une collaboration, sans arrêter immédiatement tous les détails. Elle débute généralement par l’identification de l’émetteur (qui écrit, dans quel contexte, avec quelle capacité à mener le projet), puis précise l’objet de l’intention : ce que l’on souhaite faire, avec qui, et selon quelle logique générale. L’objectif consiste à formaliser un accord de principe et à aligner les échanges sur une même direction, plutôt que de laisser la discussion reposer sur des éléments informels.
La trame se poursuit par les éléments structurants : périmètre visé, principes financiers ou organisationnels à titre indicatif, calendrier souhaité, étapes clés avant une éventuelle signature, et modalités de circulation des informations. C’est aussi l’espace dédié aux règles de travail qui sécurisent la suite : confidentialité, exclusivité éventuelle, interlocuteurs désignés, documents attendus, et répartition des frais. En donnant une méthode, la lettre transforme une intention en processus pilotable.
La lettre se termine par une précision sur la portée du texte, en distinguant ce qui relève d’une intention et ce qui engage effectivement les parties (souvent la confidentialité, l’exclusivité si elle existe, et les frais). Elle se conclut enfin par une formule de courtoisie et les signatures, parfois complétées par un accusé de réception ou une mention d’accord de principe de la partie destinataire.
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