Gestion de projet

KPI agiles : liste + modèle Excel complet pour calculer chaque indicateur

Une équipe agile peut multiplier les cérémonies, coller des post-it partout et livrer des versions toutes les deux semaines… sans vraiment savoir si elle progresse. Ce qui fait la différence, ce n’est pas seulement le rythme des sprints, mais la capacité à mesurer ce qui compte vraiment : la qualité de la livraison, la fiabilité des engagements, la fluidité du flux, la santé du produit.

Les KPI agiles (indicateurs clés de performance) ont précisément ce rôle : offrir un tableau de bord simple, visualisable par tous, qui permet de piloter l’équipe dans la durée.

Liste des KPI agiles — visuels, classés, prêts à piloter

Indicateurs Scrum & Kanban pour mesurer l’avancement, la prédictibilité, la qualité et le flow — avec un rendu clair et agréable à lire.

Sprint Scrum

  • Vélocité : points livrés par sprint (tendance + stabilité).
  • Commitment reliability : livré / engagé (prévisibilité).
  • Burndown : reste à faire jour par jour (alerte dérive).
  • Spillover : items reportés (sur-engagement).
  • Sprint Goal Success : objectif atteint (oui/non + cause).
  • Scope change : ajout/retrait en sprint (discipline backlog).
Lecture utile : observe 5–8 sprints pour éviter les conclusions “au feeling”.

Delivery Time-to-Value

  • Lead Time : du besoin à la mise en prod (time-to-value).
  • Cycle Time : du “In progress” au “Done”.
  • Throughput : éléments terminés par période.
  • Release Frequency : cadence de déploiement.
  • Blocked Time : temps bloqué (goulots).
  • WIP Done Ratio : terminé / en cours (évite le “presque”).
Trio gagnant : Lead Time + Cycle Time + Throughput.

Qualité Engineering

  • Defect Rate : défauts par release/sprint.
  • Defect Leakage : défauts en prod / total défauts.
  • Rework % : correction vs construction (temps).
  • Build Success Rate : builds CI réussis / total.
  • MTTR : temps moyen de restauration (incidents).
  • Test Coverage : indicateur de soutien (à contextualiser).
Bonne règle : un KPI qualité doit déclencher une action claire, pas un débat.

Flow Kanban Flow

  • WIP : travail en cours (limites + stabilité).
  • Flow Efficiency : temps utile / temps total (attente vs action).
  • Age of Work Item : âge des items en cours (risque).
  • Cumulative Flow Diagram : goulots + accumulation.
  • Queue Size : taille des files (charge).
  • Arrival vs Departure : entrées vs sorties (saturation).
Signal fort : WIP qui monte + throughput stable = blocages à traiter en priorité.

Équipe Team Health

  • Capacity : capacité réelle vs planifié.
  • Focus factor : vélocité / capacité (stabilité).
  • Interruptions : urgences non planifiées (bruit).
  • Knowledge spread : partage des compétences (bus factor).
  • Retro Actions Done : actions réalisées / décidées.
  • Workload balance : répartition (évite l’effet “héros”).
Objectif : améliorer le système, pas “sur-optimiser” les personnes.

Client Value

  • CSAT : satisfaction post-livraison (feedback court).
  • NPS produit : recommandation (tendance).
  • Adoption : utilisateurs actifs / fonctionnalité.
  • Value Delivered : features utilisées vs livrées.
  • Support Tickets : volume + thèmes (qualité perçue).
  • Time-to-First-Value : temps pour obtenir un bénéfice concret.
Mesure clé : livré ≠ utile. Suivre l’usage réel change tout.
Top KPI agiles à démarrer en 7 jours
Lead Time
Time-to-value : révèle les attentes cachées.
Cycle Time
Vitesse réelle d’exécution (hors backlog).
Throughput
Simple, stable, excellent pour prévoir.
Spillover
Repère le sur-engagement et les sprints irréalistes.
Defect Leakage
Qualité prod : ce qui compte pour le client.
WIP + Blocked Time
Met en évidence goulots et multitâche.

1. Pourquoi suivre des KPI en agile (sans tuer l’agilité) ?

L’agilité se méfie des usines à gaz : des tableaux de bord surdimensionnés, des reportings hebdomadaires pour faire plaisir au management, des colonnes de chiffres que plus personne ne lit. Pourtant, ne rien mesurer revient à piloter l’équipe à l’intuition, avec tous les biais que cela comporte.

Quelques bénéfices concrets d’un suivi de KPI agile bien pensé :

  • Objectiver la capacité réelle de l’équipe : savoir combien de story points sont livrés en moyenne par sprint, et non ce que l’on “ressent”.
  • Rendre visibles les tendances : progression de la velocity, variation du taux de complétion des User Stories, évolution de la densité de bugs.
  • Outiller les arbitrages : faut-il réduire le périmètre du sprint ? Renforcer les tests ? Revoir les estimations ?
  • Parler un langage commun entre Product Owner, Scrum Master, développeurs, QA, management.

Le but n’est pas de juger les individus, mais de donner à l’équipe un miroir fiable de son fonctionnement. Un fichier Excel devient alors un instrument de travail collectif, pas un simple reporting imposé.


2. Les principes d’un bon KPI agile

Avant d’entrer dans les détails des formules, quelques principes simples guident la sélection des KPI :

  1. Mesurer peu, mais bien
    Mieux vaut suivre 6 ou 7 indicateurs qui font vraiment sens pour l’équipe que 25 chiffres que personne ne regarde.
  2. Rester proche du concret
    Les KPI doivent être directement liés à ce que vit l’équipe : nombre d’User Stories terminées, bugs détectés, capacité réellement délivrée, temps de traversée d’une demande.
  3. Faciliter la comparaison dans le temps
    Un bon KPI se lit sprint après sprint : il doit permettre d’identifier des tendances, pas seulement une photo isolée.
  4. Être calculable simplement
    Si le KPI nécessite une extraction complexe ou des manipulations manuelles interminables, il finira par être abandonné. D’où l’intérêt d’un modèle Excel où tout est préparé : colonnes de données, formules automatiques, feuille de synthèse.

3. Les KPI agiles essentiels et leurs formules

Voici une base cohérente de KPI agiles, que l’on peut suivre à l’échelle d’une équipe Scrum. Le modèle Excel que tu as sous la main les intègre déjà dans la feuille Donnees_Sprint.

3.1. Velocity : la capacité de livraison de l’équipe

  • Définition : nombre de story points terminés par sprint.
  • Utilité : donne une vision simple de la capacité réelle de l’équipe à livrer du travail “Done”.

Dans la feuille Donnees_Sprint, la velocity d’un sprint est tout simplement la valeur saisie en “Story points terminés” (colonne G).
On la recopie en colonne O – Velocity (SP terminés) avec, par exemple à la ligne 2 :

=IF(G2<>"",G2,"")

Sur plusieurs sprints, la velocity moyenne se calcule dans la feuille Synthese :

=IF(COUNTA(Donnees_Sprint!$G$2:$G$31)=0,"",AVERAGE(Donnees_Sprint!$G$2:$G$31))

Cette moyenne ne doit pas devenir une contrainte rigide (“il FAUT livrer 40 SP à chaque sprint”), mais un repère pour calibrer les engagements.


3.2. Fiabilité de l’engagement : tenir ce qui a été promis

  • Définition : rapport entre les story points terminés et les story points engagés en début de sprint.
  • Formule conceptuelle :
Fiabilité de l’engagement = SP terminés / SP engagés
  • Formule Excel (colonne P) :
=IF(F2>0,G2/F2,"")

Un ratio proche de 100 % signifie que l’équipe tient régulièrement ses engagements. Un ratio très variable ou souvent inférieur à 60–70 % signale des engagements trop optimistes, un périmètre instable ou des dépendances mal gérées.


3.3. Focus factor : utiliser la capacité au bon endroit

  • Définition : part des story points terminés par rapport à la capacité prévue (en story points).
  • Formule conceptuelle :
Focus factor = SP terminés / capacité prévue
  • Formule Excel (colonne Q) :
=IF(J2>0,G2/J2,"")

La colonne J – Capacité prévue (story points) permet de prendre en compte les congés, formations, temps partiels…
Un focus factor cohérent montre que l’équipe utilise sa capacité pour livrer du “Done”, plutôt que de s’éparpiller entre tâches parasites, interruptions ou multitâche permanent.


3.4. Taux de complétion des User Stories

  • Définition : proportion d’User Stories terminées par rapport aux User Stories engagées dans le sprint.
  • Formule conceptuelle :
Taux de complétion US = Nb US terminées / Nb US engagées
  • Formule Excel (colonne R) :
=IF(H2>0,I2/H2,"")

Ce KPI complète la velocity. Une velocity élevée avec un faible taux de complétion peut révéler que l’équipe entame beaucoup de choses sans les finir, ce qui nuit à la lisibilité pour le Product Owner et les parties prenantes.


3.5. Densité de bugs : qualité du produit livré

  • Définition : nombre de bugs détectés rapporté au volume de story points terminés, ramené à une base de 100 SP.
  • Formule conceptuelle :
Densité de bugs (pour 100 SP) = (bugs détectés / SP terminés) × 100
  • Formule Excel (colonne S) :
=IF(G2>0,K2/G2*100,"")

Ce KPI ne sert pas à culpabiliser mais à surveiller la tendance : si la densité de bugs explose à chaque sprint, c’est un signal fort pour renforcer les tests, revoir les pratiques de développement ou travailler sur la dette technique.


3.6. Qualité de correction des bugs

  • Définition : part des bugs corrigés sur l’ensemble des bugs détectés pendant le sprint.
  • Formule conceptuelle :
Qualité de correction = bugs corrigés / bugs détectés
  • Formule Excel (colonne T) :
=IF(K2>0,L2/K2,"")

Un ratio proche de 100 % montre que l’équipe ne laisse pas les défauts s’accumuler. À l’inverse, un backlog de bugs non résolus est le signe d’un risque de dégradation de la qualité perçue par les utilisateurs.


3.7. Durée de sprint, lead time et cycle time

Enfin, la feuille de données permet de suivre quelques indicateurs temporels :

  • Durée de sprint (colonne D) :
=IF(AND(B2<>"",C2<>""),C2-B2+1,"")
  • Lead time moyen (jours) : temps entre l’expression du besoin et son passage en “Done” (colonne M, saisie ou calculée depuis un autre tableau).
  • Cycle time moyen (jours) : temps entre le début effectif du travail et le “Done” (colonne N).

Ces données, combinées à la velocity, donnent une image très concrète :
Combien de temps faut-il à l’équipe pour transformer une demande en valeur livrée ?


4. Structurer son fichier Excel pour suivre les KPI agiles

Le modèle se structure en trois feuilles complémentaires.

4.1. Donnees_Sprint : le journal de bord

Chaque ligne représente un sprint. L’équipe y saisit :

  • les dates (début, fin),
  • sa capacité,
  • ce qui a été engagé et terminé (story points, User Stories),
  • les bugs détectés et corrigés,
  • les lead times / cycle times moyens.

Les formules pré-remplies calculent automatiquement :

  • la durée de sprint,
  • la velocity,
  • la fiabilité de l’engagement,
  • le focus factor,
  • le taux de complétion des US,
  • la densité de bugs,
  • la qualité de correction.

En pratique, il suffit d’ajouter une ligne par sprint et de laisser Excel faire le reste.

4.2. Catalogue_KPI : la fiche mémo intégrée

Pour chaque indicateur, la feuille Catalogue_KPI rappelle :

  • le nom,
  • la catégorie (Flux / Engagement / Qualité / Temps),
  • la description métier,
  • la formule conceptuelle,
  • un exemple de formule Excel.

C’est une manière élégante de documenter le modèle : un nouveau Scrum Master ou un Product Owner peut prendre le fichier et comprendre très vite ce que signifie chaque KPI.

4.3. Synthese : la vue management

La feuille Synthese agrège les informations clés :

  • nombre de sprints saisis,
  • velocity moyenne,
  • fiabilité moyenne des engagements,
  • focus factor moyen,
  • taux moyen de complétion des US,
  • densité moyenne de bugs.

Cette vue est particulièrement utile pour :

  • les rétrospectives de fin de trimestre,
  • les échanges avec le management,
  • la préparation d’un bilan agile ou d’un ajustement de capacité.

5. Bonnes pratiques pour utiliser les KPI agiles sans les subir

Quelques repères pour exploiter ton modèle Excel au mieux :

  • Co-construire les KPI avec l’équipe : expliquer ce que l’on mesure, pourquoi, comment les chiffres seront utilisés. Un indicateur compris est beaucoup mieux accepté.
  • Parler logique de tendance, pas de sanction : l’intérêt est d’observer une trajectoire, pas de juger un sprint isolé.
  • Mettre les KPI au service des rétrospectives : montrer les courbes de velocity, de fiabilité, de bugs ; demander à l’équipe ce qu’elle en retient, quelles actions elle propose.
  • Rester prêt à ajuster la batterie de KPI : certains indicateurs peuvent être mis en pause, d’autres ajoutés, en fonction de la maturité de l’équipe et des enjeux du moment.
  • Éviter de transformer le modèle en outil de contrôle purement hiérarchique : dès que les KPI deviennent des armes de pression, l’équipe apprend à “jouer avec les chiffres” et la valeur de la mesure s’effondre.

Un fichier Excel de suivi des KPI agiles constitue un moyen simple et concret de rendre la performance de l’équipe visible, partageable et discutable, quelle que soit la taille de l’organisation.
La combinaison d’une feuille de données par sprint, d’un catalogue de KPI documenté et d’une synthèse lisible offre à ton équipe un tableau de bord vivant où les échanges s’appuient sur des faits : capacité de livraison, fiabilité, qualité, temps de traversée.
L’agilité repose sur les humains, la collaboration et l’apprentissage, et des KPI bien utilisés soutiennent cette dynamique en fournissant un socle solide pour progresser, sprint après sprint.



FAQ KPI agiles

Questions fréquentes pour choisir les bons KPI Scrum/Kanban et piloter sans alourdir l’équipe.

1Quels sont les KPI agiles indispensables pour démarrer ?

Pour un démarrage solide, privilégie des KPI qui entraînent une décision immédiate :

  • Lead Time et Cycle Time
  • Throughput (terminés par période)
  • Spillover (report d’items)
  • Defect Leakage (défauts en production)
2Quelle différence entre vélocité, throughput et productivité ?

Vélocité = points livrés par sprint (utile pour estimer en Scrum si la référence est stable).

Throughput = nombre d’éléments terminés par période (souvent plus robuste en Kanban).

Productivité est trop flou si on ne définit pas exactement ce qu’on “produit” et comment on le mesure.

3À quelle fréquence mesurer les KPI agiles ?
  • Quotidien : WIP, blocages, burndown (si Scrum).
  • Hebdo / Sprint : throughput, cycle time, spillover, engagé vs livré.
  • Mensuel : tendances qualité, adoption, CSAT/NPS si applicable.
4Comment éviter que les KPI deviennent du contrôle “toxique” ?
  • Mesurer le système, pas les individus.
  • Associer chaque KPI à une action (réduire blocages, clarifier backlog, limiter WIP).
  • Préférer les KPI de flux (Lead/Cycle/WIP) aux KPI “vanity”.
5Lead Time vs Cycle Time : lequel prioriser ?

Lead Time est le plus parlant pour le métier (time-to-value).

Cycle Time est le plus actionnable pour l’équipe (efficacité d’exécution).

Suivre les deux aide à distinguer “exécution” et “attente en file”.

6Quels KPI qualité suivre sans ralentir la livraison ?
  • Defect Leakage (prod)
  • Rework % (corrections)
  • MTTR (rétablissement incident)
  • Build Success Rate (stabilité CI)
7Quels KPI Kanban révèlent les goulots d’étranglement ?
  • WIP (et limites)
  • Blocked Time
  • Age of Work Item
  • Cumulative Flow Diagram (accumulation par colonne)
8Comment définir des seuils rouge/orange/vert ?

Le plus fiable : construire une baseline (historique 4 à 8 semaines/sprints), puis :

  • Vert : proche de la baseline
  • Orange : dérive notable
  • Rouge : dérive forte et répétée
9Quels KPI relient l’agile à la valeur client ?
  • Adoption (usage réel)
  • Time-to-First-Value
  • CSAT (feedback court)
  • Support Tickets (volume + thèmes)
10Comment automatiser le suivi des KPI dans Excel sans complexifier ?
  • Onglet Données : dates, items, statuts, points, défauts, blocages.
  • Onglet Calculs : Lead/Cycle/Throughput + tendances.
  • Onglet Dashboard : cartes KPI + alertes simples.

Le critère décisif : une saisie minimale pour rester utilisée au quotidien.

Conseil pratique : garde 6 à 10 KPI maximum, puis ajoute uniquement ceux qui déclenchent une action concrète.
AZ

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