Comprendre les règles, éviter les pièges, circuler sereinement
1) Ce qu’on appelle « vrai covoiturage »
Le covoiturage est un déplacement effectué par le conducteur pour son propre besoin, qui propose de partager les places libres à bord sans réaliser de bénéfice (les frais sont partagés : carburant, péages, stationnement, usure). À l’inverse, transporter des personnes à des fins lucratives (fixer un prix qui dépasse les coûts réels, multiplier les trajets uniquement pour les passagers, improviser un “service”) peut faire basculer dans le transport onéreux (réglementé), avec des conséquences juridiques et assurantielles.
Bon à savoir
Le prix demandé doit rester raisonnable au regard des kilomètres, du véhicule et des péages.
Le conducteur reste maître de l’itinéraire et des horaires (c’est son trajet).
Les passagers participent aux frais, mais n’achètent pas une prestation de transport.
2) Assurance auto : qui couvre quoi ?
Responsabilité Civile (RC) — l’incontournable
La RC auto (obligatoire) indemnise les tiers en cas de dommages matériels et corporels causés par le véhicule. En covoiturage, les passagers sont considérés comme tiers : ils sont donc couverts si le conducteur est responsable. La RC ne couvre pas les dommages du conducteur responsable à lui-même ni les dommages au véhicule (sauf garanties complémentaires).
Garanties utiles (selon contrat)
Garantie Conducteur : indemnise les blessures du conducteur responsable (capitaux/ plafonds à vérifier).
Dommages Tous Accidents : couvre les dégâts du véhicule du conducteur, responsable ou non.
Défense-Recours : prise en charge de la défense juridique et du recours contre le responsable.
Assistance 0 km : dépannage devant chez soi et rapatriement des passagers.
Vol / Incendie / Bris de glace : à ajuster selon usage (longue distance, stationnement extérieur, etc.).
Clauses à vérifier avant de covoiturer
Usage du véhicule : « trajets privés / domicile-travail » doit couvrir votre pratique.
Prêt de volant / tout conducteur : si un passager est amené à conduire, la clause doit l’autoriser.
Exclusions “transport onéreux” : rassurez-vous que le covoiturage non lucratif n’est pas exclu.
Franchise et bonus-malus : impact en cas de sinistre responsable.
Encart juridique (rappel) Les passagers victimes d’un accident de la circulation bénéficient d’un régime protecteur d’indemnisation en France (principe issu du cadre légal sur les accidents de la route). En pratique : déclarez le sinistre rapidement et laissez assureurs et experts chiffrer les préjudices.
3) Sécurité : règles simples qui changent tout
Avant de partir
État du véhicule : pneus (pression/ usure), feux, freins, niveau d’huile/ liquide de refroidissement.
Ceintures pour tous ; siège enfant homologué si mineur ; airbags non neutralisés sans motif.
Charge & visibilité : valises arrimées, pas d’objets libres dans l’habitacle.
Plan de route : itinéraire, pause toutes 2 h, météo, péages, zones de travaux.
Règles à bord : cigarette/ vapotage, musique, animaux, pause café — annoncez vos usages.
Pendant le trajet
Concentration : pas de notifications intrusives, téléphone mains libres uniquement si nécessaire.
Vitesse & distances : ajuster à la météo, anticiper (pluie, nuit, brouillard).
Minimiser un choc mineur (coup du lapin apparaît parfois ensuite).
Signer un constat sans bien lire les cases « circonstances ».
Tarder à informer l’assureur.
5) Argent & cadre non lucratif : rester du bon côté
Partage des coûts réels : carburant, péages, stationnement — pas de marge.
Transparence : communiquer à l’avance la fourchette de participation.
Trajet “utile” au conducteur : éviter d’organiser des détours systématiques contre rémunération.
Astuce pratique Un tableau d’organisation (participants, trajets, coûts, péages) formalise les règles et évite les malentendus. Fixez une contribution par siège fondée sur km × coût/km + péages.
6) Situations particulières
Véhicule de fonction : vérifier que le covoiturage privé est autorisé par l’employeur/ le contrat.
Location/ autopartage : l’assurance incluse peut limiter les usages (conducteurs additionnels, territoires).
Mineurs : accord/ accompagnement adapté, sièges homologués, arrêts plus fréquents.
Bagages & objets de valeur : clarifier responsabilités en cas de perte/ casse (hors collision).
Message type à votre assureur (information de pratique)
Objet : Information sur pratique de covoiturage non lucratif
Bonjour, Je vous informe que j’envisage de pratiquer le covoiturage non lucratif pour des trajets [domicile-travail / longue distance]. Les frais seront partagés entre les occupants, sans bénéfice. Pouvez-vous me confirmer que mon contrat couvre cette pratique et m’indiquer toute clause à prévoir (prêt de volant, usage, assistance, franchise) ? Merci d’avance, [Nom, n° de contrat, immatriculation]
Équité financière (partage réel des coûts, pas de bénéfice).
Calculs d’assurance — mode d’emploi (clair & prêt à suivre)
1) Objectif
Déterminer, pour chaque type de dommage en covoiturage, ce que l’assurance paie (indemnisation) et ce qui reste à votre charge, puis additionner le tout.
2) Données d’entrée (à saisir)
Dans l’onglet Sécurité & Assurance → bloc Simulateur :
Montant dommage véhicule (€)
Montant bris de glace (€)
Valeur vol / perte (€)
Blessures conducteur (€)
Remorquage / assistance (€)
Blessures passagers (€)
Astuce : ce sont des montants “bruts” estimés (devis garage, franchise dépannage, frais médicaux, etc.).
3) Paramètres de garanties (à cocher/remplir)
Dans Garanties & options :
Pour chaque garantie : Active ? (Oui/Non) et Franchise (€)