Quand plusieurs entreprises interviennent sur une même opération, la sécurité se joue d’abord dans l’organisation. La coordination SPS (Sécurité et Protection de la Santé) donne justement ce cadre : elle met de la clarté dans les interfaces, fixe des règles communes, et installe une traçabilité qui protège autant les personnes que le projet. Le coordonnateur SPS (CSPS) pilote cette mécanique, avec des outils précis : PGC/PGCSPS, PPSPS, registre-journal, DIUO.
Une checklist bien construite devient alors une “colonne vertébrale” : elle sécurise le démarrage, structure les visites, et rend chaque décision vérifiable. Elle apporte aussi un bénéfice très concret : moins d’improvisation, donc moins d’arrêts, moins de frictions, et des arbitrages plus rapides dès que l’opération évolue.
La coordination SPS s’impose dès que l’opération prévoit l’intervention de plusieurs entreprises ou travailleurs indépendants : le maître d’ouvrage met en place l’organisation SPS, et le CSPS coordonne les mesures de prévention liées à la coactivité.
Dans la pratique, la mission vise trois résultats très lisibles :
Le Plan Général de Coordination fixe les mesures d’organisation et de prévention communes, pensées pour la coactivité. Il encadre notamment les protections collectives, les appareils de levage, les accès provisoires, et les installations générales comme l’électricité provisoire.
Chaque entreprise traduit sa prévention en plan concret (moyens, procédures, modes opératoires). Le CSPS veille à la compatibilité entre PPSPS et PGC, et organise les inspections communes avant intervention.
Le registre-journal trace les actions, observations et mesures de coordination. Il s’inscrit dans le cadre réglementaire de la coordination SPS, avec des exigences de conservation (notamment après réception).
Le Dossier d’Intervention Ultérieure sur l’Ouvrage prépare les interventions futures (maintenance, entretien, accès, protections, points sensibles). Il se constitue dès la conception, puis se finalise en fin d’opération avec les informations “tel que réalisé”.
Une coordination SPS efficace ressemble à une routine professionnelle : les mêmes points reviennent, avec une exigence simple — vérifier, acter, ajuster. La checklist sert précisément à :
Elle agit comme un filet de sécurité organisationnel : elle limite les oublis, rend les écarts visibles, et soutient la mise à jour du PGC quand la réalité évolue.
Première étape : qualifier l’opération (catégorie 1/2/3, déclaration préalable selon seuils, organisation associée). Les seuils et la logique de classement structurent ensuite le niveau de dispositif attendu.
La conception donne la puissance au dispositif. C’est là que se verrouillent les accès, les circulations, les zones de levage, la gestion des trémies, les protections collectives, les installations provisoires, et les sujétions “moyens communs”. Le PGC se prépare dans ce cadre, et le DIUO s’amorce en parallèle.
Le démarrage se gagne avant la première activité productive. Les inspections communes et la réception des PPSPS donnent la lecture des méthodes, des interfaces et des risques spécifiques. Le PGC devient alors un document “vivant” : il guide la mise en place du plan d’installation, des circulations, des zones de stockage, des accès, des règles de coactivité.
Au fil des travaux, la coordination devient un pilotage. La checklist se transforme en rituel : vérification des protections collectives, gestion des circulations engins/piétons, levage, terrassements, consignations, balisages, propreté, zones partagées, séquencement des tâches. Le registre-journal trace les constats et les mesures : une décision consignée vaut mieux qu’une décision “connue de tous”.
La fin d’opération protège l’avenir. Le DIUO final sert aux interventions futures, avec les accès, les points d’ancrage, les zones techniques, les risques résiduels et les précautions. La checklist “fin de chantier” sécurise également le retrait des installations provisoires, l’archivage, et le retour d’expérience.
La méthode SPS reste identique, tandis que les zones de vigilance changent :
La checklist permet de garder le même standard de contrôle, tout en adaptant les points critiques au contexte technique.
Une pratique très efficace consiste à “lier” les deux : Word pour la visite et la preuve, Excel pour la consolidation et le suivi. Le registre-journal devient alors plus simple à alimenter : chaque point traité renvoie à une action tracée.
ENCART 1 — Coordination SPS : obligatoire quand ? (le critère qui décide tout)
La coordination SPS s’impose dès qu’une opération de bâtiment ou de génie civil prévoit l’intervention de plusieurs entreprises ou de plusieurs travailleurs indépendants, sous-traitants inclus. Ce déclencheur vaut même si les interventions se succèdent dans le temps : l’enjeu reste la maîtrise des interfaces (accès, circulations, protections collectives, moyens communs). (Légifrance)
Ce que cette obligation met en place, concrètement :
ENCART 2 — Catégories SPS 1 / 2 / 3 : le classement qui règle le niveau d’exigence
Les opérations se classent en trois catégories. Ce classement ne sert pas à “étiqueter” un projet : il sert à calibrer la coordination (niveau de formalisation, instances, documents). (Légifrance)
Elle correspond aux opérations soumises à déclaration préalable (hors catégorie 1). Le plus souvent, elle se repère grâce aux seuils “30 jours / 20 travailleurs” ou “500 hommes-jours”.
Dès que la coordination SPS est requise, toutes les opérations ne dépassent pas forcément les seuils de déclaration préalable : elles entrent alors dans une catégorie plus légère, tout en gardant une logique de coordination et de traçabilité.
Méthode “20 secondes” pour classer :
ENCART 3 — Seuils de déclaration préalable SPS : quand faut-il la déclencher ?
La déclaration préalable s’applique aux opérations de bâtiment/génie civil qui franchissent au moins un des deux seuils suivants : (Légifrance)
Pourquoi ces seuils comptent autant : ils signalent une opération où la coactivité et la densité d’intervenants rendent indispensable une prévention formalisée, transmissible, et vérifiable.
Astuce de pilotage : la déclaration préalable fonctionne comme un “feu vert administratif” qui oblige à verrouiller tôt les fondamentaux (planning, interfaces lots, moyens communs, organisation des secours, circulation, zones de levage).
ENCART 4 — “30 jours / 20 travailleurs” : l’explication qui évite les erreurs de lecture
La règle se lit comme une combinaison :
Il s’agit du moment où l’opération rassemble le plus de monde, tous intervenants confondus : entreprises, sous-traitants, intérimaires, travailleurs indépendants.
Hommes-jours = effectif moyen × nombre de jours travaillés.
C’est souvent le meilleur garde-fou quand l’effectif varie (pics courts, renforts, sous-traitance).
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