Assurer la qualité en soudage, c’est réunir trois ingrédients : méthode, discipline, preuves. Méthode pour définir quoi vérifier, discipline pour comment le faire de la même façon à chaque fois, preuves pour montrer que c’est conforme. Cet article pose un cadre clair et utilisable au quotidien pour le contrôle visuel (VT), le ressuage (PT), la magnétoscopie (MT), l’acceptation selon EN ISO 5817 (niveaux B/C/D), l’AMDEC soudage (FMEA) et le contrôle dimensionnel.
1) VT — Plan de contrôle visuel
1.1 Objectif
Détecter précocement les imperfections visibles et les dérives d’exécution. Le VT est rapide, économique et incontournable : bien mené, il réduit la charge des contrôles CND ultérieurs.
1.2 Préparation
État de surface propre, éclairage suffisant (indiquer une cible en lux).
Distance/angle d’observation définis (ex. 600–900 mm, angle rasant pour les cordons).
Référentiels visibles à poste (photos d’exemples acceptables / non acceptables, croquis).
1.3 Points de contrôle typiques
Géométrie du cordon : largeur, renforcement, pied de soudure, symétrie.
Bords : sous-coupe, morsures, éclaboussures.
Continuité : chevauchement, défauts de remplissage, retassures.
Finition : arêtes vives, bavures, nettoyage.
Marquage et traçabilité.
1.4 Critères et enregistrements
Rattacher chaque point à un critère mesurable (mm, °, présence/absence).
Journaliser : qui, quand, pièce, résultat, écart et action.
2) PT — Ressuage (procédure simple)
2.1 Finalité
Mettre en évidence des défauts débouchants (fissures de surface, porosités ouvertes) indépendamment du matériau, par capillarité.
2.2 Étapes essentielles
Pré-nettoyage et séchage maîtrisé.
Application pénétrant (couleur ou fluorescent) : produit, lot, temps de pénétration.
Élimination de l’excédent : méthode (essuie, lavage), contrôle de l’agressivité.
Développeur : type (sec, humide), temps de révélation.
La norme EN ISO 5817 fixe des niveaux d’exigence pour les imperfections des soudures par fusion sur acier, nickel, titane et alliages.
Niveau B : exigences les plus sévères.
Niveau C : exigences intermédiaires.
Niveau D : exigences les plus larges.
4.2 Comment l’utiliser concrètement
Choisir dès l’appel d’offres le niveau adapté au risque (sécurité, fatigue, pression, esthétique).
Pour chaque type d’imperfection (ex. sous-coupe, manque de fusion, porosité), lier un critère chiffré et la clause de référence (sans recopier le texte normatif).
Toujours préciser procédé, matériau, épaisseur, car les limites varient selon le contexte.
4.3 Décisions
Accepter quand la mesure relève du niveau visé.
Retoucher / réparer si dépassé, avec plan d’action validé (procédé de reprise, CND après réparation).
5) AMDEC soudage (FMEA) — maîtriser le risque procédé
5.1 But
Identifier où et comment le procédé peut dériver, avant que cela ne devienne un rebut ou une non-conformité livrée.
Détection : VT renforcé aux points sensibles, CND ciblés, gabarits de montage, capteurs (température inter-passes).
6) Contrôle dimensionnel et gabarits
6.1 Pourquoi c’est stratégique
Une soudure conforme sur le plan métallurgique peut rester hors tolérances géométriques : alignements, perpendicularités, entraxes, flèches, déformations au retrait.
6.2 Dispositifs et méthodes
Gabarits et étalons identifiés, étalonnage en cours de validité.
Instruments adaptés à la résolution et à l’étendue (règle 10:1 recommandée).
Fiches avec USL/LSL, méthode, incertitude, résultat, décision OK/NOK.
6.3 Astuces de terrain
Mesures avant et après soudage pour isoler l’effet du retrait.
Points de référence stables, repères stéréotypés.
En cas de doute récurrent, réaliser une MSA pour quantifier la variabilité de mesure (R&R).
7) Rendre le système vivant : rôles, preuves, réactions
7.1 Rôles clairs
Soudeur/Opérateur : s’auto-contrôler (VT), documenter les anomalies.
Contrôle : appliquer PT/MT/mesures, tenir les enregistrements.
Responsable : arbitrer, trancher les cas limites, engager les moyens.
7.2 Preuves et traçabilité
Un dossier par lot : PV VT, PT/MT, fiches EN ISO 5817, contrôles dimensionnels, photos, étiquettes consommables, qualifications soudeurs, QMOS, paramètres enregistrés.
Délai de détection d’un écart (poste ↔ contrôle final).
PRN cumulés des modes critiques et avancement des actions.
Conformité documentaire (pourcentage de dossiers complets).
9) Erreurs fréquentes et parades
Pièces “vitrines” pour le CND : échantillon non représentatif → plan d’échantillonnage documenté.
Paramètres non gelés (tension, intensité, vitesse, préchauffage) → gammes verrouillées, enregistrement automatique quand possible.
Confusion norme / cahier des charges client → formaliser un tableau de correspondance (contradictions, exigences plus sévères).
Contrôles sans photo → difficile de capitaliser → photo systématique des défauts retenus avec échelle.
10) Mettre tout ensemble : un flux simple
Avant soudage : préparation, pointage, contrôle initial, paramètres validés.
Pendant : auto-contrôle VT, surveillance paramètres, gabarits en place.
Après : VT final, PT ou MT selon exigence, mesures dimensionnelles, fiche EN ISO 5817.
Décision : accepter / retoucher / rebuter avec enregistrements.
Retour d’expérience : mise à jour AMDEC, consignes et formations.
Modèles Word — Contrôle Qualité Soudage (VT / PT / MT • EN ISO 5817 • AMDEC • Contrôle dimensionnel)
Un système de contrôle soudage efficace reste lisible, mesurable et réactif. Lisible, parce que chacun sait quoi regarder et avec quels critères. Mesurable, parce que les résultats s’expriment en niveaux, longueurs, densités, tolérances et indices. Réactif, parce que les écarts déclenchent sans délai les actions prévues. Avec une telle mécanique, le contrôle n’est plus une barrière en fin de ligne, c’est un outil de maîtrise du procédé qui sécurise les délais, les coûts et la conformité livrée.
1) Intention du document
Un master unique qui réunit six modèles prêts à remplir pour le contrôle qualité en soudage : VT (visuel), PT (ressuage), MT (magnétoscopie), fiche d’acceptation EN ISO 5817 (B/C/D), AMDEC soudage (FMEA), et checklist dimensionnelle/gabarits. Chaque section commence par un bloc-titre et une bande verticale colorée pour repérer visuellement le chapitre.
2) Mise en forme générale
Titre principal (22 pt) + sous-titre (date auto-inscrite).
Marges : gauche 1,8 cm · droite 1,6 cm · haut 1,6 cm · bas 1,6 cm.
Bande verticale colorée à gauche de chaque section (table 2 colonnes : fine colonne colorée + titre).
Tableaux style “Table Grid” avec en-têtes bleues (remplissage #D9E1F2), texte normal en cellules.
Cases à cocher prêtes à l’emploi : ☐ (vous pouvez remplacer par ☑ quand c’est fait).
Palette des bandes par section : #1F4E79 (VT) · #1B998B (PT) · #F39C12 (MT) · #6A5ACD (EN ISO 5817) · #2E7D32 (AMDEC) · #C0392B (Dimensionnel)
3) Contenu des 6 sections (titres et colonnes)
A. VT — Plan de contrôle visuel (défauts typiques)