Dans de nombreuses entreprises, les achats représentent entre 40 % et 80 % des dépenses totales. Pourtant, lorsqu’un dirigeant ou un directeur financier souhaite obtenir une vision précise des engagements de l’organisation, les informations sont souvent dispersées entre plusieurs services, plusieurs fichiers Excel et parfois plusieurs logiciels.
Les achats informatiques sont suivis par le service IT, les prestations de conseil par la direction générale, les achats de maintenance par les services techniques et les dépenses de fonctionnement par l’administration. Au fil du temps, cette fragmentation rend difficile l’obtention d’une vision consolidée du portefeuille achats.
C’est dans ce contexte que la cartographie des achats prend toute son importance.
Souvent considérée comme un simple exercice de classement, elle constitue en réalité un puissant outil d’analyse stratégique permettant d’identifier les postes de dépenses les plus importants, les fournisseurs critiques, les risques de dépendance et les opportunités d’économies.
Pour les PME, les collectivités, les associations et les grands groupes, la cartographie des achats est devenue un levier majeur d’amélioration de la performance financière.
La cartographie des achats consiste à recenser, structurer et analyser l’ensemble des dépenses réalisées par une organisation.
L’objectif n’est pas seulement de connaître le montant total des achats mais surtout de comprendre leur répartition.
Une entreprise peut par exemple constater que :
Cette représentation permet immédiatement d’identifier les domaines qui méritent une attention particulière.
Dans certains cas, les résultats surprennent les dirigeants eux-mêmes. Des postes considérés comme secondaires peuvent représenter plusieurs centaines de milliers d’euros par an sans avoir jamais fait l’objet d’une analyse approfondie.
La première motivation est généralement financière.
Face à l’augmentation des coûts de production, de transport ou d’énergie, les directions cherchent à mieux comprendre où part leur budget.
Mais les bénéfices vont bien au-delà de la simple maîtrise des dépenses.
Une cartographie achats permet notamment de :
Dans certaines entreprises industrielles, une simple analyse du portefeuille achats a permis d’identifier plusieurs fournisseurs différents pour un même type de prestation. Le regroupement des volumes a ensuite permis d’obtenir des remises significatives.
Sur le papier, réaliser une cartographie semble relativement simple.
Dans la réalité, la collecte des données constitue souvent la phase la plus longue.
Les informations peuvent provenir :
Certaines entreprises découvrent à cette occasion des fournisseurs oubliés, des contrats renouvelés automatiquement depuis plusieurs années ou encore des dépenses récurrentes qui n’avaient jamais été centralisées.
Cette phase de nettoyage et de consolidation représente souvent un travail considérable mais constitue également une source importante de valeur.
Chaque organisation possède sa propre structure de dépenses.
Toutefois, certaines catégories se retrouvent fréquemment dans les cartographies achats :
| Famille | Exemples |
|---|---|
| Informatique | Matériel, logiciels, licences |
| Maintenance | Pièces détachées, interventions |
| Énergie | Électricité, gaz, carburant |
| Logistique | Transport, stockage |
| Ressources humaines | Formation, recrutement |
| Services généraux | Nettoyage, sécurité |
| Communication | Publicité, marketing |
| Achats industriels | Matières premières, composants |
| Prestations intellectuelles | Conseil, audit, expertise |
| Fournitures administratives | Papeterie, mobilier |
Cette classification permet de comparer les dépenses entre périodes et de mesurer leur évolution.
Développée dans les années 1980 par Peter Kraljic, cette matrice reste aujourd’hui une référence incontournable pour les acheteurs.
Son principe repose sur deux critères :
Ces deux dimensions permettent de distinguer quatre catégories.
Ce sont des achats courants, peu risqués et à faible impact financier.
Exemples :
L’objectif consiste principalement à automatiser les processus afin de réduire les coûts administratifs.
Ces achats représentent des montants importants mais sont disponibles auprès de nombreux fournisseurs.
Exemples :
Ils offrent souvent un fort potentiel de négociation.
Leur valeur financière peut être modérée mais leur indisponibilité peut bloquer l’activité.
Exemples :
Ils nécessitent généralement une sécurisation des stocks ou des fournisseurs alternatifs.
Ce sont les achats les plus sensibles.
Ils combinent un fort impact financier et un risque élevé.
Exemples :
Ils exigent un suivi permanent et une relation fournisseur particulièrement structurée.
Une cartographie des achats met souvent en évidence une forte concentration des dépenses.
Dans de nombreuses organisations, moins de 20 % des fournisseurs représentent plus de 80 % du montant total des achats.
Cette situation peut être avantageuse car elle simplifie la gestion.
Elle peut également devenir dangereuse.
Lorsqu’un fournisseur essentiel rencontre des difficultés financières, logistiques ou opérationnelles, l’activité entière de l’entreprise peut être affectée.
L’analyse du portefeuille fournisseurs permet alors :
Les crises récentes ont profondément transformé les priorités des directions achats.
La hausse des prix de l’énergie, les tensions géopolitiques, les difficultés de transport international et certaines pénuries ont démontré l’importance de disposer d’une visibilité précise sur sa chaîne d’approvisionnement.
Une cartographie moderne intègre désormais :
Cette approche permet de passer d’une logique de simple achat à une véritable gestion des risques.
Une cartographie des achats devient encore plus performante lorsqu’elle est associée à un tableau de bord dynamique.
Parmi les indicateurs les plus utilisés :
| KPI | Objectif |
|---|---|
| Dépenses totales | Mesurer les achats globaux |
| Nombre de fournisseurs | Suivre la rationalisation |
| Taux de concentration | Mesurer la dépendance |
| Économies réalisées | Quantifier les gains |
| Taux de contractualisation | Sécuriser les achats |
| Achats stratégiques | Identifier les priorités |
| Fournisseurs critiques | Mesurer l’exposition au risque |
| Délais de paiement | Suivre la performance financière |
Ces indicateurs facilitent les arbitrages et les décisions de la direction.
Malgré l’existence de logiciels spécialisés, Excel demeure l’outil le plus utilisé pour réaliser une cartographie des achats.
Plusieurs raisons expliquent cette popularité :
Avec des tableaux croisés dynamiques, des segments et des graphiques automatisés, un simple fichier Excel peut offrir un niveau d’analyse particulièrement avancé.
La cartographie des achats est bien plus qu’un document de synthèse. Elle constitue une photographie stratégique de l’organisation et de ses flux financiers.
Les entreprises qui disposent d’une vision claire de leurs dépenses prennent généralement de meilleures décisions, négocient plus efficacement avec leurs fournisseurs et anticipent davantage les risques.
Dans un environnement où les marges sont parfois sous pression et où les chaînes d’approvisionnement deviennent de plus en plus complexes, la cartographie des achats s’impose progressivement comme un outil indispensable du pilotage financier et opérationnel.
Avant de chercher à réduire les coûts, il faut d’abord savoir précisément où l’argent est dépensé. C’est précisément la mission de la cartographie des achats.
Ce modèle Excel permet de visualiser les dépenses achats, d’identifier les familles stratégiques, de suivre les fournisseurs critiques et de piloter les risques grâce à un tableau de bord coloré, automatisé et prêt à l’emploi.
Suivi du budget achats, des dépenses réalisées, du taux de consommation et des économies générées.
Classement automatique des familles selon leur impact financier, leur criticité et leur niveau de risque.
Repérage des fournisseurs sensibles, des dépendances critiques et des achats à sécuriser en priorité.
Priorisation des négociations, sécurisation des contrats et identification des opportunités d’économies.
Une cartographie des achats permet d’identifier les dépenses, les fournisseurs stratégiques et les zones de risque. Toutefois, elle ne constitue qu’une étape d’analyse. Pour sécuriser les approvisionnements, maîtriser les coûts et garantir le respect des procédures internes, il est indispensable de s’appuyer sur un processus d’achat clairement défini.
De l’expression du besoin jusqu’au paiement du fournisseur, chaque étape contribue à renforcer la performance de la fonction achats. Les organisations les plus performantes associent ainsi une cartographie des achats à un processus structuré permettant de mieux piloter les demandes, les consultations, les commandes, les réceptions et les contrôles.
👉 Pour approfondir le sujet et découvrir les différentes étapes du cycle achats, consultez notre guide complet : processus d’achat.
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