Assurer la sécurité d’un système d’information commence par une chose simple : savoir où l’on est exposé. Cette fiche méthode vous guide pas à pas pour identifier les risques informatiques, les évaluer (probabilité, impact, criticité) et décider des actions de réduction qui comptent vraiment. Avec des exemples concrets (phishing, mots de passe, accès trop larges, sauvegardes, cloud) et un modèle prêt à remplir, vous repartez avec une analyse claire, exploitable et directement applicable en entreprise, en formation ou pour un projet.
L’analyse des risques informatiques, c’est un peu comme le pare-feu de la gestion IT : indispensable, souvent ignorée… jusqu’au crash. Que vous soyez DSI d’un grand groupe ou tech lead dans une startup, ignorer les risques IT, c’est comme coder sans sauvegarder : vous pouvez, mais il ne faut pas.
Dans cet article, on vous propose une immersion dans la pratique de l’analyse des risques : on décortique les menaces les plus fréquentes, on illustre avec des exemples bien sentis, et on termine avec une fiche méthode pragmatique, prête à déployer dans vos environnements.
Les systèmes d’information sont les nerfs de la guerre numérique. Un incident non anticipé peut impacter :
Mais surtout, une analyse rigoureuse permet de prioriser les menaces et de mettre en place des contre-mesures proportionnées.
Explorons ensemble des exemples concrets de risques IT :
Contexte : Une responsable RH reçoit un mail semblant venir du DG avec une demande urgente de virement.
Risque : Perte financière directe.
Impact : Elevé.
Probabilité : Fréquente dans les PME.
Contre-mesure : MFA, sensibilisation, validation manuelle des virements.
Contexte : Un employé clique sur une pièce jointe infectée, chiffrant les fichiers partagés.
Risque : Perte de données, arrêt de production.
Impact : Catastrophique.
Probabilité : Moyenne à élevée.
Contre-mesure : Segmentation réseau, sauvegardes hors ligne, EDR avancé.
Contexte : Un NAS grille sans RAID ni backup.
Risque : Perte de données critiques.
Impact : Elevé.
Probabilité : Faible mais évitable.
Contre-mesure : Politique de redondance, supervision hardware, plan de continuité.
Contexte : Une API expose par erreur des données sensibles faute de contrôle d’accès.
Risque : Atteinte à la vie privée, sanctions RGPD.
Impact : Elevé.
Probabilité : Courante sans code review.
Contre-mesure : DevSecOps, tests automatisés, revue de code.
Formule :Risque = Probabilité x Impact
Utiliser une échelle (1 à 5) pour objectiver l’analyse. Exemple :
| Risque | Probabilité | Impact | Score | Niveau |
|---|---|---|---|---|
| Ransomware | 4 | 5 | 20 | Critique |
| Défaillance matériel | 2 | 4 | 8 | Modéré |
4 options :
🟣 L’analyse des risques IT n’est pas un one-shot, c’est un process itératif. Dans un monde où la moindre brèche peut coûter des millions ou ruiner une réputation en quelques heures, rester passif n’est plus une option.
Mettez vos systèmes à l’épreuve, avant qu’un attaquant ne le fasse pour vous. Parce qu’en cybersécurité, mieux vaut prévenir que patcher.
Contexte : PME de e-commerce avec un effectif de 25 personnes, hébergeant son site web et ses bases clients sur un serveur mutualisé.
| Actif concerné | Menace identifiée | Probabilité | Impact | Score | Traitement prévu |
|---|---|---|---|---|---|
| Base clients | Fuite de données (phishing) | 4 | 5 | 20 | Mise en place de MFA + formation sécurité |
| Site web | Déni de service (DDoS) | 3 | 4 | 12 | Reverse proxy + hébergement cloud scalable |
| PC comptable | Ransomware | 2 | 5 | 10 | Antimalware + sauvegarde quotidienne |
| Application | Bug en production | 3 | 3 | 9 | CI/CD + code review + environnement de test |
| Type de besoin | Outils possibles |
|---|---|
| Cartographie des actifs | GLPI, Lansweeper, NetBox |
| Suivi des risques | Excel, Risk Register, ServiceNow GRC |
| Surveillance système | Zabbix, Grafana, Prometheus |
| Protection endpoint | Crowdstrike, SentinelOne, Microsoft Defender |
| Gestion des vulnérabilités | Qualys, Nessus, OpenVAS |
🟡 L’analyse des risques n’est pas qu’un exercice théorique : c’est une approche vivante, qui s’adapte au terrain, aux équipes, aux technos. Intégrer cette méthode dans votre cycle IT, c’est injecter une couche d’anticipation dans votre gestion quotidienne. Et comme disent les devs : mieux vaut un script de prévention qu’un restore d’urgence.
Une bonne analyse des risques ne s’arrête pas à un tableau joliment rempli et oublié dans un dossier partagé. Elle évolue en continu. Voici quelques conseils de pilotage :
L’analyse des risques, c’est le socle de toute politique de cybersécurité cohérente. Sans elle, on sécurise au feeling. Avec elle, on investit là où ça a le plus de valeur.
Elle permet de :
Les meilleurs firewalls du monde ne servent à rien si Kevin du service commercial ouvre un fichier zip douteux nommé bons_de_commande_URGENT.zip.
C’est pourquoi l’analyse des risques doit aller au-delà du service IT :
Faire une bonne analyse des risques, c’est comme optimiser un code legacy : ça prend du temps au début, mais ça sauve des heures (et des nerfs) plus tard. Elle vous rend plus résilient, agile et stratégique.
💡 La question n’est plus « est-ce que je vais subir un incident ? » mais « suis-je prêt quand ça va arriver ? »
Visualisez vos risques en matrice 5×5, obtenez les priorités, puis exportez le registre en CSV pour Excel.
Ce modèle Excel a été conçu pour faciliter l’identification, l’évaluation et le suivi des risques liés aux systèmes d’information. Il s’adresse aux responsables IT, RSSI, chefs de projets, ou toute personne impliquée dans la cybersécurité et la gestion des risques numériques.
Ce fichier vise à rendre l’analyse des risques opérationnelle, visuelle et exploitable au quotidien. Il peut être utilisé :
Le modèle est entièrement réutilisable et modifiable. Vous pouvez ajouter :
Pour analyser un risque, on commence par repérer les actions “banales” qui ouvrent une brèche : mauvaise habitude, raccourci, oubli, ou décision “vite faite”. Voici les actions connues qui déclenchent le plus souvent des incidents (fuite, ransomware, perte de données, accès non autorisé).
Pour identifier rapidement les risques, listez les actions sous forme de verbes : Partager, Télécharger, Brancher, Ouvrir, Installer, Accorder un accès, Reporter une mise à jour. Ensuite, associez à chaque action : impact + probabilité + mesure de réduction.
Réponses courtes, actionnables, alignées sur la fiche méthode et des exemples concrets.
Exemple : phishing (menace) + absence MFA (vulnérabilité) → compromission compte (risque).
Utilisez une matrice 1 à 5 :
Criticité = Probabilité × Impact. Ensuite, classez : faible / modéré / élevé / critique selon vos seuils (ex. 1–6, 7–12, 13–19, 20–25).
Le bon réflexe : pour chaque risque, ajouter cause, scénario, impacts, contrôles existants, actions, responsable, délai.
Priorisez selon 3 filtres :
Objectif : réduire vite le risque résiduel sur les actifs les plus exposés.
Risque brut : niveau de risque avant mesures de sécurité.
Risque résiduel : niveau restant après mesures existantes ou après le plan d’action.
Une fiche solide montre les deux : cela prouve la réduction réelle et aide à arbitrer (acceptation, traitement, transfert).
Mesures clés : IAM, revues de droits, MFA, politiques de partage, journalisation et alertes.
Évitez “au feeling”. Basez-vous sur :
Une phrase suffit par score : “P=4 car MFA absent + phishing mensuel”, “I=5 car arrêt facturation = perte directe”.
Oui, si le risque est faible ou si le coût de traitement est disproportionné, à condition de :
Pour un risque élevé, l’acceptation doit être exceptionnelle et formalisée par la direction.
Choisissez une ressource selon votre objectif : identifier un risque, l’évaluer, le traiter et suivre les actions dans le temps.
Cartographie des processus + grille d’audit
Structurer le périmètre, repérer les zones critiques, auditer sans se perdre.
Matrice des risques : niveaux, gravité, probabilité
Trouver rapidement une matrice prête à l’emploi sur le site.
Plan d’action : priorisation et suivi
Transformer l’analyse en actions datées, responsables, mesurables.
Registre des risques (Excel)
Centraliser les risques, causes, impacts, mesures, responsables et statuts.
Plan de traitement des risques
Mesures préventives/correctives, coût, délai, efficacité attendue.
Fiche / check-list d’audit informatique
Contrôles rapides : accès, sauvegardes, patchs, logs, incidents.
QCM corrigé : analyse des risques
Vérifier les bases : identification, cotation, réponses, suivi.
QCM cybersécurité : réseau et sécurité
Tester les points qui piègent souvent (OSI/TCP-IP, VPN, HTTPS…).
Exemples d’incidents : causes & mesures
S’inspirer de cas concrets pour documenter vos scénarios.
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