Télécharger le Tableau de bord de gestion des risques dans Excel : un tableau qui met tous vos risques « à plat »⬇️
Une entreprise peut traverser des années sans incident majeur et pourtant vivre sur une poudrière. Sur le papier, les indicateurs opérationnels sont au vert, la rentabilité se maintient, la production tient les délais. Mais sous la surface, des signaux s’accumulent : contrôles bricolés, dépendance à un fournisseur clé, bases de données mal sauvegardées, climat social fragile. Tant que rien n’explose, ces fragilités restent invisibles, éparpillées dans les échanges informels et les rapports techniques.
C’est précisément là que le tableau de bord de gestion des risques, surtout dans sa version condensée, joue un rôle politique au sens noble du terme : donner à voir ce que l’organisation préfère souvent ignorer. Non pas en ajoutant des colonnes de chiffres, mais en illustrant ce qui est caché – les concentrations de risques, les angles morts, les fausses sécurités.
tableau de bord de gestion des risques <===> Rendre visible l’invisible : comment un tableau de bord des risques dévoile les dangers cachés
La plupart des organisations possèdent déjà une forme de « registre des risques » : un fichier où l’on aligne des menaces, une probabilité, un impact, quelques commentaires. Document utile, mais peu lu. Il rassure autant qu’il anesthésie : la liste existe, donc le sujet serait « traité ».
Le tableau de bord condensé prend ce même matériau et le transforme en récit visuel. En une seule vue, on peut :
Autrement dit, on passe d’un catalogue statique à une mise en scène des priorités. Le risque n’est plus une abstraction : il prend place, couleur, volume.
L’enjeu n’est pas seulement de rassembler des informations, mais de faire surgir les zones d’ombre. Chaque bloc du tableau de bord joue un rôle précis dans cette mise en lumière.
La liste des risques prioritaires, ordonnée par score, répond à une question simple :
« Qu’est-ce qui mérite notre inquiétude, ici et maintenant ? »
Les intitulés apparaissent côte à côte avec :
Ce bloc ne raconte pas tout, mais il force le regard sur ce que l’organisation ne peut plus se permettre de repousser. Un risque « critique » récurrent, ouvert depuis des mois, devient soudain difficile à justifier devant un comité.
Un autre piège classique consiste à mélanger tous les risques dans une même masse indistincte. Or un danger entouré de contrôles robustes ne pèse pas autant qu’un danger laissé à nu.
Le graphique de performance des contrôles distingue :
Ce simple découpage fait apparaître ce que les rapports détaillés laissent souvent en filigrane : la part de risque subi, faute d’actions structurées. Une direction générale peut ainsi se poser la vraie question :
« Combien de risques avons-nous choisi de porter consciemment, et combien nous portent malgré nous ? »
Les incidents clos remplissent volontiers les présentations ; ils donnent le sentiment d’une organisation active. Mais les enjeux les plus sensibles se cachent souvent dans les dossiers qui traînent : plans d’actions repoussés, audits en suspens, remédiations partielles.
La vue « Open Issues » tranche dans le vif :
D’un coup d’œil, on mesure le stock de problèmes réellement en attente, et pas seulement le flux des actions réalisées. Cette transparence bouscule parfois les habitudes, mais elle offre un bénéfice majeur : aligner tout le monde sur la réalité des retards et des renoncements.
Au centre du dispositif, la carte probabilité × impact est la pièce maîtresse. Elle ne décrit pas seulement chaque risque ; elle montre comment les risques se regroupent.
Sur une grille à cinq niveaux de probabilité et cinq niveaux d’impact, chaque case affiche le nombre de risques non clos. Les couleurs – vert, jaune, orange, rouge – traduisent en un instant ce que des pages d’analyses peinent à rendre sensible : l’endroit où l’organisation a objectivement le plus à perdre.
Cette représentation rend visibles plusieurs réalités inconfortables :
L’intérêt de cette carte tient moins à son esthétisme qu’à la conversation qu’elle déclenche. Elle met chacun devant ses responsabilités : si la case « 4 de probabilité / 5 d’impact » est remplie, il ne s’agit plus d’un scénario théorique, mais d’un profil de risque assumé.
La barre « Risk by Category » complète la radiographie en montrant où se concentre l’exposition : conformité, finance, SI, ressources humaines, supply chain, marché, etc.
Ce n’est pas seulement une question de volume. Voir, par exemple, une surreprésentation des risques :
revient à poser la question de la cohérence stratégique : là où l’entreprise dit investir, mettre des moyens, sécuriser, les risques diminuent-ils réellement ? Là où elle communique peu, les risques explosent-ils silencieusement ?
Le graphique ne tranche pas à la place des dirigeants. Il les oblige simplement à regarder où leur discours ne correspond pas à la réalité des expositions.
Illustrer ce qui est caché, ce n’est pas dénoncer, c’est ordonner les non-dits pour permettre des arbitrages assumés.
Un tableau de bord de risques bien conçu force ainsi à verbaliser :
Le rôle de la vue condensée est de mettre tout le monde devant la même image : dirigeants, responsables métiers, fonctions support. On ne discute plus sur la base de ressentis – « on a l’impression d’être exposés là-dessus » – mais à partir de faits visualisés.
Un tableau de bord, même sophistiqué, ne vaut que par l’usage qu’on en fait. Pour que l’outil serve réellement à dévoiler les dangers cachés, plusieurs conditions sont essentielles :
Un tableau de bord condensé n’élimine aucun danger. Il évite autre chose, plus insidieux : la tentation de se raconter que « tout va bien » tant que l’incident majeur n’a pas eu lieu.
En rassemblant sur une seule vue :
l’outil met en scène l’invisible. Il donne forme aux fragilités diffuses, oblige à regarder les zones rouges et à reconnaître ce qui, jusque-là, restait dans les marges des rapports.
Au fond 😉
Un tableau de bord des risques ne sert pas à faire disparaître le danger dans la couleur des graphiques. Il sert à autre chose, plus exigeant : mettre l’organisation devant ses choix, devant ce qu’elle accepte de porter, devant ce qu’elle ne veut plus laisser cacher. C’est là, dans cette honnêteté visuelle, que commence une véritable culture de maîtrise des risques.
Exemple
Ce fichier Excel rassemble, dans un format très lisible, l’essentiel de votre cartographie des risques : les données de base d’un côté, une vue condensée et visuelle de l’autre. L’objectif : voir en quelques secondes où se concentrent réellement les dangers.
Cette première feuille sert de registre central des risques :
C’est la feuille où l’on alimente le fichier : vous ajoutez, modifiez ou fermez vos risques sans toucher aux formules.
Cette feuille est pensée pour être visible de loin en réunion :
Tout est organisé sur une seule page, façon “cockpit”, pour que la direction et les équipes partagent la même vision.
Dès que vous mettez à jour la feuille RISQUES (ajout d’un risque, changement de probabilité, clôture d’un dossier), la VUE_CONDENSÉE se met à jour automatiquement : scores, priorités, graphes, carte des risques.
Le résultat : un tableau de bord opérationnel, utilisable en comité des risques, en réunion de direction ou en revue QSE, sans passer des heures à refaire des présentations.
SCORE_RISQUE = PROBABILITE * IMPACT
SCORE_NORMALISE = (PROBABILITE / PROBABILITE_MAX) * (IMPACT / IMPACT_MAX)
EXPOSITION_RISQUE = PROBABILITE * IMPACT_FINANCIER
SLE = VALEUR_ACTIF * FACTEUR_IMPACT
ALE = SLE * ARO
RPN = GRAVITE * OCCURRENCE * DETECTABILITE
Version 1 – avant / après contrôles :
RISQUE_INHERENT = PROBABILITE_AVANT_CONTROLES * IMPACT_AVANT_CONTROLES
RISQUE_RESIDUEL = PROBABILITE_APRES_CONTROLES * IMPACT_APRES_CONTROLES
Version 2 – en fonction de l’efficacité des contrôles :
RISQUE_RESIDUEL = RISQUE_INHERENT * (1 - EFFICACITE_CONTROLES)
INDICE_CRITICITE = PROBABILITE * IMPACT * FACTEUR_COMPLEMENTAIRE
TAUX_MAITRISE = 1 - (RISQUE_RESIDUEL / RISQUE_INHERENT)
Pseudo-code :
SI SCORE_RISQUE >= 16 → "Critique"
SINON SI SCORE_RISQUE >= 11 → "Élevé"
SINON SI SCORE_RISQUE >= 6 → "Modéré"
SINON → "Faible"
Version Excel (français, à coller dans une cellule) :
=SI(SCORE_RISQUE>=16;"Critique";
SI(SCORE_RISQUE>=11;"Élevé";
SI(SCORE_RISQUE>=6;"Modéré";
"Faible")))
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