Un rapprochement bancaire sert à faire parler deux réalités qui se croisent sans se confondre : le relevé de banque (vision de la banque) et le compte 512 / journal de banque (vision de l’entreprise ou de l’association). À une date donnée, ces deux soldes peuvent diverger pour une raison simple : les opérations ne “vivent” pas au même rythme selon qu’elles sont enregistrées en comptabilité ou réellement passées en banque. Le rapprochement met de l’ordre dans ce décalage, sécurise la trésorerie et transforme un solde “théorique” en solde maîtrisé.
Les écarts les plus fréquents se regroupent en trois familles :
Ici, l’écart s’explique par le calendrier. La banque et la compta parlent de la même opération, à deux dates différentes.
Ce groupe demande généralement une écriture d’ajustement en comptabilité.
Ici, le rapprochement joue son rôle de filet de sécurité : il fait remonter ce qui mérite vérification.
Choisissez une date (souvent fin de mois) : 31/12, 30/06, etc.
Objectif : rapprocher “tout ce qui est pointable” jusqu’à cette date.
Vous alignez :
Puis vous cochez ce qui apparaît des deux côtés (même montant, même nature, date proche).
Deux listes :
Vous partez d’un solde (banque ou compta), puis vous ajustez avec les éléments en suspens pour retomber sur l’autre solde.
Les éléments “banque seulement” exigent presque toujours une écriture : frais, intérêts, prélèvements, rejets…
État de rapprochement bancaire au JJ/MM/AAAA
A. Solde selon relevé bancaire : XXXX
+ Dépôts/remises en transit : +XXX
– Chèques émis non débités : –XXX
± Autres écarts (virements en transit, corrections) : ±XXX
= Solde bancaire ajusté : XXXX
B. Solde selon comptabilité (compte 512) : YYYY
+ Opérations banque non comptabilisées à enregistrer (ex : intérêts) : +ZZZ
– Opérations banque non comptabilisées à enregistrer (ex : frais) : –ZZZ
= Solde comptable ajusté : XXXX
Résultat attendu : Solde bancaire ajusté = Solde comptable ajusté
Solde du relevé bancaire au 31/03 : 8 420 €
Solde du compte 512 au 31/03 : 8 690 €
Éléments repérés :
A. Départ relevé bancaire : 8 420 €
B. Départ comptabilité (512) : 8 690 €
– Frais bancaires à enregistrer : –50
Les deux côtés ne coïncident pas : il reste un écart de 640 € (8 840 – 8 200).
Donc, un élément manque dans la liste. En pratique, on retourne au pointage : l’écart “rond” signale souvent une opération non repérée ou mal classée.
👉 Correction complète (élément manquant à intégrer)
Supposons qu’après relecture, vous identifiez un chèque n°452 émis 640 € présent en comptabilité, absent du relevé au 31/03.
On met à jour :
A. Relevé bancaire : 8 420
+300 (remise en transit)
–520 (chèque 451)
–640 (chèque 452)
= 7 560
B. Comptabilité : 8 690
–50 (frais)
+200 (virement client)
= 8 840
Écart restant : 1 280 € → cela indique que la remise en transit ou l’un des chèques se trouve peut-être déjà en banque, ou qu’un doublon existe côté compta. Le message clé ici : un rapprochement se gagne au pointage, l’état final reflète la qualité du pointage.
Pour proposer une version parfaitement bouclée (pédagogique), voici un jeu cohérent et finalisé :
✅ Version bouclée (cohérente) — ajustement final
Remise en transit : 300
Chèque en circulation : 520
Frais bancaires : 50
Virement client reçu : 200
Écart initial entre 8 690 et 8 420 = 270
Or : +300 –520 +200 –50 = –70 (ce qui ne donne pas 270).
Donc, on corrige en ajoutant un virement émis en transit 340 € (compta enregistrée, banque pas encore débitée).
Recalcul :
A. Banque 8 420
+300 (remise transit)
–520 (chèque)
= 8 200
B. Compta 8 690
–50 (frais)
+200 (virement reçu non compta)
–340 (virement émis en transit déjà en compta)
= 8 500
Toujours écart. Il manque encore 300 : cela montre que la remise en transit était déjà en banque (mauvais repérage).
➡️ Vous voyez la logique : les exercices de rapprochement apprennent surtout à traquer la cause racine de l’écart.
Pour éviter toute confusion, passons à des exercices “propres” (bouclés) ci-dessous.
Solde relevé bancaire : 5 260 €
Solde compte 512 : 5 590 €
Éléments non pointés :
A. Banque 5 260
+180 (remise en transit)
–430 (chèque en circulation)
= 5 010
B. Compta 5 590
–25 (frais)
+55 (intérêts)
= 5 620
Les soldes ajustés diffèrent : 610 €. Cela signifie que vous partez du mauvais sens de conversion. Pour boucler correctement, on doit appliquer la même logique :
Ici, les deux ajustements donnent des soldes différents parce que l’écart initial 330 € (5 590 – 5 260) doit être expliqué par la combinaison des éléments. Calculons l’impact total attendu :
Écart initial (compta – banque) = 330
Impact des éléments :
Il manque 110 € : il existe donc un élément non listé. Dans une vraie situation, vous le retrouvez au pointage.
✅ Ajout d’un élément plausible : prélèvement assurance 110 € (banque débitée, compta non enregistrée)
Recalcul total = 220 +110 = 330 → parfait.
État final :
A. Banque 5 260
+180 (remise transit)
–430 (chèque)
= 5 010
B. Compta 5 590
–25 (frais)
–110 (prélèvement assurance)
+55 (intérêts)
= 5 510
Toujours différent : 500 €. Cela vient du fait que l’on a ajusté la compta mais pas réconcilié au même ancrage. La façon la plus propre consiste à construire un état unique :
👉 Méthode “une seule vérité”
On choisit un solde cible : solde ajusté = solde banque + remises en transit – chèques en circulation
= 5 260 +180 –430 = 5 010
Donc le compte 512 ajusté doit aussi valoir 5 010.
À partir de 5 590, il faut baisser de 580.
Or : frais 25 + assurance 110 = 135 à baisser, intérêts 55 à augmenter → baisse nette 80.
Il manque donc 500 € à baisser : élément banque déjà passé en compta ? ou écriture compta en trop ?
✅ Ajout cohérent : virement fournisseur 500 € enregistré en compta, pas encore débité en banque (compta oui / banque non)
Cet élément doit aller côté ajustement du relevé bancaire, pas côté compta. On l’avait oublié.
Solde ajusté banque : 5 260 +180 –430 –500 = 4 510
Compte 512 ajusté : 5 590 –25 –110 +55 = 5 510
Écart = 1 000 : cela montre qu’on a inversé sens d’un mouvement dans la compta (débit/crédit), typiquement sur le virement fournisseur.
➡️ Leçon “maîtrise du sujet” : un rapprochement propre dépend autant des montants que du sens comptable (débit/crédit). Quand un écart double apparaît, la piste d’un signe inversé devient prioritaire.
Voici un exercice parfaitement bouclé, prêt pour entraînement.
Solde du relevé bancaire : 12 300 €
Solde du compte 512 : 12 960 €
Non pointés :
A. Ajustement relevé bancaire (timing)
Solde banque : 12 300
+450 (remise en transit)
–900 (chèque en circulation)
= 11 850
B. Ajustement comptabilité (écritures manquantes)
Solde compta : 12 960
–60 (frais)
–150 (prélèvement fournisseur)
= 12 750
Il reste un écart : 900 € (12 750 – 11 850).
Cet écart correspond exactement au chèque en circulation, ce qui indique qu’il a probablement été comptabilisé deux fois dans le 512, ou qu’il figure en compta alors qu’il concerne un autre compte (erreur d’imputation).
✅ Hypothèse réaliste : le chèque n°912 (900 €) a été enregistré en compta, puis enregistré une seconde fois lors du lettrage.
On corrige en annulant le doublon dans le 512 : –900 (en compta).
Nouveau solde compta : 12 960 –60 –150 –900 = 11 850
Les deux côtés bouclent.
La grande idée derrière cette fiche pratique : Transformer un écart “banque vs compta” en décision claire, contrôlable et reproductible
Cette fiche de rapprochement bancaire a une ambition simple : remettre la trésorerie sous contrôle, sans perdre de temps dans des allers-retours entre relevé bancaire, journal de banque et justificatifs. Elle prend une situation très courante — deux soldes qui ne se ressemblent pas à la même date — et la convertit en méthode : on pointe, on explique, on ajuste, on clôture. À la fin, le rapprochement ne sert plus seulement à “vérifier”, il devient un réflexe de pilotage : vous savez ce qui est déjà passé, ce qui est en transit, ce qui manque en comptabilité, et ce qui mérite une alerte.
La fiche permet de passer d’un solde “théorique” à un solde réellement exploitable. Les décalages de timing (chèques en circulation, remises en transit, virements en attente) se retrouvent immédiatement identifiés, ce qui évite les interprétations floues et les erreurs de lecture.
Un rapprochement bien fait met en évidence, sans effort supplémentaire, les signaux qui comptent :
Résultat : vous corrigez tôt, avant que l’écart ne grossisse et devienne difficile à expliquer.
La fiche structure une preuve : état de rapprochement + liste des non-pointés + écritures d’ajustement. Ce trio constitue un dossier propre, facilement archivable, et très appréciable dès qu’un tiers demande des comptes (expert-comptable, commissaire aux comptes, financeur, association, direction).
La méthode “pas à pas” évite le piège du rapprochement refait de zéro à chaque clôture. Elle installe une routine : pointer rapidement, isoler les écarts, enregistrer ce qui manque, boucler. À volume égal, le temps nécessaire diminue fortement après quelques cycles.
La fiche est construite comme un outil de travail, pas comme un texte théorique :
Cette fiche sert à rendre le rapprochement bancaire plus simple, plus rapide et plus fiable, tout en apportant un vrai bénéfice de pilotage : une trésorerie lisible, des écarts expliqués, et une comptabilité qui tient la route.
Deux outils concrets pour piloter la qualité sans alourdir vos équipes Un système qualité n’avance…
Un chantier se gagne souvent avant même l’arrivée des équipes. Quand tout est clair dès…
Le mariage a du sens quand il repose sur une décision libre, mûrie et partagée.…
Une étude de cas réussie commence par une structure sûre. Ce modèle Word vous guide…
Les soft skills se repèrent vite sur une fiche, mais elles ne pèsent vraiment que…
Outil de comparaison et repérage des offres étudiantes Choisir des verres progressifs ressemble rarement à…
This website uses cookies.