Lorsqu’on évoque l’hygiène en restauration, l’attention se porte immédiatement sur la cuisine : température de cuisson, plan de travail, DLC. Pourtant, une autre scène se joue en coulisse, tout aussi critique : le nettoyage de la salle de restaurant. Non pas en tant qu’acte de propreté visuelle, mais comme protocole invisible d’orchestration sensorielle, sanitaire et stratégique. Ce rituel discret est en réalité une extension du service client, qui commence avant même la mise en place et se prolonge bien après le dernier encaissement.
Un sol n’est pas simplement “sale” ou “propre”. Il est porteur de flux, de résidus invisibles, de bactéries véhiculées par chaussures, serviettes tombées, miettes. Un dossier de chaise devient en quelques heures un point de contact collectif. Une carte plastifiée, un vecteur passif. Le nettoyage de la salle, dans cette logique, n’est pas un geste de finition : c’est un geste préventif actif.
Dans une salle de restaurant, tout est affaire de rythme et de discrétion. Le protocole ne peut pas être rigide : il doit s’adapter à la fluidité du service. Voici une décomposition non-linéaire du protocole, pensée pour suivre la vie réelle d’un établissement.
Le protocole ne vise pas une salle “nickel” au sens esthétique. Il vise une salle :
Un client ne doit jamais sentir la javel, ni marcher sur un sol encore humide. Il ne doit rien remarquer, car ce qu’il remarque, c’est l’intention de propreté mal maîtrisée.
Ces éléments, s’ils sont négligés, deviennent des zones à micro-climat microbien.
Le protocole de nettoyage salle n’est pas une copie du protocole cuisine. C’est une discipline scénographique. Un métier à part entière.
Il exige une compréhension de la spatialité, de l’impact psychologique du propre, du timing du geste, et de la perception du client.
Un sol mal lavé se voit # Un sol bien lavé ne se sent pas. Voilà la mesure du succès : le silence hygiénique.
🔧 Astuce : prévoir une routine express avec franges préhumidifiées et inspection rapide à la lampe frontale pour les zones sombres.
Recommandation : utiliser un produit virucide norme EN 14476, compatible surfaces alimentaires, sans odeur persistante.
Penser à une procédure spéciale “conditions météo dégradées” avec rotation dédiée du personnel pour le sol.
Inspirez-vous des méthodes hôtelières : lumière rasante et inspection tactile pour vérifier le nettoyage.
Prévoir un protocole de désinfection différencié pour ces zones, avec un code couleur de matériel distinct (ex : jaune).
♿ Intégrer une ligne spécifique “zone PMR” dans la checklist avec validation horaire visible.
Les cas particuliers ne sont pas des exceptions mais des points sensibles dans l’expérience client et dans le contrôle sanitaire.
Ils doivent figurer explicitement dans le protocole de nettoyage, avec des méthodes, du matériel et des fréquences adaptés. Un restaurant qui anticipe ces détails montre qu’il ne se contente pas de nettoyer : il comprend les usages réels de sa salle.
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