L’excellence projet tient à la rectitude décisionnelle et à la qualité d’exécution. En ce sens, RACI constitue un régime de clarté : autorité unique, exécution identifiée, consultation maîtrisée, information harmonisée. Déployée proprement, elle neutralise les conflits de rôle, canalise l’aléa et oriente le tempo collectif. La suite, illustrée de cas, trace la voie d’un usage opérant.
1) RACI en bref : quatre rôles, un principe cardinal
A — Accountable (Autorité) : l’unique garant qui valide et porte la décision ou le livrable. Un seul A par tâche.
R — Responsible (Exécution) : l’opérateur qui produit. On peut avoir plusieurs R, mais la parcimonie sert la lisibilité.
C — Consulted (Consultés) : les apports décisifs (expertise, conformité, contraintes). Le dialogue est bilatéral.
I — Informed (Informés) : ceux qu’il faut tenir au courant, sans solliciter leur avis à ce stade.
Règle d’or : Un A, au moins un R, des C choisis pour leur valeur d’apport, des I regroupés par un canal et un rythme convenus.
2) Six cas concrets (industries différentes, mêmes ressorts)
Cas 1 — Déploiement SI (CRM multi-pays)
Enjeu : déployer un module CRM en 3 vagues, RGPD strict, pression commerciale. RACI-clé
Spécifications fonctionnelles : A Product Owner | R Business Analyst | C Juridique (RGPD), Data | I Support.
Mise en production : A Change Manager | R Release Manager | C Sécurité, Métiers pilotes | I Service client. Points durs & correctifs
Double A latent (DSI et Métier) → arbitrage sponsor : A côté métier, DSI en C à droit d’alerte.
C inflation (trop d’équipes consultées) → fenêtre de consultation bornée (format 1 page, deadline J-3). Indicateurs
Délai médian entre R et A (SLA 48 h).
% livrables rework post-validation A (< 10 %).
Cas 2 — Arrêt programmé de maintenance (process industriel)
« Sur [livrable X], [Nom, fonction] fait autorité (A). Les validations passent par [outil] avant [date/heure]. »
« Les C transmettent un avis sourcé (1 page) avant [deadline] ; au-delà, l’avis sera traité au jalon suivant. »
« Les I reçoivent un bulletin unique le vendredi 16 h ; suppression des copies au fil de l’eau. »
Votre Excel RACI
Ouvrez le fichier et laissez vos yeux s’habituer au vert profond : c’est la couleur de l’ordre qui rassure. La première feuille, Matrice_RACI, vous accueille comme une grande table où chacun sait où s’asseoir. Vous cliquez dans Jalon ou Statut et, comme par magie, une petite liste apparaît : Cadrage, H-24, H-12… ; À planifier, En cours, Validé… Vous n’avez rien à retenir : vous choisissez, et la ligne se place d’elle-même dans le bon tempo.
Si vous oubliez qui approuve (A) ou qui exécute (R), la ligne se teinte délicatement — un rouge clair qui ne gronde pas, mais qui vous rappelle : « Nommez-moi ». Si une tâche traîne au-delà de sa Fin sans être Validée, la couleur rougit un peu plus : pas pour vous juger, juste pour attirer l’œil là où il faut trancher.
En haut des colonnes, de petits triangles : ce sont vos filtres. Vous voulez ne voir que le lot Technique à H-12 ? Deux clics, et la table se resserre, comme une caméra qui zoome au bon endroit. La ligne d’en-tête reste figée quand vous descendez : vous ne perdez jamais le fil. Quand vous ajoutez une nouvelle tâche, tapez-la simplement à la suite : la table reconnaît l’extension, reprend les alternances de lignes, et vos listes déroulantes suivent.
À côté, il y a vos coulisses. Une feuille Listes (si vous changez un jalon, c’est ici que vous l’écrivez une fois pour toutes), un petit Annuaire qui tient lieu de bottin (vous copiez les noms d’ici vers A/R/C/I, c’est plus rapide), un A-log des décisions qui ressemble à un carnet de bord (date, auteur, décision : c’est la mémoire de vos arbitrages), et un Journal des écarts où l’on dépose sans embarras les « double A », les tâches orphelines de R, les petites glissades — pour mieux les fermer ensuite.
Vous n’avez pas besoin de mode d’emploi épais : commencez par remplacer les exemples par vos vrais lots, vos vraies équipes, vos dates. Laissez la couleur faire son travail de veille. Et, quand c’est propre, filtrez par Jalon et jetez un coup d’œil à la colonne Statut : en général, une décision se cache toujours derrière un « En attente validation »
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Votre Word A4 — Vue Comité
Ici, on respire. Un titre net, un sous-titre daté, un pied de page discret (lecoursgratuit.com) : cela tient dans la main, s’imprime sans apprêts. Les en-têtes du tableau sont émeraude ; les mots y paraissent plus sûrs. On y lit l’essentiel : Livrable/Tâche, Lot, Jalon, A, R, C, I, SLA (h). C’est la photo lisible que l’on pose sur la table en début de comité : personne ne se perd, chacun repère son nom.
Les Principes d’usage en quelques lignes — pas pour faire la leçon, pour rappeler la tenue : un seul A, au moins un R, des C frugaux, des I bien servis mais pas noyés. Vous dupliquez une ligne, vous remplacez l’exemple par votre réalité, et le document devient le vôtre. Si vous avez un logo, insérez-le ; si vous préférez un bandeau plus marqué, on peut l’épaissir ; si vous aimez l’or plus que le vert, la palette se laisse apprivoiser.
À l’écran, ce Word est une fenêtre ; à l’impression, c’est une promesse de clarté. Vous l’apportez en réunion, vous le posez, et sans discours, la gouvernance existe : qui approuve, qui fait, qui éclaire, qui suit — tout est là, visible, sans crispation.
Dans l’Excel, filtrez par Jalon = H-24 et lisez la colonne A : s’il manque un nom, mettez-le, tout de suite. La ligne se calme ; vous aussi. Dans le Word, remplacez les cinq lignes d’exemple par vos cinq prochains livrables, exportez en PDF, glissez-le à votre comité : vous venez d’installer un langage commun.