La langue française joue, suggère, exagère, adoucit, oppose. C’est précisément le rôle des figures de style. Dans un texte littéraire, un discours ou même une simple publicité, elles transforment une phrase ordinaire en formule qui marque l’esprit. Comprendre ces procédés, c’est apprendre à lire autrement… et à écrire plus fort.
Cet article reprend les principales figures de style de la fiche mémo, en les organisant comme un petit guide de lecture et d’écriture, utile pour les élèves comme pour les enseignants.
Une figure de style n’est pas un “effet gratuit”. Elle répond presque toujours à un besoin précis :
Lorsqu’un élève apprend à repérer les figures de style, il ne se contente plus de “lire l’histoire” :
il commence à comprendre comment l’auteur construit un effet sur le lecteur.
La comparaison rapproche deux éléments grâce à un outil comparatif :
comme, tel, pareil à, ainsi que, plus… que, moins… que…
Tes yeux brillent comme des étoiles.
Effet : l’image est claire, l’outil comparatif rend la lecture facile. C’est souvent la première figure utilisée par les élèves, mais elle reste très efficace.
La métaphore va plus loin que la comparaison : elle assimile directement deux éléments, sans outil comparatif.
Tes yeux sont des étoiles.
Effet : l’image est plus forte, plus poétique. La métaphore peut être courte, comme ici, ou filée tout au long d’un texte.
La personnification donne des attributs humains à un objet, un animal ou une idée.
La ville s’éveille et bâille au soleil.
Effet : le décor devient un personnage à part entière. C’est une figure très fréquente dans les descriptions de paysages ou de villes.
L’allégorie va encore plus loin : elle représente une idée abstraite sous forme de personnage ou d’image concrète.
La Justice représentée comme une femme aux yeux bandés, tenant une balance.
Effet : l’idée devient visible, presque palpable. On la rencontre dans les fables, les tableaux, les emblèmes, les allégories politiques ou morales.
L’hyperbole exagère volontairement la réalité.
Je t’ai répété cela mille fois.
Effet : elle renforce une émotion (colère, agacement, admiration…). On la retrouve dans le langage courant, les publicités, le théâtre.
La litote suggère plus que ce qu’elle dit, souvent au moyen d’une négation.
Ce n’est pas mauvais. (sous-entendu : c’est bon, voire très bon.)
Effet : c’est une figure de retenue, de nuance, parfois d’élégance. Elle laisse au lecteur le soin de “compléter” le sens.
L’euphémisme adoucit une réalité jugée trop brutale ou choquante.
Il nous a quittés. (pour dire : il est mort.)
Effet : on protège la sensibilité du destinataire, on atténue une violence, un tabou, une réalité difficile (maladie, mort, échec).
L’antithèse met en regard deux idées ou deux termes opposés dans une même phrase.
Je sens la joie et la tristesse mêlées.
Effet : elle souligne une tension, un conflit, un paradoxe. Elle sert à faire ressortir la complexité d’une situation.
L’oxymore rapproche deux mots de sens contraire dans un même groupe de mots.
Cette obscure clarté tombe des étoiles.
Effet : il crée une image surprenante, souvent poétique. L’oxymore oblige le lecteur à s’arrêter, à réfléchir à cette alliance étrange des contraires.
L’anaphore répète un même mot ou groupe de mots en début de phrase, de vers ou de paragraphe.
J’accuse… J’accuse… J’accuse…
Effet : elle martèle un message, lui donne force et rythme. Elle est très utilisée dans les discours politiques, les plaidoyers, les textes engagés.
L’énumération aligne plusieurs termes de même nature :
Il emporte valises, sacs, cartons, caisses.
La gradation ordonne cette énumération selon une progression :
Il chuchote, parle, crie, hurle.
Effet : le rythme s’accélère, l’impression de mouvement ou de montée en intensité est très nette. C’est une figure simple à repérer et très utile pour dynamiser une description.
La métonymie remplace un mot par un autre avec lequel il entretient un lien logique (contenu/contenant, auteur/œuvre, lieu/activité…).
Boire un verre (pour : le contenu du verre).
Lire un Zola (pour : un roman écrit par Zola).
Effet : le langage devient plus vivant, plus imagé, plus rapide.
La synecdoque est un cas particulier de métonymie : on désigne la partie pour le tout ou le tout pour la partie.
Une voile à l’horizon. (pour : un bateau)
La France a gagné. (pour : l’équipe de France).
Effet : elle condense l’expression, donne une portée plus large ou plus symbolique au propos.
Face à un texte, beaucoup d’élèves se sentent perdus : ils ont l’impression que “le prof voit des choses invisibles”. La fiche “La règle-clé : une liste énumérée de figures de style” permet de rendre ces outils visibles et concrets.
Quelques pistes de travail :
Dans un commentaire ou une analyse, les figures de style ne se citent pas pour elles-mêmes. Il est toujours utile de se poser deux questions :
Par exemple, ne pas se contenter de :
L’auteur utilise une métaphore.
Mais aller vers :
L’auteur utilise une métaphore (“Ses yeux sont des étoiles”) pour magnifier le regard du personnage et traduire l’admiration du narrateur.
C’est ce passage de la simple identification à l’interprétation qui fait la différence dans les copies.
Les figures de style ne sont pas un catalogue à réciter avant le contrôle : ce sont des outils concrets pour comprendre la manière dont un texte agit sur nous. Une fiche mémo claire, une liste énumérée colorée et quelques exercices guidés suffisent pour installer les réflexes essentiels :
À partir de là, la lecture littéraire gagne en finesse, et l’écriture trouve peu à peu sa couleur et sa voix propres.
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