Vous avez déjà lu une phrase “qui claque” sans savoir pourquoi ? Souvent, c’est une figure de style. Comparaison, métaphore, hyperbole… Ce ne sont pas des gadgets. Ce sont des raccourcis vers l’émotion et la clarté. L’idée des cartes rectangulaires part de là : tenir chaque figure dans la main, l’apprivoiser en deux minutes, la réutiliser tout de suite.
Les figures de style aident à rendre une idée plus nette, plus mémorable ou plus émouvante. En comparaison, un texte sans figure ressemble à une route toute droite : efficace mais monotone. Avec la métaphore, l’anaphore ou l’antithèse, on gagne en relief, en rythme et en précision. L’enjeu n’est pas de “faire beau”, mais de mieux dire
Une liste courte et claire constitue le meilleur point de départ. On y regroupe les incontournables : comparaison, métaphore, personnification, hyperbole, litote, euphémisme, antithèse, oxymore, anaphore, parallélisme, chiasme, gradation, accumulation/énumération, allitération, assonance, métonymie, synecdoque, périphrase, antiphrase, ellipse, anacoluthe, apostrophe, paronomase, antonomase, pléonasme.
L’objectif n’est pas de tout apprendre d’un coup, mais de savoir nommer ce que l’on lit et choisir ce que l’on écrit.
Parce qu’un catalogue s’oublie. Une liste ramassée, elle, tient sur une page et vit en classe, à la maison, en atelier d’écriture. On y retrouve les incontournables :
Chaque nom répond à une intention : concrétiser, surprendre, accélérer, ralentir, frapper.
L’idée des cartes rectangulaires est simple : tenir chaque figure dans la main avec quatre informations lisibles au premier coup d’œil — le nom, une définition claire, l’effet recherché et un exemple bref. Ce format facilite l’appropriation : on pioche une carte, on l’essaie dans une phrase, on ajuste. L’apprentissage devient manuel et rapide : moins d’explications, plus d’essais.
Une carte = 4 blocs lisibles au premier coup d’œil :
🎭 Figure | 🧠 Définition | 🎯 Effet | ✍️ Exemple bref
Ce format change la posture : on pioche, on combine, on essaie.
Une liste n’est utile que si elle vit. Avant d’écrire, on choisit une intention (convaincre, toucher, rythmer) et on sélectionne 1 à 2 figures adaptées. Pendant la rédaction, on vise l’effet plutôt que l’étiquette : l’antithèse sert au contraste, l’anaphore au martèlement, la métaphore à l’image. Après coup, on coupe ce qui n’aide pas le sens. La bonne figure clarifie, elle ne cache rien.
Règle d’or : une figure doit servir l’idée. Si elle détourne l’attention, on coupe.
o
Exemples-guides (courts et parlants)
a) Tirage ciblé. On fixe un objectif (“rendre une description plus vive”), on pioche deux cartes compatibles (métaphore + accumulation), on réécrit une phrase plate.
b) Diagnostic express. Après lecture d’un texte, on pose sur la table les cartes correspondant aux figures repérées ; on discute de leur utilité réelle.
c) Escalier stylistique. À partir d’une phrase neutre, on monte trois marches : ajout d’une comparaison, puis d’une anaphore, puis d’une gradation. On entend le rythme se construire.
Relire, c’est poser trois sous-titres imaginaires au-dessus du texte : Idée, Effet, Nettoyage. L’idée vérifie la cohérence, l’effet vérifie la présence d’un levier stylistique utile, le nettoyage supprime le superflu. Cette routine fonctionne aussi bien pour un devoir, un article, une présentation, un post de blog.
Les cartes servent en classe (collège, lycée), en atelier d’écriture, en communication ou en prise de parole. L’écrivain débutant y trouve des déclencheurs ; l’auteur confirmé, des rappels ; l’enseignant, des supports concrets pour montrer, faire essayer, faire comparer.
On gagne du temps en créant une mini-liste de 6 à 8 figures que l’on maîtrise vraiment selon ses besoins. Par exemple : métaphore (image), antithèse (contraste), anaphore (rythme), gradation (intensité), euphémisme (diplomatie), métonymie (brièveté), parallélisme (équilibre). Mieux vaut bien jouer avec peu que mal gérer une encyclopédie.
Choisir. On déclare l’intention et on sélectionne la figure la plus utile.
Essayer. On rédige deux variantes courtes et on écoute laquelle “tient”.
Couper. On retire ce qui fait joli mais n’aide pas. Cette discipline crée des textes plus denses, plus lisibles, plus convaincants.
⬇️⬇️⬇️
Le quartier respire [métaphore] au lever, les volets bâillent [personnification], la boulangerie allume sa lune [métaphore] au-dessus des croissants. Je passe, je hume, je reste [anaphore] ; la rumeur monte, enfle, déborde [gradation]. On parle bas et haut [oxymore], on rit de rien et de tout [antithèse]. À chaque pas, la rue se rappelle mon nom [personnification].
Ce que ça produit : image globale et mouvante, rythme qui accélère puis ouvre sur l’intime.
Ses mains sont une carte et une boussole [métaphores], le cuir grince : un orchestre de gestes [métonymie + métaphore]. Il tire, il tourne, il taille [parallélisme], jusqu’à faire naître une chaussure qui marche déjà [personnification]. Du cuir, du fil, du temps [accumulation] : trois mots, une vie [antithèse ramassée].
Effet : ancrage matériel + symbole, précision concrète sans lourdeur technique.
Moins d’écrans, plus de regards [antithèse]. Regarder pour écouter, écouter pour comprendre [chiasme]. On gagne du temps ; on retrouve du silence [parallélisme]. Ce n’est pas un renoncement [litote] : c’est un espace rendu au réel [périphrase].
Effet : slogan mémorisable, tension calme entre modernité et sobriété.
Sous le souffle sourd, la ville serre ses toits [allitération en s], ô l’orage haut et lourd [assonance en o]. Une clarté noire glisse au bord des vitres [oxymore] ; la pluie écrit, rature, réécrit [gradation] les trottoirs. Silence. Puis le tonnerre parle [personnification].
Effet : musicalité + images sensorielles, progression dramatique.
Magnifique ! Vous n’avez que quarante minutes de retard [antiphrase]. Ce n’est pas comme si nous commencions à l’heure [litote]. La ponctualité, cette légende urbaine [périphrase ironique], vous la réinventez chaque jour.
Effet : pointe mordante sans agressivité frontale.
Le dossier n’a pas rencontré le succès espéré [euphémisme] ; quelques ajustements s’imposent [litote]. Reprenons souffle, reprenons cap [parallélisme] : l’idée reste solide, le timing ne l’était pas [antithèse].
Effet : amortir, préserver la dynamique, cadrer la suite.
Je garde vos chuchotis et vos tempêtes [prosopopée]. Je prête des voix aux livres muets [métaphore]. Revenez me perdre du temps [antiphrase tendre] : je sais le retrouver [antithèse].
Effet : attachement affectif à un lieu, invitation implicite à lire.
Brute. La mer est agitée.
Image. La mer mâche la grève [personnification].
Image + rythme. La mer mâche, recrache, remâche la grève [gradation + personne.].
Effet : montrer comment on amplifie sans verbiage.
“Léger sans lâcher.” [paronomase]
Le sac qui retient l’essentiel et libère l’épaule [antithèse + parallélisme]. D’abord le geste, ensuite le poids [chiasme discret].
Effet : mémorisation sonore + promesse claire.
Je pèse mes mots, ils me pèsent [chiasme]. Je dis peu, tu entends tout [antithèse]. Ce n’est pas rien [litote], c’est nous [synecdoque affective]. Parler pour ne pas se taire [paradoxe léger] ; taire pour laisser parler le regard [antimétabole].
Effet : intimité, tension douce, circularité.
Base : Le coureur avance.
→ Comparaison : Le coureur avance comme un arc bandé.
Métaphore : Le coureur est un arc bandé prêt à claquer.
→ Anaphore + gradation : Il avance, il s’étire, il jaillit.
Allitération : Il jaillit, jette ses jambes, joue la ligne.
→ Clôture antithétique : Il va vers l’arrivée et repousse le temps.
Effet : démonstration de montage progressif sans perdre le sens initial.
“Boire un verre” [métonymie : contenant pour contenu] ; “Des mains au balcon” [synecdoque : partie pour tout]. Dans les deux cas, on remplace pour viser juste : l’un cadre le lien, l’autre la portion.
Effet : clarification ultra-condensée.
— C’est clair comme la boue [oxymore].
— Justement : plus c’est trouble, plus on cherche [parallélisme].
— Chercher pour trouver, trouver pour chercher mieux [chiasme].
— Et si on commençait par couper ? [ellipse annoncée]
— Couper pour dire [antithèse d’action] : voilà une belle économie [métaphore comptable].
Effet : pédagogie agile, humour sec, principes d’écriture en action.
Idée : Annoncer une décision impopulaire avec tact.
Effet : trois habillages selon le public et le moment.
Deux outils concrets pour piloter la qualité sans alourdir vos équipes Un système qualité n’avance…
Un chantier se gagne souvent avant même l’arrivée des équipes. Quand tout est clair dès…
Le mariage a du sens quand il repose sur une décision libre, mûrie et partagée.…
Une étude de cas réussie commence par une structure sûre. Ce modèle Word vous guide…
Les soft skills se repèrent vite sur une fiche, mais elles ne pèsent vraiment que…
Outil de comparaison et repérage des offres étudiantes Choisir des verres progressifs ressemble rarement à…
This website uses cookies.