Dans un EHPAD, la qualité d’un après-midi se joue parfois sur une simple feuille posée près du chariot de musique. La fiche d’animation en EHPAD est le levier discret qui transforme un créneau en moment vécu, partageable par l’équipe, lisible par la famille, traçable pour la continuité des soins non médicaux.
D’abord à régler la focale. Une personne, un groupe, un lieu, un horaire, un effet attendu. La fiche crédite l’atelier d’une intention claire (apaiser la fin de journée, stimuler la mémoire, sécuriser le lever-assis) et l’inscrit dans le projet de vie : ce que l’animation apporte ici et maintenant, sans se confondre avec le soin. En un coup d’œil, l’équipe repère le contexte (unité, GIR, aides techniques), les repères sensoriels (sons, odeurs, lumières), les vigilances (fatigabilité, risque de chute, refus possibles) et la logistique (matériel prêt, plan B). La feuille devient cap et boussole.
Entre deux transmissions, chacun doit comprendre qui fait quoi, pour quoi, et quand on estime que c’est réussi. La fiche offre ce langage commun : verbes d’action simples, durées réalistes, consignes brèves, deux indicateurs maximum (un d’effet — présence, sourire, échange de qualité ; un d’effort — durée tenue, nombre d’essais). Cette sobriété n’est pas un manque, c’est une méthode : moins de texte, plus d’alignement.
La feuille n’existe pas pour empiler des cases. Elle réchauffe le jugement en laissant la bonne empreinte : un comptage frugal, une appréciation d’ambiance (☹︎/→/☺︎), une photo ou un mot pour la famille. À la prochaine réunion courte — la fameuse revue du jeudi — la décision devient évidente : prolonger, ajuster, clôturer. Rien d’indéfini ; l’action est finissable, évaluable, assignée.
Parler de bientraitance, c’est bien ; la mettre en forme au quotidien, c’est mieux. La fiche d’animation protège l’essentiel : le geste juste au bon moment. Elle relie l’animation, l’hôtellerie et les soignants, sans diluer les rôles. Elle crédite les personnes — résidents comme professionnels — de prénoms et de responsabilités, pas seulement de fonctions. Elle inscrit la relation dans une mémoire courte (ce qui a marché aujourd’hui) et une mémoire longue (ce qui a fait ses preuves au fil des semaines).
Ni un roman, ni un ticket d’entrée à la paperasse. Pas un substitut à la présence, mais une assise pour mieux être présents. Pas une chasse à la performance, mais une garantie d’intention et de suivi. Quand la feuille devient envahissante, c’est qu’elle a été mal conçue ; quand elle disparaît, c’est que l’équipe a perdu un fil conducteur.
Neuf heures vingt, la veille d’un atelier. Le chariot de musique est prêt, les bâtons mousse aussi. Dans le classeur, une page attend : la fiche d’animation. Ce n’est pas une formalité. C’est le document qui oriente, coordonne et laisse une trace – sans voler du temps à la relation.
La fiche d’animation bien conçue n’empile pas des cases : elle règle la focale. Une personne, un groupe, un lieu, un horaire, un effet utile. Ce qui compte n’est pas de “faire une activité”, mais de provoquer un bénéfice observable – sourire, présence, échange, geste retrouvé.
Langage d’animation assumé : axes motrices, cognitives, sensorielles, socioculturelles ; repères biographiques ; vigilances (chute, fatigue, refus) ; consentements. La fiche articule ces éléments pour que l’équipe, même en relève courte, sache quoi faire et pourquoi.
1) L’en-tête qui pose le décor.
Deux lignes suffisent pour situer la scène : date, créneau, lieu, qui anime et avec qui. Le lecteur voit aussitôt la taille du groupe, le niveau d’aide (GIR), les appuis techniques. Ex. : “Jeudi 10–11 h, salon 1er, B. Saïd, 8 résidents GIR 3–5, 3 fauteuils.”
2) L’intention qui oriente l’énergie.
Plutôt qu’un thème vague, un résultat proche et vérifiable : ce que l’atelier doit produire ici et maintenant. Ex. : “Relancer le chant commun ; viser au moins un échange qualité par personne.”
3) Le scénario qui tient la route.
Un échauffement court, une ou deux séquences principales, un retour au calme. Des verbes, des durées réalistes, pas de roman. Ex. : “Échauffement 10’, passes ballon 10’, chant 12’, calme 5’.”
4) Les vigilances qui sécurisent.
Ce que l’équipe doit savoir avant d’entrer : risque de chute, fatigue rapide, refus possibles, plan B prêt. Ex. : “Fauteuils freinés ; si refus de chanter → écoute passive + photo souvenir.”
5) La mesure qui éclaire sans peser.
Un indicateur d’effet et un d’effort : juste assez pour décider de la suite. Ex. : “Présence 7/8 ; participation bonne ; assis-debout ×5 pour 4 personnes.”
6) La transmission qui fait mémoire.
Une phrase chaude, une suite concrète, un signe à la famille si utile. Ex. : “Chorale très engageante ; refaire vendredi ; paroles en police 20 ; photo envoyée au fils.”
En six pas, la fiche cesse d’être un formulaire : elle devient un fil conducteur. Chaque brique réduit l’hésitation, protège le temps de présence et laisse une trace qui aide la prochaine équipe.
Le même atelier ne produit pas le même effet selon le profil sensoriel et la fatigabilité. La fiche aide à calibrer :
Cette granularité n’est pas du luxe : elle évite le bruit et concentre l’attention sur ce qui déclenche réellement l’adhésion.
Tout mesurer fatigue ; bien mesurer libère. Deux niveaux suffisent.
Hydratation d’été, salon 1er étage
Intention : atteindre 6 verres/jour chez la moitié du groupe. Dispositif : tisane 16 h, comptage visuel partagé, chanson-rituel de fin. Effet observé : 5/8 à l’objectif, ambiance ☺︎, zéro incident. Suite : conserver la tisane, ajouter verres à pictos.
Apaisement vespéral
Intention : réduire les allées-venues après le dîner. Dispositif : lumière douce, lecture à deux voix, écoute passive possible. Effet : sonnette divisée par deux, endormissement plus rapide. Suite : maintenir trois soirs/semaine, créer playlist courte.
Ré-accrochage social du week-end
Intention : relancer l’envie de participer le samedi. Dispositif : “valeurs sûres” (chants 60’s, film ancien), binômes affinitaires. Effet : 6/8 présents, deux sourires notés avec photo envoyée à la famille. Suite : renouveler le binôme, prévoir paroles agrandies.
Sept minutes suffisent, montre posée près du cahier. Tour des feux (vert/ambre/rouge), décision simple (prolonger, ajuster, clôturer), message famille si besoin. Cette liturgie brève évite l’empilement : chaque fiche a une fin, un apprentissage, un responsable – pas “le service”, mais une personne nommée.
Au fond 😉
la fiche d’animation oriente une présence, pas une paperasse. Elle met d’accord des métiers, des tempos, des sensibilités. Elle protège l’essentiel – le geste juste, au bon moment – et donne de la mémoire au quotidien. Le jour où l’équipe compare deux fiches côte à côte et dit : « celle-ci a vraiment changé l’ambiance », le document a rempli sa mission. Le prochain créneau peut commencer.
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