Télécharger un modèle Word Fiche d’action EHPAD ⬇️
On parle souvent de « projet de vie » ; on parle moins de la mécanique fine qui le rend tangible, visible, partageable. La fiche d’action en EHPAD n’est pas une feuille de plus : c’est le contrat opérationnel qui relie une intention (ce que l’on veut mieux faire pour une personne) à une attention concrète, datée, portée par des noms et des gestes. Bien tenue, elle change l’ambiance d’un couloir, l’énergie d’une relève, la qualité d’un appel famille.
Une fiche d’action EHPAD n’existe vraiment que lorsqu’elle change quelque chose de concret : au bon moment, pour la bonne personne, avec les bons intervenants. Elle doit pouvoir se terminer (on sait quand c’est fini), se mesurer (un repère ou deux suffisent) et se porter (un référent clairement désigné, des appuis identifiés). Voilà le langage simple et structurant des équipes qui avancent ensemble.
Grammaire minimale :
La relève se joue en minutes. La fiche efficace parle clair, bref, visuel :
1) Hydratation estivale
Raison d’agir : verres insuffisants l’après-midi.
Action : « Proposer un verre à 10 h, 12 h, 16 h ; varier eau/tisane/jus léger ; verbaliser l’objectif (“on vise 6 verres, on coche ensemble”). »
Indicateur : verres/jour (objectif 6) + note rapide « fatigue après-midi ».
Revue : jeudi, 17 h, avec le fils (appel programmé).
2) Apaisement vespéral
Raison d’agir : agitation après le dîner.
Action : « Créer une routine basse lumière : lecture 20 min, musique douce, boisson tiède ; limiter les allées-venues et prévenir l’équipe. »
Indicateur : temps d’endormissement estimé ; nombre d’appels sonnette après 21 h.
Vigilance : refus ponctuel → plan B (vidéos de jardinage, album photos).
3) Ré-accrochage social
Raison d’agir : retrait le week-end.
Action : « Inscrire à deux activités “valeur sûre” (chants 60’s, film ancien) ; duos affinitaires ; photo souvenir pour la famille. »
Indicateur : présence/absence ; “moment qualité” (oui/non + mot clé).
Clôture : 4 semaines avec photos-bilan envoyées.
Mesurer n’est pas « compter pour compter » ; c’est donner à l’équipe un thermomètre discret qui éclaire l’action sans lui voler son temps ni sa chaleur humaine. La trace dite froide—une case cochée, un chiffre sobre, un court commentaire—devient chaleureuse lorsqu’elle permet, en relève, de voir ce qui progresse, ce qui piétine, ce qui mérite un détour. L’enjeu n’est pas d’empiler des colonnes, mais de capter le minimum utile : un indicateur d’effet (a-t-on obtenu ce qui était visé ?) et un indicateur d’effort (qu’avons-nous réellement fait ?). Tenus avec régularité et parcimonie, ces repères posent un langage commun, apaisent les débats, et autorisent des arbitrages rapides—sans sacrifier le temps de présence auprès de la personne. En somme, une mesure juste, lisible, partagée : assez froide pour être fiable, assez chaude pour guider des décisions humaines.
Deux axes suffisent par fiche :
On affiche vert/ambre/rouge (pas d’échelle infinie), on garde un commentaire frugal (une raison, une idée). La fiche ne remplace pas le soin ; elle coordonne le non-médical et structure les transmissions.
Le terrain impose des virages :
Le meilleur endroit est la reprise de souffle d’équipe (7–12 minutes, montre en main). On fait :
La direction voit moins de paperasse, plus de cohérence : chaque action a un responsable, un horizon, des effets lisibles. Et la bientraitance change d’échelle : elle devient organisée.
Construisez une bibliothèque d’actions (hydratation, apaisement, socialisation, repères sensoriels, lien famille). Capitalisez les formats qui marchent (deux colonnes, grand pictogramme, échelle courte). Archivez 90 jours puis synthétisez (trois leçons à garder). Et surtout, montrez : un panneau interne qui expose deux fiches réussies vaut mieux qu’un mémo de plus.
La fiche d’action EHPAD dépasse le formulaire à remplir et devient une promesse tenue. Elle donne de l’épaisseur au projet de vie, sécurise les gestes du quotidien et fabrique de l’alignement entre soignants, animation, hôtellerie, familles. Une intention bien écrite devient une attention bien portée. Et cela se voit — dans les chiffres modestes comme dans les sourires.
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Mardi, 10 h. Relève expresse : sept minutes, montre posée près d’un mug tiède. Sur la table, trois fiches d’action, bord supérieur corné, comme des tickets prioritaires. On lit, on hoche la tête, on se répartit. Pas de grand discours : une situation, un effet utile, une date-cible. Dans le bruit feutré des protocoles et des bonnes intentions, la fiche joue l’anti-brouillard : elle ramasse l’instant, passe du « il faudrait » au « on fait ». Et pour preuve, rien de théâtral : un petit comptage, une photo agrafée, une signature lisible. Deux prénoms, un geste concret, un horizon précis. Ça tient sur une page, et ça tient l’équipe.
Dans le quotidien d’un EHPAD, la confiance ne se décrète pas, elle se fabrique. Une fiche d’action EHPAD bien tenue n’ajoute pas de bruit ; elle rend visible le soin non médical : hydratation atteinte cinq jours sur sept, agitation vespérale en baisse, parcours chambre-salon sécurisé. Rien d’exotique. Mais parce que c’est lisible en dix secondes par quelqu’un qui n’était pas là hier, l’équipe s’en empare. Cette petite monnaie de la preuve consolide les transmissions et réduit la tentation de “réexpliquer” sans fin.
On parle beaucoup de gouvernance clinique ; la fiche d’action invente, à sa manière, une gouvernance de couloir. Une poignée de micro-décisions, prises au plus près des résidents, deviennent arbitrables : oui/non, go/no go, ajuster ou arrêter. L’IDEC n’a plus besoin de porter seule l’obsession de l’exécution ; AS, ASG, AMP, hôtellerie, animation se reconnaissent copropriétaires d’un résultat concret, daté, opposable. On quitte la réunion-roman pour le paragraphe-preuve.
Le design n’est pas décoratif. Une page, pas davantage ; une ligne pour l’effet utile (formulé côté résident), une ligne pour l’indicateur maigre, une ligne pour la fenêtre temporelle. Ce dépouillement oblige à la précision. Écrire “chanter deux refrains par séance” n’a pas la même qualité d’engagement que “favoriser la convivialité”. La première formulation attend un comportement observable, la seconde s’épuise dans le commentaire. La fiche d’action réintroduit la rigueur par la mise en page.
On sous-estime combien la qualité du texte influe sur la qualité de l’action. Réécrire côté vécu change la dynamique : “réduire la crainte de trébucher entre la chambre et le salon” oriente le dispositif (tapis fixés, marche assistée, lumière nuit) et clarifie la mesure (zéro incident en sept jours). À l’inverse, “sécuriser les circulations” dilue tout. La fiche exige un français opérationnel : court, concret, daté.
Nos dashboards regorgent de courbes, mais la relève a besoin de signaux frugaux. Un compteur binaire (atteint / non atteint), un avant/après photographique, un tracé à main levée sur quatre semaines suffisent souvent à piloter. Cette frugalité n’est pas un renoncement ; c’est un choix de pilotage adapté aux rythmes de l’établissement. On garde l’analytique lourd pour les CREX ; on réserve à la fiche d’action la vitesse de lecture.
Le binôme opère la translation du papier vers le geste. Associer ASG + animatrice, ou hôtellerie + IDEC, n’est pas un artifice de signature : c’est une promesse d’exécution croisée. L’un voit, l’autre ajuste ; l’un alimente la main courante, l’autre réinscrit dans la revue hebdo. Le binôme existe, la fiche respire ; le binôme s’effrite, la fiche se transforme en artefact.
La force du dispositif tient à son tempo. Sept minutes en relève pour trois fiches, c’est volontairement serré : on décide, on n’argumente pas. Quinze minutes le vendredi, revue visuelle : ce qui marche, on réplique ; ce qui stagne, on re-cadre ; ce qui échoue, on arrête. Deux fiches réussies par mois remontent au CVS : la mémoire courte alimente la mémoire longue, et les familles voient des preuves et non des promesses.
Le vrai tournant ne vient pas du papier, mais des habitudes. Quand l’équipe se l’approprie, la fiche n’est plus un formulaire subi : c’est le moment où l’on s’engage ensemble : elle devient une scène d’engagement. On y tente quelque chose mardi, on corrige jeudi, on confirme vendredi. L’erreur n’y est pas une faute, c’est un repère ; le progrès n’est pas un slogan, c’est une trace.
Au fil des semaines, ce petit format installe une économie de gestes (ce qu’on fait vraiment), une sobriété de langage (des phrases qui agissent), et des indicateurs lisibles (qu’on comprend en dix secondes). Rien de spectaculaire, mais un haut pouvoir de transformation, parce qu’on avance à petit débit, ensemble, et que chaque pas laisse une preuve douce. La bonne fiche, au fond, est celle qu’on termine. Elle a une date, un résultat, une décision simple : répliquer, adapter, arrêter. Et si l’idée revient un mois plus tard sous une forme plus juste, c’est le signe qu’une équipe vivante a pris le relais du document.
On reconnaît une fiche d’action mûre à sa capacité à finir. Une date, une preuve, une décision. Répliquer, adapter, arrêter. Rien n’interdit de retrouver, un mois plus tard, la même idée, mieux formulée. C’est le cycle normal d’un outil vivant. Entre la procédure qui rassure et l’improvisation qui épuise, la fiche d’action trace une troisième voie : un contrat minute avec le réel — et la courtoisie de montrer que le réel, parfois, a gagné.
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