« Ateliers Boréal SAS » regroupe quatre unités représentatives d’un site industriel mixte : découpe/emboutissage, emballage, bureaux et quai d’expédition. Le DUERP a été élaboré sur une trame Word colorée et un classeur Excel structuré, afin d’allier lisibilité à l’impression (N&B) et exploitation opérationnelle (cotation, priorisation, suivi). Le périmètre couvre 85 CDI, 6 CDD et 9 intérimaires, avec interaction régulière de prestataires (maintenance, nettoyage, transport).
Démarche retenue
La méthode suit la séquence identifier → évaluer → décider → vérifier :
Inventaire par unité de travail : description factuelle des situations d’exposition, populations concernées (jeunes, travail de nuit ponctuel, co-activité) et interfaces (maintenance, logistique, visiteurs).
Évaluation S×P : Gravité (S) et Probabilité (P) sur 1–5, calcul du niveau de risque R = S×P dans le tableur, et priorisation (Élevée/Moyenne/Faible). Chaque cote est justifiée par des observations (mesures de bruit, incidents, quasi-accidents, analyses ergonomiques).
Ces expositions couvrent l’éventail classique atelier-logistique-tertiaire et imposent des réponses différenciées, combinant protections collectives et organisation.
Mesures arrêtées (exemples représentatifs)
Ingénierie / sécurité machine : capotage interverrouillé de la scie L3, ajout d’un arrêt d’urgence, essais fonctionnels et PV de réception.
Circulation : barrières et miroirs d’angle au quai, plan de circulation révisé.
Bruit : étude de substitution machine, capotage acoustique, entretien des outillages, protections auditives moulées (programme > 95 % d’équipement).
Manutention : aides mécaniques (tables élévatrices), binômes, limites de charge, formation gestes et postures.
Produits : substitution solvants à l’étude, ventilation localisée, stockage/étiquetage conformes, information FDS.
Chaque mesure est ancrée dans un plan d’action assorti d’un responsable, d’une date et d’une preuve (photos, registres, PV CSSCT/CSE).
Gouvernance et dialogue social
Le DUERP a été présenté :
en CSSCT (15/09) : avis favorable sous réserve de l’installation du capotage et de l’arrêt d’urgence sur L3 ; réponse employeur : acceptée avec planification S46.
en CSE (28/09) : priorité aux TMS en emballage ; accord actant l’achat d’aides mécaniques. Les références de PV sont intégrées au document, garantissant la lisibilité des arbitrages.
Suivi, indicateurs et preuve
Le tableur fournit un tableau de bord (0_Resume) agrégeant :
Nombre de risques inventoriés, évaluations complètes, R≥16.
Actions (ouvertes, en cours, clôturées, taux de clôture).
Alertes : risques sans justification malgré saisie S/P, actions en retard (échéance passée, statut ≠ clôturée). Ce dispositif oriente les revues mensuelles et les restitutions trimestrielles au CSE/CSSCT.
Tenue documentaire et mise à jour
Le registre des versions (v1.0 → v1.1) consigne les motifs (extension quai, sécurisation L3) et les validations. La diffusion est encadrée (intranet Qualité + PDF signé, accès restreint, durée de conservation de 5 ans pour les versions majeures). Les annexes (mesures bruit, plans de circulation, photos avant/après) assurent la preuve.
Résultats attendus et points de vigilance
Réduction du risque machine (L3) par barrières techniques et procédure d’accès.
Diminution des TMS via aides mécaniques et organisation des charges.
Maîtrise du bruit par actions combinées (ingénierie + EPI moulés + pauses dédiées).
Accidentologie circulation : baisse attendue grâce à la séparation des flux et aux miroirs d’angle.
Vigilance : maintenir la cotation à jour après chaque changement (process, effectifs, événements) et documenter la justification pour toute variation S/P/R.
Enseignements
Trois leviers font la différence :
une rédaction “à hauteur d’atelier” (situations précises, preuves tangibles) ;
un pilotage par la preuve (indicateurs, tableaux, alertes) ;
un dialogue social utile (avis tracés, réponses motivées, engagements datés).
Le DUERP d’Ateliers Boréal montre qu’un modèle Word sobre, adossé à un tableur outillé, peut devenir un véritable système de management de la prévention : lisible, traçable, et surtout opérant sur le terrain.
Phase 1 — Stabilisation documentaire (Semaine 1 à 3) Vérification croisée des unités de travail, verrouillage des styles Word, indexation des pièces probantes (mesures bruit, photos L3, plans de circulation). Paramétrage des champs automatiques (version, date, pagination) et insertion des signets/renvois entre évaluation et plan d’action.
Phase 2 — Mise en œuvre prioritaire (Semaine 4 à 8) Traitement des risques classés à priorité élevée : capotage interverrouillé L3, barrières et miroirs au quai. Réunions de coordination hebdomadaires (30 min) avec procès-verbal succinct et point d’avancement conforme au plan d’action.
Phase 3 — Consolidation et preuves (Semaine 9 à 12) Collecte systématique des preuves de réalisation (PV de réception, registres de formation, clichés “avant/après”). Mise à jour du DUERP (v1.2) et transmission au CSSCT pour constat contradictoire.
Phase 4 — Boucle d’amélioration (trimestrielle) Revue globale des cotations à la lumière des changements (procédés, effectifs, incidents), réajustement des priorités, archivage des annexes expirées.
Technique : PV de réception, fiches de contrôle, rapports de mesure.
Organisationnelle : procédures datées, feuilles de présence, listings d’habilitation.
Visuelle : photographies datées, plans annotés. Le DUERP renvoie à ces pièces via renvois Word et références d’annexes (A, B, C…), ce qui évite les incohérences et facilite la vérification.
Dialogue social : méthode et rythme
CSSCT : point mensuel de 20 minutes, recentré sur les écarts critiques et les actions en retard.
CSE : bilan trimestriel ; présentation des indicateurs (risques majeurs, taux de clôture, incidents).
Retour d’expérience : une page synthétique par événement significatif (faits, causes, décisions, preuve d’efficacité).
Formation et ancrage terrain
Cible ateliers : consignes de sécurité machine, consignation, manutention assistée.
Cible bureaux : réglages de poste, micro-pauses, organisation des pics d’activité.
Format : micro-modules de 30 minutes, fiches “une page” rattachées au DUERP, émargement et quiz court.
Mesure d’efficacité : contrôle sans écart à J+30, indicateurs TMS et quasi-accidents à 3 mois.
Points de vigilance
Capotage L3 : ne pas se limiter à l’installation ; exiger l’essai fonctionnel et le verrouillage documenté.
Circulation mixte : la barrière n’est “efficiente” qu’adossée à un plan de circulation mis à jour et à un brief chauffeurs.
La force du dispositif tient à la cohérence : constat de terrain → cotation justifiée → mesure hiérarchisée → action datée → preuve → révision. En combinant document Word structuré et tableur à indicateurs, Ateliers Boréal fait du DUERP un outil de management plutôt qu’un simple registre : il aligne la technique, l’organisation et le dialogue social sur un même objectif, la réduction tangible des expositions.
DUERP : cadre opérationnel et opposable
Vous trouverez ci-après un cadre général — transposable à d’autres sites, métiers et organisations — élaboré à partir du cas « Ateliers Boréal », mais débarrassé de ses spécificités afin de servir de référence DUERP dans des contextes variés.
1) Principes structurants (invariants)
Finalité : protéger la santé/sécurité par des décisions traçables et vérifiables, pas seulement « documenter ».