La checklist achat devient un instrument de pilotage aussi simple qu’efficace. Elle met tout le monde d’accord — demandeurs, acheteurs, qualité, finance — sur ce qu’il faut faire, quand et par qui, du besoin initial jusqu’au paiement. Voici un guide opérationnel pour construire, déployer et faire vivre une checklist achat performante, avec des repères directement exploitables dans votre organisation.
Pourquoi une checklist achat en entreprisechange la donne
Une bonne checklist :
Réduit les oublis (mentions légales, validations, clauses critiques).
Accélère les cycles en clarifiant le chemin critique (qui fait quoi, à quelle échéance).
Diminue le risque (anticorruption, conflits d’intérêts, conformité RGPD/sanctions).
Normalise la qualité de réception (3-way match BC/BL/Facture).
Crée de la donnée pour vos KPI (OTD, taux de NC, économies, respect des Incoterms).
Vous gagnez en fiabilité sans alourdir la charge : la checklist est le standard léger qui consolide vos pratiques.
Périmètre et structure d’une checklist achat en entreprise
Une checklist efficace couvre six blocs, dans l’ordre logique du processus :
Besoin & cadrage : expression du besoin, budget, cahier des charges, validation de la demande d’achat.
Sourcing : RFI/RFQ, shortlist, NDA, évaluation des risques fournisseurs.
Traçabilité : numéroter BC/BL/Facture, référencer les versions de documents.
Boucle de RETEX : formaliser les leçons apprises et mettre à jour la checklist.
Sélection fournisseurs : la grille pondérée qui tranche les débats
Remplacez les débats subjectifs par une grille de notation simple (1–5) et pondérée :
Prix (TCO) 35 %
Qualité / Taux de NC 25 %
Délais / OTD 20 %
Service & SAV 10 %
RSE & conformité 10 %
Attribuez un score par critère et par fournisseur, puis calculez un score pondéré et un classement. Vous obtenez une décision justifiable, traçable, et réplicable. Ajustez librement les poids selon votre secteur (par ex. RSE plus élevé en achat public/CSR).
3-way match : verrouiller la conformité avant paiement
Le 3-way match consiste à rapprocher :
BC (Bon de Commande) : ce qui a été commandé.
BL (Bon de Livraison) : ce qui a été reçu.
Facture : ce qui est facturé.
Les montants et quantités doivent converger. En cas d’écart (quantité, prix, TVA), le paiement est bloqué jusqu’à résolution. Ce contrôle simple protège votre trésorerie et empêche les dérives de prix ou les erreurs de facturation.
Risques & conformité : les contrôles clés
Intégrez des points de contrôle, avec statut OK/NOK/N/A et preuve associée :
Anticorruption (cadeaux/invitations, sponsoring).
Conflits d’intérêts (déclarations formelles).
KYC/solvabilité (notes financières, encours).
Sanctions/embargos (listes actualisées).
RGPD & CNIL (données fournisseurs).
HSE/REACH/ROHS si matières ou produits réglementés.
Clauses éthiques/RSE signées et opposables.
Ces contrôles renforcent votre contrôle interne achats et soutiennent la stratégie achats responsables.
KPI achats : mesurer pour progresser
Priorisez un socle court, actionnable :
Progression de la checklist = items « Fait » / (Total – N/A).
OTD (On-Time Delivery) : livraisons à l’heure / livraisons totales.
Taux de NC : non-conformités / réceptions.
Économies : budget initial – prix négocié (ou prix référence – prix obtenu).
Couverture contractuelle : % de commandes sous contrat/cadre.
Pilotez ces KPI par famille d’achats (indirects, CAPEX, services) pour mieux cibler vos plans d’actions.
Sélection fournisseurs : poids paramétrables, scores 1–5, calcul de score pondéré et classement.
Réception & 3WM : colonnes BC/BL/Facture, calcul d’écarts et du TTC, indicateur de concordance.
Risques & conformité : contrôles clés OK/NOK/N/A avec preuves et échéances.
KPI & suivi : progression automatique, zones de saisie pour OTD/NC/économies.
Mode d’emploi — Checklist Achat
Objectif Standardiser vos achats du besoin initial jusqu’au paiement, en assignant un responsable, une échéance et une preuve à chaque étape.
1) Avant de commencer
Dupliquez le classeur pour votre dossier d’achat.
Adaptez les intitulés d’étapes et ajoutez/supprimez des lignes si nécessaire.
Définissez la RACI (qui fait quoi) et vos seuils d’approbation.
2) Remplir l’onglet « Checklist »
Pour chaque Item : indiquez Responsable, Échéance (jj/mm/aaaa), Preuve/Lien et Statut = À faire / En cours / Fait / N/A.
Les retards (échéance passée sans « Fait ») se surlignent automatiquement.
Filtrez par Responsable ou Statut pour piloter vos actions du jour.
3) Sélection fournisseurs (grille pondérée)
Ajustez les Poids (%) des critères (Prix, Qualité, Délais, Service, RSE).
Notez chaque fournisseur de 1 à 5 par critère.
Le Score pondéré et le Classement se calculent automatiquement → décision traçable.
4) Réception & 3-Way Match (BC/BL/Facture)
Renseignez Quantités, Montants, TVA, Dates BL.
L’Écart (Qté) et le TTC sont calculés ; la colonne Concordance indique OK/Écart.
Règle : pas de BAP/paiement tant que des écarts ne sont pas résolus.
5) Risques & conformité
Pour chaque contrôle (anticorruption, conflits d’intérêts, sanctions, RGPD, RSE…), fixez Statut = OK/NOK/N/A, une Preuve, un Responsable et une Échéance.
Traitez en priorité les NOK avant émission du BC ou du paiement.
Après la mise en place de la checklist et du classeur, cette suite vous aide à industrialiser la pratique : clarifier les rôles, verrouiller les contrôles, structurer les rituels, et outiller la mesure de performance.
1) Micro-SOP par étape (quoi, qui, preuve, seuil)
Besoin & cadrage
Action : formaliser l’expression du besoin (fonctionnel + contraintes).
Qui : Demandeur (validation N+1).
Preuve : CdC versionné, centre de coûts, enveloppe budgétaire.
Seuil : si > X €, avis Finance obligatoire.
Sourcing
Action : RFQ vers ≥3 fournisseurs qualifiés, NDA si sensible.