Le First Pass Yield (FPY) et le Rolled Throughput Yield (RTY) sont deux indicateurs essentiels pour piloter la qualité d’un flux multi-étapes. Le FPY mesure, étape par étape, la part d’unités qui passent du premier coup sans reprise. Le RTY mesure le rendement cumulé de bout en bout : la probabilité qu’une unité traverse toutes les étapes sans aucun défaut ni retouche.
FPY et RTY vous disent où vous perdez des pièces, combien cela coûte, et par quelle action rétablir la performance (poka-yoke, standardisation, SPC, formation, etc.). Cet article élargit la théorie, montre comment les calculer, comment les lire, et comment s’en servir pour animer l’amélioration continue — avec un modèle Excel robuste pour démarrer immédiatement.
1) Définitions rapides
FPY (First Pass Yield) d’une étape i
C’est un taux de “bon du premier coup” à l’étape considérée (les reprises ne comptent pas comme “premier coup”).
RTY (Rolled Throughput Yield) – deux façons usuelles :
Produit des FPY (classique)
Approximation Poisson via DPU (défauts par unité)
Cette méthode “voit” les multi-défauts sur une même pièce (utile quand une unité cumule plusieurs défauts).
À retenir : le RTY (produit des FPY) mesure la probabilité “zéro reprise” via les unités KO par étape ; le RTY (Poisson) mesure la même probabilité via le nombre total de défauts (et est souvent légèrement plus bas si une unité peut porter plus d’un défaut).
2) Exemple chiffré (lecture opérationnelle)
Imaginons 5 étapes successives avec takt stable et 1000 pièces entrantes à chaque étape :
Lecture : Les deux RTY sont élevés mais pas au niveau “classe mondiale”. L’écart (≈ 2,6 points) indique présence de multi-défauts. Priorité aux étapes où DPU et/ou FPY sont les plus défavorables (ici, Découpe & Assemblage).
3) Quand utiliser quelle méthode ?
Produit des FPY : simple, intuitif, suffisant quand on suit déjà les unités KO par étape.
Poisson (DPU) : utile quand vous suivez défauts totaux (et pas seulement “au moins un défaut”), ou quand vous suspectez des multi-défauts sur les mêmes pièces. Idéal pour capter le coût réel des anomalies.
Bon réflexe : calculez les deux. Un écart durable RTY(FPY) − RTY(Poisson) signale un gisement d’amélioration (pare-chocs de défauts, réglages, contrôle source, formation, etc.).
4) Construire un système de mesure fiable
Définir l’unité : la “pièce” suivie à toutes les étapes (même granularité).
Stabiliser la capture des données : qui saisit N_in, KO, défauts totaux ; quand ; comment (MES, formulaire, audit croisé).
Règles de rework : si vous réinjectez une pièce dans la même étape, elle ne compte pas dans FPY (puisqu’il s’agit du premier passage).
Vérifier l’homogénéité du mix (produits/process similaires) pour comparer les FPY entre postes.
5) Lire & animer les indicateurs
FPY faible sur une étape : goulot qualité local → agir au poste (poka-yoke, standardisation, formation, 5S, capabilité machine).
DPU élevé alors que FPY “correct” : beaucoup de multi-défauts → refaire l’analyse de modes d’échecs (AMDEC), renforcer l’autocontrôle et l’arrêt au défaut (jidoka).
RTY bas avec FPY individuels “pas catastrophiques” : l’effet cumulatif des petites pertes explique la chute → traquer les “petites” causes (grattage, retouches, micro-arrêts qualité).
Seuils indicatifs (à adapter à vos enjeux) :
FPY étape : viser ≥ 98 % sur postes stabilisés ; alerte < 95 %.
RTY : vigilance < 85 % ; excellence > 95 %.
6) Le calculateur Excel : que fait-il et comment l’adapter ?
Le classeur fournit deux RTY, le FPY par étape, le DPU, et des graphiques (barres FPY + courbes RTY). Il inclut une version compatibilité renforcée (sans fonctions Excel 365 avancées) pour éviter les erreurs #VALEUR!.
Entrées : B = Pièces entrantes, C = KO au premier passage, E = Défauts totaux (facultatif si vous n’utilisez pas le RTY Poisson).
Sorties : D = FPY, F = DPU, G = RTY cumul (produit des FPY), H = RTY cumul (Poisson). En haut : RTY global (deux méthodes), FPY moyen, FPY min, Pièces bonnes sans reprise.
Formules clés (compatibles)
FPY : =(Entrantes − KO)/Entrantes
DPU : =Défauts/Entrantes
RTY global (FPY) : =EXP(SUMPRODUCT(LN(IF((B>0)*(D>0),D,1))))
Pourquoi deux méthodes dans le même fichier ? Pour comparer et détecter les zones de multi-défauts. La différence entre les courbes G et H éclaire la stratégie d’attaque.
Personnalisation
Plus d’étapes : étendez le tableau (les formules se recopient).
Astuce : si votre Excel utilise les noms anglais, remplacez les fonctions (e.g. SOMMEPROD → SUMPRODUCT, SOMME.SI.ENS → SUMIFS, SI.NON.DISP → IFERROR, LIGNE → ROW, INDEX → INDEX).
Guide rapide — Calculateur Excel FPY/RTY
Le duo FPY/RTY est un révélateur puissant : il quantifie où vous perdez du “bon du premier coup” et guide les actions qui redonnent de la marge (coût, délai, satisfaction client).
1) À quoi sert ce fichier ?
Mesurer simplement :
le FPY (First Pass Yield) de chaque étape = % de pièces bonnes du premier coup ;
le RTY (Rolled Throughput Yield) = rendement cumulé de bout en bout (probabilité qu’une pièce traverse toutes les étapes sans retouche).
Le tout avec cartes KPI, graphes et formules robustes (compatibles, sans erreurs #VALEUR!).
2) Ce que vous voyez à l’ouverture
Bannière titre : Calculateur FPY / RTY – Version Compat v2