Au cœur d’un magasin, le linéaire raconte une histoire de millimètres et de minutes : millimètres de façade qui se disputent l’attention, minutes gagnées ou perdues par un client devant l’étagère. Entre ruptures invisibles et marges qui s’étiolent, une conviction s’impose chez les responsables d’enseigne : le planogramme n’est plus un “croquis de placement”, c’est un instrument de pilotage. Et, souvent, un simple fichier Excel bien pensé suffit à remettre de l’ordre – et du résultat.
L’idée est simple : caler l’offre sur la demande réelle, traduire les règles de merchandising en chiffres, puis organiser l’espace en conséquence. Le planogramme Excel devient alors un jumeau opérationnel du rayon : base articles, contraintes du meuble, paramètres de couverture, affectations par étagère, et un tableau de bord qui tranche les arbitrages. À la clé, moins d’intuition isolée, davantage de décisions explicables.
Le merchandising a longtemps privilégié l’alignement “propre” et la répétition rassurante du facing. La crise des stocks et la volatilité de la demande ont rebattu les cartes : ce qui compte, c’est la disponibilité sur les best-sellers, la lisibilité des prix et la rentabilité au centimètre. Un planogramme mesuré, c’est une promesse tenue : la référence qui part vite ne disparaît plus de l’étagère le samedi après-midi, les produits d’image cessent de surconsommer le linéaire, les compléments (cross-sell) se trouvent au bon endroit.
Un modèle utile ne se contente pas d’une belle grille. Il encadre quatre dimensions :
La feuille Planogramme affecte chaque SKU à une étagère, précise le nombre de facings et la profondeur utile. La feuille Calculs convertit ces choix en capacité et en couverture, et remonte les alertes. La feuille Dashboard répond à la question qui fâche : “où gagnons-nous de l’argent, et où risquons-nous d’en perdre ?”
Ces KPI n’ont rien d’abstrait : ils conditionnent la vitesse de rotation, l’expérience client et, in fine, la contribution du rayon.
Un plan efficace sait descendre en magasin. Les équipes attendent des supports clairs : par étagère, une vignette visuelle, la liste des références avec facings, une case à cocher pour la conformité, un encadré “exceptions” (substitutions en cas de rupture). L’idéal : un QR code renvoyant vers la version Excel à jour. Côté siège, la boucle s’achève avec des retours photo et un relevé de ventes ; le modèle apprend, la prochaine version s’affine.
“Eye level” pour les relais de marge, “vertical blocking” pour guider l’œil, adjonction produit-complément pour la valeur panier : ces mantras tiennent bon, mais changent de statut. Le planogramme les rend mesurables : on simule le passage de 2 à 3 facings, on teste une permutation de marque, on relooke une tête de gondole – et on lit l’impact sur couverture et GMROI. Excel n’est pas qu’un tableur : c’est un laboratoire A/B à ciel ouvert.
Trois pièges reviennent dans tous les secteurs :
Parce que l’omnicanal a rendu le rayonnage moins tolérant : click-and-collect, achats de rattrapage, saisonnalité courte. Parce que la pression logistique impose des couvertures maîtrisées. Et parce qu’un tableur structuré coûte moins qu’un logiciel spécialisé, tout en fournissant 80 % de la valeur… à condition de respecter la méthode.
Le planogramme est une gouvernance du rayon. Tant qu’il vit – alimenté par des données fiables, traduit en consignes simples, évalué par des indicateurs clairs – chaque centimètre de linéaire cesse d’être un décor et redevient une ressource. Excel, humble mais précis, en fournit la charpente : de quoi replacer la décision au centre et redonner au merchandising son rôle premier : aider à vendre mieux, durablement.
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Un bon planogramme ne sert pas qu’à “joliment ranger” : il sécurise la disponibilité produit, accélère la lecture du rayon, et convertit mieux chaque centimètre linéaire. Avec Excel, vous pouvez bâtir un modèle robuste, imprimable en A4/A3, qui pilote à la fois l’implantation et les indicateurs (ventes/facing, couverture, part de linéaire, GMROI).
Feuilles proposées :
SKU | Libellé | Marque | Catégorie | Segment | Largeur_cm | Profondeur_cm | Hauteur_cm | Prix | Marge_% | Ventes_J | Ventes_Semaine | Statut (A/B/C) | Rôle (Traffic/Assortiment/Image/Saisonnier)ID_Meuble | Magasin | Largeur_cm | Hauteur_cm | Profondeur_cm | Nb_Étagères | Bande_Joue_cm | Zone_Œil (cm du sol)Jours_Couverture_Cible | Min_Facings_par_Rôle | Seuil_Rupture (jours) | Épaisseur_Rangée | Couleurs_ZonesÉtagère | X_debut_cm | X_fin_cm | SKU | Facings | Profondeur_Rangs | Niveaux | RemarquesUn modèle Excel bien paramétré fait office de système : il matérialise la stratégie de rayon, orchestre les contraintes, et éclaire les arbitrages entre disponibilité et rentabilité. La discipline “données → règles → implantation → contrôle” produit des linéaires qui vendent mieux… et qui se maintiennent plus facilement au quotidien.
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Capacité face × profondeur × niveau
=Facings * ENT( Profondeur_Etagere_cm / Profondeur_cm ) * Niveaux
Couverture (jours)
=Capacite_Unites / Ventes_J
Ventes par facing (semaine)
=Ventes_Semaine / MAX(1; Facings)
Part de linéaire (%)
=(Facings * Largeur_cm) / SOMME.SI(Étagère;Étagère;Facings * Largeur_cm)
GMROI (marge brute / stock moyen en coût)
=(Ventes_An * Prix * Marge_%) / (Stock_Moyen_Qté * Prix_Achat)
Alerte risque OOS (rupture)
=SI( Couverture_Jours < Seuil_Rupture ; "ALERTE" ; "" )
Conformité planogramme (%) (magasin vs. plan)
=Facings_Réels / Facings_Prévus
Facings * Largeur_cm.| Catégorie | Rôle | Statut | Min facings | Cible couverture (j) |
|---|---|---|---|---|
| Bestseller | Traffic | A | 3 | 7 |
| Cœur de gamme | Assortiment | B | 2 | 5 |
| Image / Premium | Image | B/C | 1–2 | 4 |
| Saisonnier | Saisonnier | C | 1 | 3 |
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