Vous hésitez entre un logiciel de gestion locative et un modèle Excel pour piloter vos biens ? La bonne réponse dépend surtout de votre volume, de vos obligations (SCI, LMNP/LMP, bail d’habitation vs bail commercial), de votre besoin d’automatisation et… de la valeur de votre temps. Voici un guide comparatif, concret et opérationnel.
1) Ce que recouvre la « gestion locative »
La gestion locative ne se limite pas à encaisser un loyer. Dans la pratique :
Cycle locataire : diffusion d’annonces, dossier candidat, vérifications, signature du bail, état des lieux, dépôt de garantie.
Cycle loyer/charges : émission des quittances, encaissements, relances (amiables/pré-contentieuses), indexation IRL, régularisation des charges.
Cycle comptable/fiscal : ventilation recettes/dépenses par bien, rapprochements bancaires, suivi TVA le cas échéant, préparation des exports comptables (ex. 2044/2072 selon vos cas), justificatifs.
Gouvernance & conformité : archivage des pièces, traçabilité, rôles et droits, protection des données personnelles, sauvegardes.
Abonnement récurrent (par lot ou par portefeuille).
Courbe d’apprentissage et rigidité (le logiciel impose sa logique).
Réversibilité à vérifier (exports complets, formats standards).
Dépendance cloud (disponibilité, confidentialité : à cadrer contractuellement).
4) Comparatif synthétique
Critère
Logiciel gestion locative
Modèle Excel
Mise en route
Rapide, guidée
À concevoir/configurer
Baux & e-signature
Oui (nativement)
Non (hors outils tiers)
Quittances & relances
Automatiques
Manuelles (ou macro maison)
IRL & régularisation
Assistés/automatiques
Formules à maintenir
Paiement en ligne/SEPA
Souvent intégré
Hors périmètre
Banque & rapprochement
Synchronisation/auto-match
Import CSV + formules
Multi-biens/colocation
Fluide
Gestions spécifiques à construire
Collaboration & audit
Rôles, historiques
Limité/manuel
Sécurité & sauvegardes
Géré par l’éditeur
À votre charge
Coût total
Abonnement
Votre temps + éventuels add-ons
5) Coût total (TCO) : un mini-modèle de décision
Posez-vous 3 questions : (1) Combien vaut votre heure ? (2) Combien d’heures par mois vous coûte la gestion manuelle ? (3) Quel est le coût d’abonnement par lot/portefeuille ?
Même en divisant par deux le temps Excel via macros et discipline, l’écart reste important dès 5–10 lots. À 1–3 lots, Excel demeure très compétitif.
6) Scénarios & recommandations
Propriétaire solo (1–2 lots, nu/meublé standard) Excel suffit, à condition d’un modèle propre : base locataires, échéancier, quittances, indexation. Ajoutez une routine mensuelle serrée.
Bailleur 3–10 lots / SCI Hybride conseillé : Excel pour le pilotage économique (rendement, cash-flow, scénarios), logiciel « entrée de gamme » pour automatiser relances, quittances, indexation.
Journal des modifications minimal (date, utilisateur, cellule, ancienne/nouvelle valeur) si vous collaborez.
8) Gouvernance, conformité, sécurité
Données personnelles : collecter le strict nécessaire (principe de minimisation), sécuriser (protection par mot de passe, chiffrement disque), limiter l’accès.
Traçabilité : conserver les quittances, baux, états des lieux, échanges clés.
Avez-vous besoin de relances automatiques et de quittances auto ?
Souhaitez-vous e-signature ?
Avez-vous des règles de répartition des charges complexes ?
Le rapprochement bancaire vous prend-il > 1 h/mois/lot ?
Collaborez-vous à plusieurs (SCI, cabinet, agence) ?
Devez-vous une piste d’audit (conflits, contentieux) ?
Quelle est la valeur de votre heure ?
Quel niveau de risque d’erreur acceptez-vous ?
Exigences sécurité/sauvegardes actuelles ?
Réversibilité : pouvez-vous sortir vos données sans friction ?
1–3 lots, flux simples : un modèle Excel solide, discipliné, vous donne contrôle et économies.
Dès 5–10 lots ou besoin de workflows (relances, e-signature, paiements, portail), le logiciel s’impose par productivité, traçabilité et sérénité.
Le meilleur compromis pour nombre de bailleurs particuliers et SCI : Excel pour le pilotage financier (rendement, scénarios, cash-flow) + logiciel léger pour sécuriser les opérations répétitives et sensibles (quittances, relances, indexation, rapprochements).
Modèle Excel “Gestion locative — pro”
Vous disposez d’un classeur clé-en-main pour piloter 1 à 10+ lots : base de données (biens, locataires, baux), échéancier des loyers 12 mois avec indexation IRL automatique, suivi des encaissements/impayés, régularisation des charges, dépôts de garantie, quittance imprimable A4 et tableau de bord (KPI + graphiques). Un onglet README vous guide à l’ouverture.
Comment ça “circule”
Vous saisissez/validez les Biens, Locataires et Baux.
L’onglet Loyers se pré-remplit pour les 12 prochains mois : échéance = fin de mois, loyer révisé via IRL, total dû, statut (Émis/En retard/Encaissé).
À chaque paiement, vous indiquez date et montant : le solde se met à jour et le statut bascule.
Le KPI_Dashboard agrège loyers dus/encaissés/impayés et trace 2 graphiques.
L’onglet Quittance génère une quittance mensuelle prête à imprimer.
Les feuilles, en clair
Paramètres : sélection rapide (ID bail + mois), table IRL modifiable (trimestres) et listes (types de baux).
Total dû = loyer révisé + charges ; Solde = dû – encaissé ;
Statut : Encaissé si paiement ≥ dû ; sinon En retard si aujourd’hui > échéance ; sinon Émis. Mise en forme conditionnelle : rouge (retard), ambre (émis), vert (encaissé). Filtre en en-tête.
Banque : gabarit d’import (Date/Libellé/Montant/ID bail) pour croiser les flux.