Un plan de maintenance préventive organise une logique complète : définir des tâches mesurables, dimensionner la charge, ordonner dans le temps, piloter par la donnée via la GMAO, puis réinjecter le retour d’expérience dans les gammes. Les exercices ci-dessous reprennent ce cycle, avec schémas et corrigés, pour reproduire les situations attendues en exploitation et en fiabilisation.
Schémas et dessins à utiliser pendant les exercices
Schéma 1 Cycle d’un ordre de travail dans une GMAO
Schéma 2 Structure d’un plan de maintenance préventive
Schéma 3 Ordonnancement hebdomadaire type Gantt
Schéma 4 Matrice de priorisation criticité et état
Schéma 5 Modèle minimal des données GMAO
Schéma 6 Backlog et pilotage KPI
Partie 1 Construire un plan de maintenance préventive
Exercice 1 Du mode de défaillance à la gamme préventive
Énoncé On vous confie trois actifs :
Pompe P-101 en service continu, risque principal : usure roulement, fuite garniture.
Convoyeur C-02, risque principal : désalignement, usure bande, surcharge.
Armoire A-5, risque principal : mauvais contact, échauffement, encrassement.
Proposer pour chaque actif : une tâche préventive, une périodicité, une durée, une compétence.
Structurer le résultat sous forme de tableau conforme au Schéma 2.
Corrigé Une réponse robuste respecte trois principes : tâche observable, périodicité justifiée, durée réaliste.
Armoire A-5 : thermographie et contrôle de serrage en arrêt planifié, périodicité semestrielle, 40 min, électrique.
Le Schéma 2 illustre précisément la structuration attendue : actif → mode de défaillance → tâche → périodicité → durée → compétence.
Exercice 2 Dimensionner la charge préventive mensuelle
Énoncé On retient pour un mois :
P-101 mensuel 45 min, 4 pompes identiques.
C-02 trimestriel 60 min, 6 convoyeurs.
A-5 semestriel 40 min, 10 armoires. On suppose 1 technicien = 140 h productives par mois.
Calculer la charge préventive mensuelle moyenne.
Estimer le nombre de techniciens nécessaires pour assurer ce préventif, sans retard.
Corrigé
Charge mensuelle moyenne
Pompes : 4×45=1804 \times 45 = 1804×45=180 min = 3,0 h
Convoyeurs : trimestriel donc lissé au mois
6×60 min=360 min par trimestre⇒120 min/mois=2,0 h
Armoires : semestriel lissé au mois
10×40 min=400 min/semestre⇒66,7 min/mois≈1,11 h
Total ≈ 6,11 h/mois.
Effectif pour le préventif
Techniciens= 6,11 / 140 =0,044
Conclusion : ce préventif représente une charge faible à l’échelle d’un mois. L’enjeu réel devient l’ordonnancement, les fenêtres d’arrêt, les pièces, et la discipline de clôture GMAO.
Partie 2 Ordonnancement et planification
Exercice 3 Planifier, puis ordonnancer une semaine
Énoncé Vous disposez d’une semaine de 5 jours. Fenêtres de production :
Les interventions sur convoyeurs uniquement J2 ou J4.
Les thermographies sur armoires plutôt J3 matin (arrêt partiel).
Les pompes peuvent être contrôlées chaque jour, mais pas plus de 2 pompes par jour.
Proposer un ordonnancement hebdomadaire cohérent.
Représenter la semaine en diagramme type Gantt (inspiré du Schéma 3).
Corrigé Une réponse attendue montre la gestion des contraintes : fenêtres, capacité quotidienne, regroupement logique.
Règle : utiliser une matrice criticité (sécurité/production/coût) et état (normal/alerte/critique). Le Schéma 4 donne une lecture opérationnelle : surveillance, planifier, intervenir, arrêt sécurité.
Classement
OT-B : criticité forte + état critique → Arrêt / sécurité ou intervention immédiate selon contexte.
Relations Le Schéma 5 propose un modèle minimal : localisation → équipement → plan préventif → OT, et magasin → OT.
Dégradation typique si une brique manque
Sans arborescence : impossibilité de filtrer par zone, perte de pilotage.
Sans gammes : préventif incohérent, audits difficiles, retards invisibles.
Sans magasin : OT bloqués, coûts non maîtrisés, improvisation.
Sans clôture codée : aucune tendance fiable, retour d’expérience absent.
Exercice 6 Rédiger un bon compte rendu OT, exploitable en analyse
Énoncé Vous devez clôturer un OT de remplacement de roulement sur P-101. Rédiger un compte rendu GMAO qui permette : historique, coûts, fiabilité, amélioration du plan.
Temps : préparation, exécution, essais, remise en service.
Pièces : références, quantités, état des pièces déposées.
Cause probable codée + recommandation : ajuster périodicité, ajouter contrôle, améliorer étanchéité, améliorer filtration. Ce niveau de détail transforme la GMAO en outil de fiabilisation, pas en simple registre.
Partie 4 Pilotage, backlog et discipline d’exécution
Exercice 7 Lire un backlog et décider d’un plan d’attaque
Énoncé On vous présente un état : OT ouverts, OT priorisés, planifiés, exécutés, clôturés.
Expliquer ce que mesure chaque “étage” du backlog.
Donner une action managériale concrète pour améliorer le passage de planifié à clôturé.
Corrigé
Lecture
Backlog total : charge potentielle, souvent hétérogène.
Priorisés : décisions prises, file organisée.
Planifiés : ressources et créneaux affectés.
Exécutés : fait terrain, parfois sans qualité de clôture.
Clôturés qualité OK : seul niveau réellement pilotable en KPI.
Action Instaurer une règle simple : un OT ( ordre de travail) n’existe pas tant qu’il n’est pas clôturé proprement (temps, pièces, cause, commentaire). Renforcer l’outillage : check-list de clôture et revue hebdomadaire de 20 minutes.
Le Schéma 6 visualise cette logique et associe des KPI lisibles.
Synthèse méthode réutilisable
Le triptyque qui stabilise un système maintenance est constant :
Plan préventif clair et mesurable (tâches, périodicités, durées, compétences).