Un indicateur n’est jamais universel. Deux usines, deux entrepôts ou deux services RH peuvent porter le même intitulé de KPI, mais mesurer des réalités très différentes. C’est pour cela qu’il est utile de penser en pépinière de KPI : un espace où l’on fait germer, tester, tailler et sélectionner des indicateurs vraiment alignés sur les objectifs et les contraintes de chaque organisation.
L’idée est simple : au lieu de piocher une liste de KPI “standards”, l’entreprise se dote d’une méthode pour fabriquer ses propres indicateurs, à partir de ses priorités, de ses données et de sa culture de management.
Parler de “pépinière” plutôt que de “catalogue” change la posture :
Dans cette logique, le rôle du contrôle de gestion, de la qualité ou de la data n’est pas seulement d’alimenter des chiffres, mais d’accompagner les métiers pour formuler les bonnes questions, choisir les bons rapports (numérateur / dénominateur) et fixer des seuils réalistes.
Un bon KPI naît rarement d’une formule Excel. Il commence par une question très concrète :
La première étape de la pépinière consiste à recueillir ces questions auprès des opérationnels, puis à les transformer en intentions de mesure.
Exemple – Maintenance :
Question : “Respectons-nous vraiment notre plan de maintenance préventive sur les équipements critiques ?”
Intention : “Suivre le niveau de conformité au plan préventif sur les machines A, B, C.”
Vient ensuite le travail de “cuisine” du KPI : la décomposition.
Pour chaque indicateur, la fiche de pépinière inclut :
Exemple – KPI “Taux de conformité au plan de maintenance préventive” :
Formule :
Taux de conformité préventive (%) =
(Nombre d'OT préventifs réalisés / Nombre d'OT préventifs planifiés) × 100
Un KPI trop global rassure parfois… mais n’aide pas à agir. La pépinière invite à définir sur quels étages on veut lire l’indicateur :
L’objectif n’est pas de multiplier les vues, mais d’identifier les niveaux d’analyse utiles pour décider.
Exemple :
Un KPI ne sort pas parfait du premier coup. La pépinière prévoit une phase de prototypage :
Certains indicateurs sont abandonnés (peu lisibles, pas actionnables), d’autres sont ajustés. C’est normal : la pépinière sert aussi à sélectionner les indicateurs qui méritent d’être “plantés en pleine terre” dans le tableau de bord officiel.
KPI 1 – Taux de conformité au plan préventif (machines critiques)
KPI 2 – Taux de pannes sur équipements couverts par le préventif
Taux de pannes sur équipements couverts (%) =
(Nombre de pannes sur équipements inclus dans le plan / Nombre total d'équipements inclus) × 100
Ce KPI complète le taux de conformité :
– un bon respect du plan + un taux de pannes qui baisse = préventif efficace
– un bon respect du plan mais un taux de pannes stable ou en hausse = plan à revoir (périodicité, contenu, criticité).
KPI 3 – Taux de livraisons à l’heure côté client (On-Time In-Full, version simplifiée)
Formule :
Taux de livraisons à l'heure & complètes (%) =
(Commandes livrées à la date promise et complètes / Commandes livrées) × 100
KPI 4 – Taux de retouches préparation / picking
Ce KPI touche à la qualité interne et explique souvent des irritants côté client.
KPI 5 – Taux d’intégration réussie à 6 mois
KPI 6 – Délai de comblement des postes critiques
Délai moyen de comblement (jours) =
Σ (Date de prise de poste – Date de validation de la demande) / Nombre de postes pourvus
Périmètre :
Pour rendre la pépinière exploitable dans le temps, chaque KPI issu du travail de groupe est documenté dans une fiche standard.
Chacune reprend :
Cette fiche joue le rôle de mémoire collective : si le référent change, le KPI reste compréhensible et stable.
Une fois la pépinière constituée, le tableau de bord Excel devient le support naturel de ces indicateurs :
Au final, la pépinière devient une usine à KPI personnalisés : chaque entreprise fait pousser ses propres indicateurs, en respectant une méthode commune, tout en mesurant exactement ce qui compte pour elle.
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