Le coworking est un lieu de travail-service, combinant hospitalité, performance technique, sécurité et qualité d’air, le tout porté par une communauté vivante. Une checklist bien élaborée permet de transformer cette ambition en décisions concrètes, traçables et opposables : choix du site, conformité, zoning, acoustique, IT, exploitation, modèle économique. Ci-dessous un mode d’emploi structuré, prêt à relier à votre trame de contrôle.
1) Choisir le bon site : accessibilité, contexte, potentiel
Accessibilité & mobilités Vérifier les liaisons de transport en commun, l’offre vélo (arceaux, local fermé) et les possibilités de stationnement. Un flux fluide pour les usagers et les livraisons réduit les frictions au quotidien.
Contexte urbain & sécurité de proximité Observer éclairage public, vie de quartier, présence de services (restauration, sport, crèches, banques). Une façade lisible et une entrée claire rassurent et facilitent l’orientation.
Capacité d’évolution Privilégier des plateaux modulables, une hauteur sous plafond compatible avec le traitement acoustique, des gaines techniques accessibles et des réserves de puissance électrique.
À cocher dans la checklist : distances utiles, relevé photos, contraintes de voisinage, potentiel d’extension, points d’attention sur la trémie/ascenseur et la desserte PMR.
2) Conformité et sécurité : des fondamentaux non négociables
Accessibilité universelle Accès PMR depuis l’espace public, pentes, ascenseurs le cas échéant, sanitaires adaptés, contrastes visuels et repères tactiles.
Dispositifs & registres Contrôle d’accès (badges/mobile), gestion visiteurs, vidéo-protection avec affichage d’information, registre de sécurité à jour, vérifications périodiques (extincteurs, SSI, électricité).
À cocher : attestations des organismes de contrôle, plans et notes de calcul, consignes affichées, procédures d’évacuation, registre de sécurité complété.
3) Zoning & expérience d’usage : la carte avant la boussole
Trame fonctionnelle Séparer clairement zones de concentration (bibliothèque silencieuse, phone booths), collaboration (open space, salles de réunion), convivialité (café, détente), services (impression, logistique).
Flux & circulations Dessiner les parcours intuitifs : arrivée → accueil → orientation (wayfinding), casiers, sanitaires, salles, terrasse. Éviter les goulots d’étranglement et sécuriser les issues.
Réserves & back-office Prévoir des espaces staff (stock consommables, ménage, maintenance) invisibles côté membres.
À cocher : plans cotés, densité par zone, ratios salles/postes, position des phone booths, largueur de circulations, implantation des issues.
4) Lumière, acoustique, ergonomie : la performance invisible
Lumière Maximiser l’éclairage naturel, compléter avec des luminaires à éblouissement maîtrisé, prévoir occultations et scénarios d’éclairage par ambiance.
Acoustique Absorbants au plafond/murs, cloisons performantes, joints périphériques, seuils de confidentialité pour phone booths et salles.
Ergonomie Postes réglables, sièges de qualité, appuis-écran, gestion des câbles et des alimentations au plus près de l’usage.
À cocher : coupes et fiches techniques acoustiques, photométrie, implantations précâblées, inventaire du mobilier et garanties.
8) Exploitation, propreté & maintenance : la qualité perçue
Propreté Fréquences différenciées par zone, fiches de poste ménage, traçabilité des passages.
Déchets & consommables Tri, collecte, filières de valorisation, suivi des volumes.
Incidents & maintenance Outil de ticketing, délais de prise en charge, tableau de bord des interventions, visites réglementaires planifiées.
À cocher : contrats de services, checklists d’ouverture/fermeture, KPI d’exploitation, plans de progrès.
9) Durabilité : sobriété choisie, pas subie
Matériaux & mobilier Choix sobres, robustes, facilement réparables ; recours au reconditionné lorsque pertinent.
Fin de vie & réemploi Clauses de reprise pour l’IT et le mobilier, circuits de seconde vie.
Indicateurs Quelques métriques parlantes : conso par poste, part de réemploi, volumes de déchets triés.
À cocher : preuves d’origine des matériaux, contrats de reprise, relevés indicateurs, plan d’amélioration.
10) Modèle économique : soutenabilité & seuil de rentabilité
CAPEX/OPEX Travaux, mobilier, IT d’un côté ; loyers/charges, énergie, ménage, support, animation, assurances de l’autre.
Offre & pricing Pass journée, poste flexible, poste fixe, salles à l’heure/créneaux, privatisations. Une offre claire évite les arbitrages au cas par cas.
Suivi des ratios Taux d’occupation par produit, panier moyen, churn, coût d’exploitation par poste, marge par salle.
À cocher : feuille d’hypothèses, devis signés, grille tarifaire officielle, tableau de bord mensuel, seuil de rentabilité.
11) Identité, signalétique & règlement d’usage
Wayfinding Couleurs, pictogrammes, plans simplifiés, numérotation des salles cohérente.
Identité visuelle Cohérence print/digital, charte appliquée aux supports in situ.
Règlement & médiation Règles claires sur les usages : bruit, téléphone, hygiène, invités, réservations, imprimantes, responsabilité partagée.
À cocher : kit signalétique, gabarits de communication, règlement affiché/accepté, process de gestion des litiges.
12) Gouvernance de projet : piloter de bout en bout
Marchés & entreprises CCTP précis, critères de sélection équilibrés (prix/qualité/délais/impact), visite de site en amont.
Dossier des ouvrages exécutés Plans conformes, notices, garanties et contrats de maintenance remis et archivés.
À cocher : planning validé, PV de réception, DOE complet, liste des garanties avec échéances.
Comment utiliser la checklist (en pratique)
Pré-diagnostic du site pressenti : remplir les sections « Site », « Conformité », « IT/CVC », joindre photos et plans.
Conception : produire le zoning, la liste équipements, la stratégie acoustique et lumineuse, et les clauses de service attendues (SLA ménage, IT, maintenance).
Appels d’offres : annexer la checklist aux pièces marché ; les candidats répondent item par item, preuves à l’appui.
Chantier : transformer chaque item en point de contrôle ; lever les réserves à partir de la même grille.
Exploitation : garder la checklist comme registre vivant : incidents, audits, KPI, plans d’actions, mises à jour à chaque évolution.
Un coworking réussi est un écosystème : l’architecture se met au service des usages, la technique disparaît derrière la fiabilité, la communauté donne le ton. La checklist est la colonne vertébrale documentaire qui aligne tout le monde — concepteurs, exploitants, partenaires et membres — et garantit que la promesse d’expérience se traduit en preuves. Reliez-la à vos plans, contrats, procédures et KPI : vous obtiendrez un lieu lisible, sûr, performant… et désiré.
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Pourquoi une checklist ?
Transformer l’intention en exécution mesurable. Une checklist aligne les équipes, clarifie les critères et capture les preuves. Résultat : décisions rapides, traçables et comparables d’un projet à l’autre.