La check-list d’autoclave est l’outil qui transforme une stérilisation théorique en preuve maîtrisée. Elle sécurise le cycle, accélère la libération du lot et simplifie l’audit. Voici comment la concevoir, l’utiliser et l’industrialiser sans alourdir le quotidien.
1)À quoi sert la check-list (et ce qu’elle évite)
Objectifs :
Prévenir les erreurs (mauvais programme, charge mal préparée, indicateur oublié).
Tracer les paramètres clés (plateau, durée, séchage, alarmes) et les indicateurs (Bowie-Dick, CI, BI).
Décider vite et bien : libération immédiate, différée, ou action corrective.
Ce qu’elle évite : “on pense que…”, “on a toujours fait comme ça…”, “l’indicateur n’a pas été posé…”. Bref, zéro zone grise.
2) La structure minimale d’une bonne check-list
En-tête : établissement, ID autoclave, date, n° de cycle, programme, type de charge, opérateur(s), référence de la procédure (code/version).
Pré-cycle : état machine (alimentation, vide/air/eau), propreté chambre et joints, enregistreur actif, qualification à jour, Leak test selon planning, Bowie-Dick si pré-vide, disponibilité PCD/Helix & CI.
Préparation du lot : identification, emballage, CI externes (classe 1), CI internes (classe 5/6), règles de chargement (porous/liquids/creux), orientation pièces, traçabilité (n° lot/charge).
CI classe 1 (externes) : présence/virage sur chaque emballage.
CI classe 5/6 (internes/PCD) : virage conforme au cœur de charge et dans le PCD → gage de pénétration vapeur.
BI (biologique) : utilisé si requis par votre référentiel (ex. implants, validations, périodicité interne).
Décision : si un indicateur est NOK, libération suspendue → quarantaine + enquête (voir CAPA).
7) Déchargement & libération : les deux portes de la qualité
Déchargement : ouvrir après dépressurisation, vérifier absence de mouillé, intégrité, refroidissement avant manipulation, poser étiquettes. Libération : cocher critères OK (paramètres + indicateurs) et signer immédiate ; sinon différée (en attente d’éléments) ou rejet/re-stérilisation. Laissez une justification courte.
8) CAPA express (quand ça coince)
Constat → cause → action → vérif d’efficacité :
BD NOK → fuite/joint/chargement → maintenance + re-test BD → OK le jour même.
CI 5/6 NOK en cœur de charge → surcharge/emballage → revoir plan de chargement → lot re-stérilisé conforme.
CI internes oubliés → collez un PCD “tampon” systématique.
Séchage trop court → +X minutes et réviser l’empilement.
Bande/export manquant → coller check “export OK” à la fin de la check-list.
Légende illisible → prévoir tampon dateur et stylo fin.
Une check-list autoclave claire, courte et complète = des cycles maîtrisés, des décisions rapides et des audits sereins. Formez l’équipe au pourquoi (pas seulement au “comment”), standardisez le chargement, lisez vos indicateurs et signez la libération : la qualité devient fluide.
Autoclave — maintenance préventive, correctrice et qualif
Cette “suite” complète votre check-list de stérilisation côté usage par un plan maintenance clair, actionnable et audit-proof. Objectif : zéro arrêt surprise, zéro lot douteux, traçabilité simple.
Déviation : Bowie-Dick NOK, wet packs, capteur hors cal → ouvrir déviation, évaluer charges affectées (quarantaine si besoin), définir action immédiate + cause racine.
Change control : remplacement capteur, mise à jour firmware, changement steam trap → impact process + test ciblé post-change (ex. BD renforcé, cycle essai).
CAPA : action datée et vérifiée (indicateur = récidive ↓). Ex. “Wet packs récurrents → +5 min séchage + modif plan de charge ; 0 cas 30 jours”.