Le calcul du loyer au prorata revient souvent dès qu’on parle de remise des clés : entrée dans les lieux en milieu de mois, départ anticipé, retard de libération, première mise en location d’un logement neuf en VEFA… Dans ces situations, le loyer mensuel ne s’applique plus “en bloc”. Il se décompose en jours réellement occupés et il devient nécessaire d’expliquer clairement comment on arrive au montant demandé ou restitué.
Ce guide propose une démarche structurée : d’abord les bases du prorata, puis l’application à la VEFA, et enfin une série de cas particuliers qui reviennent souvent sur le terrain.
Le prorata de loyer consiste à ajuster le montant payé en fonction de la durée réelle d’occupation du logement sur une période donnée, en général le mois civil. L’idée est simple : lorsque l’occupant ne profite du bien que pendant une partie du mois, il paie une fraction du loyer correspondant au nombre de jours d’occupation.
Dans la pratique, le prorata intervient dans plusieurs situations :
Derrière ces scénarios concrets, le mécanisme reste identique : on calcule le nombre de jours d’occupation sur le mois et on applique une règle de proportionnalité.
Pour calculer un prorata de loyer, trois composantes entrent en jeu :
La formule de base découle naturellement de ces trois éléments :
Loyer au prorata = Loyer mensuel × (nombre de jours occupés / nombre de jours dans le mois)
Cette formule peut paraître théorique. Elle gagne en clarté dès qu’on y applique des exemples chiffrés.
Un premier exemple consiste à calculer le prorata pour une entrée en milieu de mois. Imaginons un loyer mensuel de 800 € charges comprises pour un logement mis à disposition à compter du 12 mars. Mars compte 31 jours. L’occupant bénéficie du logement du 12 au 31, soit 20 jours. Le prorata repose sur le rapport 20/31 : on applique la formule 800 × (20 / 31). Le résultat donne le montant à payer pour ce premier mois, beaucoup plus acceptable qu’un loyer “complet” pour une occupation partielle.
Un second exemple peut concerner un départ en cours de mois. Supposons un loyer de 700 € et une restitution des clés le 10 février, dans un mois de 28 jours. L’occupation court du 1ᵉʳ au 10 février, soit 10 jours. Le loyer au prorata se calcule par 700 × (10 / 28). Selon ce calcul, le locataire ne supporte que la fraction correspondant aux jours réellement utilisés.
Il est également possible de rencontrer un cas où l’occupation ne couvre que quelques jours, par exemple un déménagement très tardif le 30 du mois. Si le loyer est de 900 € et que le logement est utilisé uniquement le 30 et le 31, le prorata repose sur 2 jours sur 31 : la fraction correspondante reste limitée, ce qui reflète correctement la réalité de l’usage du bien.
Ces exemples montrent que la logique reste stable, quelle que soit la date, dès lors que l’on s’accorde sur la manière de compter les jours.
Dans une vente en l’état futur d’achèvement (VEFA), le bien est acheté sur plan et livré ultérieurement. Avant la remise des clés, l’acquéreur ne paie pas de loyer, mais des appels de fonds liés à l’avancement des travaux. La question du prorata de loyer se pose surtout au moment où le logement neuf entre réellement dans le circuit d’occupation : soit par l’acquéreur lui-même, soit par un locataire si le bien est mis en location.
Un premier cas fréquent concerne la mise en location du logement neuf juste après la livraison. Le promoteur remet les clés à l’acquéreur, puis celui-ci conclut un bail avec un locataire. Le premier loyer se calcule alors au prorata à partir de la date d’entrée réelle du locataire. Le cadre VEFA n’a pas d’effet sur la formule : on reste sur loyer mensuel × (jours occupés / jours du mois), mais il faut être attentif au fait que les premiers mois peuvent être partiels si les travaux de finitions, le raccordement à certains services ou la réception des parties communes décalent la possibilité d’occupation.
Un deuxième cas concerne les charges et frais annexes autour de la livraison VEFA. Lorsque le logement fait partie d’une copropriété, les charges de copropriété peuvent être réparties au prorata entre le promoteur et l’acquéreur en fonction de la date de livraison dans l’année. L’acquéreur, s’il met le bien en location, peut ensuite appliquer un prorata sur ce même principe lorsqu’il refacture une quote-part de charges à son locataire pour un premier mois d’occupation partiel. Le calcul repose sur la même logique : une fraction des montants annuels ou mensuels proportionnelle au temps d’occupation.
Un troisième cas, plus délicat, touche au retard de livraison. Quand un logement devait être livré à une date précise et que la remise des clés arrive plus tard que prévu, il ne s’agit plus seulement de patience : ce retard a un coût, et le contrat peut prévoir des pénalités ou des indemnités pour le compenser. Dans ce cas, le calcul ne porte plus vraiment sur un “loyer classique”, mais sur une indemnisation jour par jour : on retient un montant de référence (souvent proche d’un loyer de marché) et l’on applique un prorata en fonction du nombre de jours de retard. Au final, la mécanique reste la même : nombre de jours de décalage multiplié par un montant journalier clairement défini, de manière à traduire le retard en somme chiffrée, explicable et défendable.
La théorie du prorata semble simple. Dans la pratique, plusieurs cas particuliers méritent d’être éclairés, surtout dans une logique de sécurisation juridique.
Le premier cas particulier concerne les mois de durées différentes. Février concentre beaucoup de questions, surtout en année bissextile. Certains baux mentionnent une convention de calcul basée systématiquement sur 30 jours, même en février. D’autres adoptent la durée réelle du mois. L’essentiel est de choisir une méthode, de l’annoncer clairement dans le bail ou dans un document annexé, et de maintenir cette méthode pour tous les calculs de prorata afin d’éviter les contestations.
Le deuxième cas concerne les occupations qui débordent sur plusieurs mois. Par exemple, un locataire peut entrer le 20 mars et quitter le 10 avril dans le cadre d’un bail de courte durée ou d’une occupation transitoire. Dans ce cas, le calcul logique consiste à découper la période : prorata de mars (du 20 au 31) puis prorata d’avril (du 1ᵉʳ au 10). Chaque mois est traité avec son propre nombre de jours, ce qui donne une lecture transparente des montants sur le relevé ou le quittancier.
Le troisième cas touche à la non-remise des clés à la date de fin de bail. Sur le plan économique, le bailleur est privé de la libre disposition du logement au-delà de la date prévue. La pratique distingue alors le loyer normal du bail, qui s’arrête à la date contractuelle, de l’indemnité d’occupation due pour les jours supplémentaires, calculée sur une base journalière. L’indemnité peut être alignée sur le loyer antérieur ou légèrement majorée selon les clauses. Dans tous les cas, la logique reste celle d’un prorata : montant de référence / nombre conventionnel de jours dans le mois, multiplié par le nombre de jours de maintien dans les lieux.
Un quatrième cas particulier apparait lors d’un changement de locataire en cours de mois. Par exemple, un locataire sort le 10, un nouveau entre le 15. Pour un même logement, le bailleur peut répartir le loyer du mois entre les deux locataires au prorata des jours d’occupation, en veillant à ce que la somme des proratas ne dépasse pas le loyer mensuel. L’accompagnement pédagogique devient alors important : expliquer à chacun comment son montant a été calculé, jour par jour, renforce la confiance et limite les tensions.
Un cinquième cas touche à la colocation ou l’occupation partagée. Lorsque plusieurs colocataires intègrent ou quittent le logement à des dates différentes, le prorata peut se faire non seulement dans le temps, mais aussi entre les personnes. Il est possible de calculer un loyer global au prorata des jours occupés pour le logement, puis de le répartir entre colocataires selon une clé : parts égales, parts en fonction des chambres, ou selon des accords spécifiques. L’approche demande un peu plus de rigueur, mais elle repose toujours sur la même logique de fraction : on part d’un montant global, que l’on répartit sur un ensemble de jours et d’occupants.
Pour rendre le calcul du prorata de loyer lisible et acceptable, quelques réflexes apportent beaucoup de clarté. La première habitude consiste à prendre le temps d’écrire la règle de calcul dans les documents : bail, annexe explicative, courrier de transmission du décompte, compte rendu ou procès-verbal de remise des clés. Lorsque le locataire ou l’acquéreur peut relire noir sur blanc la formule utilisée, la compréhension du montant suit naturellement.
La seconde habitude consiste à travailler avec un outil structuré : tableau de calcul, modèle Excel, simulateur en ligne. Ces outils rendent visibles les étapes : loyer mensuel, nombre de jours du mois, dates d’entrée et de sortie, nombre de jours d’occupation. Les erreurs d’addition ou de décalage de dates se repèrent plus facilement, ce qui limite les contestations ultérieures.
La troisième habitude invite à documenter les cas particuliers, notamment en VEFA ou en situation de retard de livraison ou de non-remise des clés. Lorsque le prorata ne porte plus sur un loyer mais sur une indemnité d’occupation ou des pénalités, il devient utile de préciser le montant de référence utilisé (loyer de marché estimé, loyer contractuel, montant fixé contractuellement) et la convention de calcul des jours. Un même schéma de prorata s’applique, mais il est attribué à un autre type de somme.
Enfin, un dernier réflexe consiste à garder une logique cohérente dans le temps. Une fois qu’une méthode est choisie (mois de 30 jours ou mois réel, manière de compter les jours, base de calcul des indemnités), il est plus rassurant, pour toutes les parties, de l’appliquer systématiquement. La cohérence, plus encore que la sophistication juridique, donne à chacun le sentiment d’un calcul juste et maîtrisé.
Le calcul du loyer au prorata, y compris dans le contexte particulier de la VEFA, repose donc sur un principe simple : faire correspondre le montant payé au temps réel de jouissance du bien. Ce principe prend de la valeur lorsque les règles sont annoncées à l’avance, mises en œuvre de façon constante et documentées clairement, que ce soit dans le bail, dans les comptes rendus ou dans les procès-verbaux de remise des clés.
Simulateurs
Ce tableau regroupe trois outils pratiques : calcul du prorata de loyer entre deux dates de remise des clés, indemnité d’occupation en cas de non-remise, et répartition des frais de remise en état entre locataire et bailleur.
| Simulateur | Données à saisir | Formule / hypothèses | Résultat |
|---|---|---|---|
| Prorata de loyer Entre deux dates de remise des clés (même mois) | Principe : montant au prorata = loyer mensuel × (jours occupés / jours du mois) Hypothèse : les deux dates se situent dans le même mois et la même année. Le nombre de jours du mois est calculé automatiquement (28, 29, 30 ou 31). | ||
| Indemnité d’occupation En cas de non-remise des clés | Principe : indemnité = (montant mensuel / 30) × nombre de jours de retard Hypothèse : base de 30 jours par mois, couramment utilisée pour les prorata. À adapter si le bail prévoit un autre mode de calcul (365 jours, jours réels, etc.). | ||
| Répartition des frais Remise en état – locataire / bailleur | Principe : part locataire = total × (% locataire / 100) part bailleur = total − part locataire Le pourcentage du locataire peut être déterminé à partir des grilles de vétusté, de l’état des lieux et des clauses du bail. |
Le calcul au prorata autour de la VEFA concerne au quotidien les gestionnaires locatifs, conseillers en investissement, gestionnaires de patrimoine, promoteurs immobiliers, mais aussi les notaires et avocats en droit immobilier. Un calculateur dédié leur offre une méthode claire, reproductible et facile à expliquer à leurs clients.
L’outil sert aussi de support concret pour les BTS Professions Immobilières, licences et masters en droit immobilier, formations en gestion de patrimoine ou en banque / conseil en financement immobilier. Il permet de passer de la théorie à un cas chiffré en quelques clics, en salle ou en classe virtuelle.
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